L'histoire de
Nṛsiḿhadeva
l'Avatâra mi-homme, mi-lion
DEUXIEME PARTIE
Hiranyakaśipu persécute son fils Prahlāda
Prahlāda Mahārāja prêche la conscience de
Krishna
L'apparition du Seigneur Nṛsimhadeva
Epilogue
Hiranyakaśipu persécute Prahlada
Malgré le fait que Prahlada Maharaja posséda toutes ces merveilleuses qualités, son père Hiranyakaśipu, le tourmenta et le persécuta sans cesse. Quelles étaient donc les
fautes qu'avait commis Prahlada pour que son père le tourmente ainsi? Il était un pur dévot de Dieu, la Personne Suprême, Sri Visnu. Et cela seul, pour son père démoniaque était tout simplement
insupportable. Pour un asura tel
Hiranyakaśipu, Dieu, l' Être Suprême, devient un objet d'envie extrême.
Ainsi, la seul évocation des Noms du Seigneur comme Krishna, Govinda, Visnu, Madhusudana, Nrsimhadeva... provoquent chez ces êtres démoniaques,
grandement affectées par l'envie, la convoitise et l'ignorance, des réactions vives de colère et de blasphème.
Hiranyakaśipu commença donc à persécuter son fils dans l'intention de le tuer:
"De même que des sens non maîtrisés sont les ennemis de tout yogi désireux de progresser dans la vie spirituelle, ce
Prahlada, sous les apparences d'un ami, est en fait un ennemi pour moi, puisque je ne peux le dominer. En conséquence, qu'il soit assis, endormi ou en train de manger, cet ennemi doit périr à
tout prix."
Le serviteurs [Raksasas]
d'Hiranyakasipu se mirent alors à frapper de leurs tridents les parties tendres du corps de Prahlada Maharaja. Ces asuras avaient tous des visages redoutables, des dents acérées, des barbes et
des cheveux d'un rouge cuivré, et leur apparence générale était absolument terrifiante. Faisant un vacarme d'enfer et hurlant: "Transpercez-le! Découpez-le en morceaux!", ils se mirent à frapper
Prahlada Maharaja, qui était assis en silence, méditant sur Dieu, la Personne Suprême.
Mais toutes les tentatives d' Hiranyakasipu pour se débarrasser de son fils Prahlada, furent vaines car Prahlada Maharaja était un dévot du plus
haut niveau, pleinement absorbé dans le service de Dieu, la Personne Suprême, en méditation constante sur Sri Visnu:
Même si une personne qui n'a aucun acte de vertu à son actif accomplit quelque bonne action, ceci n'a aucun effet. De la
même façon, les armes des asuras n'eurent aucun effet tangible sur Prahlada Maharaja, car c'était un bhakta qu'aucune condition matérielle ne pouvait troubler et il était profondément absorbé
dans sa méditation et dans le service de
dévotion offert à Dieu, la Personne Suprême, qui est immuable, qui ne peut être appréhendé au moyen des sens matériels, et qui est l'âme de tout l'univers.
Par la suite, Hiranyakasipu s'efforça de corriger son fils en confiant son éducation à deux précepteurs Sanda et Amarka, les deux fils de
Sukracarya, son guru:
C'est ainsi que Prahlada écouta et récita les enseignements de ses maîtres en matière de politique et d'économie. Toutefois,
comprenant que la politique amène à considérer un homme comme un ami et un autre comme un ennemi, il n'appréciait guère cet enseignement (1) .
Mais tout cela fut aussi vain, comme le constata justement son père :
"Bien qu'il me soit très proche et ne soit encore qu'un enfant, il ne connaît aucune crainte. Il est comme la queue
recourbée d'un chien, qu'on ne peut redresser, car jamais il n'oublie mes agissements perfides pas plus que le lien qui l'unit à son maître, Visnu. Je constate que la puissance de ce garçon est
illimitée, car il n'a redouté aucun de mes châtiments: il semble immortel.."
