Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Jagadananda das

L'extase de servir Krishna (8/9)
Retrouver sa position originelle de serviteur de Dieu






 HUITIEME CHAPITRE


   

 Plaisir spirituel et plaisir matériel  

                      

                                         
                                              Résumé des chapitres précédents: 


Le
chapitre un posait la question de savoir si nous étions plutôt maître ou serviteur de nature. La réponse suivante était donnée: par nature, nous sommes faits pour servir et cette tendance naturelle doit, pour être pleinement satisfaisante être dédiée à Dieu, la Personne Suprême. Dans le deuxième chapitre intitulé " Servir Krishna ou servir ses sens?", on expliquait que si l'on refusait de dédier cette propensité naturelle à servir, à Dieu, alors il nous faudrait tout de même servir mais cette fois, son énergie matérielle appelée l'énergie d'illusion ou mâyâ. La façon dont cette énergie d'illusion agit est qu'elle nous amène à se croire faussement indépendant de Dieu et heureux sans Lui. Son action prend deux formes: elle recouvre l'intelligence de l'être et elle le tire vers le bas, le dégrade de plus en plus. Dans le troisième chapitre intitulé "Le service de mâyâ et ses conséquences", développe le deuxième chapitre,et décrit les conséquences d'une attitude séparatiste vis-à-vis de Dieu et de Son service - le bhakti-yoga-. Ce rejet nous entraîne à devenir l'esclave de nos sens - et est abordé la question des effets déplorables d'une trop grande libéralisation sexuelle -, et à tomber sous la rigueur du karma et de la réincarnation. Le quatrième chapitre intitulé "La rigueur du karma et de la réincarnation", développait plus avant le thème du karma et de la réincarnation. Comment ils se définissent et comment ils agissent. Le cinquième chapitre  intitulé "Comme tombé dans l'océan" à travers l'utilisation de métaphores sur l'océan, et dans le prolongement du thème du karma et de la réincarnation, rend compte de la situation malaisée de l'être tombé dans l'océan de l'existence matérielle. Dans le sixième chapitre intitulé "Naître c'est souffrir"  nous avons vu  plus concrètement encore comment les chaînes du karma et de la réincarnation tiennent l'âme incarnée captive et l'amène à souffrir à travers toute son existence. L'être incarné est donc confronté au sein du monde matériel, à maintes souffrances et situations pénibles et malgré tout, dans son ignorance, il se croît heureux.
 Le septième chapitre intitulé "Servir Dieu, quintessence de la religion" expliquait la raison pour laquelle alors que dans une série intitulé "L'extase de servir Krishna", les sujets du service de dévotion offert à Krishna (le bhakti-yoga), ainsi que le plaisir qu'il suscite, n'aient pas été abordés plus directement: la connaissance et le détachement doivent être cultivés avant de pouvoir comprendre le service de dévotion. La réelle signification de la religion (dharma) est abordée. Ce huitième chapitre abordera le thème du plaisir de servir Dieu. Il explique l'origine  d'un tel plaisir absolu. Celui-ci transcende les trois niveaux matériels : sensoriel, mental et intellectuel. Cependant, pour atteindre à la plénitude parfaite, il ne faut pas tomber dans le travers trés fréquent d'une conception impersonnelle de Dieu .  Réalisant  Dieu, en tant que Personne,- la Personne Suprême -,  il faut s'engager sans tarder sur la voie qui consiste à raviver sa relation originelle avec Dieu, Krishna,  la Personne Suprême, la Source de l'amour et de la félicité. 

 



Le pur dévot ressent une grande félicité à servir le Seigneur. Cette félicité provient du fait qu'il est en contact direct avec l'âme et transcende les trois niveaux inférieurs de l'agir : le niveau sensoriel, le niveau mental, et le niveau intellectuel.


