Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par BBT

Le Livre de
Krishna

PREMIERE PARTIE

Un résumé complet
de l'illustre dixième Chant du
Srimad Bhagavatam
par


Sa Divine Grâce 

 A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda


TROISIEME CHAPITRE

La naissance 
      du Seigneur Krishna
 
         


KA1-061-grand.jpg


     Comme l'enseigne le Seigneur dans la Bhagavad-gita (4.9) , Son Avènement et Ses Actes sont tous absolus, et celui qui en saisit véritablement la nature obtient aussitôt d'entrer dans le Royaume spirituel. On ne saurait comparer l'Avènement du Seigneur à la naissance d'un être ordinaire, contraint d'accepter un corps matériel en fonction de ses actes passés. Nous avons vu dans le précédent chapitre que l'Apparition du Seigneur est commandée par Son bon plaisir. A l'approche de cet heureux moment, les constellations s'ordonnèrent de façon particulièrement propice. Et l'influence astrologique prédominante devint celle de l'étoile Rohini. Cet astre, tenu pour éminemment favorable, se trouve sous la supervision directe de Brahma. Selon les calculs des astrologues, outre la disposition adéquate des étoiles, ce sont les différentes positions occupées par les systèmes planétaires qui déterminent si l'"heure" présente un caractère favorable ou défavorable. Au moment de l'Apparition de Krsna, les systèmes planétaires se placèrent spontanément selon l'ordre qu'il fallait pour que tout baigne dans d'heureux augures.

A ce moment, dans toutes les directions, à l'est et à l'ouest, comme au sud et au nord, partout, régna une atmosphère de paix et de prospérité. Dans le ciel, on voyait des étoiles favorables, et sur Terre, dans toutes les villes et villages, dans les pâturages et dans le mental de chacun, se manifestaient des signes de bonne fortune. Les rivières coulaient à grand flot et les lacs se paraient de belles fleurs de lotus. Les forêts foisonnaient d'oiseaux et de paons merveilleux. Et tous ces chantres des bois se mirent à moduler leurs plus doux ramages; les paons, avec leurs compagnes, ouvrirent la danse. Une brise plaisante répandait le parfum de fleurs diverses, et tout, au contact du corps, procurait une agréable sensation. Les brahmanas, qui avaient coutume de sacrifier dans le feu, trouvèrent à nouveau que leur demeure se prêtait au mieux à de telles offrandes. En effet, le feu sacrificiel avait presque été banni de la maison des brahmanas, à cause de la persécution des rois démoniaques. Désormais, il pouvait reprendre sa place en paix. L'offrande de sacrifices interdite, la tristesse, en leur mental, leur intelligence et leurs actes, avait rongé les brahmanas; mais juste avant l'Apparition de Krsna, lorsqu'ils entendirent résonner dans le ciel les profondes vibrations spirituelles qui annonçaient l'Avènement de Dieu, de la Personne Suprême, leur mental baigna à nouveau dans la joie.

Les habitants des planètes Gandharvas et Kinnaras se mirent à chanter, et les êtres de Siddhaloka ainsi que les Caranas, dans leurs propres planètes, commencèrent d'offrir leurs prières à Dieu, la Personne Suprême. Et sur les planètes édéniques, les anges et leurs compagnes, auxquels s'étaient jointes les Apsaras, se mirent à danser.

Comblés, les grands sages et les devas lancèrent des pluies de fleurs. Sur les plages, on entendait le clapotis de douces vagues, et dans le ciel, au-dessus des eaux, le tonnerre résonna plaisamment au milieu des nuages.

Lorsque toutes choses furent ainsi en harmonie, Sri Visnu, qui habite le coeur de tous les êtres, apparut dans les ténèbres de la nuit, en Sa Forme de Personne Suprême. Il apparut devant Devaki, laquelle prit alors l'apparence d'une déesse. On compare la venue de Sri Visnu en ces temps propices à la pleine lune quand à l'est elle se lève. Certains objecteront que Sri Krsna apparut le huitième jour du déclin de la lune, à un moment où donc elle ne pouvait se montrer pleine. Mais on leur répondra ainsi: Sri Krsna apparut au sein d'une dynastie dont le premier chaînon n'est autre que la lune en personne; aussi, bien qu'en cette nuit elle n'aurait dû montrer d'elle-même qu'un croissant, la voici dans sa plénitude, par la grâce de Krsna, inondée de joie puisque le Seigneur entre dans son lignage.