Prahlada Maharaja prêche la conscience de Krishna
Et un jour qu'Hiranyakasipu prenant son fils sur ses genoux, lui demandait très affectueusement :
"Mon cher fils, veuille me dire ce que tu estimes être le meilleur de tous les sujets que tes précepteurs t'ont fait
étudier."
Prahlada Maharaja répondit :
O toi le meilleur des asuras, souverain des démons, selon ce que mon maître spirituel m'a appris, une personne qui revêt un corps éphémère et qui s'implique dans une vie de famille tout aussi transitoire, ne peut qu'être tourmentée par l'anxiété, car elle est tombée dans un puits perdu où l'on ne trouve pas la moindre goutte d'eau, mais seulement de la souffrance. Il faut abandonner cette condition pour se rendre dans la forêt (vana) -plus précisément à Vrndavana, où seule prévaut la conscience de Krsna. Et là, il faut chercher refuge auprès de Dieu, la Personne Suprême.
Dès qu' Hiranyakasipu entendit
cette réponse de Prahlada Maharaja, il devint fou furieux et repoussa violemment son fils. Il confia de nouveaux Prahlada à ces précepteurs Sanda et Amarka pour qu'ils s'appliquent, de nouveau et
plus que jamais, à corriger Prahlada:
Par la suite, avec méthode et sans relâche, Sanda et Amarka instruisirent Prahlada Maharaja -très humble et très obéissant- sur la religion matérielle, la poursuite des richesses et la
satisfaction des sens.
Les précepteurs Sanda et Amarka enseignèrent à Prahlada Maharaja les trois voies du progrès matériel que sont la religion,
la poursuite des richesses et la satisfaction des sens. Cependant, comme Prahlada était au-dessus de ces instructions, il ne les appréciait guère, car il les savait fondées sur la dualité des
activités matérielles, qui impliquent l'homme dans un mode de vie matérialiste, caractérisé par la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort (2) .
Mais, au lieu d'être influencé par cette éducation matérialiste, c'est le contraire qui se produisit. Prahlada Maharaja, dès que ses précepteurs étaient absents, en profitait pour instruire ses camarades de classe sur la conscience de Dieu ou conscience de Krishna. Prahlada Maharaja possédait une grande puissance spirituelle car il était un maha-bhagavat, un dévot pleinement accompli dans le service de dévotion . Et, ainsi, de par son rayonnement et son influence exceptionnelle, les camarades de classe de Prahlada se rallièrent naturellement à sa prédication et devinrent, eux aussi, conscients de Krishna. Ils prirent trés à coeur tous les enseignements qui leur prodigua, et ils chantèrent également, sous la direction de Prahlada, les Saints Noms de Dieu en dansant en extase.
On peut retrouver la teneur de ses merveilleux enseignements à travers une série de conférences données par Srila
Prabhupada et intitulées "Les enseignements de Prahlada Maharaja" .
Ses camarades de classes voulurent savoir comment Prahlada Maharaja, lui qui était né au sein d'une famille d'asuras, avait pu développer un tel niveau de connaissance et de perfection
spirituelle? Prahlada leur expliqua qu'alors que son père était absent, accomplissant de rudes austérités sur le mont Mandaracala, sa mère enceinte de lui, avait été hébergée et protégée par le
grand sage Narada Muni. Durant son séjour
à l'ashram de Narada Muni , elle servit le sage avec grande dévotion. C'est à cet instant, bien qu'encore dans le sein de sa mère, que Prahlada avait bénéficié des instructions sur la religion et
le savoir spirituel que le grand sage avait prodigué à sa mère (voir chapitre 7 du 7ème chant du Srimad Bhagavatam ) . Narada Muni était donc le maître spirituel de Prahlada, et Prahlada Maharaja dans une de ses célèbres prières offertes
au Seigneur Nrsimhadeva, exprime sa profonde reconnaissance et son total dévouement à son maître spirituel:
O Seigneur Souverain,
du fait que j'étais en contact avec différents désirs matériels, je tombais de plus en plus profondément dans un puit sombre rempli de serpents, suivant en cela l'exemple de la masse des
gens. Mais Ton serviteur Narada Muni a eu la
bonté de m'accepter comme son disciple et de m'instruire quant à la façon d'accéder à ce niveau transcendantal. Mon
premier devoir consiste donc à le servir. Comment pourrais-je quitter son service? ( Srimad Bhagavatam 7.9.28)
Prahlada Maharaja avait donc un ascendant sur ses camarades et quand son père
l'apprit, il en conçut un extrême courroux et décida alors de le tuer. Il interroga Prahlada sur
l'origine précise de sa force et de sa grande témérité:
Mon fils Prahlada, scélérat! Tu sais que lorsque je me mets en colère, toutes les planètes des trois mondes se mettent à
trembler, de même que leurs dirigeants. Par quel pouvoir un vaurien comme toi est-il devenu assez impudent pour se montrer exempt de toute crainte devant moi et pour porter atteinte à ma
domination sur lui?
