Srila Prabhupada

Rechercher sur le site :

 
recherche par freefind avancée

Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Jagad

    Par  Satsvarûpa dâsa Goswami


   Prabhupada à Paris rue Lesueur

 

Parfois, alors que nous désirons nous rappeler des Prabhupâda-lîlâs, à l'intérieur une petite voix agaçante murmure, "Les lieux et les personnes que tu décris ont disparu avec le temps. Tes souvenirs sont t-ils bien réels ou pure imagination? Est-ce que tout cela n'a pas été balayé par le vent comme la folie de la Beatlemania?"

   Je me souviens la première fois que j'entendis Prabhupâda exprimer l'idée que l'ISKCON puisse un jour décliner . Il venait juste de donner la classe au temple de Bombay et se trouvait dans la voiture sur le chemin du retour vers ses appartements. Il dit alors que le temps était trés puissant et qu'il y avait un risque que l'ISKCON s'altère avec le temps. En écoutant ses paroles je fus saisi d'effroi, car dans ma naïveté j'avais pensé, "C'est ce qui arrive aux choses matérielles et aux pseudo-mouvements de ce monde, mais cela ne pouvait jamais arriver à l'ISKCON." J'avais entendu les dévots et les spécialistes en religion exprimer de telles opinions mais je n'avais jamais entendu Prabhupada s'exprimer de la sorte. Depuis, j'ai compris que ces choses-là pouvaient se produire, bien que Prabhupâda n'aima pas cela, et qu'il espéra que cela ne se produise pas.

    A un autre moment, il avertit les dévots qu'ils ne devaient pas changer ce qu'il faisait. Il affirma que si les dévots se quereller, ils pouvaient "détruire l'institution entière". Il exprima sa crainte de les voir changer l'adoration des Murtis après son départ, et qu'ils puissent perdre leur enthousiasme et retourner à leurs anciennes habitudes d'hippies. Ces propos  résonnérent comme autant d'avertissements.
   
  Alors qu'il dirigeait un kirtana au milieu de nombreux dévots, Prabhupâda semblait trés heureux, et parfois il rentrait en méditation dans un état de grande félicité. Mais parfois, au moins selon ma perception, il semblait  nous regarder d'un air anxieux  rempli de compassion quant à notre bien-être personnel. C'était comme s'il pressentait que certaines choses se passeraient mal dans le futur, et que les dévots partiraient.
 
   Dans un sens, il semble vraiment, que Prabhupâda a disparu, et que de nombreux dévots qui étaient présents dans les années 1970 ont aussi disparu et que les lieux de ses divertissements également ne sont plus.

Par exemple, au moment où Prabhupâda a visité Dallas, il y avait plus d'une centaine d'enfants et de nombreux enseignants. A l'heure d'aujourd'hui la plupart de ses enfants qui ont grandi ont décidé de ne pas pratiquer pleinement la conscience de Krishna. La plupart d'entre eux ne vivent pas dans les temples de l'ISKCON, et probablement la majorité d'entre eux ne suivent pas strictement les principes du bhakti-yoga. Ce n'était pas ce que nous espérions alors qu'ils étaient des enfants du gurukula, quand Prabhupâda visitait, leur donnait des sucreries (sweets), leur demandait de réciter le Sanskrit, et leur donnait sa bénédiction. Ainsi, il semble que ces événements et les lieux où ils se déroulèrent et que Prabhupâda visita se sont volatilisés.

   Une réponse à tout cela est que tout ce que chacun fait dans le service de dévotion ne subit jamais ni perte ni diminution. Les enfants du gurukula, peut importe ce qu'ils font maintenant, récoltent le bénéfice éternel du service favorable qu'ils accomplirent, y compris le plus petit échange qu'ils eurent avec Prabhupâda.

   Une autre explication est que Prabhupâda maintenait tout ensemble d'une façon particulière pendant sa présence. Le Seigneur Suprême maintient toutes les planètes de l'univers ensemble dans Sa main comme des poussières, et de la même façon, Srila Prabhupâda maintenait ensemble toutes les personnes, activités, et lieux de l'ISKCON quand il était présent. Comme Prabhupâda a écrit, "L'âcârya,  le représentant autorisé du Seigneur Suprême, établit les principes religieux, mais quand il disparaît, tout retourne au chaos initial." (Srimad Bhagavatam 4.28.48) Mais Prabhupâda écrit après: " Les parfaits disciples de l'âcârya tenteront, quant à eux, de rétablir cette situation en se conformant strictement aux instructions de leur maître spirituel." Personne ne peut stopper le mouvement du temps, y compris la détérioration des corps matériels et des éléments matériels, mais les disciples sincères n'abandonneront jamais les leçons et intructions données par leur maître spirituel.

   Nous devons admettre que certains évènements auxquels Prabhupâda a participé ne sont plus. Mais tout ce qu'il a fait était glorieux et a été accompli en dépit  des grands obstacles du Kali-yuga. Nous ne pouvons nous attendre à ce que chaque personne et chaque chose demeure exactement en place comme il l'était quand Prabhupâda était là, mais l'évolution qui s'est produite  porte encore la marque de sa présence.  Ceux qui ont servi Prabhupâda portent l'empreinte de cette relation dans leurs vies, bien que certains la chérissent plus que d'autres.