Le traité d'astronomie du nom de Khamanikya précise dans le détail l'ordre des constellations au moment où paraît Sri Krsna. Il s'y confirme que l'enfant mis au monde en ces instants propices n'était nul autre que le Brahman Suprême, la Vérité Absolue. Vasudeva voit devant lui l'Enfant merveilleux: Il a quatre mains, qui tiennent respectivement la conque, la masse, le disque et la fleur de lotus; le signe de srivatsa Le décore; Il est paré du collier portant la pierre kaustubha et vêtu de soie jaune; une lumière émane de Lui comme d'un nuage sombre mais radieux; sur Sa tête, une couronne incrustée de la pierre vaidurya; de précieux bracelets, des pendants d'oreilles et de nombreux autres bijoux ornent partout Son Corps, et Son visage s'entoure d'une abondante chevelure. Cet aspect extraordinaire de l'Enfant frappe d'émerveillement Vasudeva. Comment un nouveau-né peut-il montrer ces parures? Vasudeva comprend alors que Sri Krsna est apparu, et l'événement le subjugue. Avec humilité, il s'étonne: comment lui, un être ordinaire, conditionné par la nature matérielle et emprisonné par Kamsa, peut-il voir Visnu, ou Krsna, Dieu la Personne Suprême, omniprésente, apparaître tout enfant, et avec toute Sa gloire, sous son toit? Certes, aucun enfant jamais sur cette Terre n'est apparu doté de quatre bras, tout paré de joyaux et d'une vêture merveilleuse, portant tous les signes de Dieu, la Personne Suprême. Encore et encore, Vasudeva pose sur l'Enfant son regard: comment célébrer comme il convient cet heureux moment? "Selon la coutume, lorsque naît un fils, les gens fêtent l'événement par des célébrations joyeuses, et voilà que dans ma maison, bien qu'il s'agisse de la prison de Kamsa, Dieu, la Personne Suprême, est apparu. Il aurait fallu que je prépare des millions et des millions de fois l'accomplissement de telle célébrations!"

Lorsque Vasudeva, que l'on nomme également Anakadundubhi, contemplait le nouveau-né, il éprouvait une joie telle qu'en lui brûlait le désir de faire aux brahmanas le don charitable de milliers de vaches. Bébé KrishnaSelon l'usage védique, lorsque dans le palais d'un roi ksatriya se célèbre une heureuse cérémonie, le souverain offre en charité de nombreuses richesses. Les brahmanas et les sages reçoivent alors des vaches ornées de parures d'or. Vasudeva désirait accomplir de telles cérémonies, se livrer à de tels actes charitables, mais la prison, les chaînes, de Kamsa rendaient la chose impossible. Il n'en offrit pas moins des milliers de vaches aux brahmanas, en son mental.

Lorsque Vasudeva eut vraiment reconnu dans l'Enfant nouveau-né Dieu, la Personne Suprême, il se prosterna devant Lui, mains jointes, et entama des prières. Il se trouva porté alors au niveau spirituel, où la crainte qu'il avait de Kamsa se dissipa tout entière. Dans toute la pièce où Il apparut, l'enfant Krsna répandait Sa radiance.

Et telle fut la prière de Vasudeva: "O cher Seigneur, je peux comprendre de quelle nature est Ta Personne. Tu es Dieu, l'Être Souverain, l'Ame Suprême sise dans le coeur de chacun, et la Vérité Absolue. Tu es apparu dans Ta Forme personnelle, éternelle, qu'à présent nous pouvons voir. Je comprends que Tu es apparu à seule fin de m'affranchir de la peur de Kamsa, dont j'étais la victime. Tu n'appartiens certes pas à l'Univers matériel, et c'est Toi-même qui, d'un simple regard sur la nature matérielle, permet l'existence de la manifestation cosmique".

