Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Jagadananda

Pas le moral?
Rien d'étonnant!


Consomme et tu seras heureux



  

 Les médias n'arrête pas de le déclarer haut et fort en ce moment, et déjà depuis quelques mois toutes les enquêtes l'indiquent, "les français n'ont pas le moral." Ce diagnostique négatif, et qui semble malheureusement assez général, sur l'état du bien-être moral de la population de nos concitoyens (mais aussi d'autres pays sur la planète avec la crise financière qui sévit en ce moment aux Etats-Unis et affecte graduellement d'autres pays) m'a tout de suite interpellé et j'aimerai, si vous le voulez bien, dans la perspective de la conscience de Krishna partager, sur ce thème, une analyse avec vous.

 


La dépendance économique


D'abord un aspect significatif de ce genre d'enquête, sur le bon moral des citoyens, est que celui-ci apparaît presque exclusivement dans la rubrique économique des journaux. Cela révèle, - si tant est que cela puisse vraiment tenir lieu de "révélation" - que dans nos sociétés modernes, l'état de bien-être intérieur et moral du citoyen moyen, semble être directement influencé par sa situation économique, et ainsi monter ou descendre au gré des fluctuations économiques. Quand on lit, par exemple, l'article qui nous concerne ici, relevé dans Libération , on constate que les français n'ont pas le moral à cause "des perspectives d'évolution du niveau de vie" " de la faiblesse durable de la croissance, de l’emploi et des revenus," "de l’opportunité de faire des achats importants".

 

A la lecture d'un tel rapport sur les causes du mal-être de la population de nos sociétés modernes, une personne sensée est en droit de s'étonner et  de se révolter contre le fait que le bonheur d'une population entière puisse dépendre à un tel niveau de l'argent qu'elle fait et des biens de consommation qu'elle achète !

 
Il ne s'agit pas toutefois d'occulter les problèmes économiques actuels, et qui sont certainement bien réels, en tous cas pour certains de nos concitoyens. D'ailleurs, un fait qui prouve qu'une certaine dégradation économique a bel et bien lieu en France en ce moment, est le fait que, même alors qu'elles sont salariées et travaillent à plein temps, certaines personnes ne peuvent même plus assurer leurs besoins essentiels. Ainsi, dans les grandes agglomérations, avec le prix exorbitant des loyers, on peut voir de plus en plus de personnes qui, bien qu'elles travaillent à plein temps et ont un revenu, n'ont même pas les moyens d'avoir un chez soi. Ainsi, sont-elles contraintes de vivre en colocation, dans une caravane, en foyer, ou même dans certains cas extrèmes, dans des caves, sous des cages d'escalier, dans leur voiture ou carrément dehors.


Donc, cet article ne cherche pas à dénier qu'il doive exister un minimum vital requis ou même, comme déjà dit, "un revenu légitime moyen" que chaque citoyen est en droit d'avoir pour assurer ne serait-ce ses besoins essentiels . Mais ce point là étant clairement établi et mis à part, pourquoi, encore une fois, devrait-on trop dépendre de l'argent et de sa situation économique pour être heureux?


Bien sûr, le bien-être moral d'une personne est aussi lié à l'assurance qu'elle a de couvrir ses besoins matériels. Cela ne serait être remis en cause. Il faut pouvoir couvrir ses besoins matériels élémentaires, et même c'est légitime, un peu plus, et couvrir ainsi d'autres besoins que simplement manger, avoir un toit, dormir et se vêtir. Mais, au-delà de ce que l'on pourrait appeler "un revenu légitime moyen" (qui peut varier bien sûr selon les individus et les situations sociales...), on peut se poser, encore une fois, la question de savoir "pourquoi devrions-nous pour notre bien-être moral - autrement dit notre bonheur -, devoir dépendre tellement de l'argent et de la consommation de biens matériels ??"



Consomme et tu seras heureux !


 

 La vérité est que dès notre plus jeune âge la société nous a conditionné dans ce sens. Ainsi, les hommes des sociétés  modernes ont été conditionnés dès leur plus jeune âge à concevoir leur bonheur en termes exclusivement matériels. Leur bonheur étant trop centré sur leur condition matérielle d'existence, dès que celle-ci est menacée ou tant soi peu altérée, ils sont immédiatement affectés et, certains même, angoissés et dépressifs.

