Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Jagad

LUTTER CONTRE
 LE SUICIDE
 



Sri Chaitanya Mahaprabhu, discutant au milieu d'un groupe de mayavadis, adeptes de Sankaracarya, qu'Il convertira au vaisnavisme, la conscience de Krishna (Chaitanya Caritamrta adi ch.7).

3) 
Le suicide spirituel 

  


Les philosophies impersonnalistes de Bouddha et Sankaracarya sont suicidaires  

 

Même si l'on ne peut prétendre couvrir l'ensemble du sujet du suicide, en seulement trois articles, on ne peut toutefois conclure, sans parler d'une catégorie essentielle de suicides. Elle revêt malheureusement dans cet âge de Kali un poids énorme, il s'agit du "suicide spirituel".


Qu'entend-on par suicide spirituel? Les philosophies du monismede Sankaracarya, et du nihilisme (*1) de Bouddha illustre trés bien cette notion de suicide spirituel. Ces deux philosophies spirituelles traditionnelles, sont, aujourd'hui encore, trés populaires. Le mayavadisme (voir mayavadi) de Sankaracarya et le nihilisme ou sunyavadisme de Bouddha sont des formes de suicides spirituels. Ces deux méthodes de réalisation spirituelle, ne reconnaissent par l'individualité éternelle de l'être vivant (jiva), ni Celle de Dieu, l'Etre Suprême (Purusa) (*2). Et, par conséquent, ne reconnaîssant pas le caractère pure, indéfectible et éternel de l'individualité de Dieu, l'Ame Suprême, et du jiva ou de l'âme infinitésimale, ils n'acceptent pas non plus qu'il puisse exister entre eux, un échange relationnel chargé d'amour et de dévotion (rasas) auquel, suprême offense , ils attribuent un caractère illusoire (*3). 


Pour ces philosophies impersonnalistes, la perfection de la réalisation spirituelle est, soit le Brahman impersonnel (monisme de Sankaracarya) ou soit le Vide (bouddhisme). Et la libération de l'existence matérielle consiste donc, à "briser les limites de son moi individuel", et "se fondre en l'Absolu" ou " se dissoudre dans le Vide ". Ainsi, ces deux traditions spirituelles, impersonnalistes, dénient une existence éternelle à l'âme spirituelle et, par conséquent, une individualité éternelle à l'être vivant, le serviteur de Dieu, et à Dieu, le Maître Suprême, l'Objet de leur service d'amour. Elles prescrivent, encore une fois, toutes les deux, "le suicide spirituel" : pour l'un, il s'agit de "se fondre avec l'Absolu ou Dieu" et "de ne plus faire qu'un avec Lui"-, et pour l'autre "d'atteindre au nirvana" ou "l'annihilation des désirs" et "d"atteindre au vide (vacuité) ".


Outre le fait qu'elles soient fausses (*4), les philosophies impersonnalistes et nihilistes sont extrèmement insatisfaisantes pour un dévot du Seigneur, un dévot de Krishna. Leur caractère antagoniste avec la philosophie vaisnava est établi depuis toujours. La perspective de sacrifier son individualité, et de ne plus pouvoir ainsi, servir le Seigneur et échanger des relations d'amours avec Lui, dans les cinq formes de rasas, est parfaitement intolérable pour un vaisnava. Il n'est donc pas plus attiré par ces philosophies impersonnalistes qu'un homme sain d'esprit et heureux, l'est, par le suicide.


(*1) Ce terme de "nihilisme" est contesté par certains spécialistes  bouddhistes auquel ils préfèrent le terme de "sunya" qui signifie"vide". C'est peut être que le mot de nihilisme a une consonance trop péjorative pour eux, mais il n'empêche, que le terme de "nihiliste" correspond bien à la qualification de la philosophie du Bouddha (sunyavadisme), qui fait de "l'état de vide" ou de néant, l'idéal de la perfection de la méditation bouddhiste. Et d'autre part, entre nihilisme ou vide, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.