Certains contesteront et soutiendront que Dieu, la Personne Suprême, Créateur, par un simple regard, de l'entière manifestation cosmique, ne saurait pénétrer dans le sein de Devaki, l'épouse de Vasudeva. Mais ce dernier infirme l'argument: "O cher Seigneur, que Tu apparaisses dans le sein de Devaki n'a rien qui surprenne, car, pour la mettre en mouvement, Tu es de même apparu dans le sein de la création. Allongé dans l'Océan des causes, sous Ta Forme de Maha-Visnu, Tu fis émaner de Ta respiration d'innombrables univers. Puis Tu pénétras en chacun d'eux en tant que Garbhodakasayi Visnu. Là, Tu T'es à nouveau multiplié pour devenir Ksirodakasayi Visnu et pénétrer dans le coeur de tous les êtres vivants, et même dans chaque atome. Et maintenant, voilà que pareillement Tu es entré dans le sein de Devaki. Tu es entré dans son sein, mais Tu n'en demeures pas moins partout présent. Un exemple matériel nous aidera à comprendre ce mystère: l'ensemble de l'énergie matérielle demeure intacte même une fois divisée en seize éléments. Le corps matériel n'est rien d'autre que la combinaison des cinq éléments bruts: la terre, l'eau, le feu, l'air et l'éther. Chaque fois que se forme un corps matériel, il semble que ses éléments soient créés à neuf, mais en vérité, ils ont toujours existé et existeront toujours en dehors de la forme corporelle. De même, bien que Tu apparaisses tel un enfant dans le sein de Devaki, Tu continues d'exister en dehors de lui. Tu demeures toujours en Ton Royaume, mais Tu peux simultanément Te multiplier en des millions de Formes".

"Saisir la nature de Ton Avènement demande une grande intelligence, car l'énergie matérielle émane également de Ta Personne. Tu en es la Source originelle, comme le soleil est source de ses rayons. Ses rayons ne peuvent voiler le soleil; de même, l'énergie matérielle, émanant de Ta Personne, ne peut Te voiler. Bien que Tu sembles agir dans leur cadre, les trois gunas ne peuvent T'envelopper. Telle est la conclusion des hauts philosophes. En d'autres termes, Tu peux paraître Te situer dans l'énergie matérielle, mais jamais elle ne Te voile".

Les Écrits védiques nous enseignent que le Brahman Suprême manifeste Sa radiance, faisant que tout s'illumine. La Brahma-samhita nous aide à comprendre que le brahmajyoti, ou la radiance du Brahman, émane du Corps du Seigneur Suprême. Et c'est à partir de ce brahmajyoti que s'opère toute la création. La Bhagavad-gita affirme elle aussi que le Seigneur constitue le Fondement de la radiance du Brahman. Il est la Racine originelle de toute chose. Mais les hommes de moindre intelligence croient que lorsque Dieu, la Personne Suprême, descend en ce monde, Il emprunte des attributs matériels. De telles conclusions ne prouvent rien d'autre que le manque de raison et de maturité de leurs auteurs.

Dieu, la Personne Suprême, existe partout, directement ou indirectement; Il Se situe aussi bien à l'extérieur de la création matérielle qu'en son sein. Dans la création matérielle, Il n'est pas seulement présent en tant que Garbhodakasayi Visnu, mais également sous la forme de Ksirodakasyi Visnu, dans chaque atome.

Rien ne peut être séparé de la Personne du Seigneur: Sa seule présence permet l'existence de toute chose. Le savoir védique enseigne que l'Ame Suprême, ou la Racine, la Cause de toute chose, doit être recherchée par tous, car rien n'existe indépendamment d'Elle. La manifestation matérielle représente elle aussi une transformation de Sa puissance. La matière inerte comme la force de vie, l'âme, émanent du Suprême. Seuls les sots concluent que lorsqu'apparaît le Seigneur, Il Se trouve nécessairement soumis aux conditions de la matière, car même s'Il semble avoir revêtu un corps de matière, aucune condition matérielle ne peut L'assujettir. Dieu, la Personne Suprême, est donc apparu dans Sa Forme originelle de Krsna, et a par là même infirmé toutes les conclusions imparfaites quant à Ses Apparitions et Disparitions.

"Mon Seigneur, Ton Apparition, Ton séjour en ce monde et Ta Disparition se situent au-delà de l'influence des trois gunas. Parce que Tu es le Maître de toutes choses et le Repos du Brahman Suprême, rien en Toi n'est impossible ou contradictoire. Comme Tu l'as Toi-même enseigné, la nature matérielle agit sous Ton ordre, comme un fonctionnaire conformant ses actes aux ordres de son supérieur. Ses influences, avec leurs conséquences, ne peuvent donc T'affecter. Le Brahman Suprême ainsi que le monde phénoménal tout entier reposent en Toi, et le moindre mouvement de la nature matérielle, Tu le domines.

