Vendredi 9 mai 2008

La morale et
l'existence de Dieu




           par Ajita Krishna dasa 

 

     voir l'article originel en anglais



 

Un argument intéressant et convaincant en faveur de l'existence de Dieu est l'Argument Moral ( appelé également l'Argument axiologique. Axi signifie "valeur").





L'argument peut être présenté de cette façon:


1. Si Dieu n'existe pas, les valeurs morales absolues n'existent pas.

2. Les valeurs morales absolues existent.

3. Par conséquent Dieu existe.



                Arguments en faveur de la première proposition




Les valeurs morales absolues sont des valeurs qui existent objectivement et sont vraies pour tous, même si personne ou seulement quelques uns sont en accord avec elles, connaissent leur existence, ou agissent à l'opposé de ces valeurs. Certains prétendent que l'existence de valeurs morales absolues ne dépendent pas de l'existence de Dieu. Les valeurs morales absolues, affirment-ils, peuvent exister indépendamment d'un Etre personnel.


Il est vrai que c'est une possibilité logique, mais elle est contraire à notre expérience. Notre expérience confirme constamment que les valeurs morales sont subordonnées aux personnes. Il devrait être évident que l'esprit humain, faillible et limité, reste incapable d'établir de telles valeurs morales absolues. Puisque les valeurs morales sont toujours subordonnées à des êtres personnels il devrait être évident que les valeurs absolues, si elles existent, doivent être faites par un Etre personnel absolu, avec un pouvoir absolu, de sorte qu'aucune autre personne ne puisse changer ou annuler les valeurs morales établies par Lui. Si quelqu'un le pouvait elles ne seraient pas alors absolues. La plupart des athées sont en fait d'accord avec cette première proposition et, par conséquent, doivent rejeter la deuxième propositon, afin d'éviter la conclusion.

              

               Arguments en faveur de la deuxième propositon.





Pour défendre cette proposition je vais présenter les points suivants - qui pourraient bien s'entrecouper-, sur le fait qu'accepter le relativisme moral n'a pas de sens. Et puique l'absolutisme moral est la seule alternative au relativisme moral, on doit plutôt accepter l'absolutisme moral.


1. Si le relativisme moral est vrai alors il est vrai que toutes les actions sont égales moralement. Donc, être un relativiste moral et, en même temps, soutenir une position moral normative (comme, par exemple, en faisant valoir qu'il est moralement inacceptable d'être un absolutiste moral) est pour commencer, contradictoire en soi, parce que si toutes les actions sont égales, alors il ne peut être ni meilleur ni pire, d'être un relativiste moral plutôt qu'un absolutiste moral.


2. Mais le fait est que personne n'est vraiment en mesure de vivre si toute les actions sont réellement égales moralement. Nul ne peut arrêter de porter des jugements moraux et cela, comme indiqué ci-dessus, n'a de sens que si les valeurs morales absolues existent. Cela veut dire qu'il est impossible de vivre de façon consistante comme relativiste moral .


3. Tout relativiste moral soutient des positions morales , ce qui l'amène à contredire la réalité comme si la réalité paraissait confirmer sa philosophie. La philosophie des relativistes dictera " vous devriez faire X" et "vous devriez vous abstenir de faire Y" alors que la réalité objective serait que "rien ne devrait être fait". Donc, si le relativisme moral est juste, et philosophiquement consistant avec lui-même, il ne doit tenir aucune positon morale normative.


4. Essayer réellement de vivre selon la morale relativiste ( vivre comme si chaque action était égale à toutes les autres actions) fera de nous des monstres moralement infirmes. Au moins aux yeux d'une personne normale. On essaiera, par exemple, de ne pas favoriser ou louer les bonnes actions et stopper ou condamner les mauvaises actions.


5. Au fond, nous savons tous quand quelque chose est réellement bien et quand quelque chose est réellement mal et, trés peu de relativistes moraux lorsqu'ils sont confrontés à des questions comme " Pensez-vous vraiment que la pédophilie soit correcte?" ou " Pensez-vous vraiment que torturer des bébés pour le plaisir soit correcte?" restent vraiment des relativistes moraux. Confronter à de telles questions, ils sont contraints de choisir entre accepter une moralité objective et absolue ou devenir un monstre moralement infirme.


Si, après avoir confronté le relativiste moral à ces questions, il insiste malgré tout que rien n'est vraiment moralement bien et mal, alors on doit simplement l'inviter encore une fois à prendre le temps de vraiment réfléchir trés profondément à la question. 


                              
                                  Conclusion


Le prix que l'on doit payer pour avoir adopter la morale relativiste est donc trés élevé. Globalement on doit 1) penser de façon inconsistante 2) vivre de façon inconsistante 3) contredire la réalité et 4) être un monstre moralement infirme. Ainsi toute personne saine d'esprit rejettera le relativisme moral. Aucun des problèmes précités ne découleront nécessairement de l'absolutisme moral, et comme l'absolutisme moral est la seule alternative possible au relativisme moral, nous devons l' accepter . Et puisque Dieu est le seul fondement raisonnable à l'origine des valeurs morales absolues nous devons accepter l'existence de Dieu.

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Jeudi 8 mai 2008

Ma vie dans le Mouvement
pour la Conscience de Krishna
- l'Iskcon -



Troisième Partie


 

 

par Jagadānanda dāsa




suite de la  Deuxième Partie



Après quelques années de vie commune, au retour d'un voyage en Inde, ma femme me quitta, brusquement et sans prévenir, emportant toutes ses affaires avec elle. Son départ fut brutal, à l'image de son caractère. Le divorce est banni chez les dévots, mais il ne faut pas oublier que nous sommes dans l' âge de Kali, l'âge de querelle et de fausseté, et les influences des gunas de l'ignorance et de la passion sont puissantes.


Et ainsi, bien qu'au sein de la culture védique, l'organisation du varnasrama-dharma, le divorce soit banni, il n'en est pas moins vrai, que les qualités naturelles de la vertu telles que la véracité, le contentement, la quiétude, la bonté, la tolérance, la générosité, la pureté, la détermination, la maîtrise de soi, l'humilité, la dévotion pure et constante envers Dieu, sont sérieusement malmenées, et souvent même, brillent par leur absence. Comment espérer qu'un mariage puisse tenir dans ces conditions ? A l'heure actuelle, les mariages ne sont souvent que l'alliance de deux égoïsmes à la recherche d'un hypothétique épanouissement mutuel à travers la seule satisfaction des sens, dénuée de toute conscience de Dieu. C'est un long sujet et dans quelques temps, dans "Retour à Krishna", paraîtront des articles sur le thème du mariage réussi selon la conscience de Krishna.


Quelques temps après je me remariai, avec une dévote québécoise, Lila Smaranam, et cette fois je fus trés heureux, sans nulle comparaison avec le premier mariage. Nos personnalités étaient trés compatibles et je pus réaliser enfin mon désir d'être heureux dans le mariage. Nous eûmes deux enfants ensemble, un garçon et une fille, et pendant quelques années un soleil resplendissant sembla briller sur la petit famille, jusqu'à ce que des nuages sombres et trés lourds viennent l'obscurcir. Lila Smaranam développa un cancer des ganglions lymphatiques, un cancer virulent. Du jour au lendemain, je fus précipité du paradis en enfer. Moins d'un an après que sa maladie soit diagnostiquée, Lila Smaranam mourut, me laissant seul et démuni, avec deux trés jeunes enfants à charge.


De cette expérience dramatique, j'ai quand même, avec la grâce de Dieu, retiré une leçon positive qui m'a servi pour le restant de ma vie. Je l'ai exprimé à travers un poème:

 


A une défunte épouse

 

Le jour où tu nous as quitté

J'ai dû souffrir de lourdes chaînes.

Elle finit là ma liberté

Les jours s'écoulent avec les peines.


Ces enfants que tu as porté,

Ils restent sans mère maintenant.

Ils demeurent seuls comme oubliés,

Et ils ne disent plus "maman!".


Mais ne m'avais-tu dit, pourtant,

"Je t'aime plus que ma propre vie" ?

Et le destin, triste ironie,

A pris ta vie et, en même temps,

A emporté l'amour aussi !


A qui la faute ma pauvre femme?

Fétus de paille, jouets du courant,

Bulles de savon, petites flammes,

Qu'est-ce que nos vies

Face au Temps tout puissant !?...


