Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Jagadananda

                 Réflexions spirituelles sur la mort
                     d'un grand ténor international




                  Luciano Pavarotti



  
Il y a quelques jours
j'ai vécu, comme tout le monde, à travers les médias, la nouvelle de la disparition de Luciano Pavarotti. J'ai pu voir de nombreux admirateurs exprimer un réel chagrin et de profonds regrets face à sa disparition. Nombreux sont ceux et celles qui, remplis d'émotions et de tristesse devant son cercueil, lui rendirent un dernier hommage. Et, bien que je n'aie pas personnellement développé un attachement particulier pour le ténor italien et sa musique, la manifestation populaire de sympathie et de tristesse qu'à soulever sa disparition m'a tout de même interpellé.


On a vu à la télé sa dépouille exposée à la cathédrale de Modène en Italie, et des dizaines de milliers de personnes se recueillir devant son cercueil afin de lui dire un dernier adieu. Le ténor avait donné des instructions trés détaillées pour ses funérailles et selon son désir pour qu'il apparaisse "tel qu'en son vivant et que les gens emportent avec eux une belle image de lui."

 

Pavarotti envoyant des baisers à la fouleLa bonhommie, la stature imposante et la physionomie joviale et bon vivant de Pavarotti ont certainement contribuées à faire naître l'attachement et l'affection des foules pour lui. Tous les traits particuliers du personnage; son physique imposant, sa barbe brune, son sourire joviale, son chapeau et son écharpe et bien sûr sa voix exceptionnelle faisaient sa singularité et contribuaient à faire de lui un personnage unique : le personnage Pavarotti.


Peut être était-ce sous l'influence de la solennité du moment et l'atmosphère de recueillement intense, mais soudain, en voyant des images de cette cérémonie funéraire, des réflexions philosophiques s'imposèrent dans mon esprit:


"Est-ce bien lui dans ce cerceuil?
Cette dépouille sans vie, est-ce vraiment lui? Ce cadavre, qui pour trés peu de temps encore, garde l'image du tenor et du personnage populaire, mais qui bientôt se décomposera, servant de nourritures pour les vers, ce ne peut pas être lui.
!? "


Et soudain alors que ces réflexions philosophiques occupaient mon mental, une pensée, telle une vague plus importante que les autres, s'imposa comme une évidence:
"Mais, alors, a-t'on jamais connu Luciano Pavarotti ?!" . Alors que je regardais fixement la dépouille de Pavarotti, tout en m'interrogeant, la réponse résonna en moi, claire, lumineuse et pathétique en même temps:  "Non, on n'a jamais connu Pavarotti!"


La Bhagavad-gita nous enseigne que la personne véritable est l'âme à l'intérieur du corps matériel. Ainsi, le personnage Pavarotti, avec ses particularités corporelles: barbe, corpulence, voix exceptionnelle, avec son écharpe et son chapeau, etc... Nul doute ce personnage-là venait bel et bien d'être anéanti par la maladie et la mort mais "la personne elle à l'intérieure de ce corps?" Celle qui survivait, l'âme, s'en souciait-on vraiment? Ou bien commémorait-on simplement le départ du personnage Pavarotti?


Quant on cherche la réponse à cette question: "Est-ce que l'on se souciait (y compris les autorités cléricales qui célébraient la messe) véritablement, et est-ce que l'on s'était d'ailleurs déjà soucié de son âme?", force est de reconnaître que non ! Toute la foule assemblée près de sa dépouille, et cela l'arrangeait bien, malgré tous ses bons et louables sentiments, ne voyait en lui que le célèbre personnage, le célèbre ténor. Ce personnage qui leur avait procuré du plaisir à travers sa voix et son personnage exceptionnels. Mais, lui, qui se souciait vraiment de lui ?


Après, la cérémonie, toutes les médias commentèrent, selon la formule consacrée: " A présent le célèbre ténor Pavarotti repose dans le caveau familial à quelques kilomètres de Modène, à côté de ceux qu'il aimait, etc...". Mais tout cela n'est qu'un immense leurre, pensais-je, car la vérité est que lui ne "repose" (le célèbre euphémisme pour éviter de dire que le corps a terminé sa course et se désintègre lentement) pas dans sa tombe, mais continue à vivre autre part, dans un autre corps, et commence un nouveau chapitre d'une nouvelle vie, en accord avec son karma.