Prahlada Maharaja dit:
O roi, puisque tu m'interroges sur l'origine de ma force, sache que c'est de la même source que tu tires la tienne. De fait, la source originelle de toute forme de puissance est unique. Celui qui
est ta force et la mienne est également la seule et unique force de tous les êtres. Sans Lui, nul ne peut avoir la moindre force. Chacun de nous, qu'il soit mobile ou immobile, supérieur ou
inférieur, y compris Brahma en personne,
est dirigé par la puissance de Dieu, la Personne Souveraine.
Dieu, la Personne Souveraine, qui est le maître suprême et le facteur temps, représente la puissance des sens, celle du
mental et du corps, et la force vitale des sens. Son influence ne connaît aucune limite. C'est Lui le meilleur de tous les êtres vivants, le maître des trois attributs de la nature matérielle.
Par Sa puissance propre, Il crée cette manifestation cosmique, la maintient et l'anéantit également.
[Prahlada Maharaja poursuivit:]
Mon cher père, renonce, je t'en prie, à ta mentalité démoniaque. Ne fais aucune discrimination en ton coeur entre amis et ennemis; fais en sorte que ton esprit soit égal envers tous. A
l'exception du mental égaré et non maîtrisé, il n'est point d'ennemi en ce monde. Lorsqu'on voit tous les êtres sur un même plan, on parvient au niveau où il est possible d'adorer le Seigneur
parfaitement.
Dans le passé, il y eut de nombreux insensés comme toi qui ne parvinrent pas à vaincre les six ennemis qui dérobent toutes
les richesses du corps. Ces gens pensaient fièrement: "J'ai vaincu tous mes ennemis dans les dix directions." Mais celui qui a vaincu les six ennemis et qui fait preuve d'équanimité envers tous
les êtres vivants, n'a pas d'ennemis. Ceux-ci ne sont qu'un produit de l'imagination sous l'influence de l'ignorance (3) .
Hiranyakasipu répondit:
Espèce de vaurien! Tu cherches à me rabaisser, comme si tu savais mieux que moi dominer tes sens. C'est trop d'intelligence! Je vois que tu désires périr par mes mains, car seuls les hommes sur
le point de mourir tiennent des propos aussi insensés.
L'apparition du Seigneur Nrsimhadeva
O pauvre Prahlada, tu as toujours parlé d'un être suprême autre que moi, un être suprême qui serait au-dessus de toutes choses, qui gouvernerait tous les êtres et qui serait omniprésent. Mais
où est'Il? S'Il est partout, pourquoi n'est-Il pas dans cette colonne qui se dresse devant moi?
Puisque tu profères toutes sortes d'inepties, je vais te trancher la tête. Voyons maintenant si ton Dieu tant adoré va venir
te protéger! Je voudrais bien voir cela!
