Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Srila Prabhupada

Sri Balarama 
visite Vrindavana

 La yamuna prie au Seigneur Balarama


Il arriva que Sri Balarama fut pris d'une grande impatience de voir Son père et Sa mère, Maharaja Nanda et Yasoda. Il monta sur un char, et le coeur en joie partit pour Vrndavana. Depuis longtemps les habitants de Vrndavana étaient anxieux de revoir Krsna et Balarama. Lorsque Ce dernier arriva au village, tous les jeunes pâtres et les gopis avaient grandi; mais tous L'étreignirent comme avant, et Lui les étreignit en retour. Puis Il Se présenta devant Maharaja Nanda et Yasoda pour leur offrir Son hommage respectueux. En réponse, mère Yasoda et Nanda Maharaja Le bénirent. Ils L'appelèrent Jagadisvara, le Seigneur de l'Univers qui maintient tous les êtres. Ils choisirent de L'appeler ainsi en telle occasion parce que Lui et Krsna maintiennent tous les êtres, et que Leur absence causait à Nanda et Yasoda bien des difficultés. Dans cet état d'esprit, ils étreignirent Balarama et L'assirent sur leurs genoux, poursuivant leurs pleurs perpétuels, L'inondant de larmes. Puis Sri Balarama offrit Son hommage respectueux aux pâtres les plus âgés et reçut celui des plus jeunes. Il échangea ainsi avec eux des sentiments d'amitié selon leur âge et la relation qui les unissaient. Il serrait la main de Ses égaux en âge et amitié puis, avec un grand rire, les étreignait. Les saluts échangés avec tous, les pâtres, les gopis, le roi Nanda et Yasoda, Sri Balarama S'assit enfin, satisfait, et tous L'entourèrent. Il S'enquit tout d'abord de leur bien-être, mais vite fut leur tour, eux qui ne L'avaient pas vu depuis si longtemps, de Lui poser des questions. Les habitants de Vrndavana, captivés par Ses yeux pareils-au-lotus, avaient tout sacrifié pour Krsna. Leur amour pour Krsna était si fort qu'ils ne souhaitèrent jamais se voir élevés aux planètes édéniques, se fondre dans la radiance du Brahman afin de devenir Un avec la Vérité absolue, ou quoi que ce soit du même ordre. Même jouir d'une existence opulente les laissait indifférents –il leur suffisait de vivre leur simple vie de pâtre dans leur village. Sans cesse absorbés dans la pensée de Krsna, jamais ils n'éprouvaient le désir de bienfaits personnels. Si grand l'amour qu'ils Lui portaient qu'en Son absence leurs voix tremblèrent lorsqu'ils s'enquirent de Sa personne auprès de Balaramaji.

Nanda Maharaja et Yasodamayi demandèrent d'abord: "Mon cher Balarama, nos amis, Vasudeva et les autres membres de la famille se portent-ils bien? A présent, Toi et Krsna Vous êtes des hommes mûrs, mariés et pères de plusieurs enfants; Vous arrive-t-il parfois, dans le flot de bonheur qu'apporte la vie au foyer, de vous souvenir de Votre pauvre père, de Votre pauvre mère, Nanda Maharaja et Yasodadevi? Quelle bonne nouvelle: le plus grand des pécheurs, le roi Kamsa, Vous l'avez mis à mort, et Vasudeva et tous nos amis, qui ont subi longtemps ses persécutions, s'en trouvent à présent délivrés! Quelle bonne nouvelle encore que Toi et Krsna Vous ayez imposé la défaite à Jarasandha et Kalayavana, qui a trouvé la mort! Comme il est bon que Vous viviez à présent dans Votre demeure fortifiée de Dvaraka»!