La Bhagavad-gita, ainsi, nous enseigne en premier lieu que nous ne sommes pas ce corps matériel mais bel et bien, l'âme à l'intérieur du corps. Et qu'ensuite, cette âme, dont la manifestation externe est la conscience et n'est pas de nature matérielle, transmigre dans un autre corps au moment de la mort. Et la mort selon les Ecritures védiques n'est rien d'autre que la destruction de l'enveloppe corporelle, le corps matériel, habitat temporaire de l'âme, jusqu'à l'attribution par Dieu et la nature matérielle d'un autre corps "tout comme l'on doit se séparer de vêtements usés pour en revêtir de neufs" BG (2.22)



L'analogie du corps avec un vêtement est trés appropriée. Tout comme  un acteur ou un chanteur d'opéra comme Pavarotti l'était, doit endosser de nombreux vêtements correspondant à des rôles divers et variés (pauvre, riche, paysan, bourgeois, serviteur ou monarque,..), nous endossons au cours de nos multiples vies différents costumes corporels, et à travers ces incarnations, nous "jouons" différents rôles. Ainsi, dès l'instant de notre naissance nous endossons divers rôles imposés par celle-ci, et nous sommes immédiatement assaillis par une infinité de désignations matérielles correspondant à notre situation. Prenons, par exemple, quelqu'un qui est né aux Etats-Unis (une autre désignation en passant). Il devient automatiquement américain. Ensuite, il sera gratifié de différentes désignations matérielles, toutes aussi étrangères les unes que les autres à son réel moi spirituel. Ainsi, son identité matérielle sera: homme ou femme, de classe défavorisée ou aisée, blanc ou noir, homo ou hétéro, grand ou petit, étudiant  ou travailleur, athée ou croyant, honnête citoyen ou repris de justice, démocrate ou républicain, ouvrier, médecin ou avocat, etc..etc... C'est ainsi que la réelle identité de l'âme devient recouverte par des désignations matérielles diverses et variées, des rôles d'emprunts, temporaires et étrangers à notre réel moi spirituel. Et malheureusement, pour la plupart des hommes, toutes ces désignations  occupent la majorité de leur temps, et pour la grande majorité, la durée complète de leur existence. Ainsi, absorbant complètement leur mental et leurs pensées dans ces rôles d'emprunt, oubliant la réalité de leur identité spirituelle, ils gâchent malheureusement la précieuse opportunité que leur conférait la forme humaine (SB 5.5.1).


Grâce aux enseignements de Chaitanya Mahaprabhu, l'incarnation de Krishna pour cet âge de Kali, nous apprenons quelle est notre réelle identité : 

jīvera 'svarūpa' haya — kṛṣṇera 'nitya-dāsa'
                       Caitanya caritamrta (Mad. 20. 108)

C'est d'être une âme spirituelle, éternellement distincte de ce corps matériel et de ses différentes désignations temporaires. Et cette âme est une parcelle de Dieu ou Krishna, 
dont la fonction réelle est d'être engagé dans Son service de dévotion.
 



Un jour roi, l'autre mendiant




Les lois de la nature matérielle étant trés rigoureuses, rien ne garantit que dans notre prochaine vie, nous puissions jouir d'une situation si confortable et prestigieuse que celle dont nous pouvons jouir au cours de notre vie présente. Ainsi selon le célèbre adage védique, "Un jour roi, l'autre médiant", notre situation en ce monde matériel fluctue constamment. En effet, nous en voyons la preuve tous les jours, par l'effet combiné de circonstances malheureuses, un ingénieur ou un directeur, pratiquement du jour au lendemain, peut se retrouver SDF.



Les lois du karma sont forts complexes et notre futur est trés difficile à déterminer c'est pourquoi Sri Krishna, mus par l'amour et la compassion vis-à-vis de Ses enfants égarés, nous demande avec insistance de nous abandonner à Lui (BG 18.66). Car le Seigneur l'affirme : s'abandonner à Lui, à Dieu, le Seigneur Suprême, le maître et souverain de la création, c'est le seul et unique moyen d'assurer réellement notre protection. Car Krishna nous l'affirme; si nous nous abandonnons à Lui c'est Lui-même, en personne qui assurera notre protection.