Aveuglé par la colère, Hiranyakasipu, qui possédait une très grande force physique, réprimanda son fils Prahlada, le noble
bhakta, par ces paroles mauvaises. Le maudissant de façon répétée, Hiranyakasipu se saisit de son glaive, se leva de son trône royal, et, animé d'une grande colère, frappa la colonne de son
poing.
Alors, de l'intérieur de la colonne s'échappa un bruit terrifiant, qui sembla faire craquer l'écorce de l'univers. O Yudhisthira, ce son atteignit même les demeures des devas comme
Brahma, et lorsque ceux-ci l'entendirent, ils pensèrent: "Hélas! Nos planètes vont maintenant être détruites."
Tandis qu'il exhibait ainsi son extraordinaire puissance, Hiranyakasipu, qui désirait tuer son propre fils, entendit ce bruit assourdissant, formidable, comme jamais personne n'en avait entendu auparavant. Les autres chefs des asuras furent emplis de crainte. Aucun d'entre eux ne comprenait d'où provenait ce bruit au sein de leur assemblée.
Pour confirmer les dires de Son serviteur Prahlada Maharaja -en d'autres termes, pour prouver que le Seigneur Suprême est partout présent, même à l'intérieur de la colonne d'une salle d'assemblée-, la Personne Souveraine, Hari, Se manifesta sous une forme merveilleuse, jamais vue auparavant. Cette forme n'était ni celle d'un homme ni celle d'un lion. Le Seigneur apparut donc sous cette forme extraordinaire dans la salle d'assemblée du palais.
Tandis qu'Hiranyakasipu regardait partout pour découvrir la source de ce grondement, cette Forme merveilleuse du Seigneur, qui ne pouvait être identifiée comme étant celle d'un homme ou d'un lion, sortit de la colonne. Sidéré, Hiranyakasipu se demanda: "Quelle est cette créature qui tient à la fois de l'homme et du lion?"
Hiranyakasipu examina la Forme du Seigneur, essayant de déterminer qui était cet être qui se dressait devant lui. La Forme
du Seigneur inspirait une frayeur intense à cause de Ses yeux enflammés par la colère et semblables à de l'or en fusion, de Sa crinière éclatante qui agrandissait Son visage terrifiant de Ses
dents meurtrières et de Sa langue tranchante comme un rasoir, qui se balançait comme une épée lors d'un duel. Ses oreilles se dressaient droites et immobiles, et Ses narines, de même que Sa
bouche béante, ressemblaient à des cavernes de montagne. Ses mâchoires s'écartaient de manière redoutable, et Son corps tout entier se déployait jusqu'au ciel. Il avait un cou très court et
épais, une large poitrine, la taille fine, et les poils de Son corps étaient aussi blancs que les rayons de la lune. Ses bras, semblables à des rangs de soldats, s'étendaient dans toutes les
directions tandis qu'Il tuait les asuras, les brigands et les athées à l'aide de Sa conque, de Son disque, de Sa masse, de Sa fleur de lotus et d'autres armes naturelles.
Hiranyakasipu se dit en lui-même: "Visnu, qui possède de grands pouvoirs surnaturels, a conçu ce plan pour me tuer, mais à quoi bon une telle tentative? Qui peut se battre contre moi?" Pensant de la sorte et s'emparant de sa masse, Hiranyakasipu attaqua le Seigneur à la façon d'un éléphant.
De même qu'un insecte insignifiant qui tombe dans le feu devient invisible, Hiranyakasipu disparut absorbé dans la splendeur éclatante du Seigneur, auquel il s'attaquait. Cela n'a rien d'étonnant, car le Seigneur existe à jamais dans la pure vertu. Jadis, au moment de la création, Il pénétra dans l'univers obscur et l'éclaira de Sa splendeur spirituelle.
Hiranyakasipu, animé d'une extrême colère, attaqua promptement Nrsimhadeva avec sa masse, dont il se mit à Le frapper.
Toutefois, Sri Nrsimhadeva attrapa le grand asura et sa masse, à la manière dont Garuda aurait pu attraper un grand serpent.