"On t'appelle sukla. Sukla, ou la blancheur, constitue la représentation symbolique de la Vérité Absolue, que jamais ne colorent les trois gunas. On donne à Brahmaji le qualificatif de rakta, ou rouge, car il représente la Passion nécessaire à la création. Et l'Ignorance, ou les ténèbres, est du domaine de Siva, car il détruit le cosmos. La création, le soutien et la destruction de la manifestation cosmique sont conduits par Tes puissances, sans que jamais, cependant, Tu ne sois touché par les gunas, dans lesquels baignent ces trois phases. Comme le confirment les Vedas: harir hi nirgunah saksat, Dieu, la Personne Suprême, demeure toujours au-delà des trois gunas. Il est également dit que ni la Passion ni l'Ignorance n'existent en la Personne du Seigneur Suprême".

"O Seigneur, Tu es le Maître Suprême, Dieu, l'Être à la grandeur souveraine, qui maintient l'harmonie dans la manifestation cosmique. Et nonobstant cette grandeur, Te voilà apparu avec une immense bonté en ma maison. Le but de Ton Avènement est d'anéantir ceux qui soutiennent les maîtres démoniaques du monde, lesquels, bien que vêtus de l'habit royal, ne sont en vérité que des asuras. Je suis certain qu'eux tous, avec leur cour et leurs soldats, Tu les feras périr".

"Je peux comprendre que Tu es apparu afin de tuer le sauvage Kamsa et ceux qui l'appuient. Mais sachant qu'à cette fin Tu allais apparaître, il a fait déjà périr tous ceux qui vinrent avant Toi, Tes frères. Et maintenant il guette pour agir l'annonce de Ta naissance. Aussitôt averti, il va venir, armé jusqu'aux dents, pour Te mettre à mort."

Après que Vasudeva eût offert ses prières au Seigneur, Mère Devaki à son tour prit la parole. Grande était sa frayeur des crimes de son frère. Elle dit: "O cher Seigneur, Tes Formes éternelles, telles Narayana, Sri Rama, Sesa, Varaha, Nrsimha, Vamana, Baladeva, et celles des millions d'autres avataras émanant de Visnu, sont toutes décrites comme originelles dans les Ecrits védiques. C'est qu'aucune de Tes Formes, ni aucun avatara, n'appartient à la création matérielle. Elles existaient avant la manifestation cosmique, certes éternelles et partout présentes. Elles trouvent en elles-mêmes leur radiance, elles sont immuables et jamais souillées par les trois gunas. Ces Formes éternelles sont éternellement toutes de connaissance et de félicité. Etablies dans la Vertu absolue, elles se livrent sans fin à d'innombrables Divertissements. Tu n'es pas astreint à une forme unique, et toutes Tes Formes, éternelles et absolues, se suffisent à elles-mêmes. Je peux comprendre sans aucun doute que Tu es Sri Visnu, le Seigneur Suprême".

"Après des millions et des millions d'années d'existence, lorsque prend fin la vie de Brahmaji, alors survient l'anéantissement de la manifestation cosmique. Là, les cinq éléments, la terre, l'eau, le feu, l'air et l'éther, rentrent dans le mahat-tattva, qui lui-même se résorbe, par la force du temps, dans l'ensemble total et non manifesté de l'énergie matérielle, lequel, à son tour rentre dans le pradhana énergétique; enfin, ce pradhana rentre en Toi. Ainsi, après la destruction de tous les univers matériels, Toi seul demeures, Toi et Ton Nom, Ta Forme, Tes Attributs, Ton Entourage absolus".

"O Seigneur, je T'offre mon hommage respectueux. Toi qui diriges l'entière énergie non manifestée, Toi qui es le Repos ultime de la nature matérielle. 0 Seigneur, la manifestation cosmique tout entière se trouve sous l'influence du temps, lequel revêt la forme de l'instant à celle de l'année. Et toutes choses agissent sous Ton ordre. C'est Toi qui originellement diriges tout et contiens toute énergie, toute puissance".

"Aussi, mon Seigneur, je T'implore de me sauver des mains cruelles de Kamsa, le fils d'Ugrasena. Je prie Ta Grâce de bien vouloir me dégager de cette condition terrifiante, car je Te sais toujours prêt à couvrir de toute protection Tes serviteurs." Le Seigneur a confirmé les paroles de Devaki dans la Bhagavad-gita, où Il assure à Arjuna: "Tu peux le proclamer avec force, ô fils de Kunti, jamais Mon dévot ne périra."