 
Malheureusement, toute les sociétés modernes sont fondées sur le mode matérialiste, avec des variantes pour chaque pays et régions du monde.
Dès leur plus jeune âge, on inculque aux jeunes élèves la notion de réussite professionnelle (voir "Réussite professionnelle; est-ce réussir sa vie?" ) et de compétition sociale et économique. Ainsi la personne devient un "individu" parmi tant d'autres , et n'est pas élevé dans le but d'atteindre à son épanouissement personnel, c'est-à-dire dans la perspective de l'aider à de trouver le bonheur en soi et à s'épanouir, mais bel et bien dans la perspective de satisfaire aux exigences de l'ogre insatiable du développement économique et de la réussite sociale.


On lui inculque la notion angoissante de n'être qu'un maillon d'une chaîne dont l'unique fonction est le développement économique et la réalisation de profits importants au service d'actionnaires et de PDG  toujours plus riches, avides et insatiables. Il n'est valorisé qu'à travers un statut matériel, professionnel et économique.


Ce qui renforce l'angoisse, l'anxiété et un certain état dépressif chez la population des sociétés modernes est le fait que les gens sont poussés à concevoir leur bonheur en terme de consommation et d'accumulation de biens souvent inutiles et superflus. Un des grands désavantages de cette avidité pour les biens matériels est qu'elle entraîne un surendettement pour les ménages. Une telle situation d'endettement peut pousser certaines personnes au désespoir et nombreux sont ceux même qui pensent au suicide à la suite d'une faillite et d'un surendettement.


La société moderne, appelée également "société de consommation", fonde sa prospérité sur l'indice de "consommation des ménages" et l'on entend souvent sur les ondes que l'économie ne va pas bien car "les ménages consomment moins". On inculque ainsi dans la tête de la population l'idéé que le bonheur est directement lié au fait de consommer et d'accumuler de nombreux biens matériels.


Le bonheur de la société semble dépendre donc directement de la consommation des ménages. Ainsi, le stéréotype actuel du bien-être et du bonheur, véhiculé au sein d'une société où la pub est omniprésente, pourrait être représenté par ce simple adage: "Consomme et tu seras heureux".


A l'opposé d'une société fondée sur la production et la consommation sauvage de biens matériels, le varnashrama-dharma, l'organisation sociale védique, l'archétype d'une société idéale telle que conçue par Dieu , Sri Krishna (BG 4.13) , soutient un adage de vie pour ses habitants, bien différent: "Une vie simple et de hautes pensées".

La société matérialiste d'aujourd'hui, quant à elle, force les gens à mener " une vie dénaturée dénuée de hautes pensées". Face à une telle critique, beaucoup objecteront qu'au contraire la société moderne a beaucoup évoluée, et cela même, grâce aux nombreuses "élites pensantes", - chercheurs, scientifiques, ingénieurs, politiciens, sociologues, philosophes, etc..- , qui constamment travaillent à la "faire évoluer" .


Mais le verdict des Ecritures védiques et des acharyas (les véritables "élites pensantes" de la société) est cependant clair et catégorique ; on ne peut juger de l'avancement réelle d'une société ou d'une civilisation en terme uniquement matériels, c'est-à-dire selon son avancement technologique et l'abondance de production de biens matériels sophistiqués.


Les Ecritures comparent ce genre "d'avancement" au vol de l'aigle. Bien que l'aigle royal vole trés haut dans le ciel, et offre, lorsqu'il déploie ses grandes ailes et virvolte dans le ciel, un spectacle majestueux, son unique objectif et sa véritable préoccupation est de trouver une proie et lorsqu'il l'a repéré, de fondre immédiatement dessus pour en faire son repas et nourrir ses petits. De la même façon, bien qu'ils semblent avoir contribué grandement à faire "évoluer" la société, les "élites pensantes" citées précédemment, qui aujourd'hui jouissent d'un grand prestige auprès de la population en général, peuvent être comparés à ce roi des cimes, certes impressionnants, mais ayant pour seul objectif leur confort matériel personnel et la recherche de nouveaux champs de plaisir des sens pour la société. C'est ce que ces teneurs et portées de Srila Prabhupada décrivent trés bien:


" La civilisation matérialiste, qui se perd dans l'égarement le plus complet, se donne pour centre, bien à tort, l'assouvissement des désirs par la satisfaction des sens. Et à tous les niveaux, qu'il s'agisse de politique, de service social, d'altruisme, de philanthropie ou même de religion et de salut, on retrouve la même tonalité de jouissance sensorielle, de plus en plus marquée." 
                                                                     SB (1.2.10)
 