Mes illusions balayées, à présent

Je remets mon âme au Maître du Temps,

Par Sa grâce inestimable,

Guéri de la folie,

De croire le bonheur familial

Plus important que Lui.

 


Ce poème n'est pas l'expression d'une amertume. Même si, après la mort de Lila Smaranam, comme on peut l'imaginer, cela a été trés difficile pour moi, je n'ai plus du tout de ressentiment vis-à-vis du sort tragique qui m'a frappé et je le prends vraiment aujourd'hui, comme une grâce de Dieu, car il m'a ouvert les yeux.


Ainsi, tant que l'on formait un couple unis et amoureux j'avais la forte conviction que rien de grâve ne pouvait nous arriver, qu'en quelque sorte nous étions protégés par le foyer familial, heureux et accompli, que nous formions avec nos enfants. J'avais le sentiment d'être dans un cocon de protection. Il n'y a rien là de bien nouveau sous le soleil, pratiquement tout le monde dans le monde matériel rêve de former un couple heureux et amoureux avec "son âme soeur" , d'accroître ce bonheur, et ainsi de créer un foyer familial douillé où règnera le bonheur, la sécurité et le confort. Cette illusion de sécurité procurée par l'amour (matériel) est chantée à travers des milliers de chansons que déversent continuellement les radios sur les ondes du monde entier, comme pour mieux renforcer l'illusion. Des chansons du genre: " Notre amour est plus fort que tout", "Rien ne nous séparera jamais !" " Je t'aimerai même après ma mort", etc...


Ainsi, je n'ai réalisé toute l'étendue de mon égarement qu'à la mort de Lila Smaranam. Alors, brutalement, mon beau rêve s'est évaporé et j'ai réalisé que mon sentiment de sécurité au sein de mon foyer familiale n'était que pur illusion, comme le souligne justement le Srimad Bhagavatam: "L'attachement pour la famille représente la plus grande illusion" (SB teneur et portée 5.5.8)

 

Cette illusion de sécurité au sein du foyer familial, est également trés bien décrite à travers les pages du Srimad-Bhagavatam. Au 11ème chant, 2ème chapitre, par exemple, on retrouve la discussion de Maharaja Yadu avec un dévot avadhuta. Ce dévot avadhuta, une âme libérée, expose différents enseignements, tirés d'une simple observation de la nature. Et parmi ses enseignements on retrouve l'histoire tragique d'un couple de pigeons amoureux.


Ce couple de pigeons étaient trés unis et fort dévoués aux taches quotidiennes du foyer, et le temps venu la femelle donna naissance à de beaux petits pigeons. Tout allait pour le mieux pour la petite famille jusqu'au jour où un chasseur arriva. Il découvrit le nid et vite déploya son filet pour capturer les petits, pendant que les parents étaient au loin, affairés à l'entretien du foyer. Pendant ce temps, la mère qui retournait au nid aperçut ces petits pris dans le filet du chasseur. Horrifiée à la vue d'une telle scène, elle se précipita pour les sauver, mais le chasseur la captura à son tour, et plus tard le père qui tentait vainement de sauver aussi sa famille, fut lui aussi, emporté par le chasseur.


Cette histoire contient plusieurs enseignements essentiels. Dans le monde matériel, comme Sigmund Freud l'a souligné, le point central est la vie sexuelle. Ainsi, la grande majorité de la population a pour ambition de réussir sa vie sentimentale, de former un couple idéal et de jouir de la vie sexuelle avec sa femme ou son maris. Le Srimad Bhagavatam précise que toute personne qui s'engage dans la vie familiale dans cette seule perspective de bonheur sexuel et sentimental est appelée un gṛhamedi (par opposition au gṛhastha qui lui s'efforce d'atteindre à la réalisation spirituelle même au sein de la vie familiale). A l'heure actuelle, la majeur partie de la population, privée de la conscience de Krishna et de la réelle connaissance et éducation spirituelle qu'elle offre, rentre dans cette catégorie. Malheureusement, à cause de cela, les hommes deviennent des proies faciles pour le chasseur. Ce chasseur symbolise le Temps tout-puissant, la manifestation de la suprématie du Seigneur Suprême en ce monde ( voir Je suis le Temps destructeur des mondes .)

Le Temps exerce sa suprématie sur tous et sur tout. Son influence est universel, constante et omniprésente. Le Temps impose des changements et des bouleversements constants, la dégradation et la décrépitude de la vieillesse, et finalement la destruction et la mort. Ce n'est pas tout, il force également les êtres à se réincarner selon les lois strictes du karma (et non pas "à la carte" comme la version édulcorée de la réincarnation de certains le font croire). Ainsi, tant et aussi longtemps que nous demeurerons dans ce monde matériel, l'influence du Temps pèsera trés lourdement sur nos vies et la perspective d'un bonheur sans nuage demeurera purement utopique.


C'est pourquoi chacun est invité à adopter la conscience de Krishna, telle qu'elle est pratiquée au sein du Mouvement International pour la Conscience de Krishna . Ainsi, le chasseur n'aura plus d'emprise sur soi et à la fin, plutôt que de devoir recommencer un nouveau chapitre dans le monde matériel sous l'emprise tyrannique du Temps, notre retour dans le monde spirituel sera assuré, là où l'influence du Temps est totalement absente.

 

 

Retour en France;

la Nouvelle Mayapura

 



 

Après le déces de Lila Smaranam, ma situation au Québec, avec mes deux jeunes enfants resta toujours précaire, et je décidais finalement de retourner en France. Pour mon retour en France en 1993, je choisis d'aller m'installer avec mes deux enfants à la Nouvelle Mayapura, l'ashram rural de la conscience de Krishna du centre de la France. Une fois à la Nouvelle Mayapura je fis différents services dont pujari et cuisinier, et en 1996, l'année du centenaire de Prabhupada, j'assumai la présidence du temple. Mais, le plus important fut que Krishna initia pour moi le service qui me tient le plus à coeur : la prédication. En effet, c'est là que pour la première fois en 2000, grâce à l'aide et l'inspiration de Gauda Mandala prabhu, je commençai à prêcher à travers le média d'Internet. La même année, l'autorité et GBC pour Iskcon-France, Param Gati Swami, annonçait officiellement dans le temple de la Nouvelle Mayapura, devant les murtis et les dévots assemblés, que mon service serait dorénavant de prêcher par le média d'Internet.

 



Service sur Internet

 

 

 

Toutefois, pour diverses raisons, ce n'est qu'à partir de 2005 que je fus véritablement capable de concrétiser mon service à Prabhupada et à Krishna, en commençant "Inde et spiritualité: la bhakti" et surtout à travers "Retour à Krishna" et son corollaire "Lumière des vedas".


En expliquant tout cela mon intention est de montrer que "Retour à Krishna" n'existe pas de par ma seule initiative, qu'il n'est pas la réalisation d'une personne isolée et d'une décision arbitraire. Non, et donc aussi, "Retour à Krishna" n'est pas non plus destiné à contenir mes seuls articles personnels (quoique cela corresponde également à un aspect important de mon service, auquel je suis trés attaché, sur Internet) mais à publier de nombreux autres articles provenant d'autres dévots. L'utilisation du nom "Retour à Krishna", qui est le nom de l'équivalent français du Back to Godhead * anglais, n'est pas anodine. Mon intention première était de faire de "Retour à Krishna" un vecteur de propagation important de la conscience de Krishna tel que Srila Prabhupada l'a initié, à l'image de son équivalent anglais le fameux Back to Godhead, le magazine emblèmatique du Mouvement International pour la Conscience de Krishna (L'Iskcon) .


Pour le moment, je suis un peu obligé de revoir cette ambition à la baisse mais, comme disait Srila Prabhupada : "Impossible, est un mot que l'on ne trouve que dans le dictionnaire d'un fou". Et ainsi, rien ne dit que bientôt d'autres dévots se joindront à nous ** Peut-être est-ce vous, cher dévot, qui lisez ces lignes, qui aimez "Retour à Krishna" et souhaitez offrir un service à Krishna ? Je vous invite humblement, à vous joindre à nous, et à contribuer, selon vos possibilités propres, à "Retour à Krishna", de la façon qui vous conviendra le mieux: en écrivant, en traduisant, en tapant des articles, ou à travers tout autres services comme celui qui consiste, par exemple, à faire un cours compte-rendu, avec illustrations de photos ou de vidéos, à la suite d'un harinam en ville, ou d'un festival de la conscience de Krishna, tel Janmastami, Govardhana puja, Gaura purnima, Srila Prabhupada vyasapuja, etc.. qui ont lieu régulièrement dans les temples de l'Iskcon comme celui de Paris ou de la Nouvelle Mayapura, par exemple.