(*2)Pour les Bouddhistes, l'âme n'existe pas et l'être vivant est le résultat d'une combinaison d'éléments matériels, et lorsque l'on réalise la nature illusoire de sa propre identité et de l'existence du monde, on atteint alors sunya, ou "l'état du vide", l'ultime réalité, et ainsi, le nirvana, représente la perfection de la méditation avec la libération de toute souffrance matérielle. 

Pour les adeptes de la philosophie advaita (unité avec l'Absolu) de Sankaracarya, l'âme existe mais son individualité est illusoire (maya) et grâce à la culture de la connaissance (jnana), l'ascèse et la méditation, on peut réaliser le caractère illusoire du moi individuel. Brisant ses limites artificielles du moi individuel, celui-ci perd sa fausse identité (maya), et se fond avec le Soi universel, le Brahman impersonnel (Dieu). Nous retrouvons alors notre condition originelle, celle d'être Dieu. Nous re-devenons alors Dieu nous-mêmes, mais comme il n'y a plus de "nous-mêmes", il est plus juste de dire que "nous sommes Dieu", à présent. (On peut voir la faiblesse d'une telle philosophie: comment peut-on re-devenir Dieu. N'est-ce pas que, par définition, Dieu est Dieu de toute éternité, et ne devient jamais Dieu à un moment donné?)


(3*) plus dangereux que le bouddhisme, selon Chaitanya Mahaprabhu, est la philosophie advaita de Sankaracarya. Les mayavadis considèrent que tout ce qui a trait à Dieu, ou Krishna, et à Ses avataras, c'est à dire Sa Forme, Ses Saints Noms, Ses Divertissements, etc..., participent de l'illusion ou maya. Ecouter, cultiver et entretenir des relations avec ceux qui propagent une telle philosophie (et encore plus les adeptes de Sankaracarya) est fortement déconseillé, pour tous ceux et celles qui souhaitent vraiment progresser sur la voie de la réalisation spirituelle. C'est pourquoi Chaitanya Mahaprabhu nous avertit avec force: "mayāvādi-bhāṣya śunile haya sarva-nāśa" ,"Celui qui écoute le commentaire mayavadi de Sankaracarya (du Vedanta-sutra) connaîtra l'échec total dans sa vie" Chaitanya-caritamrta Mad.6.169.


(*4) Cette illustration (contée dans le Caitanya caritamrita) est l'histoire de la conversion des bouddhistes venus pour offrir de la nourriture contaminée à Chaitanya Mahaprabhu et qui, après avoir été punis, au cours d'une action miraculeuse accomplie par un aigle et après que leur leader eut reçu un plat sur la tête, furent ensuite convertis au vaisnavisme par Chaitanya Mahaprabhu.fausses, parce que seulement partielles; dans le sens que le Brahman impersonnel est reconnu par les Ecritures védiques, mais n'est qu'un aspect de la Vérité absolue. Au-delà de cet aspect de la Vérité Absolue, il existe le Paramatma - la Forme du Seigneur Visnu dans le coeur- et, en dernier lieu, Bhagavan, la Personne Suprême, Sri Krishna, accompagné de Ses nombreux avataras, doté d'une forme, de saints noms, de qualités, d' attributs, de divertissements, tous infinis, purement spirituels et transcendantaux, remplis de connaissance et de félicité éternelle.


vadanti tat tattva-vidas 
 tattvaḿ yaj ānam advayam
brahmeti paramātmeti
bhagavān iti śabdyate 

"Les doctes et sages spiritualistes qui connaissent la Vérité Absolue nomment cette substance unique, au-delà de toute dualité, du nom de Brahman, Paramātmā ou Bhagavān."
        Srimad-Bhagavatam (1.2.11)


4) CONCLUSION        

(à la série des 4 articles)

"Le suicide, fléau des temps modernes"


Revenons maintenant au sujet initial des trois gunas. Nous recommandons fortement de lire sur ce sujet le livre qui a éclairé des milliers de générations humaines au cours des millénaires: la sublime Bhagavad-gita. Le chapitre 14 de la Bhagavad-gita telle qu'elle est, intitulé "Les trois gunas" est particulièrement adapté au sujet qui nous a occupé.