Ces quatres niveaux de conscience et d'agir sont présentés dans la Bhagavad-gita:

 

indriyāni parāny āhur
indriyebhyah param manah
manasas tu parā
buddhir
yo buddheh paratas tu sah

 

Les sens prévalent sur la matière inerte, mais supérieur aux sens est le mental, et l'intelligence surpasse le mental. Encore plus élevée que l'intelligence, cependant, est l'âme. 
                                                   (B.G 3.42 )

 

1) Le don précieux de la forme humaine


Au "niveau sensoriel" de l'agir, l'être ne cherche qu'à satisfaire ses sens matériels (1) . C'est le niveau que l'on qualifie de primaire ou d'animal . L'animal ne recherche, à travers toute son existence, qu'à satisfaire les demandes de son corps. Ainsi, toute sa vie durant, son unique but sera de combler les quatres nécessités corporelles de l'existence : manger, dormir, s'accoupler et se défendre. C'est pourquoi, les Ecritures védiques condamnent tout être humain (et ils sont légions malheureusement dans cet âge !) qui, jouissant du privilège unique de posséder une forme humaine, vit malgré tout comme un animal, se contentant, toute sa vie durant, de pourvoir à ces quatres besoins corporels. Lorsque l'être vivant, après avoir transmigré à travers les 8 400 000 formes matérielles (espèces
végétales, espèces d'insectes, espèces aquatiques, etc..) obtient finalement de renaître sous une forme humaine, celle-ci représente pour lui une véritable chance. Pourquoi? Parce que seule la forme humaine permet de comprendre Dieu, de mettre un terme au cycle des morts et renaissances répétées et de retourner dans sa demeure originelle, le monde spirituel, afin d'y jouir d'une existence éternelle de réelle félicité. Selon les Vedas, la forme humaine est particulièrement destinée à la réalisation spirituelle et représente pour l'être vivant une opportunité unique d'atteindre à la libération (mukti). C'est pourquoi le premier aphorisme du Vedanta-sutra stipule ""athāto brahma jijñāsā": "A présent (que l'on a obtenu une forme humaine), le temps est venu de s'enquérir de la Vérité Absolue".      


Malheureusement, la quasi-totalité des hommes dans cet âge de Kali, sont inconscients du privilège unique que représente la forme humaine. Dans cet âge d'infortune, l'être humain devient une proie facile pour mâyâ, l'énergie d'illusion du Seigneur. Ainsi, perd-il conscience de la valeur unique du temps, et devient-il versé dans l'art de gâcher celui-ci. La société des loisirs lui en fournit mille et une opportunités. Que ce soit à travers les jeux vidéos, les sports, la télévision, les films, l'internet, la musique, la lecture de romans, magazines, journaux, etc....Les opportunités ne manquent pas! Srila Bhaktisiddhanta avait l'habitude de dire que la société actuelle, fondée sur la recherche du plaisir des sens, était composé de deux sortes d'hommes,  " les trompeurs et les trompés" . Autrement dit, dans la société actuelle, un véritable jeu de dupes se joue. Le domaine des loisirs, par exemple, en est une trés belle illustration et le domaine des jeux vidéos en particulier. Les concepteurs de jeux vidéos travaillent ardemment à l'élaboration de jeux, toujours et encore plus captivants pour les joueurs, alimentant toujours et encore plus chez eux, la fièvre du jeux. Et ainsi, "un jeux réussi", est un jeu auquel le joueur devient vite trés attaché (et même souvent "accro", surtout avec les jeux en réseau), et s'immerge totalement dedans, jusqu'à en perdre même la notion du temps. Mais qu'on en ait conscience ou pas, le temps s'écoule, et notre précieuse vie humaine avec, et ce qui est certain, en tout cas, est que la société des loisirs a occulté la valeur du temps.