Ce genre de service qui rend compte des activités du mouvement, est trés important et représenterait un complément essentiel à "Retour à Krishna", car il est certes important de présenter notre philosophie, mais il n'est pas moins important d'en présenter l'application pratique dans le mouvement pour la conscience de Krishna. Ainsi, āna, la connaissance, doit être suivi de vijñāna, l'application concrète de cette connaissance.

 

De plus en plus de personnes, insatisfaites par la vie que leur propose la société moderne actuelle, aveugle et matérialiste, consultent le net afin d'obtenir des solutions à travers la voie et la connaissance spirituelles . Beaucoup n'attendent que cela, bien qu'ils ignorent sous quelle forme exactement. Il n'appartient qu'à nous de pouvoir leur présenter de façon adéquate la conscience de Krishna, et nul doute que des personnes deviendront attirer par Krishna, "l'Infiniment fascinant". Srila Prabhupada a montré l'exemple et l'importance d'écrire sur la philosophie de la conscience de Krishna, mais aussi sur l'application concrète, pratique et visuel du service de dévotion dans le mouvement pour la conscience de Krishna. Et nul doute qu'il sera trés satisfait de votre service. Comme cet extrait de lettre que Prabhupada a écrit à propos du magazine Back to Godhead l'atteste:  


"Votre article est trés bien et nous ferons graduellement de mieux en mieux. Continuez à écrire. C'est mon désir de publier autant d'articles, écrits par mes disciples, que possible. Back to Godhead devrait donner des nouvelles de nos temples, contenir des articles, des photos sur nos activités, etc..."

                   Lettre de Srila Prabhupada à Gaurasundara, 13 juillet 1969

 

                Votre serviteur pour "Retour à Krishna"

                                                  Jagadananda dasa



* Le célèbre magazine que commença Srila Prabhupada en Inde en 1944 et qui plus tard, lorsqu' il créa l'Iskcon ,devint un vecteur de propagation de la conscience de Krishna trés important.


**Je dis "nous" car il existe un autre ami dévot (souhaitant garder l'anonymat), qui a déjà contribué substantiellement à "Retour à Krishna", à travers l'écriture de merveilleuses fables.

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Mardi 29 avril 2008

Ma vie dans le Mouvement
pour la Conscience de Krishna
- l'Iskcon -

Deuxième Partie





par Jagadānanda dāsa




suite de la Première Partie



Les temples de Londres
  

et le Manoir Bhaktivedanta  




Je devais demeurer en sankirtana voyageant, en alternance avec des séjours à la Nouvelle Mayapura, jusqu'à la disparition de mon maître spirituel, Srila Prabhupada, en novembre 1977. Tout de suite après, je décidais de quitter la France et d'aller vivre en Inde, mais finalement, sur le conseil d'un ami dévot français qui était trés enthousiaste vis-à-vis d'Iskcon-Angleterre, je décidais de m'y rendre.

 

Au début, sur l'insistance d'Hare Krishnadasa, le président du temple de Bury Place, je vécus au temple de Radha Londonisvara de Londres où j'étais pujari et habillais les Murtis.


Les Murtis de Radha Londonisvara sont vraiment uniques dans le Mouvement comme l'a souligné Srila Prabhupada, et il y a un divertissement de Krishna bien particulier qui est relié à leur venue dans le temple de Bury Place en décembre 1969 (1) La chef pujari était Lilasakti qui dédia de longues années à leur service. Je me rappelle d'un dévot d'origine italienne, Dhenupalaka, marié avec des enfants, mais dont le service était de s'occuper exclusivement de Radha Londonisvara, les habillant matin et soir, et offrant aussi l'aratika et le prasadam. Son tempérament était celui d'un italien, expansif et chaleureux, et il disait souvent "qu'il était en amour avec Londonisvara" et qu'il voulait devenir une gopi dans sa prochaine vie. Je reçus la miséricorde de Dhenupalaka car, alors que quelques temps après j'avais déménagé pour vivre au Manoir Bhaktivedanta, chaque fois qu'il venait Dhenupalaka m'apportait des présents trés sacrés: les cotons imbibés de santal et d'eau de rose et parsemés de feuilles de Tulasi, qui avaient essuyés les Pieds-pareil-au-lotus de Radha-Londonisvara. J'humais avec grande satisfaction ces cotons divins et me mettais du sental sur le front, tout en le remerçiant vivement. Malheureusement, Dhenupalaka prabhu, quelques années plus tard devait quitter son corps, emporté par une grave maladie.

 
Le temple de Bury Place était unique à cette époque car c'était le temple au monde où le Mouvement faisait le plus de dévots. Je me trouvais chanceux de pouvoir en être un témoin directe (à défaut d'être un des prédicateurs car je ne maîtrisais pas assez la langue anglaise pour cela). Le programme des bhaktas était trés au point, sous la direction de deux dévots: Vipramukya et Danavira prabhus. Les personnes qui devenaient bhaktas à Londres, résidaient ensuite au Bhaktivedanta Manor où ils pouvaient suivre un programme d'instruction, de formation et de pratique à la conscience de Krishna, exceptionnel.

  

Après quelques temps, après avoir déménagé au temple actuel de Soho street dans le coeur de Londres, trouvant l'atmosphère de la ville trop oppressante, et le temple trop exigu, je me rendis au Bhaktivedanta Manor (2) .

 

Le Bhaktivedanta Manor fut pour moi un lieu exceptionnel où je connus beaucoup de satisfaction dans la conscience de Krishna. C'est un lieu formidable à plusieurs titres.D'abord les murtis de Radha-Gokulananda, installées en 1973  par Srila Prabhupada sont  flamboyantes.  Le Manoir est dans le mouvement un lieu d'effervescence spirituelle. En tout cas, à l'époque où j'eus la chance de m'y trouver, il s'y passait constamment quelque chose . Il y avait la visite régulière des dévots ainés, avancés, de l'Iskcon, et nous pouvions jouir régulièrement de classes matinales sur le Srimad-Bhagavatam passionnantes et revigorantes. Le temple recevait la visite de la communauté indienne importante de Londres et des environs. Et ainsi le temple était rarement vide. Le prasadam aussi était "first class" et la salle de prasadam, elle aussi était rarement vide. Et puis il y avait les Kirtanas !! Et, à ce propos, j'eus la chance unique d'être présent quand Sa grâce Vaiyasaki revint du Bengale et nous donna l'exclusivité d'un "nouveau genre" de bhajan; ceux du Bengale. C'est là que pour la première fois les dévots découvrir le fameux "jaya govinda, jaya gopala" et le chant du maha-mantra chanté sur de nouvelles et merveilleuses mélodies. Vaiyasaki prabhu avec ses kirtanas mit littéralement le feux au temple. Des hauts parleurs étant placés un peu partout, dès que quelqu'un chantait dans le temple nous l'entendions à travers tout le manoir. C'est ainsi que je découvris la première fois Vaiyasaki. Je me trouvais dans la cuisine, quand j'entendis "jaya Govinda, jaya Gopala kesava madhava dina doyal" ( 3 voir traduction) , je me précipitais vers le temple pour aperçevoir le nouveau chanteur indien, bengali qui chantait ce bhajan extatique, et qu'elle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'en faite d'Indien bengali....c'était un blanc Canadien natif de Londres, qui chantait!


Vaiyasaki prabhu, qui était musicien avant de connaître les dévots, venait tout juste de revenir du Bengladesh, où il avait passé trois années à s'imprégner du style particulier de bhajans propre à cette région. Je vivais, à travers ces kirtanas de Vaiyasaki, une période unique, c'était une véritable révolution au niveau du kirtan dans l'Iskcon. Même au niveau de la danse dans le temple, Vaiyasaki nous fit danser beaucoup plus qu'avant. Alors que la majorité des dévots accueillirent avec joie et excitation, ces innovations, d'autres plus "conservateurs" hésitèrent et furent plus critiques. Il faut dire que jusque là, les dévots de l'Iskcon, dansaient sur le "Swami Step" (4) et souvent aussi, alors que le kirtana montait en intensité, ils se mettaient à sauter en l'air, mais à part nos kirtanas n'étaient pas aussi expansifs. Vaiyasaki, apporta plus d'intensité aux kirtanas, mais cela sans que ce soit sahajiya pour autant, ce que craignaient certains dévots mentionnés précédemment.


