Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Yogesvara

Devenir un dévot de Krishna (1/2)



             Par Yogeśvara dasa

 

Sous le nom de Conscience de Krishna, il faut reconnaître cette science que les Textes védiques de l'Inde décrivent sous le nom de bhakti-yoga.

Le mot sanskrit yoga signifie "lien avec l'Absolu", et bhakti, "par le service". Les Vedas décrivent de nombreuses formes de yoga, qui toutes permettent une élévation à la fois matérielle et spirituelle de l'être. Les diverses méthodes de yoga sont comparées aux barreaux successifs d'une échelle, chacun donnant accès à une réalisation plus profonde de la vérité.

Le karma-yoga (l'acte de sacrifier les fruits de son travail) mène au jñāna-yoga (la connaissance par quoi l'on distingue le matériel du spirituel). Le jñāna-yoga conduit au hatha-yoga, méthode d'abord physique, et qui devient, à un niveau supérieur, l'astānga-yoga (la méditation et le développement de pouvoirs surnaturels). Mais de toutes les méthodes de yoga, le bhakti-yoga constitue le stade final, ce que corroborent les Ecritures:   
 

yoginām api sarveṣām
mad-gatenāntar-ātmanā
śraddhāvān bhajate yo mām
sa me yuktatamo mataḥ

 

"Et de tous les yogis, celui qui, avec une foi totale, demeure toujours en Moi et M'adorent en Me servant avec amour, celui-là est le plus grand, et M'est le plus intimement lié."
                                       ( BG 6.47)

Nombres de gens s'adonnent à l'une des diverses formes de yoga, celles, le plus souvent, qui comportent l'entrainement à des postures physiques et des exercices respiratoires. Mais les pratiques et les règles authentiques par lesquels on pravient à l'exécution correcte de ces yogas sont si rigoureuses et difficiles qu'elles mettent ces derniers hors de la portée de l'homme moderne. Arjuna lui-même, le grand héros de la Bhagavad-gita, rejeta ces pratiques de yoga, qu'il jugeait impraticables. Aussi les derniers enseignements de Sri Krishna dans la Bhagavad-gita insistent-ils sur la bhakti et sur l'abandon, pour elle, de toute autre forme de réalisation spirituelle:

sarva-dharmān parityajya
mām ekamm śaraṇam vraja
ahaḿ tvāḿ sarva-pāpebhyo
mokṣayiṣyāmi mā śucaḥ

 

"Laisse là toute forme de religion et abandonne-toi simplement à Moi. Toutes les suites de tes fautes, Je t'en affranchirai. N'aie nulle crainte. "
                                            (BG 18.66


Le procédé sublime, quoique simple, du bhakti-yoga fut mis en oeuvre, et son efficacité démontrée, par l'avatâra Sri Chaitanya Mahâprabhu, apparu au Bengale voilà cinq cents ans. A des époques et en des circonstances différentes, le Seigneur Suprême apparaît dans l'Univers matériel, en Personne ou sous la forme de divers avatâras, pour révéler les traits de Sa nature spirituelle que les hommes de ces époques particulières, ayant donc des qualités particulières, peuvent saisir; Il leur livre alors un enseignement destiné à les élever jusqu'à la conscience de Dieu et la réalisation de leur identité spirituelle.

 L'apparition de Sri Chaitanya Mahâprabhu fut prédite dans le Srimad-Bhagavatam. Texte védique ancien de plus de 5000 ans. Sri Chaitanya introduisit le sankirtana, le chant du maha-mantra: Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna, Krishna, Hare Hare / Hare Râma, Hare Râma, Râma, Râma, Hare Hare, comme pratique fondamentale du bhakti-yoga. Il demanda également à Ses disciples d'écrire des livres élaborant la science du bhakti-yoga. Les enseignements contenus dans ces livres s'appuient entièrement sur les Ecrits védiques, et confèrent par là au Mouvement pour la Conscience de Krishna un caractère authentique. Chacun peut donc tirer profit de l'existence de ce Mouvement pour faire l'expérience d'un progrès pratique sur le sentier de la réalisation spirituelle.