Tout en priant ainsi le Seigneur de la sauver des griffes de Kamsa, Mère Devaki Lui exprima son affection maternelle: "Je sais qu'en général, les grands sages peuvent à travers la méditation percevoir la Forme absolue de Ta Personne qui est maintenant présente devant nous, mais tout de même, j'ai peur encore, car aussitôt que Kamsa aura réalisé Ton Apparition, il pourra Te causer du tort. Aussi, je T'implore de faire que pour l'instant Tu deviennes invisible à nos yeux matériels." En d'autres mots, Devaki demanda au Seigneur d'assumer la forme d'un enfant ordinaire. "Que Tu sois apparu est pour moi la seule raison de craindre mon frère Kamsa. O Seigneur, Madhusudana, il en a peut-être déjà connaissance. Je T'en prie, dissimule cette Forme de Ta Personne qui tient les quatre symboles de Visnu, la conque, le disque, la masse et la fleur de lotus. O cher Seigneur, après l'anéantissement de la manifestation cosmique, Tu places l'univers tout entier dans Ton abdomen; néanmoins, par Ta pure miséricorde, Tu es apparu en mon sein. Je suis surprise de voir comment Tu imites les actes des hommes dans le seul but de plaire à Ton dévot."

Après avoir entendu les prières de Devaki, le Seigneur lui répond: "Mère chérie, dans l'âge du Svayambhuva Manu, Mon père Vasudeva était l'un des prajapatis, et son nom, en ces temps, était Sutapa; et toi, tu étais sa femme, et portais le nom de Prsni. A cette époque, Brahma, désireux d'accroître la population, vous demanda de servir ses desseins en vous prêtant à l'engendrement. Alors, vous avez entrepris de maîtriser vos sens, et accompli de sévères austérités. Par la pratique des exercices respiratoires préconisés par la méthode du yoga, toi et ton époux avez pu supporter toutes les influences des lois matérielles: les rigueurs de la saison des pluies, les attaques du vent et la chaleur écrasante du soleil. Vous vous êtes également soumis à tous les principes de la religion. Ainsi, vous avez pu laver votre coeur de toute impureté et dominer l'influence des lois matérielles. Vous ne mangiez, dans le cours de vos austérités, que les feuilles des arbres tombées d'elles-mêmes sur le sol. Puis, le mental stabilisé, les impulsions sexuelles domptées, vous M'avez offert votre adoration, afin d'obtenir de Moi quelque bienfait merveilleux. Tous deux vous avez accompli des austérités sévères pendant 12 000 ans, selon le calcul des devas. Tout au long de ces années, vous avez maintenu votre mental absorbé en Moi. Vous voyant ainsi Me servir avec dévotion, penser toujours à moi, Me garder toujours en votre coeur, Je fus grandement satisfait. O mère, toi sans péché, ton coeur est toujours pur. En ces temps aussi, J'apparus devant vous avec cette Forme, à seule fin de combler vos désirs, que je vous demandai de formuler. Votre désir, c'était de M'avoir comme fils. Il vous avait été donné de Me voir en Personne; et cependant, au lieu d'implorer de Moi votre libération totale de l'asservissement à la matière, vous M'avez demandé, sous l'influence de mon énergie, que je devienne votre fils."

En d'autres termes, le Seigneur choisit un père et une mère, Prsni et Sutapa, à seule fin de pouvoir apparaître dans l'Univers matériel. Chaque fois que le Seigneur descend en ce monde sous la forme humaine, Il requiert pour la perfection de ce Divertissement un père et une mère: Il désigna Prsni et Sutapa pour remplir éternellement ce rôle. Voilà pourquoi ni Prsni ni Sutapa ne purent demander au Seigneur la libération, laquelle en réalité n'a pas autant d'importance que le service de dévotion. Le Seigneur, qui aurait pu accorder à Prsni et à Sutapa une libération immédiate, préféra les garder dans l'Univers matériel afin qu'ils jouent le rôle de Ses parents lors de Ses diverses Apparitions, ce que confirment les lignes qui vont suivre. Après avoir reçu la bénédiction du Seigneur, la promesse qu'ils deviendraient Sa mère et Son père, Prsni et Sutapa abandonnèrent leur sévère ascèse pour vivre comme mari et femme et ainsi engendrer un enfant qui serait le Seigneur Suprême en Personne.