Vous aurez remarqué aussi, en lisant les trois articles sur le suicide, que nous avons préféré aborder ce sujet d'une façon plutôt védique que classique
. C'est à dire, avec un point de vue et une approche plutôt spirituels, qu'uniquement matériels. Tout cela n'est pas dû au hasard mais nous semblait plus profitable, car déjà, de nombreux livres sur le thème du suicide ont été écrits, et maintes solutions proposées. Notre intention n'est pas non plus de les dénigrer car, certainement, ils ont aussi une certaine valeur, et ils ont pu déjà aider certaines personnes.


Mais il semble aussi, qu'il est plus que temps pour le monde (et la venue de Srila Prabhupada et de l'établissement du Mouvement International pour la Conscience de Krishna, dès 1965, a marqué le début de cette nouvelle ère), d'aborder les problèmes fondamentaux, et les manques chroniques, auxquels font cruellement face nos sociétés modernes - absences de valeur, violence, insatisfaction, suicide, criminalité, pauvreté, dépressions, addictions, débauche, divorce, etc...-, d'un point de vue, non pas seulement matériel, mais aussi spirituel, c'est-à-dire d'un point de vue "conscient de Krishna". Et, par là, également, offrir des solutions, pas seulement partielles mais totales, et pas uniquement temporaires mais définitives. La conscience de Krishna, seule, est en mesure d'apporter des solutions de cette dimension et, Srila Prabhupada dans le "Nectar de la dévotion", l'exprime clairement:




                "La Conscience de Krsna engendre toute heureuse fortune:

Srila Rupa Gosvami a donné de l'heureuse fortune le critère suivant: l'action, dit-il, est véritablement propice lorsqu'elle sert le bien de tous les êtres. Aujourd'hui, des groupes cherchent, par des ceuvres de bienfaisance, à améliorer le sort d'une communauté, d'une société, voire d'un Etat. Il existe même l'Organisation des Nations-Unies, qui se propose de venir en aide au monde entier. Mais les efforts entrepris, même sur le plan national, restent pour l'essentiel insuffisants, de sorte qu'un projet aussi vaste est presque obligatoirement irréalisable. Or, le Mouvement pour la Conscience de Krsna est si merveilleux qu'il possède, lui, le privilège de conférer à l'humanité tout entière le plus grand bien. D'où l'attrait dont il est capable sur chacun: car chacun peut en apprécier les bienfaits. Voilà pourquoi Rupa Gosvami et de nombreux autres érudits s'entendent pour dire qu'une large diffusion, par toute la Terre, du Mouvement pour la Conscience de Krsna, et du service de dévotion, constitue la plus haute oeuvre de bienfaisance qui soit."
             Nectar de dévotion, Premier Chapitre 
          "Les caractéristiques du pur service de dévotion "



Ce n'est pas non plus que spirituel signifie, quelque chose d'abstrait, d'impraticable, d'inconsistant et de compliqué, bien au contraire. C'est au contraire de simplicité et de spontanéité qu'il s'agit quand on parle de "conscience de Krishna". Et ainsi, Srila Prabhupada, notre maître spirituel fondateur, dit que "la conscience de Krishna est de conception trés simple ( se lever de bonne heure (*1), chanter Hare Krishna, danser, manger du prasadam et lire la Bhagavad-gita) mais l'application,quant à elle, se révèle être plus difficile pour nous  . Car la plupart d'entre nous, avons perdu, de part notre long séjour dans l'énergie matérielle, l'intelligence et le goût, pour cette pratique spirituelle. Mais, si toutefois, nous nous efforçons de recourir de nouveau à cette pratique simple et sublime, avec foi (*2) et persévérance, trés bientôt, notre conscience de Krishna originelle, brillera de nouveau dans notre coeur comme un soleil radieux, chassant l'obscurité de la passion et de l'ignorance, et nous permettant de goûter enfin, au réel bonheur auquel nous avons droit, en tant qu'âmes spirituelles éternelles, serviteurs de Dieu, Krishna. Hare Krishna".  