Dans l'âge actuel, l'âge de Kali, le domaine des sports est une autre domaine dans lequel l'homme excelle à gâcher son temps et par là même, sa vie humaine (2) . Ainsi, dans la sphère du football, peut-on voir communément des "êtres humains" passer plus de vingt ans de leur vie sur un terrain de football à courir après un ballon, ( et certains sont même grassement payés pour cela) et d'autres "êtres humains", passer un temps considérable, dans les tribunes ou devant la télévision, à les regarder courir, attendant fièvreusement l'instant suprême où le ballon gagnera le fond du filet. Tout cela est particulièrement pathétique lorsque l'on sait qu'il aura fallu des millions d'années à tous ces êtres avant d'atteindre la forme humaine, et que parvenus finalement à celle-ci, ils ne trouvent rien de mieux que de consacrer tellement de  temps à courir, ou à regarder les autres courir, après un ballon ! Tout cela est certainement dû à l'action âvaranâtmikâ de mâyâ, laquelle a pour fonction de recouvrir l'intelligence des êtres vivants (3) .


2) Plaisirs raffinés ...mais limités


Il existe d'autres niveaux de conscience supérieurs au niveau corporel de l'agir. Il s'agit du niveau mental et du niveau intellectuel. Aux niveaux mental et intellectuel de l'agir, le champ d'action et la conscience de l'être vivant s'élargissent. Il ne recherche plus simplement, comme l'animal le fait, à combler ses seuls sens matériels grossiers mais aspire à des plaisirs plus raffinés. Dans ce but, il désirera cultiver la connaissance matérielle (ce qu'on appelle aujourd'hui "la science" et le savoir matériel en général), à élaborer différents systèmes politiques et philosophiques, à développer l'étude de la psychologie (la connaissance du mental), à goûter aux plaisirs de l'art et de la culture (musique, dance, littérature, roman, cinéma, poésie, peinture, etc...).


Si ces deux niveaux -mental et intellectuel- sont supérieurs au niveau corporel de conscience, ils n'en restent pas moins matériels, et en conséquence, de qualité intermédiaire. Ainsi, bien que le niveau spirituel (le niveau de l'âme) soit supérieur et transcende ces deux niveaux, les hommes en général font souvent l'amalgame entre ces deux niveaux (matériels) et le niveau spirituel -le niveau de l'âme -, qui transcende complètement les deux. Autrement dit, la plupart des êtres humains parce qu'ils ignorent l'existence d'un niveau supérieur de conscience -le niveau spirituel- , ne chercheront pas à aller au-delà de ces deux niveaux de conscience, convaincus d'avoir atteint là le summum, l'apogée de la véritable satisfaction.


Ils se délecteront de concerts merveilleux, s'extasieront devant de splendides peintures, regarderont, heureux, des films exceptionnels, liront, ravis, des livres passionnants ,..., et penseront qu'ils ont atteint là, le comble de la satisfaction et l'apogée de l'existence. Ils s'exclameront : " Quel merveilleux concert! ", " Quel film formidable!", "Quel livre intéressant!", "Quelle oeuvre fascinante!" , mais malgré tous ces superlatifs et tout l'effort qu'ils mettront pour se persuader du contraire, ils continueront à se sentir, toujours et encore plus, insatisfaits.


Une telle frustration provient du fait que la satisfaction que l'homme ressent au niveau mental et intellectuel demeure, bien que plus évoluée que celle ressentie au niveau purement sensoriel, toujours fort restreinte car confinée aux seuls besoins des sens matériels limités (4) . De plus, dans cette quête des plaisirs "raffinés", l' intelligence matérielle joue un rôle prépondérant car elle fourvoie l'être à penser que grâce à elle, il sera en mesure de combler ses désirs matériels, et devenir ainsi véritablement heureux et satisfait. Il ne réalise pas que, peu importe le temps, l'énergie et l'intelligence qu'il consacrera à essayer de satisfaire ses désirs matériels, lui (l'âme), à l'intérieur, sera toujours insatisfait.


La parabole suivante de "l'oiseau dans la cage"  expose la condition tragique de l'être vivant, égaré au sein de la matière. Elle décrit fort bien l'origine et les causes de la frustration qu'expérimente une personne située "au niveau mental". Il s'agit d'un oiseau (l'âme) qui se trouve dans une cage (le corps matériel) . L'oiseau, naturellement, désire boire et manger. Mais la veille dame, sa maitresse (le mental et l'intelligence matériels), censée prendre soin de lui, est sourde et sénile. Elle s'affaire à prendre soin de la cage, alors qu'à l'intérieur l'oiseau en vain, réclame eau et nourriture. Celui-ci, agonisant et désespéré, finira par rendre l'âme.