Le temps venu, Prsni fut enceinte et mit au monde l'Enfant. Le Seigneur dit à Devaki et à Vasudeva: "Mon Nom était alors Prsnigarbha. Et dans l'âge suivant, quand vous fûtes Aditi et Kasyapa, je devins votre fils sous le Nom d'Upendra. Ma Forme était celle d'un nain, et pour cette raison, J'étais également connu sous le Nom de Vamanadeva. Cette bénédiction, M'avoir pour fils, devait vous échoir trois fois. La première, J'étais Prsnigarbha, né de Prsni et Sutapa; puis Je devins Upendra, né d'Aditi et Kasyapa, et Je parais maintenant en tant que Krsna, né de vous, Devaki et Vasudeva. Si Je Me suis montré à vous dans cette Forme de Visnu, c'est à seule fin de vous convaincre que Je suis la même Personne Suprême, qui de nouveau apparaît. J'aurais pu Me montrer sous l'aspect d'un enfant ordinaire, mais auriez-vous compris alors que Moi, Dieu, la Personne Suprême, J'étais descendu dans le sein de Devaki? Mon cher père, Ma chère mère, vous M'avez donc élevé nombre de fois comme votre enfant, avec grand amour et affection; comment ne serais-Je pas satisfait de vous et ne Me sentirais-Je pas obligé envers vous? Je vous promets que cette fois, vous retournerez au Royaume spirituel, en la Demeure originelle, car vous aurez assuré la perfection de votre mission. Je sais que vous avez grand souci de Ma Personne et pour cela redoutez Kamsa. Je vous demande donc de Me porter immédiatement à Gokula et de M'échanger avec la fille que vient de mettre au monde Yasoda.

Ayant ainsi parlé à Son père et à Sa mère, le Seigneur Se transforma en un enfant semblable aux autres et garda le silence.

Comme il en avait reçu l'ordre de son Fils, Dieu en Personne, Vasudeva entreprit de Le faire sortir de la pièce où Il était apparu. A ce moment précis, une fille naissait de Nanda et Yasoda. Cette fille n'était autre que Yogamaya, la puissance interne du Seigneur. Par l'influence de Yogamaya, tous les habitants du palais de Kamsa, et surtout les gardes, furent plongés dans un profond sommeil. Toutes les portes, bien que barrées et cadenassées par des chaînes de fer, s'ouvrirent largement. Bien que la nuit fût très obscure, aussitôt que Vasudeva sortit du palais de Kamsa, portant Krsna dans ses bras, il put voir aussi clair qu'en plein jour.

 

KA1-062-grand.jpgLe Caitanya-caritamrta nous dit que Krsna est comme la radiance du soleil; là où Se trouve Krsna, l'énergie illusoire, comparable aux ténèbres, ne peut demeurer. Lorsque Vasudeva portait Krsna, les ténèbres de la nuit se dissipèrent. Toutes les grilles de la prison s'ouvrirent d'elles-mêmes. A ce moment encore, le tonnerre grondait dans le ciel et la pluie s'abattait violemment. Mais Sri Sesa, le Seigneur dans Sa Forme de serpent, dilata Son cou et l'allongea au-dessus du père et de son Fils, afin qu'ils ne soient pas gênés par la tempête. Arrivé sur le bord de la Yamuna, Vasudeva vit que les eaux de la rivière s'agitaient violemment de fortes vagues et se couvraient d'écume sur toute leur étendue. Mais la rivière déchaînée creusa en elle un passage facile pour Vasudeva, tout comme l'avait fait pour Sri Rama l'immense océan Indien. Ainsi, Vasudeva franchit la rivière Yamuna. Une fois sur l'autre rive, il se rendit à la demeure de Nanda Maharaja, à Gokula, où il vit que tous les pâtres dormaient profondément. Il pénétra donc silencieusement dans la maison, et là, sans difficulté, il échangea son Fils avec la fille qui venait de naître de Yasoda. Puis, il s'en retourna à la prison de Kamsa, et, toujours en silence, plaça le bébé sur les genoux de Devaki. Enfin, il referma de nouveau sur lui les chaînes, pour que Kamsa ne puisse soupçonner que tant d'événements étaient survenus cette nuit-là.

Mère Yasoda savait qu'elle avait mis au monde un enfant, mais épuisée par la gésine, elle s'était profondément endormie. Et à son réveil, elle ne se souvenait plus si elle avait mis au jour un garçon ou une fille.


Ainsi s'achèvent les enseignements de Bhaktivedanta pour le troisième chapitre du Livre de Krsna, intitulé: «La naissance du Seigneur Krishna.»

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Franck Jean Baptiste Bugeia 23/10/2010 19:21



Juste Merçi.


 Hare KRISHNA.