Lorsqu'arrivèrent les gopis, Sri Balarama leur porta un regard affectueux. Elles, envahies par la joie, elles qui avaient souffert si longtemps de l'absence de Krsna et de Balarama, s'enquirent du bien-être des deux Frères. Elles voulurent surtout que Balarama leur dise si Krsna prenait plaisir à Sa nouvelle vie, tout entouré des citadines de Dvaraka Puri: «Se souvient-il parfois de son père Nanda et de sa mère Yasoda? Des autres amis de Vrndavana, ses intimes? N'a-t-il pas le projet de revenir ici afin de revoir sa mère Yasoda? Se souvient-il de nous, les gopis, qui vivons pitoyablement, privées de sa compagnie? Peut-être lui nous a-t-il oublié, maintenant que l'entourent les citadines de Dvaraka, mais nous nous souvenons encore de lui, quand nous cueillons des fleurs et en faisons des guirlandes. Mais il ne vient pas, et nous passons notre temps à pleurer. Si seulement il revenait, s'il acceptait ces guirlandes faites exprès pour lui! O cher Balarama, descendant de Dasarha, tu sais que nous renoncerions à tout pour l'amitié de Krsna. Même en grande détresse, nul ne peut faire qu'on oublie sa relation avec les membres de la famille; mais nous avons fait ce qui est impossible à autrui, nous avons renoncé à nos pères, nos mères, nos soeurs et nos proches, sans le moindre regret. Puis, brutalement, Krsna nous a abandonnées. Sans rien considérer avec sérieux, il a brisé notre relation intime et prit le chemin d'un autre pays. Mais lui si espiègle, si intelligent, inventa de douces paroles: «Mes chères gopis, n'ayez nulle crainte. Le service que vous M'avez offert, jamais Je ne pourrai vous le rendre». Après tout, nous sommes des femmes, comment pouvions-nous ne pas le croire? A présent, nous savons que ses doux propos n'étaient que tromperie».

Une autre gopi, révoltée par l'absence de Krsna, prit la parole: «Mon cher Balaramaji, certes nous ne sommes que filles de village, et Krsna a pu facilement nous tromper, mais les femmes de Dvaraka? Sont-elles aussi naïves que nous? Ces femmes de la ville de Dvaraka sont bien plus rusées et intelligentes! Je serais bien surprise de les voir crédules devant Krsna et trompées par ses paroles».

Une autre gopi: «Mon cher ami, Krsna est fort adroit dans l'usage de la parole. Nul dans cet art ne peut rivaliser avec lui. Il met dans ses mots tant de couleur, parle avec tant de douceur que n'importe quelle femme verrait son coeur en déroute. Il a porté à la perfection l'art de séduire en souriant. Quand elles voient ce sourire, les femmes deviennent comme folles et se donneraient à lui sans hésiter un instant».

A ces mots, une autre gopi déclara: «Mes amies, pourquoi donc parler de Krsna? Si vous voulez tuer le temps, prenez alors un autre sujet. Ce cruel Krsna se passe de nous, pourquoi ne pas nous passer de lui? Certes, sans nous Krsna passe ses jours dans la joie, mais nous, sans lui, ne pouvons être heureuses».

A mesure qu'elles parlaient ainsi, les gopis sentaient leurs sentiments pour Krsna se faire de plus en plus intenses; elles refaisaient l'expérience de Son sourire, de Ses mots d'amour, de Ses traits séduisants, de Son caractère et de Ses étreintes. Si forte était leur extase qu'il leur semblait voir Krsna présent en Personne et dansant devant elles. Si doux leur était le souvenir du Seigneur, qu'elles ne purent retenir leurs larmes et se mirent à pleurer sans autre considération.

Sri Balarama pouvait fort bien comprendre les sentiments d'extase des gopis et voulut donc les apaiser. Lui aussi était habile dans l'art de la parole. Ainsi, avec les marques d'un grand respect et beaucoup de tact, Il Se mit à conter aux gopis l'histoire de Krsna; et elles en furent satisfaites. Et pour que leur satisfaction soit durable, Sri Balarama demeura à Vrndavana deux mois entiers, celui de Caitra (mars-avril) et celui de Vaisakha (avril-mai). Pendant tout ce temps Il demeura parmi les gopis et passa chaque nuit avec elles dans la forêt de Vrndavana, afin de combler leurs désirs amoureux. Sri Balarama s'adonna à la danse rasaC'est ainsi que Balarama jouit également de la danse rasa en compagnie des gopis. C'était le printemps, et la brise soufflait avec douceur sur la berge de la Yamuna, portant l'arôme de diverses fleurs, dont la kaumudi. L'éclat de la lune se répandait dans tout le ciel, et illuminait les berges de la Yamuna; c'est dans ce lieu de merveilles que Sri Balarama prit plaisir en la compagnie des gopis.