(*1)
Se lever de bonne heure favorise la vertu: 


Chaque moment de la journée est influencé par un guna en particulier , Ainsi, le matin de bonne heure, et en particulier, avant le lever du soleil (les heures du Brahma-muhurta, ou heures matinales, sont particulièrement propices pour l'avancement spirituel), l'influence du guna de la vertu se fait particulièrement sentir. Il est donc recommandé, autant que possible, de se lever de bonne heure, en ayant pris toutefois, assez de repos, donc couché pas trop tard. Le plus tôt est le mieux, 4 heure du matin, 5 h, 6h. Sept heure du matin est déjà tard pour un dévôt et il peut sentir distinctement la différence de "vibrations", au fur et à mesure que la journée avance. Ainsi, la journée où tout le monde commence à s'activer est plutôt sous l'influence de la passion et la nuit sous l'influence de l'ignorance.

Dès le lever, le dévot prend une douche et commence à chanter le mantra Hare Krishna sur son chapelet. Puis, s'il vit dans un temple, ou que la situation le permet chez lui, il assiste à la cérémonie du mangala-aratika, (qui signifie cérémonie de bonne augure) pendant laquelle différentes offrandes sont faites aux murtis du Seigneur telles Radha-Krishna, Gaura-Nitai, etc..et les prières à Srila Prabhupada, notre maitre spirituel fondateur, sont chantées (Guruvastaka). Là encore, le nom de cette cérémonie qui a lieu de bonne heure le matin, à 4h 30, met en valeur les heures matinales quant au progrès spirituel.


Ensuite, il y a d'autres cérémonies auxquelles les dévots assistent dans les temples, mais pour quelqu'un qui vit à l'extérieur d'un temple, il est possible d'établir un programme spirituel personnel simplifié. Exemple: (Ce ne sont que des suggestions sujettes à être adaptées selon la situation de chacun et chacune).


Lever de bonne heure: (commence dès 4 h mais nécessite une adaptation pour ceux et celles qui ont un travail, donc cela peut être à 5h , 6h, 7h) ; douche ; Japa: chant du mantra Hare Krishna sur son chapelet (1 heure et plus si possible). Lecture du Srimad-Bhagavatam et lecture de la Bhagavad-gita ( 30 mn ou plus si possible). Petit déjeuner (Prasadam )


Evidemment, le programme spirituel du matin de chacun varie selon sa situation particulière. Et d'abord, selon, bien sûr, s' il vit dans un temple ou à l'extèrieur d'un temple, selon qu'il ou elle étudie ou travaille (ou ne travaille pas), à des enfants ou pas, est débutant ou expérimenté dans la "conscience de Krishna", etc....


Mais quelque soit sa situation, tout le monde peut à son niveau pratiquer la conscience de Krishna. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que, comme toute chose, notre évolution sur cette voie dépendra de notre investissement personnelle, de notre sincérité. Un étudiant, par exemple,sait bien que s'il étudie sérieusement il obtiendra certainement de bons résultats, et au niveau de la profession de chacun le constat est le même: plus on est sérieux, sincère et dédié et plus on de chances d'obtenir le succés. 

              ye yathā mā prapadyante
            tḥ
āḿs tathaiva bhajāmy aham
                mama vartmānuvartante 
                manuṣyā pārtha sarvaśa 

"Tous suivent Ma voie, d'une façon ou d'une autre, ô fils de Pritha, et selon qu'ils s'abandonnent à Moi, en proportion Je les récompense." 
            Bhagavad-gita (4.11)

 
(*2) Cette foi s'acquière et se renforce au contact des dévots plus avancés qui déjà la possède.

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vishwanath 08/07/2007 10:14

très interessant. bonne continuation !