Au sein d'une telle société dévoyée, les gens sont condamnés à être fondamentalement insatisfaits car leurs besoins essentiels ne sont pas comblés:


"Pratiquement 99,9 % de la population de la civilisation moderne est engagée dans des occupations visant aux plaisirs des sens sous la bannière de l'industrie, du développement économique, des organisations humanitaires, de l'action politique, etc... Toutes ces activités sont, à des degrès divers, fondées sur la recherche de la satisfaction des sens, et excluent par la même la conscience de Dieu..."
                 Isopanisad (Mantra 9 ) teneur et p.



"La civilisation moderne a certes fait de très grands progrès dans l'éducation des masses, et pourtant, malgré tous ces efforts, les gens sont de plus en plus malheureux, et cela, simplement parce qu'ils attachent une trop grande importance au bonheur matériel, sans porter le moindre intérêt à la vie spirituelle, qui est l'aspect, le plus important de l'existence."
               Isopanisad (Mantra 9 ) teneur et p.

 

Et quels sont ces besoins essentielles? La Bhagavad-gita, le joyau de la pensée védique, énoncé par Sri Krishna Lui-même, nous informe que nos besoins ne sont pas uniquement matériels du fait que notre nature est fondamentalement spirituelle. Le corps, explique-t'elle, n'est que l'enveloppe extérieure de l'âme.  Le corps matériel n'est qu'un véhicule à travers lequel le passager, l'âme, voyage (transmigre). Ainsi, espérer être heureux sans tenir compte des besoins de l'âme est aussi vain et stupide que de, par exemple, espérer safisfaire le conducteur d'une voiture en ne s'occupant que de son véhicule. Dans la Bhagavad-gita, le corps également est comparée à un vêtement. Il recouvre le possesseur ou l'âme (Bg 2.22) .


Ainsi, s'efforcer d'atteindre au bonheur, sans s'occuper des besoins de l'âme, de ses propres besoins spirituels, c'est aussi vain, stupide et tragique que de prétendre sauver quelqu'un de la noyade en ne ramenant sur la berge que ses vêtements.

Pour revenir au thème central de cet article, la dépendance économique et le mal-être , on s'est efforçé jusque-là de diagnostiquer l'origine de ce mal-être qui affecte de nombreuses personnes au sein des sociétés modernes, et de démontrer que l'augmentation, au-delà du nécessaire, de la situation économique de chacun (la cause souvent citée comme étant responsable de ce mal être) ne pouvait pas suffire à le dissiper :
  


"...celui qui accumule plus d'argent que nécessaire est un voleur, et selon les lois de la nature il devra être puni. Une personne qui gagne plus d'argent que nécessaire devient désireuse de jouir du confort matériel de plus en plus. Les matérialistes inventent toutes sortes de faux besoins, et ceux qui ont de l'argent, illusionnés par ces besoins artificiels, s'efforcent d'en accumuler davantage afin d'accroître toujours plus leurs possessions. C'est là la clé du développement économique moderne. Chacun est occupé à gagner de l'argent, et cet argent est gardé à la banque, qui à son tour offre de l'argent aux gens. Dans ce cycle d'activités, tous ne pensent qu'à obtenir de plus en plus d'argent, si bien que le but ultime de la vie humaine se trouve oublié. En deux mots, nous pouvons dire que tout le monde est un voleur et mérite d'être châtié. Or, le châtiment de la nature s'exerce dans le cycle des morts et des renaissances. Nul ne meurt pleinement satisfait d'avoir assouvi ses désirs matériels, car cela n'est pas possible."

                              SB (7.14.8)


On doit certainement travailler pour gagner sa vie  mais assurer sa subsistance ne devrait pas constituer un problème, d'autant plus que le Seigneur Krishna ne manque pas d'aider un bhakta à pourvoir à ses besoins. Mais, à de nombreux endroits, dans ses commentaires sur le Srimad-Bhagavatam, Srila Prabhupada ne manque pas d'avertir les grihasthas, ceux qui ont charge de famille, de ne pas consacrer trop de temps à améliorer leur situation économique. Le véritable problème est de s'affranchir des morts et des renaissances :
 