Personnellement, j'avoue que je ne me posai pas trop de questions et préférai m'abandonner plutôt au climat d'effervescence général que cela créait dans le temple. Ce fut merveilleux car cela intensifia mon sravanam/kirtanam, l'écoute et le chant, les deux éléments les plus essentiels parmi les neuf constituants du service de dévotion.


Il y eut pour moi aussi au Manoir, une autre raison d'être heureux : c'est là que j'appris les secrets de l'art culinaire indien. Et pourtant lorsque le commandant du temple, une perle entre les dévots, Rukmini Ramana, me demanda, avec sa gentillesse coutumière et son flegme tout britanique, si je pouvais laisser mon occupation de jardinier (5) , et apprendre plutôt à cuisiner, je ne fus pas chaud.


Mais Rukmini Ramana était un commandant de temple assez extraordinaire car il avait le don de susciter le désir, - plutôt que d'imposer - de servir Krishna chez le dévot qu'il approchait. Ses "armes" étaient la douceur, l'écoute, la patience mais aussi les bons arguments et la détermination. Ainsi, il finissait souvent par obtenir ce qu'il désirait car ses arguments conscients de Krishna, donnaient l'envie de servir, d'autant plus que de lui émanait une grande tendresse. Et dans ce cas il eut un argument de poids : il manquait, disait-il, des dévots pour cuisiner les six offrandes quotidiennes aux murtis du temple.

 


Nous étions toute une colonie de francais qui avait fuit "la zone de Bhagavan" (6) et pris refuge de l'Angleterre. Nous étions beaucoup plus épanouis et heureux au manoir Bhaktivedanta et parmi ces français, dans la logique des choses, beaucoup se retrouvèrent aussi cuisiniers.

 

J'assistais tous les matins dans un temple rempli de dévots, au mangala aratika, à 4h.30, Mais je ne pouvais pas en général assister à tout le programme spirituel du matin (7) car j'aidais, pendant quelques heures, à cuisiner le prasadam des dévots.


Etant un peu solitaire de nature, je ne pouvais m'accommoder de vivre en communauté en permanence, bien que par ailleurs elle me fût aussi indispensable et bénéfique, et ainsi, ayant toujours eu grand besoin de me ressourcer dans la solitude et la méditation (sur Krishna), "je m'échappais" tous les jours en fin de matinée, du cadre un peu trop fébrile de la communauté, pour aller rejoindre la belle campagne anglaise avoisinante.


Là, je pouvais finir de chanter paisiblement mon japa, et étudier le Srimad Bhagavatam, chanter tout seul le guru-puja en m'accompagnant de petites karatals, devant un cadre contenant la photo de Srila Prabhupada (8) , sans oublier de prendre un peu de repos (car nous nous levions chaque matin à 3h 30) et tout cela... dans la nature. Le soir, je revenais pour cuisiner pour les Murtis de Radha Gokulananda, Gaura Nitaï, et Jagannatha, Baladeva et Subhadra.


Ma vie à ce moment là était trés paisible, régulière et libre de toute anxiété ...jusqu'à ce qu'un jour le désir de me marier survienne. Dans le Mouvement quand un dévot désire se marier il ne va pas faire sa cour, de sa propre initiative, à telle ou telle dévote, non! Il passe par une des autorités du temple, souvent le président du temple, et lui fait part alors de son désir de changer d'asrama. Ainsi, cette démarche permet d'éviter, d'une part tout sexe illicite, et d'autre part toute précipitation indue. Dans mon cas ce n'est pas moi qui avait approché le président du temple mais ma futur femme. Un jour, un dévot me rapporta que Jayatirtha, à l'époque le GBC, guru et dirigeant d' Iskcon-Angleterre, avait suggéré, face à la demande de sa disciple (ma futur femme) me concernant , que nous pourrions peut être envisager un mariage et que le fait d'être tous les deux français était un atout.

 

C'était une simple suggestion de sa part, mais il est fou parfois comme le mental a vite fait de prendre ses désirs pour une réalité ! C'est une des influences prépondérantes de  māyā, l'énergie d'illusion du Seigneur. En effet, prenant la suggestion du  principal leader pour argent comptant et mon attente personnelle étant vive, je devins persuadé que c'était ce que je devais faire.


Et comme il était prévisible, m'étant donc évertué à occulter la réalité de la situation, mon mariage fut un désastre. Nous n'allions pas du tout ensemble et ma femme était de nature plutôt acariâtre, autoritaire et perpétuellement insatisfaite. Elle manifesta trés vite, son insatisfaction de rester au manoir et son désir d'avoir plus de confort. Il est vrai qu'au manoir les batîments étaient assez exigus et en nombres restreints, et pour les gens mariés cela pouvait causer un problème. La plupart ainsi habitaient hors de la propriété du manoir.  Et c'est ainsi qu'avant peu, nous nous envolions pour les Etats-Unis, à Détroit plus précisément, au centre trés opulent de la Villa Fisher que possèdent les dévots et qui attire beaucoup de visiteurs (9) . Nous restiions dans une maison avoisinante, cette fois spacieuse et typiquement américaine .


Je ne restai pas longtemps à Détroit, car là aussi, bien que dans un premier temps tout sembla bien se passer, soudainement, ma femme voulu s'en aller. Cette fois, sembla-t'il, ce fut à cause de difficultés relationnelles avec certains dévots, et elle voulut partir pour.... le Québec (10) . A contre coeur je me résolus donc à quitter le temple de Detroit pour le Canada français. Au Québec débuta pour moi une des plus belles pages de mon histoire dans le Mouvement pour la Conscience de Krishna (après celle du Manoir Bhaktivedanta), celle du temple de Radha Manohara de Montréal.

 

En arrivant à Montréal pour la première fois en 1980, je ne me doutais pas combien ce temple de Radha Manohara tiendrait une si grande place dans ma vie. Je devais y rester, - avec toutefois quelques allers-retours en France, un séjour de six mois en Afrique, et un séjour de quelques mois en Inde -, durant 13 années en tout.


A Montréal, je fis différents services dont bien sûr, pujaris et cuisinier mais aussi, pour mon plus grand plaisir, le temple de Montréal me donna beaucoup plus l'opportunité qu'en Angletterre et aux Etats-Unis, de prêcher, car j'y retrouvais ma langue natale, le français.

J'enseignais souvent la Bhagavad-gita (selon l'anglicisme courant dans l'Iskcon, on dirait plus exactement que "je donnais des classes"), notamment pendant le programme du dimanche, auxquelles je prenais grand plaisir. A un moment donné, nous formions un duo en Harinama-sankirtana avec Nara-Narayana, un dévot québécois. Nous chantions et exposions aussi sur la rue Ste Catherine de Montréal, la rue principale,
  un   petit   diorama de la réincarnation (voir ci-contre) , tout en distribuant des livres, et en expliquant aux gens le principe de la réincarnation. Ce diorama illustre un verset célèbre de la Bhagavad-gita (BG 2.13) . A la suite de cette prédication dans les rues de Montréal quelques personnes joignirent le temple et devinrent dévots.

 

Puis un jour, l'idée me vint de proposer, à une télévision locale de Montréal, un projet de séries télévisées intitulé "L'Inde millénaire". Le concept du programme était trés simple . Je proposais de faire connaître la spiritualité indienne à travers différents thèmes correspondant chacun à une émission particulière. C'est thèmes étaient trés spécifiques à la spiritualité indienne tels le karma et la réincarnation, le végétarisme, le yoga, le maître spirituel, les Vedas, etc.... Je développais ces thèmes au cours d'une série d'une dizaine d'émissions, prenant la forme  d'un échange de questions/ réponses avec un autre dévot.

