Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par BBT

 

 

 

 

   La conversation suivante de Srila Prabhupada avec l'écrivain politique Matthew Bloomberg  revêt un intérêt considérable car elle a le grand mérite de définir clairement l'importance de la religion dans la vie de l'homme. Sans elle, Prabhupada affirme la vie humaine devient animale. La religion est ce qui nous distingue des animaux et il n'y a pas de bonheur possible sans pratique spirituelle authentique. Ce dernier point de l'authenticité est d'une importance capitale à comprendre si l'on désire  vraiment faire l' expérience d'une spiritualité satisfaisante et épanouissante - et non pas frustrante et inhibante comme trop souvent les gens en ont fait l'expérience dans le passé. Dans cette optique, Srila Prabhupada  dénonce  vivement, une pratique aveugle et hypocrite de la religion; comme, par exemple,  parler d'amour de Dieu tout en maintenant simultanément des abattoirs ou bien, parler d'amour de Dieu et de suivre Ses ordres - la définition de la religion authentique -, alors que l'on ignore tout de Sa personne.  

 A la question : "Qu'est-ce que la conscience de Krishna?" Prabhupada souligne alors le but essentiel de la religion en quelques mots "développer son amour de Dieu" et il en précise les effets directs sur notre vie, l'essence même de la morale -  que s'évertuent de définir en vain les dirigeants et responsables de la société moderne -, le respect et l'amour de tous les êtres vivants .

 

 

                                  ________________

Mr. Bloomberg: Aujourd'hui plus que jamais auparavant, les Américains s'inquiètent  des problèmes dans le monde - l'inflation galopante, et le haut niveau de corruption, la tyrannie communiste * 1 qui semble se répandre sans qu'on puisse l'arrêter.

 
Srila Prabhupada: Oui, ces difficultés étaient prédites il y a cinq mille ans:

 " Dans l'âge de Kali qui suivra, l'âge de querelle et d'hypocrisie, les qualités suivantes diminueront: la véracité, la propreté, la compassion, la durée de vie, la force physique, la mémoire et la religion."
                         Srimad-Bhagavatam (12.2.1)


 Ces qualités sont propres à l'être humain, et elles contribuent à le rendre distinct de l'animal. Mais elles déclineront. Il n'y aura plus de compassion, il n'y aura plus de véracité, la mémoire sera courte, et notre durée de vie sera réduite. De la même façon, la religion disparaîtra. Cela signifie que graduellement nous tomberons au niveau des animaux.

 
Mr. Bloomberg: Nous deviendrons animals ?


Srila Prabhupada: Particulièrement quand il n'y a plus de religion, on peut parler de vie animale. On peut tous constater que le chien ne comprend rien à la religion. Le chien, tout comme nous, est également un être vivant, mais il n'est pas intéressé à comprendre la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam. Telle est la distinction qui existe entre l'homme et le chien: l'animal n'est pas intéressé.


Ainsi, lorsque les êtres humains perdent tout intêret pour la religion, ils deviennent alors animals. Et comment peut-il être question de bonheur et de paix au sein d'une société animale? A travers le système éducatif moderne, les leaders s'efforçent de garder la population au niveau animal, et en même temps ils essaient de constituer les Nations Unies. Comment cela est-il possible? Des animaux unis? La Société des Animaux Unis? C'est ce qui se passe.


Mr Bloomberg: Voyez vous des signes d'espoir?


Srila Prabhupada: Les gens, au moins, se sont rendu compte que la religion était en déclin. C'est une bonne chose. " En déclin" signifie qu'ils sont en train de devenir animals. On dit de l'homme qu'il est un animal doué de raison. Selon toute logique, on peut dire donc que lorsque cette raison disparaît, l'homme n'est alors plus qu'un animal, et n'est plus un être humain. Dans une société humaine soit que vous devenez Chrétien, Musulman, Hindou, ou Bouddhiste; peu importe. Mais il doit exister un système de religion particulier. La société humaine sans religion est une société animale. C'est un fait acquis. Pourquoi les gens sont-ils si malheureux aujourd'hui? Parce qu'il n'y a pas de religion. Ils négligent la religion.