Cette parabole est excellente. Elle illustre plusieurs points essentiels :

- L'âme (l'oiseau) se retrouve prisonnière du corps (la cage)
- L'âme (l'oiseau) représente la personne, et non la cage (le corps), qui n'est que l'habitacle de l'âme
- L'âme a ses propres besoins distincts et antagonistes à  ceux du corps [la cage] (car étant limitée par le corps, alors qu'en tant qu'âme spirituelle ses désirs sont illimités et absolus.)
- Dans l'existence matérielle, l'être est assujeti à son mental et à son intelligence matériels, et tous deux, niant ses besoins spirituels essentiels (tout comme manger et boire le sont) , fourvoient l'être vivant (l'âme), dans les plaisirs des sens (le polissage de la cage). 

 
3) Atteindre à la plénitude parfaite:

Mais alors, quels sont ces besoins de l'âme spirituelle, ces besoins essentiels qui, aussi longtemps qu'on les ignore, donnent à la plénitude et au bonheur parfaits, un caractère tristement mythique? Avant d'y répondre, il est important d'abord de dissiper une méprise fort répandue parmi ceux qui aspirent à la vie spirituelle, car cette méprise constitue un obstacle majeure vers la réalisation parfaite et complète de leur aspiration.

 

a) Spirituel ne veut pas dire "impersonnel":


Bien que l'on ait jusque là, en accord avec les Ecritures védiques, décrit de façon structurée,  en niveaux corporel, mental, intellectuel et spirituelles, les différents niveaux d'agir et de conscience, il ne faudrait pas néanmoins en conclure que le niveau spirituel revêt un caractère abstrait. Il ne faudrait pas croire que ce niveau, étant transcendant de nature (aux trois précédents), appartiendrait en conséquence à un plan de conscience et d'agir, purement abstrait, passif et impersonnel.


C'est pourtant bien souvent, l'erreur que commenttent nombre de nos contemporains . Ainsi, nombreux sont ceux qui raisonnent :"Puisque le niveau spirituel est un niveau transcendant, cela signifie que, plus quelqu'un s'efforçera de s'élever au-delà des plans corporels, mentals et intellectuels de la conscience, plus il deviendra "spirituel". Ceux qui raisonnent ainsi, encore une fois, se méprennent, et cette méprise est malheureusement trés fréquente.


Récemment, au cours d'une interview télévisée, un célèbre cardinal catholique francais, avouait, à la journaliste qui l'interrogeait, qu'il éprouvait encore, malgré une longue pratique spirituelle et son âge avancé, de réelles difficultés à obtenir un parfait silence intérieur au cours de son oraison quotidienne (prière méditative) et cela le préoccupait beaucoup.

En fait, ce cardinal chrétien, qui par ailleurs semblait sincère et sérieux dans sa pratique spirituelle, à travers cette quête laborieuse du parfait silence intérieur, témoignait d'une difficulté et d'une sérieuse lacune auxquelles sont confrontés les adeptes des différentes confessions religieuses à travers le monde : l'absence d'une réelle conception personnelle de Dieu.


Autrement dit, les différentes confessions religieuses à travers le monde, étant de nature plutôt impersonnalistes quant à leurs pratiques spirituelle, leurs adeptes rencontrent des difficultés majeures sur la voie de la réalisation spirituelle.


Certains objecteront que les théologies religieuses chrétiennes, musulmanes ou juives ne sont pas des théologies impersonnalistes, et que ces trois religions sont profondément monothéistes de nature c'est-à-dire (selon la définition du dictionnaire) "qu'elles admettent l'existence d'un Dieu unique, personnel, distinct de l'Univers dont il est le créateur et le maître." Tout cela est certainement vrai. Mais le problème est que si ces différentes religions judéo-chrétiennes sont à la base "personnalistes", elles sont dans leurs pratiques, "impersonnalistes".