Je fus trés heureux car le projet fut accepté mais je me rendis compte rapidement, dès l'enregistrement de la première émission, que ma présentation de la spiritualité indienne perturbait le réalisateur. En effet, lorsqu'il entendit que nous prononçions plusieurs fois le nom de Krishna, il se montra hostile. Il demanda "que je parle moins de Krishna". "Mais comment-puis-je parler moins de Krishna" lui répondis-je, " quand la place qu'Il tient dans la Bhagavad-gita par exemple, l'Ecriture centrale de la spiritualité indienne est si prépondérante?" . Il ne put que reconnaître que cela était un fait. Mais au fur et à mesure que nous enregistrions les émissions, il devint de plus en plus perturbé. La tension atteignit son paroxysme lorsque j'exposais le fait que la spiritualité indienne, contrairement à la présentation qui en est généralement faite, n'est pas d'essence impersonnaliste, mais au contraire profondément personnaliste. Ainsi selon la Bhagavad-gita, l'essence des Vedas, Dieu n'est pas présenté sous la forme d'une simple énergie impersonnelle (bien que cela corresponde également à l'un de Ses trois aspects) mais bel et bien en tant que Personne; Dieu, la Personne Suprême , Krishna (Bhagavad-Gita 10.8) . Ainsi, lorsque l'on étudie les vedas sérieusement, conformément à l'autorité des acharyas, des maîtres spirituels appartenant à une lignée authentique, la parampara, on se rend compte qu'elles établissent clairement l'autorité de Dieu, la Personne Suprême comme la Source de tout ce qui est (param brahman voir Bhagavad-gita 10.12/13 ). Krishna sous Sa forme de Visnu crée, maintient, mais aussi résorbe toute l'entière création matérielle. A la fin de l'émission je crus qu'il allait nous censurer mais finalement, il se consola en pensant qu'il ne nous resta plus que quelques émissions à faire. (11)

   

                  SUITE....Ma vie dans le mouvement....

(1)

Les divertissements de Radha-London-isvara sont contés dans " Prabhupada: la vie et l'oeuvre du fondateur du Mouvement Hare Krishna" des Editions BBT, un condensé du Prabhupada-Lilamrta. Là il est relaté comment Srila Prabhupada a "enlevé" Radha- Krishna pour les emmener au temple de Bury Place afin qu'Ils y soient installés le 14 décembre 1969 et, ensuite, les a sauvé pendant la cérémonie de l'installation, alors que la structure de l'autel s'écroulait . Tout cela est conté au chapitre quatre de ce livre en francais, p 201.

 

(2) Le manoir bhaktivedanta est un manoir près de Londres que George Harrison des Beatles a offert aux dévots de Krishna . Il est trés populaire, et régulièrement fréquenté par la communauté hindoue d'angleterre,, qui viennent jusqu'à 70 000 chaque année, fin août / début septembre, pour célébrer le janmastami, l'appartition de Krishna.


(3) jaya govinda, jaya gopala
 : Gloire à Govinda, - la source de plaisir des sens -, Gloire à Gopala, - le protecteur des vaches -, Gloire à Kesava, - qui a de doux, fins et longs cheveux -, Gloire à Madhava, -le mari de la déesse de la fortune -, Tu es si miséricordieux envers les plus déchus! .


(4)
Le Swami Step (le pas du Swami) était appelé ainsi en référence au pas de danse que Prabhupada (appelé Swami ou Swamiji, au tout début du mouvement) avait enseigné au dévot. Il s'agit d'une façon de danser des plus simple. On se balance de gauche à droite, en envoyant en alternance, le pied droit vers la gauche, et le pied gauche vers la droite.


(5)
Si j'avais choisi tout de suite en arrivant, de faire du jardinage, c'était pour deux raisons: un ami-dévot de France, Sahasra Murdana m'avait invité à le rejoindre dans ce service, et j'étais aussi trop content, après avoir connu l'atmosphère confiné de la ville de pouvoir être au grand air.


(6)
Bhagavan (William Ehrlichmann) était un américain d'origine allemande, qui comme je l'ai déjà raconté (Bon anniversaire l'Iskcon n°2 ) était à cette époque le leader de la zone de l'Europe du sud, dont la France. Autoritaire, manipulateur, et ambitieux il avait pas mal "grillé" (c'est le terme spécifique qu'emploient les dévots) de dévots qui servaient sous son autorité. Srila Prabhupada, lui avait demandé de partir face à la grogne que son leadership suscitait chez de nombreux dévots (une pétition signés par de nombreux dévots et réclamant le départ de Bhagavan était parvenu à Prabhupada) mais il avait finalement décidé de lui donner une nouvelle chance car Bhagavan avait fait profil bas. Mais, bien sûr, les années après la disparition de Prabhupada, alors qu'il était devenu un guru important du mouvement, affublé du titre prestigieux de Srila Bhagavan Gosvami Gurudeva, ses vieux démons reprirent de plus belle. Ainsi, dès les années 70 , pour certains dévots, il devint irrespirable de vivre sous son autorité . C'est ainsi que beaucoup de dévots français, Italiens et d'autres pays vivant sous son autorité, prirent refuge d'Iskcon-Angleterre où ils étaient beaucoup plus libres et heureux.


(7) Le programme spirituel matinal dans les temples de l'Iskcon, tel qu'institué par notre Fondateur et maître spirituel Srila Prabhupada comprend : généralement à 4h 30 le matin, le mangala aratika, puis tout de suite après, le tulasi aratika (Offrandes de prières chantées et divers articles à Tulasi), une période de japa, le guru puja (Offrande de prières chantés et divers articles au maître spirituel), l'ouverture des rideaux et accueil des Murtis du temple dans leurs nouveaux habits ( Avec simultanément la chanson "Govindam" ) suivit par un kirtana, classe du Srimad-Bhagavatam et enfin, le prasadam est servit aux dévots.Il peut y avoir des quelques variantes selon les temples mais le programme de base demeure le même.


(8) "
Chanter le guru-puja dans la nature." Un jour que je chantais avec mes petites karatals le guru-puja dans un bosquet près du Manoir, un paysan anglais qui travaillait proche de là dans les champs, attiré par le bruit, vint me voir. Nos regards se croisèrent pendant quelques secondes, alors que j'interrompais brusquement mon bhajan et que celui-ci restait figé sur place. Nul doute qu'il me prit à cet instant, pour quelqu'un de trés étrange!


((9)
voir l'histoire exceptionnelle de l'acquisition de cette maison-palace par Srila Prabhupada, accompagné d'Ambarisa dasa, son disciple, petit-fils de Henri Ford, le célèbre fabricant automobile, dans le Prabhupada-lilamrta de Satsvarupa Maharaja, dont il existe en français une version condensée "Prabhupada: la vie et l'oeuvre ...." Edit: BBT. L'histoire est relatée au chapitre 7, p 347 à 351.



(10)
Une fois au Québec, après quelques temps elle voulut repartir pour la France et de là, pour l'Inde d'où elle désira partir pour ...l'Ile Maurice et finalement je me retrouvis... au Kenya mais sans elle ! Hormis le côté un peu ennuyeux que génére une situation instable, causée par une femme insatisfaite, le point positif fut que je pus me rendre dans différents endroits de l'Iskcon et mesurer la grande impacte internationale du Mouvement. Je fus impressionner de constater qu'en Inde, sur le continent américain, aussi bien qu'en Afrique, (et bien sûr en Europe d'où je viens) le Mouvement de Prabhupada était constitué de nombreux dévots sincères et dévoués et cela me marqua pour la suite de mon existence. Je me rendis, par exemple en Inde et visitai des lieus qui sont trés chers aux dévots de Krishna (Vrndavana, Dwarka ) . Après l'Inde, ce fut le Kenya où je passai six mois extraordinaires car je partis précher en camionnette, avec un dévot éthiopien Bankabihari, pour une épopée unique à travers le Kenya. Nous distribuions des pamphlets, du prasadam et chantions avec les africains le maha-mantra Hare Krishna. Je me rappelle encore des mamas africaines qui se trémoussaient au rythme de nos mrdangas et au chant d'Hare Krsna ,et des enfants africains qui se précipitaient sur nous pour s'arracher les pamphlets en swahili que nous leur tendions. Là à un moment donné alors que nous chantions un kirtana, dans un village avec Bankabihari , je fis le temps d'un flash, une véritable expérience mystique : alors que nous chantions un retentissant " Nitaï Gaura Hari Bolo !!!" tout en sautant en l'air, les mamas africaines qui étaient là et qui étaient particulièrement enthousiastes, sautèrent en même temps que nous, les bras levés, et j'eus, le temps d'un flash, la sensation trés forte et extrémement exaltante que nous les emmenions toutes, grâce au chant des Saints Noms et à la miséricorde de Nitaï Gaura, dans le monde spirituel.