Un homme m'a écrit que Tolstoy une fois avait dit: " A moins de mettre une bombe sous l'église, il ne pourra pas y avoir de paix". Même encore aujourd'hui le gouvernement russe est strictement opposé à toute conscience de Dieu, parce qu'il pense que la religion a semé la ruine dans la société tout entière.


Mr. Bloomberg: Il semble que cela soit un peu vrai .


Srila Prabhupada: Simplement parce que la religion n'a pas été accomplie convenablement par les soi-disant prêtres, ne signifie pas qu'elle doit être rejetée pour autant. Si mon oeil me fait mal à cause d'une cataracte, cela ne veut pas dire qu'il faille pour autant ôter l'oeil. La cataracte doit être enlevée. Et nous pouvons faire cela à travers la conscience de Krishna.* 2


Mr Bloomberg: Je pense que l'histoire montre que de nombreuses personnes ont fait un usage erroné de la religion. N'est-ce pas un fait?


Srila Prabhupada: Oui. Ces soit-disants écclésiastiques n'ont aucun conception de Dieu, et cependant ils prétendent enseigner la religion. Qu'est-ce que la religion? Dharmaḿ tu sākṣād bhagavat-praṇītam : "La voie de la religion est directement énoncée par Dieu, le Seigneur Suprême" (SB 6.3.19) . Ils n'ont aucune conception de Dieu - ils ne savent pas qui est Dieu - et ils échafaudent un système religieux. Combien de temps encore pourront-ils continuer ainsi, artificiellement? Les choses se détérioreront.


Et c'est juste ce qui est en train de se passer. Ils n'ont aucune idée de Dieu, comment pourront-ils savoir alors ce qui constitue son ordre? Religion veut dire l'ordre de Dieu. Par exemple, la loi signifie l'ordre de l'Etat. Si il n'y a pas d'Etat, où se trouve alors son ordre? Nous avons une claire conception de Dieu - Krishna. Et Il nous donne Son ordre, et nous l'acceptons.

Maintenant, demandez-vous - dans tout système religieux, comment concoivent-ils Dieu ? Est-ce que quelqu'un peut le dire clairement? Personne ne peut le dire. Mais nous, nous pouvons immédiatement dire:

 

veṇuḿ kvaṇantam aravinda-dalāyatākṣam-
barhāvataḿsam asitāmbuda-sundarāńgam
kandarpa-koṭi-kamanīya-viśeṣa-śobhaḿ
govindam ādi-puruṣaḿ tam ahaḿ bhajāmi

 

J'adore Govinda, le Seigneur originel, qui joue de Sa flûte à merveille. Son visage rayonne de beauté et Ses yeux s'épanouissent comme des pétales de lotus; Sa peau est bleutée comme les nuages, des plumes de paon ornent Sa tête, Sa grâce indicible charme des millions de cupidons.
                             Brahma-samhita (5.30)


Immédiatement nous pouvons donner une description de Dieu. Si on n'a pas d'idée de Dieu, alors quelle sorte de religion est-ce là?


Mr. Bloomberg: Je ne sais pas.


Srila Prabhupada: C'est du vent. Les gens n'ont pas de conception de Dieu, et par conséquent ils ne comprennent pas non plus ce qu'est la religion. Voilà pourquoi elle décline, et du fait que la religion décline, les êtres humains deviennent de plus en plus animals.


"Animal" signifie que l'on est dépourvu de mémoire. Un chien vient me voir attiré par la nourriture; je crie " Hou!" et il déguerpit. Mais, de nouveau, il revient - il n'a pas de mémoire. Ainsi lorsque notre mémoire de Dieu décline, cela signifie que nos qualités humaines se déteriorent. Dans le Kali-yuga ces qualités humaines seront réduitent. Cela signifie que les gens deviennent de plus en plus comme des chats et des chiens.


