Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Hari Mohan

 Chef   Seatle    et Mère    Terre  

 

            
            Par Hari Mohan dasa

 

 


  Deuxième Partie : 
 




Faillite d'une société impersonnelle


        
 Face à la myriade de crises environmentales du monde d'aujourd'hui,  cette réponse angoissée du sage chef Seatle est lourde de sens et devrait nous amener à réfléchir. Elle nous amène naturellement à nous poser des questions cruciales : "Comment en sommes -nous arrivés là? Quelles en sont les causes? Comment améliorer la situation? Que pouvons nous faire? "


Le chef sage s’adressait à la terre en termes personnels: il l’appelle sa Mère, il appelle le ciel son Père, et il s’adresse aux bêtes comme à des frères. Cette conception personnelle  de la terre et de ses habitants n’était pas limitée  aux seuls Indiens d’ Amérique du Nord. En fait, elle  apparaît dans presque toutes les anciennes cultures. Dans le Srimad-Bhagavatam, un ancien texte sacré de l’Inde, il est mentionné que la terre, que l’on appelle Bhumi Devi, est une de nos mères naturelles (parce qu’elle assure notre subsistance) et de même que toutes les autres planètes, elle a sa propre personnalité.


Jugée primitive et superstitieuse,  cette approche personnalisée de la nature fut ridiculisée par les colonisateurs Britanniques. On peut sans mal imaginer le Président Pierce dire: « Dites donc, vous voyez un bison comme mon frère? »

 
Cent cinquante ans avant que le sage chef n’écrive sa réponse, un événement se produisit en Angleterre qui marqua le début d'une ère tragique pour les tribus indiennes d' Amérique. Cet événement, considéré en Occident comme le début d’une grande ère nouvelle, était l’invention du moteur à vapeur, et le début de la Révolution Industrielle. Et ce ne fut pas seulement les Indiens d’Amérique qui en souffrirent. En Angleterre aussi, les pauvres fermiers émigrèrent dans les cités ouvrières des villes congestionnées pour travailler dans des usines sombres et éreintantes. Et ce phénomène continue à se produire aujourd’hui dans des pays en voie de développement tels, par exemple que le Brésil et l’Inde.

L’attitude de l’âge de la technologie (l'âge de Kali) envers la Terre est complètement différente. Les technologistes modernes ne concoivent  la terre qu'en termes d’unités de matière brute, les animaux qu'en termes de kilos de viande, et  la population même, qu'en terme de  main d’œuvre et de ressource humaine. Cette approche repose fondamentalement sur le fait d'évaluer les personnes, les animaux et les êtres vivants dans leur ensemble, qu'en terme de ressources économiques,  dépourvues de réelle valeur personnelle. Une fois les êtres vivants réduits à de simples unités de mesure marchande, des prix, des  numéros,  ils deviennent d’autant plus faciles à manipuler et à exploiter.

 
Le monde technologique d'aujourd'hui a une perception purement comptable, froide et insensible des êtres vivants qu'il exploite. Ainsi, une vache ou un veau sont, par nature, des animaux attachants que toute personne normale souhaite, quand il les approche, toucher, caresser et nourrir. Mais, avec la perception purement comptable des exploitants agricoles et divers technologues du monde moderne, une vache devient 300 kilos de viande, multipliés par une marge de profit de 3 euros (par exemple) ce qui équivaut à un profit de 900 euros. Un être vivant sensible avec ses pensées et ses sentiments est transformé en un vulgaire produit marchand qui servira, on l'espère, à grossir le compte en banque de l'exploitant, du grossiste , des grandes surfaces, etc...Et dans tout cela il n'y a pas eu  besoin de se soucier de données encombrantes telles que les pensées ou les sentiments; on a  tout simplement manipuler  des euros, des kilos, etc.. Cette attitude terriblement réductrice, qui consiste à considérer  les êtres vivants comme de simples produits marchands, s'appelle l'impersonnalisme.

Srila Prabhupada, le fondateur et maître spirituel du Mouvement Hare Krishna, qui emmena les enseignements des Vedas en Occident, nous donne, à travers l 'enseignement qu'ils contiennent, la formule pour créer une société plus saine. Une société digne de ce nom, où les intérêts d'une nation ne sont plus perçus simplement en termes mercantiles. Lors d'une conversation avec un représentant des Nations Unies, Srila Prabhupâda affirma  qu'un gouvernement qui ne conçoit pas l'idéal de ses citoyens autrement qu'en termes mercantiles est pratiquement le pire qui puisse exister.

Quelle est donc alors la formule pour établir une société saine? Les Védas enseignent que la société humaine idéale -  appelée varnashrama dharma -,  est naturellement composée de quatre ordres spirituels: 1-les brahmacaris; étudiants célibataires, 2 -les grihasthas; les personnes mariées, 3 - les vanaprasthas; les personnes retirées de la vie familiale, 4 - les sannyasis; ceux qui ont pris l'ordre du renoncement,
 et de quatre divisions sociales: 1- les brahmanas; les intellectuels, 2 - les kshatriyas; les administrateurs, - les vaishyas; les commerçants, et 4 - les shudras; les travailleurs manuels.