 

APPRENDRE A CONNAITRE KRISHNA

 
Ecouter les gloires du Seigneur (sravanam...Visnu) constitue le premier pas dans la réalisation spirituelle. Voilà pourquoi la Conscience de Krishna commence par la visite à l'un des nombreux Temples du Mouvement International pour la Conscience de Krishna (l' ISKCON), où l'on peut suivre, en leur prêtant son attention, les classes données par les bhaktas sur la Bhagavad-gita, le Srimad-Bhagavatam et autres écrits védiques. Aucune qualification préalable n'est requise. Notre maître-spirituel-fondateur, Srila Prabhupada, a d'autre part institué dans tous les centres du Mouvement des programmes spirituels du dimanche, pour que chacun, sans qu'il soit tenu compte de son degré d'élévation en matière de yoga ou de savoir, puisse tirer avantage de la compagnie des bhaktas, écouter leurs paroles, et donc apprendre à connaître Krishna.


De tous les sens utilisés pour accéder au savoir, les Vedas décrivent l'ouïe comme le plus efficace. Réduits à nos seuls efforts maladroits, jamais nous ne parviendrons à l'éclairement spirituel, mais si nous écoutons d'une oreille soumise des propos venus d'une source qualifiée, touchant à notre juste situation, c'est-à-dire, en relation avec Krishna, nous pourrons alors éveiller notre conscience spirituelle assoupie, notre conscience de Krishna. Sous l'influence de la nature matérielle, l'être oublie sa relation éternelle avec Krishna. Mais l'oubli se dissipe dans le śravanam, l'audition des gloires du Seigneur. 


Néammoins, écouter ne suffit pas; il faut encore que ce qu'on écoute soit énoncé par un maître authentique. Lorsque, par exemple, un bhakta du Mouvement parle en public, soit dans une université, soit au Temple lors de la réception dominicale, il prend toujours bien garde de ne prononcer aucune parole qui ne vienne de notre maître-spirituel-fondateur, Srila Prabhupada. Les élucubrations de chacun sur la nature de Dieu, de la Vérité Absolue, ne sauraient présenter le moindre intérêt, mais toute information provenant, à travers une succession disciplique ininterrompue, des lèvres mêmes du Seigneur sera bien entendu un recours indispensable pour l'être qui aspire à la perfection spirituelle. Et Srila Prabhupâda lui-même nous rappelle constamment que ce qu'il nous enseigne ne diffère en rein de ce qu'il a appris de son propre maître spirituel. Srila Bhaktisiddhanta Sarasvati Thakura. Cette façon d'enseigner, le maître transmettant au disciple un savoir inaltéré, on l'appelle parampara, mot qui désigne également cette chaîne même des maîtres par qui le savoir est transmis. Que la parampara soit efficace, un fait le prouve: plus de six cent traductions de la Bhagavad-gita étaient déjà connues en Occident avant que Srila Prabhupada n'en donne une présentation conforme à la parampara, et aucune de ces six cents traductions n'avait conduit le lecteur à devenir un dévot de Krishna, pour la simple raison que les enseignements de Krishna s'y trouvaient non transmis, mais interprétés par les traducteurs. Au contraire, depuis que la Bhagavad-gita telle qu'elle est a été publiée, il y a une quarantaine d'années maintenant des milliers d'hommes ont reçu le message de la Conscience de Krishna et senti leur existence changer; ce phénomène ne peut tenir qu'à la pureté de la présentation qu'en a faite Srila Prabhupada. Nul désir de gloire personnelle n'habite le pur dévot de Krishna. Aussi, les explications qu'il donne du message de Sri Krishna ne sont teintées d'aucune interprétation spéculative.