Mr Bloomberg: L'accusation que l'on porte traditionnellement contre la culture Indienne - peut-être diriez-vous la culture Krishna - est qu'elle est fataliste, qu'elle inhibe tout réel progrès. Quelle est la part de vérité d'une telle accusation?


Srila Prabhupada: Qu'est-ce que ce progrès? Est-ce qu'un chien qui saute réalise un progrès? Est-ce du progrès? Un chien court ici et là sur ces quatre pattes, et vous courez ici et là sur les quatre roues de votre automobile. Est-ce du progrès? Selon la culture  Krishna, l'être humain a une certaine quantité d'énergie, et puisque l'être humain a une conscience supérieure à celle d'un animal, l'énergie de l'être humain a plus de valeur que l'énergie de l'animal.


Mr Bloomberg: Probablement que personne ne contesterait qu'un être humain a plus de liberté ou, je suppose, de responsabilité qu'un animal.


Srila Prabhupada: Donc l'énergie humaine devrait être utilisée pour le progrès spirituel, et non pas employée à concurrencer le chien. La personne sainte ne s'affaire pas comme le chien le fait. Aujourd'hui les gens pensent que " la vie de chien" constitue la vie, mais la réelle vie consiste à agir dans le but de progresser spirituellement. Par conséquent la littérature védique affirme:


tasyaiva hetoḥ prayateta kovido
na labhyate yad bhramatām upary adhaḥ
tal labhyate duḥkhavad anyataḥ sukhaḿ
kālena sarvatra gabhīra-raḿhasā

 

" L'homme d'intelligence réelle, aux facultés pensantes développées, n'aura d'autre souci que d'atteindre le but souverain, qu'on ne trouve pas en ce monde, dût-on parcourir l'univers tout entier, de la planète la plus élevée (Brahmaloka) à la plus basse [Patala]. Car, pour ce qui est du bonheur propre à la satisfaction des sens, il s'obtient de lui-même en temps et lieu, tout comme le malheur, sans même que nous l'ayons désiré."
                          Srimad-Bhagavatam (1.5.18)



Mr. Bloomberg: Pourriez-vous donnez plus d'explication?


Srila Prabhupada: L'être humain devrait employer son énergie à essayer d'obtenir ce qu'il n'a pas pu obtenir même après de trés nombreuses vies. Pendant de trés nombreuses vies l'âme s'est incarnée sous des formes variées: chiens, dévas, chats, oiseaux, mammifères, et de nombreuses autres. Il existe 8 400 000 différents types de corps. Ainsi, cette transmigration de l'âme a lieu. Et à chaque fois son principale intérêt réside dans le plaisir des sens.


Mr. Bloomberg: Lequel signifie?


Srila Prabhupada: Par exemple, le chien est concerné en premier lieu par le plaisir des sens: où est la nourriture, où est la niche, où est la femelle, comment se défendre? L'homme est engagé dans les mêmes activités, de différentes façons. La littérature védique affirme que nous avons déjà accompli ces mêmes activités, pendant de nombreuses vies passées et que si nous ne cherchons pas à échapper à cette lutte pour l'existence, nous devrons continuer à les faire encore, pendant de trés nombreuses vies.


Mr. Bloomberg: Je vois.


Srila Prabhupada: Oui. Mon plaisir corporel et le plaisir corporel du chien - il n'existe pas réellement de différence. Par exemple, le plaisir obtenu à travers le sexe est le même. Un chien n'a pas peur de se procurer du plaisir sexuel à la vue de tous quand nous, préferons nous cacher pour cela. C'est tout. Les gens pensent qu'avoir du sexe dans un bel appartement est plus avancé. Cependant, ce n'est pas plus avancé. Et il s'engage dans la course à l'argent *3 pour soi-disant progresser. Les gens ne savent pas que, peu importe le type de corps que l'on obtient, le plaisir de toute façon, est déjà en réserve.


Mr. Bloomberg: Que voulez-vous dire, " le plaisir est déjà en réserve" ?


