Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Srila Prabhupada

S'affranchir de la dualité

 par le yoga




 

                       Joie des supporters Tristesse des supporters du camp adverse 


                                            Joies .................... et........................... Peines


 


 
On vient de le voir en France et ailleurs avec la grande effervescence causée par la finale de la coupe du monde de football, ce monde est un monde de dualités. En quelques instants on peut être  précipité d'un état d'exultation extrême  dans un état de grande affliction. Et ce qui fait le plaisir de l'un fait le malheur de l'autre. Srila Prabhupada dans le texte suivant, extrait de "La perfection du  yoga", explique que la caractéristique de ce monde matériel est d'être rempli de dualités; la victoire et la défaite, le bonheur et le malheur, la chaleur et le froid, ect....Et il nous aide également à nous affranchir de la conscience matérielle qui fait de nous, vie aprés vie, des prisonniers sûrs de la dualité.
  

  L'univers matériel est un monde de dualités. Nous sommes tour à tour exposés aux chaleurs estivales et aux froids hivernaux; le malheur fait suite aux instants de bonheur et les heures de gloire doivent tôt ou tard céder la place à l'opprobre. Dans ce monde de dualités, il est impossible de comprendre ce qu'est l'honneur sans comprendre ce qu'est le déshonneur. Je ne peux pas non plus comprendre ce qu'est le malheur si je n'ai jamais fait l'expérience du bonheur, et vice versa. Il nous faut transcender ces dualités, mais aussi longtemps que nous aurons un corps, elles nous feront face. Tout en nous efforçant d'échapper à l'identification au corps - je dis bien à l'identification au corps, et non au corps lui-même - nous devons apprendre à tolérer ces dualités. Dans le second chapitre de la Bhagavad-gita  Krishna informe Arjuna que la dualité opposant le bonheur au malheur n'est due qu'au corps (BG 2.14). Cette dualité ressemble en quelque sorte à une maladie de peau, à une démangeaison. Ce n'est pas parce qu'on a une démangeaison qu'on doit se gratter comme un fou jusqu'au sang; nous ne devons pas devenir hystérique et abandonner notre travail parce que quelques moustiques nous ont piqué. Il y a tellement de dualités que nous devons tolérer, et pourtant, si nous établissons fermement notre mental dans la conscience de Krishna, toutes ces dualités nous sembleront insignifiantes. Comment faire pour tolérer ces dualités?
 

         
"On appelle yogî, ou âme réalisée, celui qui a atteint la plénitude grâce à la connaissance spirituelle et à la réalisation de ce savoir. Il est établi dans la Transcendance et possède la maîtrise de soi. Il voit tout d'un oeil égal, aussi bien la motte de terre que la pierre ou l'or." 
                             Bhagavad gita [6.8]

 

Le mot jnâna désigne la connaissance théorique, alors que vijnâna fait référence à la connaissance pratique. En guise d'exemple, un étudiant en sciences doit à la fois se familiariser avec des concepts théoriques et avec des applications scientifiques concrètes. La connaissance théorique ne suffit  pas; il faut également pouvoir appliquer cette connaissance. Il en va de même pour le yoga. La connaissance théorique de ses principes doit s'accompagner d'une connaissance pratique de ses mécanismes. Le fait de savoir que je suis distinct de ce corps ne me sera d'aucun secours si je persiste à agir de façon absurde. Il existe ainsi de nombreuses sociétés dont les membres discutent sérieusement de la philosophie du Vedânta tout en fumant, en buvant et en jouissant des plaisirs de la chair. La connaissance théorique seule ne nous aide en rien; cette connaissance doit faire l'objet d'une démonstration tangible. Celui qui se sait effectivement distinct de son corps ne manquera pas de réduire au minimum les exigences de ce dernier. Si l'on ne fait qu'accroître les besoins du corps tout en se disant "je ne suis pas ce corps", à quoi nous sert cette connaissance? On ne peut être satisfait que lorsque le jnâna et le vijnâna vont côte à côte.



 

    suhrin-mitrâry-udâsîna-
      madhyastha-dvesya-bandhusu
      sâdhusv api ca pâpesu
       sama-buddhir visisyate

   "On considère comme plus élevé encore celui qui voit d'un oeil égal l'ami et l'ennemi, le bienfaiteur sincère, l'envieux, l'indifférent, ainsi que le vertueux et l'impie."

                    Bhagavad-gita (6.9)

 

On compte diverses sortes d'amis. Il y a le suhrit, celui qui, de nature bienvaillante, souhaite toujours le bien d'autrui; il y a le mitra, ou l'ami ordinaire, mais aussi l'udasina, qui reste neutre. Quelqu'un peut en effet, en ce monde, être un véritable bienfaiteur pour moi, un simple ami, ou  encore ne manifester ni amitié ni inimitié particulière à mon endroit. Quelqu'un peut également servir de médiateur impartial entre mes ennemis et moi: c'est le madhyatha de ce verset. On peut aussi considérer quelqu'un comme étant vertueux ou impie, selon son propre jugement. Mais lorsqu'on s'établit dans la Transcendance, toutes ces dénominations d'ami, d'ennemi ou autre tombent automatiquement. En accédant véritablement au savoir, on cesse de considérer les gens comme des amis ou des ennemis, conscient de ce qu'en réalité personne n'est vraiment "mon ami" ou "mon ennemi", "mon père" ou "ma mère", etc..Nous ne sommes tous que des êtres vivants jouant sur une scène le rôle d'un père, d'une mère, d'un enfant, d'un ami, d'un ennemi, d'un pécheur ou d'un saint.




 

C'est comme si nous participions à une grande représentation théatrale avec d'innombrables acteurs jouant chacun un personnage différent. Il  arrive que sur scène certains des personnages soient amis ou ennemis, mais la pièce terminée, tous les acteurs se retrouvent camarades.


  

  De la même façon, chacun de nous joue un rôle sur la scène de la nature matérielle, selon le corps que nous avons  revêtu, et nous nous collons mutuellement diverses étiquetttes. Je peux ainsi penser qu'un tel est mon fils, alors qu'en réalité je n'ai pas le pouvoir d'engendrer un fils. C'est hors de ma portée. Je peux tout au plus engendrer un corps. Aucun humain n'est en mesure de produire un être vivant. De simples rapports sexuels ne peuvent en effet donner naissance à un être vivant; celui-ci doit être "placé" dans l'émulsion des sécrétions mâles et femelles. Tel est le  verdict du Srimad-Bhagavatam. Toutes les relations échangées entre les êtres sur la base du corps ne sont donc que jeux de scène. Et l'âme véritablement réalisée (âme libérée), ayant réellement atteint la perfection du yoga, ne voit plus ces distinctions corporelles.

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