(11)
Ce qui irrita particulièrement le réalisateur est le fait que nous disions que dans les Vedas, les Ecritures traditionnelles indiennes, et plus particulièrement la Bhagavad-gita, Krishna, déclarait être Dieu, la Personne Suprême (Bhagavad-gita 15.15) . Et bien que je m'obstinai à lui démontrer, et qu'il le reconnu lui-même, qu'à travers toute la culture indienne (la musique, l'art, la danse, la littérature,...) Krishna était omniprésent, il affirma, cependant, que ma présentation se focalisait trop sur Krishna.

La Bhagavad-gita, au 16 ème chapitre, parle de l'existence de deux sortes de natures en ce monde matériel: "La nature divine et la nature démoniaque" . Ceux qui sont de nature démoniaque, et malheureusement ils sont nombreux dans l'âge de Kali, ne peuvent supporter que l'on mette en avant la supériorité de Krishna. (Bhagavad-gita 9.11) Notre réalisateur était profondément athée et envieux de Dieu, et le fait que nous présentions Krishna comme Dieu, le perturba profondément.

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Samedi 26 avril 2008

Ma vie dans le Mouvement
pour la Conscience de Krishna

- l'Iskcon -







par Jagadānanda dāsa


 

 

 

 

Mon premier contact avec la conscience de Krishna a eu lieu en 1974, - bien que je raconte avoir était en contact avec le mantra Hare Krishna dès 1970 grâce à George Harrison -, lors d'une conférence de Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada à la salle pleyel, en juin 1974 (photo ci-contre).


Dès mes premiers contacts, après avoir lu les livres de Srila Prabhupada, fait quelques visites au temple de Paris, parlé avec les dévots, et chanté le maha-mantra Hare Krishna, je décidais de devenir dévot. J'ai raconté dans "Ma rencontre avec la conscience de Krishna (1) "(publication dans quelques jours) que j'étais en quête de spiritualité au moment où j'ai rencontré les dévots de Krishna. Malheureusement, je dus attendre un an avant de joindre le temple car il fallait effectuer, à l'époque un service militaire obligatoire, avant de joindre.


Je ne joignis donc le temple qu'un an après, en octobre 1975, pour mes 21 ans. Mais avant de joindre, alors que je me trouvais dans l'armée je profitai de toutes mes permissions pour me rendre au temple de Paris et participer aux harinama- sankirtanas que j'adorais. A ce propos, je me souviens de "permissions miraculeuses". C'est à dire que je priais Krishna pour avoir des permissions de sorties pour le week-end afin de me rendre au temple, et j'exultais en remerciant Krishna, car elles m'étaient accordées à mon grand étonnement pratiquement chaque week-end, alors que la norme était plutôt autour d'une ou deux par mois. Je ne disais rien à mes parents et préférais plutôt me rendre au temple pour "un week-end d'extase", participant au programme spirituel matinal du temple et chantant dans les rues de Paris en Harinama.

 

Mes souvenirs de ces Harinamas à Paris dans les années 75 ont laissé une prodonde impression de joie et de bonheur dans ma mémoire. Nous allions fréquemment chanter dans le quartier latin de Paris (St Michel et St Germain-des-prés)  et nous tournions plusieurs fois autour du quartier, pendant de longues heures, chantant Hare Krishna et distribuant du prasadam, des livres et des invitations pour le fête du dimanche au temple . Et ce qui m'étonnait entre autre est, qu'au fur et à mesure que le temps s'écoulait et que le Harinama s'intensifiait, par la puissance du Saint Nom j'en oubliais complètement mon appréhension du début et toute considération externe (1) , m'abandonnant complètement au chant d'Hare Krishna et au plaisir qu'il nous procurait à nous, dévots, ainsi qu'au public qui nous écoutaient .


En chantant ainsi dans la rue avec les dévots de Krishna, je me sentais si libre et heureux, tout cela était tellement nouveau pour moi. Et enfin, la vie avait un sens ! Ce sens que je ne voyais pas du tout avant, car comme je l'ai expliqué dans "Ma rencontre avec la conscience de Krishna [1]" (parution dans quelques jours) , l'idéal de vie que me proposait mon père et la société moderne: argent et travail, sexe et famille ne me satisfaisait pas du tout. Chantant dans la rue avec les dévots de Krishna, je me rappelai ce que mon père m'avait dit, menaçant, en voyant mes résultats scolaires insuffisant: "Tu finiras dans la rue!". Et, je riais en repensant à cela car j'y étais bien dans la rue! Mais peut-être pas de la façon qu'il avait prévu pour moi; sans refuge, sans but et sans moyens. Tout au contraire, en chantant les Noms de Dieu dans la rue je sentais plus que jamais que j'avais un refuge, un but et des moyens pour vivre car Dieu, Krishna, représente le suprême refuge, le but ultime, et le pourvoyeur suprême.

 


Dans le temple rue Lesueur;

distribution des livres

 


Finalement et péniblement, le service militaire pris fin et je pus, immédiatement après, joindre le temple de la rue Lesueur. Dès que j'arrivai, j'eus l'honneur d'avoir la tête rasée, par Umapati Prabhu, un des tout premiers disciples de Srila Prabhupada à New-York. Ainsi, rasé, avec juste une touffe de cheveux derrière la tête (la sika), portant la marque d'argile sacré, le tilaka vaisnava, sur le front, le collier de Tulasi autour du cou, et l'habit traditionnel vaisnava, le dhoti et la kurta, je ressentis une satisfaction intérieure profonde; j'étais une nouvelle personne. (2) Cependant, j'avais bien conscience que le seul fait de porter l'habit du vaisnava et d'en arborer l'apparence ne suffisait pas pour en être véritablement un. Le plus important restait à faire à présent et "la grande aventure de la conscience de Krishna" (3) commençait maintenant, mais je savais au moins que j'étais sur la voie et cette seule pensée était trés exaltante.

 
Une fois au temple, mes premiers services furent, le matin, de faire la vaisselle  dans la cuisine, et l'après-midi, d'aller chanter dans les rues de Paris en Harinama. Cela ne dura que quelques mois, car trés vite, on m'orienta vers la distribution des livres. Au début, avec les dévots nous allions distribuer les livres à Paris et en banlieue proche, et ensuite, nous voyagions à travers la France entière (sankirtana voyageant) pour faire du porte à porte et distribuer les livres de la conscience de Krishna, en échange de donations. Srila Prabhupada, notre fondateur, était trés attaché à ce mode de prédication qu'est la distribution des livres. Personnellement je recommmande à tout dévot, autant que possible et pour le temps qu'il conviendra, de participer au bṛhat-mṛdanga (4) . Ce mode de prédication est un moyen puissant pour toute personne qui s'y adonne - encore une fois, selon ses possibilités et sa convenance personnelle - , de satisfaire le maître spirituel et  Krishna, et ainsi de progresser rapidement dans la conscience de Krishna.Le Seigneur dit dans la Bhagavad-gita qu'il n'existe pas de serviteur qui Lui soit plus cher que celui qui oeuvre à répandre ses gloires.
 


Rencontre avec Srila Prabhupada et initiation harinama

 

 

Je fus initier par Srila Prabhupada en août 1976, à la Nouvelle-Mayapura (5) , lors d'une grande cérémonie qui eut lieu en plein air, par un temps splendide, et qui réunissait de nombreux dévots d'Europe. Pendant son séjour, Srila Prabhupada donna deux merveilleux exposés à partir de la Bhagavad-gita, que j'ai déjà traduit et publié en français dans Retour à Krishna sous le titre "Quelle difficulté y-a-t'il à aimer Krishna?"  

C'est durant cette période que j'eus le plus la possibilité de rencontrer Srila Prabhupada. Quand je dis rencontrer, il faut bien savoir que je n'ai jamais parlé personnellement avec Srila Prabhupada. J'aurais eu l'occasion pendant cette période, notamment à Paris, alors que je lui apportais son repas et que je me trouvais seul dans la pièce avec lui, mais je préférais alors offrir mes hommages (me prosterner), et m'éclipser rapidement. C'est que je fus envahi d'un sentiment de honte lorsque je me trouvais seul à seul avec lui, car immédiatement en sa présence, une pensée m'obséda et fit que je disparaissais rapidement: " Je ne veux pas que Srila Prabhupada puisse voir qui je suis!"