Le deva Varuna envoya dans la forêt sa fille Varuni sous forme d'un miel liquide coulant des creux des arbres. La forêt tout entière en fut embaumée et le doux arôme du miel, le parfum de Varuni, captiva Balaramaji. Il but le miel, et avec Lui les gopis. Tout en se délectant de cette boisson naturelle, le varuni, elles chantaient les gloires de Sri Balarama, qui Se sentait plein de bonheur, et comme enivré par le miel. Ses yeux roulaient plaisamment, de longues guirlandes de fleurs sauvages Le paraient: tout contribuait à faire de cette nuit une grande fête de bonheur. Un sourire merveilleux brillait sur les lèvres de Sri Balarama, et les gouttes de sueur sur Son visage étaient comme la fraîche rosée du matin.

Dans cette humeur joyeuse, Il désira jouir de la compagnie des gopis dans les eaux de la Yamuna, et enjoignit à la rivière de s'approcher d'eux. Mais la Yamuna négligea l'ordre de Balaramaji, Le tenant pour ivre. Lui, tout à fait mécontent, décida sur-le-champ de sillonner de Sa pioche la terre des rives. Sri Balarama possède deux armes, une pioche et une masse, dont Il use selon le besoin. Pour cette fois, Il voulait rapprocher de force la Yamuna, pour la punir. Il lui adressa ces mots: «Rivière déchue! Puisque tu n'as pas eu souci de Mon ordre, Je vais te donner une leçon. Tu n'as pas voulu venir de toi-même? Eh bien, Ma pioche t'y forcera! Je t'éparpillerai en centaines de ruisseaux!».

A cette menace, la Yamuna sentit en elle une grande crainte, sachant la puissance de Balarama. Elle vint en personne, tomba aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur, et pria ainsi: «O cher Balarama, Tu es l'Etre le plus puissant, qui fait le plaisir de tous. Par malheur, j'ai oublié un instant Ta haute et glorieuse position, mais à présent, retrouvant la raison, je me rappelle que par Ta simple émanation partielle, Sesa, Tu soutiens sur Ta tête tous les systèmes planétaires; l'Univers tout entier repose sur Toi. O Dieu, ô Personne Suprême, Tu jouis pleinement des six excellences. Oublieuse de Ta toute-puissance, j'ai désobéi à Ton ordre. Quelle erreur! Car je me suis rangée parmi ceux qui T'offensent. Cependant, ô cher Seigneur, je T'en prie, sache que je suis une âme soumise à Ta Personne. Grande est l'affection que Tu portes à Tes dévots; excuse donc mon impudence et mes erreurs; puisse Ta miséricorde immotivée s'exercer en ma faveur».

S'étant soumise, la Yamuna fut pardonnée. Elle était toute proche, maintenant, et Sri Balarama souhaita jouir du plaisir de nager dans ses eaux en la compagnie des gopis, comme un éléphant s'ébat avec ses nombreuses compagnes. Le bain dura longtemps, puis, lorsque Sri Balarama eut connu pleine satisfaction, Il sortit des eaux. Alors une déesse de la fortune Lui offrit un bel habit bleu, ainsi qu'un précieux collier d'or. Grande était la séduction de Sri Balarama, après Son bain dans la Yamuna, vêtu de bleu et paré de bijoux d'or. Comme Son teint est blanc, Il ressemblait à l'éléphant blanc du roi Indra, dans les planètes édéniques. Aujourd'hui encore, la rivière Yamuna se divise en de nombreuses petites branches: elle a été écorchée par la pioche de Sri Balarama. Et ces branches de la Yamuna glorifient toujours Sa toute-puissance.

Chaque nuit, pendant deux mois, Sri Balarama et les gopis prirent ainsi plaisir ensemble à leurs Divertissements spirituels et absolus; le temps coulait pour eux si vite que toutes ces nuits n'en semblèrent qu'une. Sri Balarama présent, les gopis et les habitants de Vrndavana avaient retrouvé la même joie qu'aux jours où habitaient avec eux les deux Frères, Sri Krsna et Sri Balarama».

Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta pour le soixante-quatrième chapitre du Livre de Krsna, intitulé: «Sri Balarama visite Vrndavana».

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