...De même qu'un serpent attrape une souris, ou de même que Garuda s'empare d'un serpent très venimeux, Sri Nrsimhadeva S'empara d'Hiranyakasipu, que ne pouvait pas même pourfendre la
foudre du roi Indra. Tandis
qu'Hiranyakasipu agitait ses membres en tous sens, tout affligé de s'être fait prendre, le Seigneur le plaça sur Ses genoux et, sur le pas de la porte de la salle d'assemblée, de Ses griffes Il
déchiqueta sans aucun mal l'asura.
La bouche et la crinière de Nrsimhadeva étaient tachées de gouttes de sang, et il était impossible de regarder Ses yeux tant
ils étaient redoutables et pleins de colère. Léchant le pourtour de Sa bouche avec Sa langue, Le Seigneur Souverain, Nrsimhadeva, paré d'une guirlande d'intestins arrachés du ventre
d'Hiranyakasipu, ressemblait à un lion qui vient de tuer un éléphant.
Le Seigneur Suprême, qui possédait d'innombrables bras, arracha tout d'abord le coeur d'Hiranyakasipu avant de rejeter le
cadavre de l'asura. Ensuite, Il Se tourna vers les soldats du souverain démoniaque. Ceux-ci étaient venus par milliers pour Le combattre, en brandissant leurs armes; tous étaient de fidèles
partisans d'Hiranyakasipu, mais Nrsimhadeva les tua tous du bout de Ses griffes.
...Dans toute Sa splendeur rayonnante et avec une expression redoutable, Sri Nrsimhadeva, plein de colère et ne trouvant
aucun adversaire pour s'opposer à Sa puissance et à Sa grandeur, S'assit alors dans cette salle d'assemblée sur le magnifique trône du roi. Par peur et par soumission, personne n'osait
s'approcher de Lui pour Le servir directement.
Hiranyakasipu avait été comme une véritable fièvre méningée pour les trois mondes. Par suite, lorsque les épouses des devas
sur les planètes édéniques virent que l'illustre asura avait péri aux mains de Dieu en personne, une grande joie fit s'épanouir leurs visages. C'est de façon répétée que, du ciel elles firent
tomber en pluie des pétales de fleurs sur Nrsimhadeva.
Tel est le récit de l'apparition sublime et purement transcendantale du Seigneur Suprême Nrsimhadeva, telle qu'elle est décrite dans le Srimad Bhagavatam, la crème des Puranas.
EPILOGUE
Hiranyakasipu avait donc voulu défier les lois rigoureuses de la nature, établies et régies par le Seigneur Suprême. Il avait pensé, comme nombres de ses contemporains, des " petits
Hiranyakasipus" (4) , que l'on
peut s'affranchir de l'influence des lois de la nature matérielle sans se tourner vers Dieu et s'abandonner à Lui . Ainsi, avait-il demandé au seigneur Brahma, de le rendre immortel, mais comme
seul Dieu est en mesure d'accorder cette bénédiction suprême, Hiranyakasipu avait essayé, malgré tout, de l'obtenir d'une façon détournée, par l'élaboration de plans personnels.
Mais à la fin, les plans d'Hiranyakasipu furent complètement déjoués par le Seigneur Nrsimhadeva, et Il anéantit sans difficulté
ce grand démon. Le Seigneur, qui est à l'origine de la création, du maintien et de la destruction de ce monde matériel, possède une intelligence bien supérieure à tous les autres êtres, hommes et
devas (les habitants des planètes supérieures). Dieu est omniscient, omniprésent et tout-puissant, et Sa suprématie sur tous les êtres vivants est totale. En fait, Krishna n'a pas même besoin
d'intervenir personnellement pour tuer tel ou tel démon comme pour Hiranyakasipu. Simplement, à travers l'action de son énergie suprême du Temps tout-puissant, Krishna agit avec une
suprématie totale. Tel est Dieu, tel qu'Il se décrit Lui-même dans la Bhagavad-gita:
kālo 'smi
loka-kṣaya-kṛt
"Je suis le Temps, destructeurs des mondes..."