Ainsi, le procédé qu'elles utilisent afin d'atteindre à la réalisation de Dieu, souffre d'une profonde lacune: un support de méditation et de prière personnel concret. Qui est Dieu, exactement? C'est-à-dire, qu'elle est son Nom? (5) Quelle est Sa Forme? Quelles sont Ses Attributs et Ses Qualités? Quelles sont Ses Divertissements? Son entourage? etc... Les religions établies ne peuvent répondre. Elles n'en ont pas les moyens. Leurs Ecritures respectives (Bible, Torah, Coran) ne contiennent pas ou trés peu d'informations sur la Personne de Dieu, sur Ses caractéristiques personnelles. C'est comme si, par exemple, l'on reconnaissait l'existence du Président des Etats-Unis ( c'est-à-dire l'existence d'une personne détentrice de l'autorité suprême aux Etats-Unis ) mais que l'on soit, dans le même temps, dans l'incapacité de donner l'identité et les caractéristiques personnelles de ce Président (nom, physionomie, qualités, activités, goûts, entourage, etc...).

   
Suffira-t'il alors de dire que l'on connait vraiment le Président des Etats-Unis si tout ce que l'on connaît de lui sont les attributs d'autorité et de suprématie  mais rien du Président lui-même?


De la même façon, dans le domaine de l'Absolu, le mot Dieu comme le mot Président, désigne avant tout un attribut et une  fonction (celle d'Être Suprême) mais ne donne pas cependant d'indication particulière sur l'Identité même de Dieu, sur ses caractéristiques personnelles. C'est pourquoi la conscience de Krishna joue un rôle si essentiel quant au développement de la conscience et de l' amour de Dieu, car elle permet de connaître l'identité divine de Dieu, Son Nom -Krishna-, Sa Forme - Syamasundara, Ses qualités et attributs - que l'on retrouve décrites avec précision dans le chapitre 21 du Nectar de la dévotion , etc....Dans la conscience de Krishna, les supports de méditation et de prière, sont clairement définits. Il s'agit de la Forme, des Saints Noms, des Qualités et les Attributs de Krishna, Dieu, la Personne Suprême (ainsi que de Ses différents Avatâras) (6) .

 
Grâce à cette connaissance personnelle de Dieu que procure la conscience de Krishna, le dévot qui offre des prières à Dieu ou médite sur Lui, le fait en pleine connaissance de Sa personne. Afin de s'établir au niveau spirituel parfait, il ne cherchera donc pas - chose vaine et impossible -, de réaliser un parfait silence intérieur ou de faire le vide complet en lui, il s'efforcera plutôt de remplir son mental de Krishna, et par la même obtiendra de faire le vide de toute pensée matérielle et d'atteindre ainsi au parfait samadhi (7) .


Il est certainement approprié de dire qu'il faut aimer Dieu, l'Être Suprême, car Il est le créateur de tout ce qui existe (animé et inanimé) et donc le Père de tous les êtres. Mais ces éléments de connaissance, demeurent cependant bien pauvres et insuffisants pour quiconque aspire véritablement à atteindre au but et à l'essence même de la religion: le développement du pur amour de Dieu, le premier des commandements


b) Développer une relation personnelle avec l'Être Suprême.

Les Ecritures védiques nous informent que le but véritable de la religion consiste à développer une relation personnelle avec Dieu (8), et cela, sous cinq formes particulières. Ce sujet essentiel, pour le développement de l'amour de Dieu, est développé dans le Nectar de la dévotion de Rupa Gosvami. Lorsque l'on ne connaît Dieu qu'en tant que créateur et pourvoyeur suprême, comme dans les religions établies actuelles, il est possible de développer une certaine forme de relation avec Lui, mais celle-ci se limitera à santa-rasa, la relation neutre. La relation neutre consiste à adorer le Seigneur comme Père de la création, Pourvoyeur suprême, Être tout-puissant,.. et celle-ci reste assez impersonnelle. Il faut donc aspirer à progresser, de ce niveau de neutralité ( le niveau de contemplatif de Dieu qui exalte la grandeur et la puissance impersonnelle de Dieu vers le niveau de serviteur de Dieu ( dasya-rasa) qui consiste à s'engager activement dans Son service d'amour et de dévotion. Pour cela, il est essentiel de prendre refuge d'un maître spirituel authentique appartenant à la succession disciplique remontant à Dieu Lui-même, tel Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, à travers l'un des maitres spirituels, ses représentants authentiques, agissant au sein de l'organisation spirituelle que Srila
Prabhupada a institué, le Mouvement International pour la conscience de Krishna (iskcon). )   
              