 

LE CHANT DU MANTRA HARE KRISHNA

 

Entendre les gloires du Seigneur Suprême (sravana) conduit à les chanter (kirtana). Dans les âges précédents, où la durée de la vie était beaucoup plus longue, et la concentration à son plus haut points, le yoga physique et la méditation dans des lieux saints et retirés étaient les moyens recommandés pour parvenir à la réalisation spirituelle. Mais les temps modernes et l'orientation technologique, industrielle, de l'organisation sociale enlèvent à la masse des hommes une telle possibilité. Il serait déraisonnable d'attendre d'un père de famille qu'il abandonne son emploi et ses responsabilités pour se consacrer à la vie austère des yogis. Pour notre âge, les Vedas recommandent donc le chant des Saints Noms du Seigneur:


harer nāma harer nāma
harer nāmaiva kevalam
kalau nāsty eva nāsty eva
nāsty eva gatir anyathā

 

"Chante les saints noms, chante les saints noms, chante les saints noms du Seigneur. En cet âge de querelle et d'hypocrisie, l'âge de Kali, pas d'autre moyen, pas d'autre moyen, pas d'autre moyen d'atteindre la perfection spirituelle." 
                  (Bṛhan-nāradīya Purāṇa)



Le chant de Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare / Hare Râma, Hare Râma, Râma Râma, Hare Hare est un agent spirituel de purification, car Dieu et Son Nom ne diffèrent pas l'Un de l'autre. Quand nous parlons, les mots en eux-mêmes n'ont pas de substance; ils servent seulement à véhiculer des significations. Mais au niveau spirituel, il n'existe nulle distinction entre le nom et ce qu'il désigne; la vibration sonore qu'est le mantra Hare Krishna possède donc le pouvoir de purifier celui qui l'entend. La pratique du chant, de la récitation du maha-mantra, est un exercice simple; il peut s'accomplir en tous lieux, en toutes circonstances, et même un néophyte peut en éprouver les effets immédiats: le mantra délivre celui qui le prononce des anxiétés matérielles. La maîtrise du mental et des sens qui s'obstenait dans les âges précédents par l'abandon de toute activité, ainsi que par une vie d'ascèse sévère, se trouve aisément , en notre ère, à la portée de qui simplement chante ou récite le maha-mantra. Le chant peut être exécuté de deux manières: soit comme méditation personnelle, appelée japa, soit dans un acte collectif. Quand le chant est collectif et effectué dans le temple entre bhaktas, il est appelé kirtana, et quand il est pratiqué dans les rues pour le profit de tous, il est appelé sankirtana. La méditation du japa consiste à répéter le maha-mantra sur un chapelet de 108 grains, chacun séparé de l'autre par un noeud. Un grain supplémentaire, plus gros que les autres, sert de point de départ. Il ne faut pas réciter le mantra sur ce grain mais en partant du grain voisin. Le bhakta tourne chaque grain entre son pouce et son majeur en récitant le mantra de 16 mots: Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare / Hare Râma, Hare Râma, Râma Râma, Hare Hare. Après chaque récitation du mantra, on passe au grain suivant et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ait chanté sur les 108 grains. Puis, quand on a rejoint le grain majeur, on repart dans le sens opposé. Un disciple initié, ou celui qui aspire à l'être, chante ainsi 16 tours de chapelet chaque jour. Un tour ne prend en général pas plus de 6 à 7 minutes, ce qui représente environ une heure et demie à deux heures de japa par jour.


Le sankirtana, chant collectif et public des sains noms de Dieu, fut d'abord introduit par Sri Chaitanya Mahaprabhu, qui montra, par Son exemple que le plus grand bienfait que l'on puisse prodiguer à l'humanité est de faire entendre et chanter à tous les saints noms. Les kirtanas, dans les temples de Krishna, ainsi que les sankirtanas, accomplis en public dans les rues des villes et des villages du monde entier, sont tous deux vivifiants, et débordent de puissance spirituelle. Alors que la méditation du japa n'engage que la langue et les oreilles, le sankirtana, lui, possède également l'avantage d'impliquer le corps dans la danse, qui naît tout naturellement du chant. Le principe de base de la Conscience de Krishna réside dans le chant régulier du mantra Hare Krishna. On peut, au début, y consacrer un certain temps chaque jour, temps que l'on élargira dès que l'on s'en sentira capable. Si l'on ne peut réciter quotidiennement que trois tours sur notre chapelet, mieux vaut s'en tenir là plutôt qu'artificiellement parvenir à dix, sans être capable de maintenir ce rythme le lendemain. Progressivement, à force de réciter, de chanter et d'entendre régulièrement le maha-mantra, on développera naturellement le désir d'adopter les autres principes et pratiques du bhakti-yoga.
 