Ainsi, le Seigneur Nrsimhadeva tua Hiranyakasipu, en déjouant parfaitement et un à un, chacun de ses plans personnels:
Hiranyakasipu avait reçu de Brahma la bénédiction qu'il ne mourrait ni au sol ni dans les airs. Et c'est ainsi que, pour
tenir fidèlement la promesse de Brahma, Nrsimhadeva plaça le corps d'Hiranyakasipu sur Ses genoux, c'est-à-dire ni par terre ni dans les airs. Hiranyakasipu avait également reçu la bénédiction
qu'il ne mourrait ni le jour ni la nuit; pour demeurer fidèle à cette autre promesse de Brahma, le Seigneur tua Hiranyakasipu au crépuscule, qui se situe à la jonction du jour et de la nuit, mais
qui n'est vraiment ni l'un ni l'autre. Hiranyakasipu avait de même obtenu de Brahma la bénédiction, de ne périr par aucune arme ni aux mains de quiconque, mort ou vivant. Et encore une fois, pour
que la parole de Brahma soit observée, Sri Nrsimhadeva déchira le corps de l'asura avec Ses griffes, qui ne sont pas des armes, ni réellement une matière vivante ou morte. En effet, les griffes
peuvent être qualifiées de corps mort, mais en même temps, on peut dire qu'il existe une certaine vie en elles. Cela dit, tout en respectant les différentes bénédictions accordées à Hiranyakasipu
par Brahma, le Seigneur parvint paradoxalement, et sans aucun mal, à tuer l'illustre asura.
Tout comme avec Hiranyakasipu, le Seigneur Suprême peut contrecarrer sans difficulté chacun de nos plans concoctés dans le seul but d'obtenir le
bonheur en ce monde matériel. Il n'est pas interdit bien sûr d'être heureux en ce monde, mais la difficulté est que nous recherchons le bonheur indépendamment de Dieu. Le bonheur nous
revient de plein droit car notre nature constitutionnelle est ananda (pleine de félicité). Ainsi, si nous voulons de nouveau devenir heureux, nous devons approcher Dieu ou Krishna, et
rétablir notre relation avec Lui, à travers son service de dévotion. Il n'existe pas d'autres moyens. Bien que le processus soit assez simple il convient de faire attention, malgré
tout, de ne pas agir de façon arbitraire. Cela signifie qu'il faut, comme la Bhagavad-gita le souligne, rétablir notre relation avec Dieu à travers l'intermédiaire d'un maître spirituel
(voir BG
4.34). Il faut bien veiller à ce que ce maître spirituel soit authentique, un pur représentant de Dieu, tel Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada ou un maître spirituel
de sa lignée [tels que nous les retrouvons dans le Mouvement International pour la Conscience de Krishna par exemple (iskcon)].
Le maître spirituel nous enseignera comment satisfaire Krishna. Et c'est seulement ainsi, à travers le service de dévotion, que
nous serons en mesure d'accéder graduellement au véritable bonheur. Srila Prabhupada emploie souvent dans ses livres l'exemple de la main et de l'estomac. L'analogie est faite entre la position
de l'estomac dans le corps et celle de Dieu dans notre vie. Le corps entier, et ici la main, doit être au service de l'estomac s' il veut vivre heureux, se porter bien et jouir de l'existence. Si
la main décide qu'elle ne veut plus servir l'estomac mais préfère jouir des aliments directement, uniquement par elle-même, trés vite elle dépérira.
De la même façon, l'homme dans la civilisation d'aujourd'hui dépérit et court à sa perte car il est déconnecté du
service de dévotion (le service de l'estomac dans l'analogie ) offert à Krishna, Dieu, la Personne Suprême. Les hommes ne connaissent donc pas le bonheur et voient, au contraire leur situation se
déteriorer de jour en jour. La solution est pourtant simple, il n'est pas nécessaire de changer son occupation sociale et de devenir un moine renoncé. Il suffit simplement de chanter les Noms de
Dieu : Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare / Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare et l'on constatera trés vite des changements merveilleux dans sa vie.