Srila Prabhupada: Cela s'appelle la destiné. Un porc a obtenu un certain type de corps, et sa nourriture est l'excrément 4  . Vous ne pouvez pas changer cela. Le porc n'appréciera pas manger du halvah (une préparation sucrée faite à partir de semoule de blé dur et de beurre). C'est impossible. Parce qu'il possède un certain type de corps, il doit manger un certain type de nourriture. Est-il possible qu'un scientifique réussisse à améliorer le standard de vie du porc? * 5


Mr. Bloomberg: J'en doute.


Srila Prabhupada: Par conséquent, notre plaisir est déjà en réserve. Le plaisir à la base est le même, mais un peu différent selon le corps. L'homme sauvage dans la jungle, lui aussi, ressent le même plaisir.

Aujourd'hui les gens pensent que la civilisation consiste à construire de vastes grattes-ciel. Mais la culture Krishna dit, "Non, ce n'est pas de l'avancement". Le réel avancement de la vie humaine est la réalisation spirituelle, combien vous avez réalisé votre moi spirituelle, pas combien vous avez construit de grattes-ciel.


Mr. Bloomberg: Pourtant, n'est-ce pas considéré honorable de travaille dur, de lutter et éventuellement, de "gravir les échelons" dans la vie.


Srila Prabhupada: Les karmis, les travailleurs intéressés, ont été désignés dans la Bhagavad-gita comme étant des mudhas, des ânes. Pourquoi sont-ils comparés à des ânes? Parce que l'âne travaille trés dur et doit porté sur son dos une charge énorme, et en échange de son travail son maître lui donne seulement un peu d'herbe. Il se tient à la porte du buandier, son maître, et en profite pour brouter un peu d'herbe pendant qu'une fois de plus le buandier charge son dos. Il n'a pas le bon sens de penser " Si je sors de la propriété du buandier, je peux avoir de l'herbe n'importe où. Pourquoi dois-je transporter des poids si lourds? "


Mr. Bloomberg: Cela me fait penser à certaines personnes que je connais.


Srila Prabhupada: Le travailleur intéressé (voir karmi) est comme cela. Il s'affaire dans son bureau, et si vous voulez le voir il vous dira toujours, " Je suis trés occupé." Bien, mais qu'obtient-il en retour de tant de labeur ? Il mange deux toasts et une tasse de thé !  Et juste pour ça, vous êtes si occupé? Il ne sait pas pourquoi il est si occupé.

Dans son livre de compte, il constate que le solde de profit était un million d'euros, et qu'à présent, il a augmenté à deux millions. Cela le remplit de satisfaction , mais il continuera à prendre deux toasts et une tasse de thé, et malgré tout il continuera à travailler trés dur. C'est ce que signifie le mot karmi. Ânes - ils travaillent commme des ânes, sans aucun but dans la vie. Mais la culture Krishna est différente.


Mr Bloomberg: Pourriez-vous nous donner une idée de ce qu'est la culture Krishna?


Srila Prabhupada: Elle commence à partir du système varnasrama. Dans le système varnasrama, les classes sociales et les étapes de l'existence sont  organisées de cette façon: brahmana (intellectuels, conseillers), ksatriyas (administrateurs), vaisyas (commercants, agriculteurs), sudras (travailleurs), brahmacaris (étudiants célibataires), grhasthas (responsables de famille), vanaprasthas ( personnes mariés retirées), et sannyasis (moines renoncés).


Le but ultime est que Krishna, le Seigneur Suprême, soit adoré. Donc si vous adorez Krishna, vous accomplissez tous vos devoirs , que ce soit en tant que brahmana, ksatriya, vaisya, sudra, brahmacari - quoi que ce soit. Adoptez-la immédiatement - prenez la conscience de Krishna. C'est tellement important.

Mr. Bloomberg: Si réellement les gens savaient qu'il existe un mode de vie plus naturel, plus épanouissant, quel problême y aurait-il? En fait, ils ne pourraient, comme vous le dites, que l'adopter.