LES PREMIERS HEURES DU JOUR DANS LE TEMPLE


A la racine de toute souffrance en ce monde se trouve la souillure qui recouvre notre conscience originelle, notre conscience de Krishna. Le bhakta prend donc soin de se garder "propre", tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Pour sa pureté intérieure, aussitôt levé, il prononce les saints noms du Seigneur et veille, par le bain, à la propreté du corps. La Bhagavad-gita enseigne d'autre part qu'on ne peut devenir un yogi si l'on mange et dort trop ou pas assez. Les Vedas recommandent une moyenne de six heures de sommeil pour ceux qui aspirent à la vie spirituelle (1). Un bhakta élevé peut maintenir son mental fixé sur Krishna même dans le sommeil. Le jour, grâce à un service régulier offert à Krishna, et au fait qu'il s'entretient sans cesse de la nature absolue du Seigneur ou de Ses divertissements, l'étudiant garde toujours présent à l'esprit le but du bhakti-yoga. Le souvenir (smarana) est un troisième moyen de réaliser Krishna, et donc un autre principe de base de la Conscience de Krishna. Mais la nuit venue, le néophyte perd les rênes, et son mental peut librement manifester sa tendance à vagabonder ça et là. Aussi, pour en assurer de nouveau la maîtrise, dès qu'il se lève, le disciple récite des prières invoquant la protection du maître spirituel, et chante le maha-mantra.


Pour celui qui souhaite progresser sur la voie de la réalisatioin spirituelle, les heures qui précèdent le lever du soleil, et qu'on désigne sous le nom de brahma-muhûrta, sont particulièrement propices. La Bhagavad-gita explique que l'heure de l'éveil pour les matérialistes est la nuit pour le sage, que la nuit pour les êtres attachés à la matière est l'heure de l'éveil pour les sages recueillis. Les dévots de Krishna se lèvent chaque jour à 3h30 et se préparent alors pour la cérémonie du mangala-ârati. Le mangala-ârati est la glorification matinale des Murtisdans le temple; on offre alors au Seigneur de l'encens, des fleurs, ainsi que de délicieuses sucreries faites à partir de lait. Quand on habite hors du temple, sans avoir le loisir de s'y rendre tôt le matin, on peut encore se lever avant le jour et méditer devant un simple autel, appelé Guru-Gauranga, et qui se compose d'une photographie du  maître-sprirituel-fondateur, Srila Prabhupada et d'une image du pancha-tattva, du Seigneur en tant que Sri Chaitanya Mahaprabhu entouré de ses principaux compagnons. Que ce sot devant l'autel Guru-Gauranga ou devant l'autrel plus complet du temple, de telles cérémonies, à cette heure particulièrement paisible du jour, que viennent emplir les douces mélodies des prières de l'ârati et la vision satisfaisante de la Murti, ou de Sri Chaitanya, éveillent chez le bhakta néophyte la conscience de son lien avec Krishna, conscience plus difficile à réaliser aux autres heures du jour.


                      SUITE:  Devenir un dévot de Krishna (2/2)

 

(1) (nde) En ce qui concerne le sommeil, dormir trop comme ne pas dormir assez n'est pas recommandable , cette prescription de six heures ne demeure qu'une indication qui peut varier selon l'activité et les besoins de chacun. Manquer de sommeil peut être tout aussi dommageable à sa vie spirituelle qu'en abuser. De plus pour un japa de bonne qualité il faut assurément s'être bien reposé; ni trop, ni trop peu (Bhagavad-gita 6.16).

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