Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Mukunda Gosvami

Témoignages Personnels
sur

 

Sa Divine Grâce

A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda

 



Il était pour moi plus qu'un maître

 

par Mukunda Gosvami

 

 

 

 

Depuis le premier instant où je fis connaissance avec Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda, je compris qu'il était l'homme le plus extraordinaire que j'eusse rencontré. C'était à New York, durant l'été 1966.

Son visage et son vêtement safran rayonnant sous la faible lumière de son modeste appartement, il se tenaît assis en tailleur, le buste droit. Sa tête rasée, sa figure énergique et ses lunettes à monture de corne rougeâtre lui donnaient l'allure d'un moine qui a voué la plus grande partie de son existence à de longues études spirituelles. Les yeux clos, il chantait doucement une prière en sanskrit, tout simple. A intervalles réguliers, un petit auditoire se joignait à lui comme dans un dialogue. Fasciné, je m'assis discrètement à l'arrière, et essayai de participer au chant.

Puis le swami se mit à parler; il semblait s'inspirer d'un très gros livre en langue sanskrite ouvert devant lui. Après la conférence, quelqu'un me remit un feuillet imprimé en Inde qui montrait une photo du swami remettant trois de ses livres au Premier Ministre de l'Inde, M. Lal Bahadur Shastri qui, sur la légende, recommandait ces ouvrages à toutes les bibliothèques officielles et gouvernementales de l'Inde. "Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda accomplit une oeuvre remarquable, disait le Premier Ministre sur un autre feuillet, et ses écrits contribuent certainement au salut de l'humanité." J'achetai donc trois de ces livres. Après avoir parcouru les rabats de la jaquette, je commençai à réaliser que je venais de rencontrer l'un des plus importants guides spirituels de l'Inde.

Mais qu'est-ce qui avait bien pu le faire venir jusqu'ici ? Quelques jours plus tard, un après-midi, je revins lui rendre visite. Chaleureux et amical, Srila Prabhupada m'expliqua qu'il avait pris l'ordre du renoncement en 1959, en Inde, et qu'il n'avait pas le droit de gagner ou même de posséder de l'argent pour ses besoins personnels. Il avait obtenu, avec l'aide d'une vieille amie de la famille, un droit de passage gratuit sur un paquebot indien de la Scindia Steamship Compagny. Ainsi, au mois de septembre 1965, il avait quitté Bombay pour Boston avec pour toute fortune l'équivalent en roupies de trente-cinq francs, une malle pleine de livres et quelques vêtements. Son maître spirituel, Sa Divine Grâce Bhaktisiddhânta Sarasvati Thâkura, lui avait confié la mission de faire connaître à l'Occident les enseignements védiques de l'Inde. Voilà donc pourquoi il était venu en Amérique, à l'âge de soixante-neuf ans. J'étais un peu étonné.

Srila Prabhupada lavait lui-même ses vêtements et cuisinait ses propres repas. Il passait la majeure partie de son temps à dactylographier ce qui devait être la suite des trois volumes que j'avais déjà achetès. Il s'agissait du Srimad- Bhâgavatam, une véritable encyclopédie de la vie spirituelle, qu'il projetait de publier en soixante volumes.

Quelques semaines plus tard, en juillet 1966, j'eus le bonheur d'aider Srila Prabhupada à emménager dans un nouveau local, sur la Deuxième Avenue. Les conférences et les chants s'y poursuivirent donc et en moins de deux semaines, le cercle toujours grandissant des intéressés prit en charge les frais de ce nouveau temple. Dans son nouveau local, Srila Prabhupada enseignait le chant, la philosophie védique, la musique, la méditation sur le japa, les beaux-arts et la cuisine. Au début, c'est lui qui cuisinait - il enseignait toujours par l'exemple; il en résultait les mets végétariens les plus succulents que j'avais jamais savourés. Un membre de l'Organisation de la Paix, qui s'adonnait à l'étude de la langue chinoise, apprenait de Srila Prabhupada l'art de peindre selon le style indien classique et je fus saisi par la finesse de ses premières toiles.
 

Srila Prabhupada était inlassable et invincible lors des débats philosophiques ou logiques. Il interrompait son travail de traduction pour se plonger dans de longues discussions qui duraient parfois plus de huit heures. Et il n'était pas rare qu'en de telles occasions, plus d'une quinzaine de personnes viennent s'entasser dans sa minuscule chambre où régnait toujours la plus grande propreté. Par son exemple, Srila Prabhupada a toujours souligné l'importance de ce qu'il appelait "une vie simple et vouée à de hautes pensées".