Srila Prabhupada: Mais ils ne le savent pas, et par conséquent il n'y a pas de religion, simplement la course à l'argent. Le chien court sur ses quatre pattes, et vous, vous courez sur votre quatre roues - c'est tout. Et vous pensez que cette course à quatre roues constitue un avancement pour la civilisation.


Mr. Bloomberg: Est-ce qu'une personne consciente de Krishna n'essaierait pas d'atteindre au progrès?


Srila Prabhupada: Le fait est que vous ne pouvez pas changer votre destiné, à quoi cela sert-il donc d'essayer? On doit se satisfaire de la somme de bonheur et de douleur qui nous est destinée.


La culture Krishna est destiné à la réalisation de Dieu. Voilà notre point. Encore maintenant, vous pouvez voir en Inde, au cour de festivals importants, plusieurs millions de gens se déplacer pour prendre un bain dans le Ganges parce qu'ils sont intéressés par la libération spirituelle (voir Kumbha mela). Ils ne sont pas paresseux. Ils voyagent des milliers de kilomètres, trois milles kilomètres pour prendre un bain dans le Ganges. Ils ne sont pas paresseux, mais pour autant ne s'engagent pas dans la course à l'argent. Au lieu de cela, ils s'efforçent dès leur enfance d'atteindre la réalisation spirituelle; kaumāra ācaret prājño dharmān bhāgavatān iha. (SB 7.6.1) Ils sont tellement préoccupés par cela qu'ils désirent commencer cette tâche dès l'enfance.


M. Bloomberg: Mais alors on pourrait se poser la question: si leur destiné ne peut pas être changée, pourquoi alors ne pas laisser chaque enfant vagabonder librement comme un animal, et tout ce qui lui est destiné arrivera?


Srila Prabhupada: Non, l'avantage (de l'enfant) est que vous pouvez le former spirituellement. Par conséquent, il est dit, tasyaiva hetoḥ prayateta kovido : vous devriez engager toute votre énergie dans la réalisation spirituelle. Ahaituky apratihata: le service de dévotion, la conscience de Krishna, ne peut pas être stoppée (SB 1.2.6) . Tout comme la destiné matérielle ne peut pas être stoppée, votre avancement dans la vie spirituelle ne peut pas être stoppée si vous faites les efforts requis.


En réalité, Krishna changera votre destiné mais seulement pour ses dévots. Il déclare, ahaḿ tvāḿ sarva-pāpebhyo mokṣayiṣyāmi: "Je te protègerai de toutes les réactions de tes activités pécheresses." Bhagavad-gita (18.66) .


Par exemple, si l'on est condamné par un tribunal à être pendu, personne ne peut l'empêcher. Même le juge qui a donné le verdict ne peut pas l'empêcher. Mais si le condamné prie  le roi, lequel est au-dessus des lois, de lui accorder sa grâce, le roi lui alors peut l'empêcher.


Par conséquent notre objectif est de s'abandonner à Krishna. Si nous cherchons à être heureux artificiellement grâce au développement économique, cela n'est pas possible. Tellement de gens travaillent trés dur, mais cela signifie-t'il que tous deviendront un Henri Ford ou un Rockefeller? Chacun fait de son mieux. La destiné de Mr. Ford était de devenir un homme riche, mais cela signifie-t'il que tous les autres hommes qui ont travaillés aussi dur que Ford, deviendront riches comme Ford? Non. C'est un exemple pratique. Vous ne pouvez pas changer votre destiné simplement en travaillant dur comme un âne ou un chien. Mais vous pouvez utiliser cette énergie pour parfaire votre conscience de Krishna.


Mr. Bloomberg: Qu'est-ce que la conscience de Krishna, précisément? Pourriez-vous nous en dire plus?