    Ceux qui n'étaient pas présents durant les divertissements personnels de Prabhupâda peuvent en entendre parler, et ils peuvent être ainsi connectés à lui même après tant d'années écoulées. C'est une autre bonne raison de se souvenir des choses telles qu'elles étaient, même si elles peuvent avoir disparues à présent. Dans le futur, des chercheurs de vérité sincères liront les livres de Prabhupâda, et désireront les adopter dans leurs vies. Ils diront, "Quand Prabhupâda était là, il disait qu'il voulait cela. Voici une classe qu'il donna à ce moment là, et il disait que nous devons faire cela." Certains diront, "Non, ce n'est plus possible. Nous avons essayé cela, mais cela n'a pas marché." Mais d'autres répondront, "Trés bien, nous pouvons changer quelques points externes datant de cette époque. Mais faisons le comme Prabhupâda le désirait quand il était présent."

  
   Nous ne devrions pas penser que parce que les choses ont changé nous avons été abusés  en croyant les lîlâs de Prabhupâda. Manifestement, Prabhupâda n'abusait  personne. Et nous n'avons pas été non plus induits en erreur quand nous pensions que les activités de Prabhupâda étaient permanentes. Le fait que Prabhupâda est venu parler n'est pas perdu à jamais. Ce point est confirmé également dans la Bible: " Tout passera , mais mes paroles resteront."

 

Srila Prabhupâda reconnaît que le temps efface tout. Même les lieux de divertissements de Krishna dans ce monde ont été recouverts, laissant peu de traces de leur existence. Rûpa Goswami l'exprima dans un message à son frêre Sanâtana en prison. Cette note disait, "Où est l'Ayodhya ( lieu de naissance du Seigneur Râma) de Raghupati?

Où est le Mathurâ (lieu de naissance de Krishna) de Krishna?" Ce qu'elle signifiait est que tout dans ce monde change, mais que si nous gardons notre mental fixé sur ce qui est éternel, nous demeurerons imperturbables. C'est un précieux conseil pour celui qui est rempli d'angoisse face au terrible aspect de la vie temporaire dans la prison matérielle. Selon Rûpa Gosvami, même les dhâmas (lieux saints) sont soumis au changement; par conséquent nous devrions toujours méditer sur l'éternelle essence de la vie.

    Les dhâmas du Seigneur Krishnas sont éternelles, mais c'est un fait que les temples et les lieux saints ont été pillés ou négligés. Les dévots sont affligés de voir combien Vrindâvana-dhâma se détériore rapidement, même d'année en année. Cependant, dans un sens spirituel supérieur, les dhâmas sont éternels. Les divertissements de Prabhupâda possèdent une qualité similaire; nous ne devrions pas nous en  affligés ou douter de leurs validités.

    On peut se demander, "Où sont toutes ces personnes qui étaient les dirigeants de l'ISKCON? Où sont les bâtiments?" Et de la même façon on peut se demander, "Où est Ayodhya? Où  est  Dvârakâ,  la cité  près de la mer? Où est la dynastie Yadu? Où sont les Pândavas ou leurs descendants?" Bien que les divertissements spirituels du Seigneur puissent disparaître de notre vision, ils continuent d'exister pour ceux qui possèdent une vision parfaite. Le Temps n'est pas plus grand que Krishna ou les divertissements de Krishna. Mais parce que le monde matériel est le royaume de Mâyâ, même les édifices spirituels tombent en ruine. Le principe intérieur continue à travers la paramparâ des dévots présents.

    Même en terme d'objets concrets, l'héritage  le plus important de Prabhupâda est encore trés prospère. Ses livres continuent à être imprimés dans de nouvelles éditions, et le chant du mantra Hare Krishna continue comme en son temps. Sa vani (nde; il y a vani, les instructions du maître spirituel et vapu, la présence physique du maître spirituel, des deux, vani est le plus important), et ainsi son esprit, sa présence, est vivant aussi longtemps qu'il y a des dévots sincères. Le vyâsâsana sur lequel il s'est assis n'est peut être plus là. Il est peut être trop usé ou dans la cave de quelqu'un ou dans un musée. Mais le siège n'est pas aussi important que ce qu'il a dit sur le vyâsâsana.

    La narration orale ou écrite des divertissements de Prabhupâda  n'est pas sujette à la destruction aussi longtemps qu'elle reste transmise de génération en génération. Nous voulons voir et nous souvenir de Prabhupâda comme il était dans les années 70. Nous voulons penser à la chaise sur laquelle il s'est assis, et la bague qu'il a porté à son doigt, et la façon dont il bougeait sa main gauche quand il marchait, et combien les enfants du gurukula ressemblaient à des petits anges et aussi des petits garnements, et qu'il leur donnait à tous un sandesha ( préparations sucrées offertes à la Murti de Krishna le matin) pendant que leurs mères regardaient.  Prabhupâda est venu  pour  enseigner que l'éducation  du  gurukula est importante, et nous voulons nous en souvenir tel qu'il l'a dit.

    Comparés aux forces invincibles du temps, les dévots peuvent apparaître comme de pathétiques créatures vaincues par kâla. En fait nous sommes trés insignifiants, et notre conception du temps est trés limitée. Le temps de l'univers est au delà de notre calculation, et cependant, même l'univers est créé encore et encore. Nous disons, " Nous voulons Prabhupâda dans la période de 1966-67, et nous ne voulons pas qu'il soit emporté par le Temps." Mais en réponse à cela le Temps s'esclaffe de rire, " La période de 1966-67 n'est qu'un grain de poussière, elle n'est pratiquement rien du tout!" Au niveau matériel nous pouvons apparaître ridicules, mais nous savons que l'apparition de Srila Prabhupâda posséde une réalité éternelle que nous pouvons préserver.

 

Prabhupada: un extraordinaire prédicateur

 

La bibliothèque Bhaktivedanta: véritable mine d'or spirituelle, réserve inépuisable de connaissance littéraire, et audio-vidéo.

 

" Le véritable Vaïsnava jamais ne meurt, mais son existence se perpétue dans le son.."

 

Commenter cet article