Enseignements
de la Reine Kunti
(d'après les célèbres prières de la reine Kunti)
par Sa Divine Grâce
A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupāda
(traduction de Denis Bernier et Pierre Corbeil)
Premier Chapitre
LA PERSONNE ORIGINELLE
kunty uvāca
namasye puruṣaḿ tvādyam
īśvaraḿ prakṛteḥ param
alakṣyaḿ sarva-bhūtānām
antar bahir avasthitam
Srîmatî Kunti avait pleine conscience de ce que
Krishna, bien qu'Il jouât le rôle de son neveu, n'était autre que Dieu, la Personne Suprême, descendu en ce monde dans Sa Forme originelle. La femme si hautement éclairée qu'elle était n'aurait
pas pu commettre l'erreur de rendre son hommage à un simple neveu. Aussi s'adresse-t-elle au Seigneur non en tant que son neveu, mais selon Son identité de purusa originel, sis au-delà de la Création
matérielle. Les êtres distincts, eux aussi, sont de nature spirituelle, mais ni originels ni infaillibles comme le Seigneur. Au contraire de Lui, ils peuvent choir de leur position et se rendre
prisonniers des griffes de la Nature matérielle. C'est pourquoi les Védas décrivent le Seigneur comme suprême parmi tous les êtres, et aussi comme îsvara, dominant. Les êtres distincts possèdent eux aussi un certain pouvoir de
domination, ils sont également, dans une certaine mesure, des îsvaras; mais aucun d'entre eux - pas même chez les dévas comme Indra, Chandra, Sûrya, etc., - n'est l'îsvara suprême, le maître
absolu. Le Seigneur seul est ce paramesvara, ce maître absolu, en même temps que l' Âme Suprême, présente à la fois en chaque être et hors de chaque être.
Ainsi, bien que présent en face de Kunti en tant que son neveu, Sri Krishna Se trouvait également à l'intérieur d'elle, de même qu'en tous les autres êtres. Il enseigne d'ailleurs, dans la
Bhagavad-Gîtâ :
" Je Me tiens dans le cœur de chaque être, et de Moi viennent le souvenir, le savoir et l'oubli. Le but de tous les Védas est de Me connaître : en vérité, c'est
Moi qui ai composé le Védânta, et Je suis Celui qui connaît les Védas. "
(Bg
15.15a et 15.15b)
Dans le verset qui nous occupe, la reine Kunti affirme encore que bien qu'Il vive en chaque être, et, simultanément, hors de
chaque être, le Seigneur n'est pas visible à tous. Pour l'homme du commun, Il demeure donc une énigme. Ainsi, présent devant la reine Kunti, visible à ses yeux, Il n'en est pas moins
simultanément entré dans le sein d'Uttarâ pour sauver son enfant à naître du brahmâstra d'Asvatthâmâ. La reine Kunti elle-même, âme
réalisée, grande dévote du Seigneur, consciente de ces événements, ne peut que s'interroger sur la nature du Seigneur; est-Il omniprésent ou " localisé " ? En vérité, l'un et l'autre à la fois,
mais aucun de ceux qui refusent de s'abandonner à Lui ne peut Le voir. Il Se réserve en effet le droit de ne pas Se montrer à eux, et le voile qui obscurcit alors la vision, déjà limitée, de ces
âmes rebelles, a pour nom mâyâ, l'énergie d'illusion du Seigneur Suprême. Mais laissons le prochain verset nous éclairer davantage sur la question.
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