Ensuite, après que le démon Hiranyakasipu fut anéanti par Nrsimhadeva, les dévas conduits par Brahma et Siva s'approchèrent du
Seigneur pour Lui offrirent leurs hommages et leurs prières. On peut retrouver le texte détaillé de ces belles prières dans le chapitre 8 à partir du verset 40 du 7ème chant du Srimad-Bhagavatam . Il y a, immédiatement après celles-ci, des
prières encore plus merveilleuses. Ce sont les prières qu'offrit
Sri Prahlada Maharaja au Seigneur Nrsimhadeva. Il est vivement recommandé de lire et relire les prières de Prahlada Maharaja offertes au Seigneur. Elles contiennent une saveur
particulière. Car Prahlada, de nature trés compassionnée, à travers ses prières, se met souvent à la place des âmes conditionnées que nous sommes, et intercède en quelque sorte en notre faveur,
auprès de Dieu (5) . Nous, qui souffrons sans fin à cause de l'ignorance qui recouvre nos coeurs et parce que nous récoltons le résultat de nos activités
coupables (karma) , puissions aussi, bénéficier de la miséricorde de Nrsimhadeva, le Seigneur Suprême.
Sri Prahlâda Maharaja prie:
"O Seigneur, cher Nrsimhadeva, je vois qu'en fait il existe de nombreuses personnes saintes, mais elles s'intéressent uniquement à leur propre délivrance. Sans se soucier des grandes villes et
cités, ces sages vont dans l'Himalaya ou dans la forêt pour y méditer en faisant voeu de silence (mauna-vrata). Délivrer les autres ne les
intéresse pas. Quant à moi, cependant, je ne désire pas être libéré seul, laissant derrière moi tous ces pauvres pécheurs sans intelligence. Je sais que, sans être conscient de Krsna, sans
chercher refuge à Tes pieds pareils-au-lotus, personne ne peut être heureux. Je souhaite donc les ramener à l'abri de Tes pieds pareils-au-lotus. " Srimad Bhagavatam
(7.9.44)
Sri Prahlada Maharaja ki jaya!
Sri Laksmi Nrsimhadeva ki jaya!
Srila Prabhupada ki jaya!
Gaura premananda hari hari bolo !
(1)Teneur et portée de
Srila Prabhupada: " La politique sous-entend que l'on considère certains hommes comme des amis et d'autres comme des ennemis. En politique, tout repose sur cette
conception, et le monde entier y est asservi, surtout à l'heure actuelle. C'est ainsi qu'on parle de nations et de groupements amis et ennemis, alors que, selon la Bhagavad-gita, l'érudit
n'établit aucune distinction entre amis et ennemis (voir BG 5.18). Les bhaktas, en particulier, ne créent pas de pareilles divisions. Le bhakta considère chaque être vivant comme une partie intégrante
de Krsna (mamaivamso jiva-bhutah). C'est pourquoi il traite amis et ennemis de la même manière, c'est-à-dire en s'efforçant d'instruire les uns comme les autres dans la conscience de Krsna. Bien
entendu, les athées ne suivent pas les instructions des purs bhaktas et considèrent plutôt le dévot du Seigneur comme leur ennemi. Cependant, ce n'est jamais le bhakta qui crée une situation
favorisant l'amitié ou l'inimitié. Bien que Prahlada Maharaja fût obligé d'entendre les instructions de Sanda et d'Amarka, il n'appréciait pas cette philosophie qui fait une distinction entre
amis et ennemis et qui est à la base de la politique. Ce genre de philosophie ne l'intéressait pas."