On parle de gouvernement idéal quand ce dernier est administré par des kshatriyas (administrateurs) qui gouvernent sous la directive de brahmanas (intellectuels et spiritualistes). Le problème à l'heure actuelle est que les vaisyas ( à la tête d'empires financiers, banques, multinationales ) possèdent un pouvoir et une influence excessive. A la lumière de la connaissance védique on peut comprendre la raison pour laquelle la civilisation occidentale se retrouve actuellement dans une situation si oppressante pour ses citoyens. C'est qu'elle est, à la base, une société dénaturée, fondée sur des idéaux érronés, d'ordre essentiellement mercantiles. Privée des directives de brahmanas sobres, désintéressés et érudits (possédant la connaissance des Ecritures védiques et des acharyas), et de celles de ksatriyas (administrateurs) justes et honnêtes, il n'est pas étonnant que la situation de la société soit aussi déplorable.  


Cependant, la solution ne consiste pas seulement à changer une société dans son organisation. Cela constitue seulement un aspect du problème. L'autre aspect consiste à changer la conscience de chaque individu. La maladie de l'impersonnalisme a frappé si profondément la vie de chacun d'entre nous que sans un changement de conscience individuelle, la solution demeurera incomplète. Et ce changement le plus important dans la  conscience individuelle consiste à  abandonner l'impersonnalisme et à accepter l'alternative positive du personnalisme.


Le personnalisme signifie que, loin d'être un vulgaire objet dépourvu de tout sentiment chaque être vivant est unique, avec sa propre personnalité. Plutôt que l'atome ou la molécule, l'unité fondamentale de la matière, la personnalité est l'unité de base irréductible de la vie. Autrement dit, l'identité des êtres vivants ne sauraient être réduite simplement à leurs enveloppes corporelles externes constituées elles, de matière inerte. C'est ce que les religions appellent l'âme; l'âtma dans la Bhagavad-gita.

Le fait de croire en la personnalité a aussi comme implication naturelle de croire en une Personnalité Suprême. Chef Seatle reconnaît ce fait quand il parle de Dieu comme étant le même Dieu, à la fois pour l'Indien et pour le Blanc en tant que Créateur commun. Les Ecritures védiques s'accordent aussi sur ce point. Le fait d'accepter un univers remplis de personnalités nous amène à accepter qu'il existe inévitablement une origine à toutes ces personnes : la Personne Suprême. La  Bhagavad-gita, joyau par excellence de la  littérature védique, explique en détail combien il est nécessaire pour chaque individu d'accepter la Personne Suprême.

Quand elle accepte Krishna ou Dieu comme la Personne Suprême, alors tous les actes d'une personne visent la satisfaction de Dieu. Si cette motivation est absente, il est naturel de limiter alors cette satisfaction à son petit soi personnel, d'une façon égocentrique et destructive. Sans Dieu au centre,  ce monde d'avidité, de recherche de plaisir des sens ne cessera alors de courir à sa perte. Comme on nourrit un arbre entier en arrosant sa racine, tout l'arbre de la vie est nourri en reconnaissant d'abord la racine de toute vie, Krishna, Dieu la Personne Suprême. C'est à ce moment là seulement que nous serons capables de voir que la Terre est notre mère et que les animaux sont nos frères. La lutte primordiale contre l'avidité de l'homme , qui est source d'exploitation et de destruction, peut être remportée seulement quand nous mettons Dieu ou Krishna au centre, au lieu de nous même, et qu'ainsi, nous accomplissons toutes nos actions comme une offrande à Krishna. Tel est le message de la Bhagavad-gita [BG 9.27]

Pratiquement parlant, il est trés difficile de trouver une société aussi saine et des dévots aussi purs dans le monde d'aujourd'hui. Cependant, la Mouvement International pour la Conscience de Krishna (l'ISKCON) essaie, par ses communautés rurales, d'établir une société basée sur le varnashrama où Bhumi devi est respectée et les animaux ne sont pas abattus pour le seul plaisir de notre langue. Et cela s'accomplit par le processus de l'association des dévots, donnant ainsi l'opportunité à tous de progresser dans la vie spirituelle et de devenir établis dans l'amour de Dieu. Srila Prabhupada a dit que l'histoire retiendra dans ses pages que ce mouvement est apparu sur cette planète, à ce moment critique, pour sauver la civilisation humaine et tout ce qui s'y rattache, de l'auto destruction . 

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Nrsimhananda das 10/08/2007 09:30

Haribol tous le monde!J'ai lu ce très beau plaidoyer pour la nature . Apparement les Indiens étaient vertueux . Mais il faut bien que l'âge de Kali s'installe. A quoi sert de se lamenter quand les feuilles tombent en hiver? Cela fait partie d'un cycle que nous ne contrôlons pas.Tout n'est pas noir dans cet âge, car le mouvement du Seigneur Caitanya se répand. Plus l'âge de Kali avance ,moins on se sent à l'aise dans ce monde et plus les gens vont rechercher une alternative spirituelle. Vivre dans un jolie environnement naturel ne donne pas envie de s'en aller ailleur ni de prendre refuge dans les Saints Noms sérieusement. Donc l'âge de Kali et cette civilisation destructrice Ki Jay! Il y a dèjà eu des milliers de civilisations similaires dans le passé et la nature s'en est toujours sortie vainqueur . Après le Kali yuga viendra un autre Satya yuga. Profitons en pour retourner chez nous ,au monde spirituel où il fait éternellement beau et où la nature est éternellement merveilleuse.