Il fit paraître une revue mensuelle et, en automne 1966, le New York Times publia un article très favorable sur Srila Prabhupada et ses disciples. Peu après, la télévision vint à son tour réaliser un court métrage. Srila Prabhupada fascinait tous ceux qui le rencontraient.

Les projets qu'il formait en vue de répandre son message ne manquaient pas d'audace et surprenaient parfois, mais il reste que toujours ils se réalisèrent de façon merveilleuse. Seul, âgé de soixante-dix ans, étranger en Amérique et sans possessions, il avait malgré tout lancé un Mouvement en moins de quelques mois ! C'était plutôt stupéfiant.

Vers la fin de 1966, Srila Prabhupada accordait l'initiation spirituelle à ses premiers disciples. Il prit soin de préciser dès le départ qu'ils ne devaient pas le prendre pour Dieu. Il adressa ensuite une critique sévère aux prétendus gurus qui se laissent adorer par leurs disciples comme s'ils étaient eux-mêmes Dieu.

Au coeur des années soixante-dix, les travaux de traduction et de publication de Srila Prabhupada s'intensifièrent considérablement. De nombreux érudits firent pleuvoir leurs appréciations des quatre coins du globe, et pratiquement tous les collèges et universités du monde firent des livres de Srila Prabhupada des ouvages de référence.Quelques quatre-vingt volumes furent ainsi publiés, lesquels sont pratiquement traduits par ses disciples en plus de vingt-cinq langues, et distribués à près de quatre vingt millions d'exemplaires. Srila Prabhupada établit cent huit temples autour du globe, initia quelques dix mille disciples et attira à la conscience de Krishna plus d'un million de sympathisants. Agé de quatre-ving-un ans, Srila Prabhupada écrivit jusqu'à ses derniers jours sur terre.

Srila Prabhupada n'avait rien d'un simple érudit venant d'Orient, d'un simple guru, mystique, ou professeur de yoga. Il était la personnification même de toute une culture qu'il a su implanter en Occident. Pour moi-même, et pour beaucoup d'autres, il était d'abord et avant tout un homme qui se souciait véritablement du bien-être de tous, au point de sacrifier le sien propre. Il fut pour moi plus qu'un maître; il était à la fois un père et un ami des plus chers.

"Je ne mourrai jamais, nous dit un jour Srila Prabhupada, je vivrai éternellement à travers mes livres". Il quitta ce monde le 14 novembre 1977, mais il vit certes à tout jamais.

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Kogulan 30/03/2011 21:08



Hare Krsna 


Elle est maginifique Mr Jagadananda Das ce témoignage 


J'aime beaucoup 



Simon 01/09/2008 16:39

Haribol, merci Jagad d'avoir ajouté ce témoignage.J'aurais aimé rencontrer Prabhupada. Je crois que toutes les personnes qui ont eu la chance de le voir, l'entendre, lui parler, ne s'en sont jamais "remis"..!Parfois je l'imagine etj'ai l'impression d'avoir vécu cette rencontre. Je ne m'en serais jamais remis.Il est notre guru à tous, il a accomplit quelquechose d'extraordinaire. Merci à lui.Que tous profitent de ce cadeau!Hare Krsna.

Jagad 01/09/2008 17:28



Merci mon cher Simon,


Ton commentaire sur Prabhupada est trés touchant. C'est vrai que rencontrer Prabhupada c'était quelque chose car
il portait Krishna, Dieu la Personne Suprême, en lui et sous Sa forme la plus miséricordieuse celle du Seigneur Chaitanya....  "J'ai
l'impression d'avoir vécu cette rencontre.." cette impression que tu dis avoir, beaucoup l'on exprimé aussi. C'est la preuve que la dimension spirituelle de Srila Prabhupada est vraiment
exceptionnelle. Encore aujourd'hui, en lisant Ses livres, et ce qu'il a dit, beaucoup témoignent qu'ils ont le sentiment de le contacter intimement. C'est encore du au fait que Prabhupada nous
donne accés à Krishna, l'ami le plus intime de chacun (suhridam sarva-bhûtânâm; BG 5.29) . Sa foi en Krishna est comme le Mont Everest,majestueuse et colossale . Il transmet Krishna purement et directement, le rôle le
plus excellent d'un maître spirituel authentique. Toutes gloires à Srila Prabhupâda !
                       Jagad