Cette protection n'est pas uniquement corporelle car, après tout, le corps un jour ou l'autre doit périr.
Non, cette protection est surtout spirituelle: et c'est cela qui constitue une véritable protection. Face à l'existence en ce monde, chacun, plongé dans l'illusion, croit être en mesure de se protéger lui-même ou bien d'être protégé par les siens, sa nation, ses amis,... Mais voilà une grande illusion car personne à part le Seigneur Suprême n'est en mesure d'assurer notre protection et notre
libération. (En effet , comment alors qu'elle ne peut même pas se protéger réellement elle-même, une personne peut-elle être en mesure de protéger les autres?) La moindre de nos actions intéressées en ce monde est suivie de réactions complexes, bonnes et mauvaises, et génére automatiquement un prochain corps matériel. Cette situation incertaine engendre une grande frayeur chez l'être vivant au moment de la mort, car il demeure dans l'incertitude totale, quant à savoir quelle sera sa prochaine destination après la mort.


Revenant à Pavarotti, on peut voir à travers l'exemple de cette vie, et à travers des milliers d'autres que, quelque soit notre degré de réussite dans l'existence matérielle et  l'admiration que l'on suscite auprès des foules, notre vie en ce corps doit se terminer un jour ou l'autre, et qu'à cet instant-là nous laissons tous les avantages que nous avions jusqu'au jour de notre mort, derrière nous et personne ne pourra réellement nous aider. Dans son cas comme dans des milliers d'autres, il est mort adulé des foules mais, comme le décrit si bien Victor Hugo dans un de ses poèmes des Contemplations

 

La foule vous admire et l'azur vous éclaire;
Vous êtes riche, grand, glorieux, populaire,
   Puissant, fier, encensé;
Vos licteurs*devant vous, graves, portent la hache;
Et vous vous en irez sans que personne sache
  Où vous avez passé.

*gardes qui passait devant les grands magistrats portant la hache

 


Sachons donc tirer avantage comme il convient, des dures leçons de l'existence matérielle,
et dont la mort, avec la maladie et la vieillesse, sont parmi les plus rudes. Dans le couloir de la mortOn parle souvent de la situation terrible des condamnés à mort qui attendent dans le "couloir de la mort". On se représente sans mal ce qu'ils peuvent ressentir, et l'angoisse dans laquelle ils peuvent être plongés en permanence. Ils savent que leur condamnation à mort a été prononcée et qu'elle peut prendre effet à n'importe quel instant. Mais ce que nous oublions, ou nous efforçons d'oublier, est que notre situation personnelle dans ce monde matériel, est similaire à la leur. Nous aussi, nous sommes condamnés à mort et nous aussi nous sommes quelque part dans le couloir de la mort et nous aussi nous pouvons "être exécuté" à chaque instant. Ainsi, notre sentiment de sécurité face à la mort est illusoire.




Le Seigneur Krishna, nous convie à travers son enseignement de la Bhagavad-gita, à arrêter de souffrir inutilement,
en faisant le choix après avoir vécu des milliers de morts et de renaissances successives, dans des milliers de corps et de situations matérielles différentes, de s'abandonner enfin à Lui. Nous pourrons jouir alors dans Son royaume spirituelle de Vaikuntha, là où résident les âmes soumises, d'une situation éternelle, remplie de connaissance et de félicité. Cette fois ne ratons pas cette occasion exceptionnelle de stopper ces exécutions répétées et prenons sincèrement refuge en Lui à travers le chant de Ses Saints Noms qui sont non-différents de Sa personne:



Hare Krishna Hare Krishna
Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama
Rama Rama Hare Hare


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MICHEL 14/09/2007 11:17

                                   L'oiseau dans la cage.                      Une femme q'un veuvage                       Troublait plus que raison                       D'un oiseau dans sa cage                      A fait l'acquisition.                      Une bète au plumage                      Coloré des tropiques                      Qui par son doux ramage                      Lui donnait la réplique.                                       Assise pour des heures                     Les oreilles bercées,                     A travers sa volière,                    Elle restait l'amirer.                     Notre dame comblée                     De le trouver si beau                     De la cage dorée                     Astiquait les barreaux.                     Le séjour du Ara                     Fut de courte durée                     Et de vie à trépas,                     Il finit par par passer.                     Car minée par un age                      Déja bien avançé,                     Nourriture et breuvage....                    ..Elle avait oublié!                     Le corps est une cage                     Pour les etres incarnés,                     Ce que savent les sages                    Au savoir éclairé.                       A quoi servent à l'homme                    Les biens superficiels                    S'il refuse à son ame                     De donner l'essentiel!                                         +