(2) Teneur et portée de Srila Prabhupada: "L'univers tout entier est attiré par un mode de vie matérialiste. De fait, on pourrait dire que 99,9 pour cent
de la population des trois mondes se désintéresse de la libération ou de l'éducation spirituelle. Seuls les dévots du Seigneur, à la tête desquels brillent d'aussi nobles personnalités que
Prahlada Maharaja et Narada Muni, s'intéressent réellement à la véritable éducation spirituelle. Nul ne peut saisir les principes de la religion s'il demeure au niveau matériel. Il est donc
nécessaire de s'inspirer de l'exemple des importantes personnalités dont nous venons de parler. Comme le déclare le Srimad-Bhagavatam (6.3.20):
svayambhur naradah sambhuh
kumarah kapilo manuh
prahlado janako bhismo
balir vaiyasakir vayam
Il faut marcher sur les traces de nobles personnalités comme Brahma, Narada, Siva, Kapila, Manu,
les Kumaras, Prahlada Maharaja, Bhisma, Janaka, Bali Maharaja, Sukadeva Gosvami et Yamaraja. Ceux qui sont attirés par la vie spirituelle devraient suivre l'exemple de Prahlada Maharaja et
rejeter toute instruction fondée sur la religion intéressée, la poursuite des richesses et la satisfaction des sens. C'est à l'éducation spirituelle qu'il faut s'intéresser. Pour cette raison, le
Mouvement pour la Conscience de Krsna se répand de par le monde en s'appuyant sur l'exemple de Prahlada Maharaja, qui n'appréciait aucune facette de l'éducation matérielle qu'il recevait de ses
maîtres. "
(3) Dans ce monde matériel, chacun croit qu'il a vaincu tous ses ennemis, sans comprendre que ses véritables
ennemis sont ses cinq sens et son mental qui échappent à son contrôle (manah sasthanindriyani prakrti-sthani karsati). Chacun, ici-bas, est devenu le serviteur de ses sens. A l'origine, l'être
vivant est un serviteur de Krsna, mais l'ignorance le lui fait oublier, si bien qu'il se retrouve au service de maya en cédant à ses désirs lascifs, à la colère, à la cupidité, à l'illusion, à la
folie et à la jalousie. En fait, tous les êtres dépendent des lois matérielles, mais l'âme conditionnée continue à se croire indépendante et à penser qu'elle a conquis toutes les directions.
Disons pour conclure que celui qui croit avoir de nombreux ennemis est un ignorant, car l'être conscient de Krsna sait qu'il n'a pas d'autres ennemis que ceux qui se trouvent en lui, c'est-à-dire
un mental et des sens qui échappent à son contrôle.
(4) Nombres d'hommes de science, philosophes, savants et politiciens rentrent dans cette catégorie. Beaucoup imaginent des moyens pour
conquérir les quatres formes de souffrance inhérentes à l'existence matérielle ( la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort) . Bien que tenus pour trés intelligents, tous ces éminentes
personnalités ne réalisent pas assez, combien la nature matérielle est puissante et invincible, combien elle est régie par des lois rigides et immuables. Qui dit lois, dit quelqu'un qui fait les
lois ou un législateur. Ce législateur suprême est Dieu, la Personne Suprême ,et Son intelligence dépasse de loin la leur. Ils s'imaginent échapper aux souffrances imposées par ces quatres
sources de souffrance par l'entremise de leurs seules capacités personnelles, intellectuelles, sensorielles et physiques, au travers d'expériences, de recherches et de travaux "scientifiques"
divers. Ils obtiennent certains résultats dans leur lutte face à ces quatres maux de l'existence mais il ne faut pas oublier pour autant que fondamentalement ils n'ont rien résolu et qu'ils ne pourront pas non plus dans le futur, malgré certaines promesses, vaincre les lois de la nature. Seule, la conscience de
Krishna permet de s'en affranchir complètement et définitivement.
(5) Dans les Caitanya-lilas, Sri Prahlada Maharaja est Vasudeva datta, qui pria le Seigneur Caitanya de recevoir tous les péchés du monde, afin que toutes
les âmes conditionnées puissent être libérées et qu'il aille en enfer à leur place (CC Madhya-Ch.15, v. 162-163).
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