 

Les autres fois où je me trouvai en sa présence, je ne fus pas si troublé car de nombreux dévots étaient présents. Certains pourraient s'étonner que j'aie reçu l'initiation de Prabhupada sans que l'on ne se soit même pas adressé une seule fois la parole. Mais il faut bien comprendre que la relation des disciples avec Srila Prabhupada au début de son mouvement est souvent trés différente de celle de la période après.  Satsvarupa Maharaja dans son Prabhupada-Lilamrta l'explique fort bien. La première période correspond aux premiers instants du Mouvement tels New-York et San Francisco. Durant cette période les dévots eurent l'occasion de côtoyer intimement Srila Prabhupada. Prabhupada à cette époque, pour ses disciples, était disponible pratiquement à tout heure de la journée, et l'on pouvait sous prétexte de lui poser telle ou telle question, à propos de son service ou pour d'autres raisons, aller frapper à sa porte. Bien sûr, rapidement Prabhupada eut un serviteur personnel, mais même si l'on devait passer à travers lui, le fait est qu'il demeurait facile de le rencontrer et de lui parler personnellement. C'était le temps où tout le monde au début s'adressait à lui en tant que "Swamiji" . Mais après cette période des débuts, au fur et à mesure que le Mouvement prenait une ampleur internationale considérable, il devint plus difficile de le rencontrer personnellement. Et ainsi, ayant joins le Mouvement qu'en 1975, j'appartiens comme de nombreux autres disciples, à la catégorie des disciples qui ne l'ont pas rencontré personnellement beaucoup (ou même pour certains, pas du tout).


Mais les choses doivent être bien claires, nous, les "disciples d'après", nous ne nous sentons pas pour autant défavorisés, par rapport aux "disciples des débuts" . Si nous n'avons pas eu la chance de rencontrer Prabhupada personnellement, comme l'on eut par exemple tant d'autres disciples comme Srutakirti ou Hari Sauri prabhus, qui furent ses serviteurs personnels, ou encore Tamal Krsna Goswami, Mukunda Gosvami, Sastvarupa Gosvami, par exemple, qui le connurent au tout début, nous ne nous sentons pas pour autant désavantagés par rapport à tous ces dévots en ce qui concerne notre relation avec Srila Prabhupada. On a pu voir d'ailleurs que ce n'est pas forcément, parce qu'ils avaient eu la chance de côtoyer Srila Prabhupada intimement que de nombreux dévots ont en profités autant qu'ils l'auraient dû. Tout repose en fait sur le désir et la sincérité.

 

Nous avions été habitués de cette façon et ainsi, nous nous sentions parfaitement comblés dans notre relation avec Srila Prabhupada, par le simple fait de servir son mouvement, lire ses nombreux et semble-t'il inépuisables livres, écouter les cassettes de ses bhajans, de ses classes de Bhagavad-gita et Srimad Bhagavatam et autres, de ses promenades matinales et conversations, et enfin, entendre relater les nombreuses anecdotes sur Srila Prabhupada, écrites et contées par les dévots ainés du mouvement, tels ceux cités précédemment. (6)


Nous vivions en séparation de Prabhupada (et nous continuions maintenant qu'il est "parti" plus que jamais dans ce sentiment) , et dans la philosophie Gaudiya vaisnava, le théme de la séparation a une résonnance bien particulière: elle est plus forte encore que la rencontre.Tout repose sur la qualité du désir du disciple de servir son maître spirituel et la proximité n'est pas vraiment l'essentiel. Prabhupada a souvent parlé de vapu et vani, soit, et respectivement, l'association physique avec le maître spirituel et l'association, à travers ses instructions, et il nous a maintes fois expliqué et j'en fait tout les jours l'expérience, la deuxième constitue la véritable association avec le maître spirituel.


Autrement dit, s'efforcer d'accomplir les instructions du maître spirituel au lieu de s'efforcer de jouir de sa présence physique, constitue la réelle façon de pouvoir plaire au maître spirituel, l'essence même et la condition essentielle pour réussir à satisfaire aussi Krishna. Et puis, nous pouvions également, si nous en ressentions le besoin, le contacter à travers un échange de courrier. Il ne faut pas oublier que Srila Prabhupada a écrit des milliers de lettres, et elles contiennent tellement d'instructions de valeur pour tous qu'elles ont été compilées par le BBT en trois volumes de plus de 2500 pages en tout, s'intitulant "
śikṣamṛta: Instructions nectaréennes".


Un maître spirituel et un pur dévot de la grandeur de Srila Prabhupada, notre fondateur-acharya, peut être rencontré de tellement d'autres façons que physiquement. Chaque dévot, ou pratiquant sincère du bhakti-yoga, en fait l'expérience concrète à chaque instant : la vibration spirituelle est absolue. Ainsi, comme l'échange qui suit avec un reporter de Berkeley en 1975 le confirme, Srila Prabhupada n'est pas mort. Il est bel et bien présent à travers ses livres, ses instructions, son Mouvement de l'Iskcon, sa murti du temple, ....


Reporter: "Qu'adviendra-t'il de votre mouvement une fois que vous serez mort?"

Prabhupada: "Je ne mourrai jamais!"

Les dévots: "Jaya! Haribolo!"

Prabhupada:"Je vivrai à travers mes livres, et vous en tirez bénéfice."


Ainsi, Srila Prabhupada nous a laissé un immense réservoir de littérature spirituelle et dévotionnelle; une véritable encyclopédie. Et si quelqu'un a la bonne fortune de se tourner vers ses livres, de les lire et de les étudier , nul doute qu'il constatera qu'ils sont d'une incroyable richesse, et représentent une véritable encyclopédie du savoir spirituel et aussi matériel . C'est à dire qu'ils sont remplis d'une multitude de connaissances et d'instructions, d'ordre général ou théorique mais aussi spécifique ou pragmatique. D'ordre général; pour assseoir sa conscience de Krishna sur des bases profondes et solides, et spécifiques; pour nous guider, nous aider et nous permettre d'agir dans la conscience de Krishna au quotidien, à travers toute notre vie, qu'on appartienne à n'importe quel varna ou ashrama. En résumé, les livres de Srila Prabhupada ont réponse à tout, mais encore faut-il les lire et les consulter régulièrement pour s'en rendre compte. Ils donnent des instructions infiniment précieuses pour quiconque désire passer à travers les difficulés de l'existence en ce monde matériel (et il y en a !), et ainsi devenir plus heureux dans cette vie même, et à la fin de sa vie atteindre à la perfection : le retour au monde spirituel, la demeure éternelle de Dieu.



               SUITE ....Les temples de Londres et le manoir Bhaktivedanta



(1) "j'en oubliais mon appréhension .." Celle d'avoir à chanter devant tout le monde, alors que j'étais à l'origine plutôt timide et réservé, avec des dévots de Krishna, d'apparences plutôt exotiques, hors du commun, et de devenir le centre d'attraction, et aussi des fois, de dérision.

 

(2) " devenir une nouvelle personne, prendre un nouveau départ, avoir une nouvelle vie,"à travers ma quête spirituelle c'est ce que j'avais recherché, c'était un changement profond de vie car celle que je vivais était comme je l'explique dans "Ma rencontre avec la Conscience de Krishna 1" bien trop étriquée, morne et sans futur.

 
(3) Un dévot, Radhika Ramana, une fois dans une classe a dit une des plus belles choses que j'ai jamais entendu "La conscience de Krishna est la plus grande aventure qui soit". Je crois qu'il avait vraiment raison. La notion d' aventure est exaltante car elle évoque, l'idée de transformation, de renouveau, de dépassement de soi, de merveilleux, d'inconnu, etc...., Qui n'est pas fasciné à l'écoute d'un récit d'aventures? Ce qui nous attire alors ce sont les situations extraordinaires, palpitantes, surprenantes. Avancer dans la conscience de Krishna est la plus grande aventure qui soi. D'autant plus qu'il ne s'agit pas de vivre, comme au niveau matériel, "par procuration", ou dans les limites du temps et de l'espace, une aventure à travers le récit d'une histoire de quelqu'un d'autre, fictive (ou même réelle mais de toute façon temporaire). Non! Cette histoire que vous découvrez, au fur et à mesure que vous avancez dans la conscience de Krishna, c'est la vôtre! Au fur et à mesure que Krishna Se révèle à vous, que vous rétablissez graduellement votre relation éternelle avec le Seigneur, c'est alors votre réel moi, votre réelle identité éternelle qui se manifeste à vous, et vous
devenez alors apte à rencontrer Krishna face à face, à rejoindre la compagnie des associés merveilleux, éternels, et intimes du Seigneur, et à participer avec eux à Ses divertissements éternels (tels qu'on les retrouve dans le Livre de Krishna et qui se déroulent éternellement ). N'y a-t'il pas de plus grande aventure pour l'être?