                            SUITE ET FIN

(1) Les organes des sens sont au nombre de dix: les cinq organes de perception ( l'ouïe, l'odorat, le toucher, la langue et la vue) et les cinq organes d'action ( les bras , les jambes, la bouche, les organes génitaux et l'anus) .


(2)
D'ailleurs les sports sont associés, au sein des gouvernements,  aux loisirs : "le ministère des loisirs et des sports."


(3)
Cette action de mâyâ-shakti, appelée âvaranâtmikâ consiste à recouvrir la conscience et l'intelligence de l'être vivant, l'amenant à penser, sous l'influence de l'illusion, qu'il est heureux alors même (dans l'exemple qui nous occupe) qu'il gâche le temps précieux qui lui est imparti dans la forme humaine ( trés rarement obtenue) . Ce sujet de l'influence âvaranâtmikâ a déjà été discuté dans le dernier paragraphe du chapitre deux  de cette série "L'extase de servir Krishna" .

 
(4)
Selon les Vedas le mental est appelé le onzième sens, ou sens interne et il domine les dix autres.

 Il est impossible de sentir une pleine satisfaction  à travers le seul plaisir des sens car ceux-ci sont limités. On ne jouit, par exemple, que d'un estomac et d'un appareil génital limité (qui avec le temps, en plus, deviennent défaillants). Après quelques minutes  l'estomac est repu et le plaisir sexuel montre également ses limites.  Au temps de la décadence de Rome, les classes dirigeantes corrompues s'efforçaient de jouir au maximum de leur langue et de leur organe génital. Ils goûtaient allongés aux meilleurs  mets qui soient,  mais étaient obligés de se faire vomir pour pouvoir continuer à prolonger leur plaisir. Ils devaient  également s'entourer d'un harem de prostituées afin d'essayer de jouir au maximum des plaisirs sexuels. Nul doute que ce genre de comportement est abominable,  et de plus trés risqué car, après leur mort, ils ont dû probablement tous, selon les lois du karma, prendre des formes animales telles celle d'un chien ou d'un cochon. 


(5)
  La Bible emploie couramment le terme hébreu Elohim pour désigner Dieu. Si on le décompose davantage, on obtient la syllabe El qui signifie "puissant, dominant, suprême" On est loin d'une véritable description du Suprême. Les autres Noms de Dieu qu'on retrouve dans le Bible, El Shaddaï, Adonaï, Jéhovah, traduisent également la majesté, la souveraineté de Dieu. Et, en fait, il est évident que la Bible nous révèle surtout Son aspect puissant et redoutable. Mais Dieu est beaucoup plus. L'islam désigne Dieu par le terme arabe Allah, que plusieurs érudits traduisent par "Celui qui donne la vie. Ainsi, le Nom Allah ressemble beaucoup à celui de Awoon dont se sert Jésus. Allah est aussi souvent traduit comme "Le Trés-Haut". Dans le judaisme Dieu étant considéré trop sacré Son nom ne devait pas être prononcé.

Ce qui ressort de ses différents noms, utilisés dans la Bible et le Coran, est qu'ils ne désignent pas tant Dieu (la Personne en Elle-même) que quelques uns de Ses attributs, comme on l'explique juste après
.