"Il ne fait aucun doute que nous avons tous besoin de gagner notre vie, et les sastras nous indiquent quel moyen de subsistance nous pouvons adopter selon notre varna et asrama. Nous devons nous contenter de ceci. Par suite, plutôt que de chercher à gagner de plus en plus d'argent, un bhakta sincère s'efforce de trouver un moyen quelconque de gagner sa vie, et lorsqu'il agit ainsi, Krsna ne manque pas de l'aider. Assurer sa subsistance ne présente donc pas de problème. Le véritable problème consiste à savoir s'affranchir des chaînes de la naissance, de la vieillesse et de la mort. Et le principe de base de la civilisation védique consiste justement à obtenir cette liberté, sans s'inventer de faux besoins. Il faut se satisfaire de tout moyen de subsistance qui se présente naturellement. La civilisation moderne matérialiste est tout à l'opposé de la civilisation idéale. Chaque jour, les prétendus dirigeants de la société moderne inventent quelque nouvelle bizarrerie compliquant la vie des gens et les assujettissant de plus en plus au cycle de la naissance, de la maladie, de la vieillesse et de la mort."
                        SB (7.14.5)

   

Pour  "avoir le moral", et au-delà même, goûter au bonheur, nos actions doivent être menées constamment en relation avec notre véritable nature spirituelle, c'est-à-dire, dans la conscience de Krishna. C'est ce genre d'occupation qui nous rendra heureux et pas l'incitation à "travailler plus pour gagner plus" ( Srila Prabhupada précise en plusieurs endroits, qu'un grhastha ne devrait pas travailler plus que 8 heures par jour) , le nouveau slogan favori d'un chef d'Etat français, qui, en dernier lieu, ne pourra que frustrer une bonne partie de la population plutôt que de l'encourager.

 

Dans ce but essentiel de goûter au bonheur, la pratique de l'écoute ou de la lecture régulière de la Bhagavad-gita et du Srimad-Bhagavatam est fondamentale:

Le Mouvement pour la Conscience de Krsna a été fondé pour donner l'occasion à tous les grhasthas du monde d'écouter spécifiquement le Srimad-Bhagavatam et la Bhagavad-gita. La méthode, décrite en de nombreux endroits, consiste à écouter et à chanter les gloires du Seigneur (srnvatam svakathah krsnah punya-sravana-kirtanah). Tout le monde, et plus particulièrement les grhasthas, ignorants qu'ils sont quant au but de l'existence (mudha-dhi), devrait avoir l'occasion d'entendre parler de Krsna. Par cette simple écoute, en entendant les exposés sur la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam donnés dans les différents centres du Mouvement pour la Conscience de Krsna, tous peuvent être purifiés de leur inclination pécheresse à rechercher sans cesse des plaisirs charnels illicites, à consommer la chair des animaux, à s'enivrer et à jouer aux jeux d'argent -toutes ces pratiques étant largement répandues de nos jours. Ainsi peuvent-ils s'élever jusqu'à la lumière. Punya-sravana-kirtanah: par le simple fait de se joindre au kirtana, au chant des Saints Noms:

hare krsna hare krsna krsna krsna hare hare
hare rama hare rama rama rama hare hare

et d'entendre parler de Krsna selon la Bhagavad-gita, on se purifie nécessairement, surtout si l'on prend également du prasada. Or, tout ceci a cours dans le Mouvement pour la Conscience de Krsna.

Une autre précision est apportée ici: srnvan bhagavato bhiksnam avatara-kathamrtam. Ce n'est pas parce qu'on a lu ou entendu une fois le message de la Bhagavad-gita que l'on ne doit pas l'entendre de nouveau. Le mot abhiksnam est très important à ce propos: nous devrions l'entendre encore et encore. Il n'est pas question d'arrêter; même si l'on a lu ces sujets de nombreuses fois, il faut continuer à les lire de façon répétée, car la bhagavat-katha, les paroles prononcées par Krsna et celles prononcées à Son sujet par Ses dévots, est un vrai nectar (amṛta). Plus on boit de cet amṛta, plus on progresse dans sa vie éternelle."
                      SB ( 7.14.3/4)

 

             

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Midouni 30/03/2008 22:59

super article ,je vais le partager avec d'autres internaute, hare krisna jagad prabhou !midouni

Yadu 16/02/2008 22:40

J'ai trouvé cet article trés opportun et c'est vrai que le nectar n'est pas dans s'absorber trop dans le travail et la famille, il faut penser à Krishna aussi. Bhagavad-gita ki jaya !!!!!