 

(4) Le brhat-mrdanga signifie "le grand mrdanga". C'est Srila Bhaktisiddhanta Sarasvati Thakura, le maître spirituel de Srila Prabhupada qui a utilisé cette expression du brhat-mrdanga, "le grand mrdanga", pour signifier que comme moyen de prédication et de transformation des consciences, la distribution de la connaissance transcendantale de la conscience de Krishna, à travers les livres était encore plus efficiente que le harinama sankirtana. Cela ne doit pas signifier toutefois que le harinama ne doit pas être aussi pratiqué régulièrement. Les deux doivent avoir lieu simultanément et les deux relèvent du kirtana ou de la glorification du Seigneur Suprême, Krishna. C'est simplement la forme qui change. Il est à noter à ce sujet que diffuser la conscience de Krishna à travers le biais d'internet est aussi un moyen de prédication significatif.

 

(5) Ashram rural des dévots de Krishna de l'iskcon, depuis plus de 30 ans, qui se trouve dans le centre de la France près de Chateauroux.

  

(6) Il existe à ce propos un flot illimité de nectar sur des anecdotes et des instructions émananant des dévots-ainés qui ont fréquentés de près Srila Prabhupada . Citons-en quelques uns . Il y a bien sûr le fameux Prabhupada-lilamrta de Satsvarupa dasa Goswami, la biographie détaillée de Prabhupada en 7 volumes, le Prabhupada Nectar , et beaucoup d'autres livres du même auteur également. En ce moment parmi les plus privilégiés d'entre les livres du genre, il y a la trés délectable série des Memories qui a été écrite à partir de mulitiples témoignages oraux, filmés, de nombreux disciples de Prabhupada. Il existe de nombreux autres témoignages personnels écrit par de multiples dévots et dévotes, tels ceux de Bhurijana My glorious master, Hari Sauri avec la série des Trancendental dairy, Tamal Krsna Gosvami, Mahamaya dasi, Srutakirti, etc... Malheureusement, pour ceux qui ont des difficultés avec l'anglais, beaucoup parmi ces livres, pour le moment, n'existent qu'en anglais. On peut toutefois retrouver en francais sur Internet sur les sites des dévots, tel celui-ci  ,quelques anecdotes traduites en français. Et c'est quelque chose qui me tiendrait beaucoup à coeur aussi de présenter dans "Retour à Krishna" (si quelqu'un veut et peut m'aider à ce sujet qu'il me contacte).

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Lundi 14 avril 2008

Sri Rāmacandra et l'exemple
d'un bon gouvernement




 

 
 


Aujourd'hui est Sri Rama Navami, la fête de l'apparition de Sri Ramacandra. Sri Ramacandra est sans nul doute, en Inde, l'Incarnation de Dieu,  la plus populaire. Si l'on étudie la vie du Seigneur Ramacandra on peut voir qu'Il agissait en roi parfait, son règne fut exemplaire et le couple qu'Il forma avec Sa femme Sita, Sita-Rama, est un couple éternel tel Radha-Krishna.


Les divertissements du Seigneur Suprême sous la forme de Sri Ramacandra et que l'on retrouve dans le fameux récit du Ramayana de Valmiki sont fabuleux et enchantent particulièrement  les dévots du Seigneur. Si j'ai choisi pour cette fête de Ramacandra les extraits suivants du neuvième chant du Srimad-Bhagavatam, chapitre 10 intitulé "Les divertissements de Sri Ramacandra" c'est parce qu'il traite d'une qualité qui caractérise particulièrement cette incarnation du Seigneur c'est celle de  souverain parfait. Un roi  qui rendit les gens de Son peuple particulièrement heureux. Quel était son secret? Comment Son peuple put-il être ainsi si parfaitement comblé et heureux? C'est ce que révèlent les versets 50 à 55 du Srimad -Bhagavatam éclairés par les teneurs et portées de Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Srila Prabhupada. Bonne lecture à tous et toute gloire à Sita-Rama !!!

 



Satisfait de l'attitude de soumission totale de Sri Bharata, son frêre, Sri R
āmacandra accepta alors le trône de l'Etat. Il prit soin de Ses sujets exactement comme le ferait un père, et les citoyens pleinement absorbés dans les devoirs liés à leurs varnas et asramas L'acceptèrent comme leur père.

 

 

Les gens aiment beaucoup le principe du rāma-rājya, et même de nos jours les politiciens forment parfois un parti appelé rāma-rājya (1) , mais malheureusement ils n'obéissent pas à Sri Rama. On dit parfois que les gens veulent le royaume de Dieu sans Dieu. Toutefois, un tel désir ne sera jamais exaucé. Un bon gouvernement ne peut exister que si ses rapports avec les citoyens sont identiques à ceux qui unissaient Sri Ramacandra à Ses sujets. Sri Ramacandra gouvernait Son royaume comme un père prend soin de ses enfants, et les citoyens reconnaissants L'acceptaient comme un père. Ainsi, la relation unissant les citoyens au gouvernement devrait ressembler en tous points à celle qui existe entre le père et le fils. Lorsque dans une famille les fils sont bien éduqués, ils obéissent au père et à la mère, et quand le père possède les qualités requises, il prend bien soin de ses enfants. Comme l'indiquent les mots sva-dharma-niratā varṇāśrama-guṇān-vitāḥ, les gens étaient de bons citoyens parce qu'ils acceptaient l'institution des varnas et des asramas, qui organise la société en quatre varnas - brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya and śudra et en quatre āśramas - brahmacarya, gṛhastha, vānaprastha and sannyāsa. Voilà la véritable civilisation humaine (voir "Qu'est-ce que le varnasrama-dharma?). Les gens doivent être formés d'après les différents devoirs liés au varṇāśrama. Comme le confirme la Bhagavad-gita : cātur-varṇyaḿ mayā sṛṣṭaḿ guṇa-karma-vibhāgaśaḥ - les quatres varnas doivent correspondre aux diverses natures et occupations des hommes (BG 4.13). Le premier principe que doit appliquer un bon gouvernement est d'instituer ce système du varṇāśrama. Varṇāśramācāravatā puruṣeṇa paraḥ pumān viṣṇur ārādhyate (2) . Le but du varṇāśrama est de permettre à tous de devenir des vaisnavas conscient de Dieu. Viṣṇur asya devatā. Ceux qui adorent Sri Visnu en tant que le Seigneur Suprême deviennent des vaisnavas. Les citoyens devraient donc être formés grâce au système des varnas et asramas, comme ils l'étaient durant le règne de Sri Ramacandra, où tout le monde apprenait à suivre les principes du varṇāśrama.

 

Le seul fait de mettre en vigueur des lois et des décrets ne suffit pas à rendre les cioyens obéissants et loyaux. Cela est impossible. Il existe de par le monde entier une multitude d'Etats, d'assemblées légistatives et de parlements, mais les citoyens n'en sont pas moins des truands et des voleurs. On ne peut pas forcer les gens à être de bons citoyens; ils doivent être éduqués. De même qu'il existe des écoles et des universités assurant aux étudiants une formation d'ingénieur chimiste, d'avocat ou de spécialistes dans de nombreux autres domaines de connaissance, il doit y avoir des écoles et des universités pour former les étudiants à devenir des br
āhmaṇas, des kṣatriyas, des vaiśyas, des śudras, des brahmacārīs, des gṛhasthas, des vānaprasthas et des sannyāsīs. Cela fournira la condition préliminaire à toute bonne citoyenneté (varṇāśrama-guṇān-vitāḥ). D'une manière générale, si le roi ou le président est un rājarṣi, les rapports entre les citoyens et le chef du pouvoir exécutif seront clairs et il n'y aura aucun risque de chaos dans l'Etat, car le nombre des escrocs et des malfaiteurs diminuera. Dans le kali-yuga, cependant, le système du varṇāśrama étant négligé, les gens sont généralement corrompus. Dans le système démocratique, ces escrocs soutirent naturellement de l'argent à d'autres escrocs; le chaos règne ainsi dans tous les gouvernements, si bien que personne n'est heureux. Nous avons toutefois ici, avec le règne de Sri Rāmacandra, l'exemple d'un bon gouvernement. Si les gens suivent cet exemple, le monde entier sera bien gouverné.