Srila Prabhupada: L'amour de Dieu - telle est la conscience de Krishna. Si vous n'avez pas appris à aimer Dieu, quelle  signification a votre religion? Quand vous êtes réellement situé au niveau de l'amour de Dieu, vous comprenez votre relation avec Dieu - "Je suis une parcelle de Dieu." Vous étendez alors votre amour aux animaux aussi. Si vous aimez réellement Dieu, votre amour pour les insectes est aussi là. Vous comprenez." "Cet insecte a un différent type de corps, mais il est aussi une parcelle de mon père; il est donc, par conséquent mon frère." Alors vous ne pouvez plus continuer à maintenir un abattoir. Si vous maintenez un abattoir et désobéissez les ordres du Christ, " Tu ne tueras point", et vous vous proclamez vous-même Chrétien ou Hindou, cela n'est pas la religion. Cela devient alors une simple perte de temps - parce que vous ne comprenez pas Dieu. Vous n'avez pas d'amour pour Dieu. Vous vous êtes estampillé vous-même comme appartenant à telle ou telle secte, mais on ne peut pas parler de réelle religion. Telle est la situation à travers le monde entier.


Mr. Bloomberg: Comment peut-on remédier à la situation?


Srila Prabhupada: Krishna est Dieu, la Personne Suprême. Krishna est l'Être suprême, si vous ne l'acceptez pas, essayez tout de même de comprendre. Voilà ce qu'on entend par éducation: il y a quelqu'un de suprême; Krishna n'est pas Indien, Il est Dieu. Le soleil se lève d'abord en Inde (à l'est), mais cela ne signifie pas que le soleil est Indien. De la même façon, malgré le fait que Krishna apparaisse en Inde, à présent il vient en Occident, à travers ce mouvement pour la conscience de Krishna (Iskcon).

 

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* 1
A l'époque où cette conversation a eu lieu, c'était ce qui préoccupaient le plus les américains mais, 30 ans plus tard avec les évènements du 11 septembre, on pourrait certainement parler de la crainte du terrorisme.

* 2 L'analogie avec la cataracte est souvent utilisée par Srila Prabhupada et là encore il utilise cet exemple pour illustrer le fait que la religion est essentielle à la vie humaine (tout comme l'oeil et la vue sont essentiels dans l'existence) et l'analogie avec la cataracte est donnée pour souligner le fait que la religion, malgré qu'elle puisse être des fois mal utilisée ou comprise (comme donc recouverte par la "cataracte" de l'ignorance ,des doutes, de l'avidité, etc...) n'en est pas moins essentielle. La religion est aussi essentielle à l'homme que l'oeil car elle lui permet de voir l'existence dans sa juste perspective, avec Dieu au centre. Donc lorsqu'il dit "Et nous pouvons faire cela à travers la conscience de Krishna" cela signifie qu'il poursuit la logique de l'analogie de la cataracte en disant que la conscience de Krishna peut permettre de retirer la cataracte, le voile de l'ignorance et des doutes, et nous permettre ainsi de voir Dieu à chaque instant ce qui est, à priori, le but réel d'une religion authentique et saine.


* 3 On retrouve, encore ici, l'analogie du chien qui court sur ces quatres pattes et de l'homme moderne qui "court" sur ses quatres roues.


* 4 En Inde, dans certains villages, le cochon est utilisé pour nettoyer les excréments; une personne fait ses besoins et le porc passe ensuite pour nettoyer la place...


* 5 Srila Prabhupada  prend souvent à parti les scientifiques et les met au défit de changer, comme ils le prétendent trop souvent (ce qu'il appelle avec ironie "un chèque en blanc") "les lois de la nature matérielle" . Celles-ci sont insurmontables car la Bhagavad-gita le précise, elles sont  placées sous l'égide de Dieu, la Personne Suprême ( BG 7.14) . Il remet en question ainsi, comme ici dans cette conversation, la confiance qu'on leur voue quand à leur capacité de réellement améliorer notre standard de vie. Ils n'ont pas, contrairement à ce qu'ils peuvent dire parfois, la capacité d'éradiquer les quatres formes de conditionnement et de souffrances de la vie matérielle que sont "la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort". Celles-ci sont inhérentes à l'existence matérielle et seul, les acharyas et les Ecritures védiques le précise à maintes reprises, l'abandon à Dieu ou Krishna peut nous permettre de nous affranchir de ces quatres calamités de l'existence (BG 7.14) . "

                                

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