(6)
Krishna dit dans la Bhagavad-gita: 

"Emplis toujours de Moi ton mental, deviens Mon dévot, offre Moi ton hommage et voue-Moi ton adoration. Parfaitement absorbé en Moi, certes tu viendras à Moi." ( BG 9.34) Dans sa "Bhagavad-gita telle qu'elle est" Srila Prabhupada nous éclaire quant à la teneur et portée de ce verset :


"...Il faut donc concentrer son mental sur la Forme originelle et éternelle de Krsna, et, gardant en son coeur la conviction absolue qu'Il est le Suprême, L'adorer. Il existe, en Inde, des milliers de temples consacrés à l'adoration de Krsna, et où l'on pratique le service de dévotion. Cette adoration implique qu'on rende son hommage au Seigneur, qu'on incline la tête devant la murti, et qu'on engage tout son être le corps, le mental, les actes... dans Son service. Ces pratiques permettent à l'homme de se fixer sans défaillance sur Krsna et, finalement, de gagner Sa demeure, Krsnaloka. Il faut s'engager dans le service de dévotion sous ses neuf formes (voir activités dévotionnelles), en commençant par écouter et chanter les gloires de Krsna, ... Car, le service de dévotion pur est le sommet de tous les achèvements de l'homme."


D'autre part, comme le Srimad-Bhagavatam le confirme, lorsque ce service de dévotion offert à Krishna devient établit fermement dans le coeur du bhakta, à travers l'écoute et le chant, les influences de la passion et de l'ignorance (les plus grands obstacles sur la voie de la perfection) cessent de le tourmenter et il goûte alors à la félicité parfaite:


"Aussitôt qu'en le coeur s'établit fermement le service de dévotion, les influences de la passion et de l'ignorance, comme la concupiscence et l'avidité, s'y effacent. Le bhakta se fixe alors dans la vertu et trouve le parfait bonheur."
       (SB 1.2.19 )

 

(7) Absorber son mental en l'Absolu Personne Suprême, et transcender ainsi la matière est ce que l'on appelle techniquement "atteindre au samadhi" et cela représente, sous différents noms, l' objectif commun à tous les spiritualistes [religieux des différentes sectes établies mais aussi yogis (samadhi) et bouddhistes (état du nirvana)] . Cependant, les dévots de Krishna réalisent, mieux que quiconque, cet état de pleine absorption dans l'Absolu car ils jouissent pleinement d'une approche personnelle de l'Absolu. Comme Srila Prabhupada l'a expliqué de nombreuses fois, cet état de samadhi est obtenu trés facilement dès lors que l'on fixe sa pensée sur Krishna :


"Le premier devoir du spiritualiste est en effet d'absorber son mental en Krishna. Penser à Lui toujours et ne jamais L'oublier fût-ce pour un instant, tel est le samâdhi...." (BG 6.10)

 
La définition du samadhi avec l'état de plénitude qui l'accompagne, est clairement donnée dans la Bhagavad-gita : 


"L'être connaît la perfection du yoga, le samadhi, lorsque, par la pratique, il parvient à soustraire son mental de toute activité matérielle. Alors, une fois le mental purifié, il réalise son identité véritable et goûte la joie intérieure. En cet heureux état, il jouit, à travers ses sens purifiés, d'un bonheur spirituel infini. Cette perfection atteinte, l'âme sait que rien n'est plus précieux, et ne s'écartera pas de la vérité, mais y demeurera, imperturbable, même au coeur des pires difficultés. Telle est la vraie libération de toutes les souffrances nées du contact avec la matière."
            (BG 6.20/23)


(8)
Le mot religion provient du mot latin "religare" qui signifie "relier à". En sanskrit le mot "yoga" revêt le même sens. Cependant le sens du mot "religare" est souvent détourné de son sens véritable. Les chrétiens souvent disent que "relier à" signifie que la religion existe dans le but de relier les hommes entre eux. Mais tout comme le mot yoga, "religare" signifie que la religion est la voie par laquelle les hommes apprennent à être relier au divin, à Dieu. Autrement dit à retrouver leur relation d'amour avec Dieu. Celle-ci, revêt comme l'explique les Ecritures védiques cinq aspects: relation neutre, relation de service, relation amicale, relation parentale et la suprême, la relation amoureuse. 

 

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