Par Srila A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada
On croit parfois que le Mouvement pour la Conscience de Krishna
s'identifie à l'hindouisme alors qu'en fait, il ne s'agit en aucune manière d'une croyance ou d'une religion particulière qui chercherait à en supplanter
d'autres, semblables. Bien au contraire, ce Mouvement revêt un intérêt culturel primordial pour l'humanité tout entière, et s'adresse à tous sans considération de foi ni de confession puisque sa vocation même est d'éduquer l'homme dans l'art d'aimer
Dieu.
En Inde autant qu'à l'étranger, les Indiens s'imaginent parfois que ce Mouvement se fait l'apôtre de l'hindouisme, mais en vérité, il n'en est rien. On ne rencontrera pas une seule fois le mot 'hindou' dans toute la Bhagavad-gita, ni même dans tous les Textes védiques. En réalité, il fut introduit dans le langage courant par les musulmans des provinces voisines de l'Inde, telles l'Afghanistan, le Baluchistan et la Perse. La rivière marquant la frontière nord-ouest de l'Inde s'appelle le Sindhu, mais à cause d'un défaut de prononciation, les musulmans de l'endroit en ont fait l'Hindu et les habitants des terres ainsi délimitées furent également nommés Hindous. De même, en Inde, selon le langage védique, on appelle les Européens mlecchas et yavanas (ceux dont les habitudes de vie sont impures).
la véritable culture de l'Inde
Lors d'un entretien avec Ramananda Raya - un grand dévot du Seigneur -, Sri Chaitanya lui demanda: "Quel est le principe fondamental de la condition
humaine?" Ramananda Raya répondit alors qu'une société ne devient civilisée qu'avec la mise en vigueur du varnasrama-dharma. Avant d'avoir atteint ce stade, il n'est pas question de
"civilisation". Aussi ce Mouvement s'efforce-t-il maintenant d'établir une telle civilisation propre à la conditon humaine: la conscience de Krishna, ou encore le daiva-varnasrama - une
culture d'inspiration divine.
En fait, Shankaracarya apparut en ce monde en vue d'une mission bien particulière: il devait rétablir l'autorité de la culture védique et par là, mette fin à la période d'influence prépondérante du bouddhisme. Protégé et soutenu par l'empereur Asoka, qui régnait au sixième siècle avant Jésus-Christ, le Bouddhisme s'était alors répandu dans toute l'Inde. Les Textes védiques enseignent que Buddha était un avatara, une manifestation de Krishna, mis en puissance pour accomplir une mission particulière. Sa doctrine, la foi qu'il professait, devint très populaire en Inde et dans d'autres contrées, évinçant par là même la culture védique de tous ces pays; Buddha, en effet, rejetait l'autorité des Vedas. Voilà pourquoi Shankaracarya, dont le seul but était de refouler le bouddhisme, introduisit la doctrine dite mayavada. Cette philosophie se résume en fin de compte à une forme d'athéisme puisqu'elle consiste à imaginer que Dieu existe. Le mayavadisme mis à l'honneur par Shankaracarya constitue donc un compromis entre le bouddhisme et cette doctrine athée - qui existe en fait depuis des temps immémoriaux -, et il est au fondement de la pensée religieuse et de toute la culture de l' Inde d'aujourd'hui. Selon cette philosophie, il n'y a pas vraiment de Dieu, ou s'Il existe, Il est impersonnel, omniprésent, et on peut donc Le concevoir sous n'importe quelle forme. Cette conclusion n'est en rien conforme à l'enseignement des Ecritures védiques, car si elles font mention de nombreux devas auxquels certains rendent un culte afin d'atteindre divers buts, Visnu, la Personne Suprême, y est toujours reconnu comme le maître souverain. Voilà l'essence de la véritable culture védique.
La philosophie de la Conscience de Krishna ne nie pas l'existence de Dieu et des devas, au contraire de la philosophie mayavada; celle-ci professe que ni Dieu ni les devas n'existent véritablement. Selon les mayavadis, en dernière analyse, tout est néant. Ils disent que chacun peut imaginer l'autorité à laquelle il vouera son adoration - Visnu, Durga, Siva ou le dieu du soleil Agni, puisque ce sont là les divinités qui rencontrent le plus d'adorateurs; mais en fait, leur philosophie n'admet pas qu'ils existent vraiment. Selon eux, puisqu'il est impossible de fixer sa pensée sur le Brahman impersonnel, on pourrait imaginer l'une de ces formes, à sa convenance, et méditer dessus. Il s'agit d'un nouveau système de pensée, appelé pancopasana, qui fut introduit par Sankaracarya. Mais la Bhagavad-gita quant à elle, n'enseigne pas de telle doctrines, qui de ce fait, n'ont aucune autorité.
Par contre, la Bhagavad-gita reconnaît
l'existence des devas, et ce thème est d'ailleurs traité de manière élaborée dans les Vedas; on ne peut donc pas nier leur existence, mais il ne faudrait pas non plus les concevoir ni les
vénérer selon l'optique de Sankaracarya. De fait, la Bhagavad-gita rejette clairement le culte des devas:
"Ceux dont le mental est déformé par les désirs matériels se vouent aux devas; ils suivent, chacun selon sa nature, les divers rites propres à leur culte."
Bhagavad-gita {7.20}
Et Krishna précise même au deuxième chapitre:
"Trop attaché aux plaisirs des sens, à la richesse et à la gloire, égaré par ces désirs, nul ne connaît jamais la ferme volonté de servir le Seigneur Suprême avec amour et dévotion."bhogaisvarya-prasaktânâm
tayâpahrita-cetasâm
vyavasâyâtmikâ buddhih
samâdhau na vidhîyate
Ceux qui rendent un culte aux devas sont donc qualifiés de hrita-jnânâh, "ceux qui ont perdu la
raison". Et la Bhagavad-gita ajoute:
Les bienfaits accordés par les devas sont donc
éphémères: comme pour toute facilité matérielle, on ne pourra en jouir qu'en relation avec le corps, lequel est temporaire. Tout bienfait matériel,
qu'il soit offert par la science et ses techniques modernes ou par les divinités qui prodiquent ainsi leurs bénédictions, disparaîtra avec le corps. Par contre, le progrès spirituel, lui, n'est jamais perdu.
Différentes théories sur l'existence de Dieu
Mais en réalité, toute chose en ce
monde a sa raison d'être et s'inscrit parfaitement dans le cadre de la culture védique. Ainsi, les Textes védiques donnent-ils quant à l'union de l'homme et de la femme, la procréation
des enfants, comme le but même de la vie sexuelle. Dans la Bhagavad-gita, Krishna sanctionnera la vie sexuelle telle qu'elle est conçue dans la culture védique, c'est-à-dire lorsqu'elle obéit aux
principes et règles prescrits dans les Vedas, et Lui-même la déclare légitime dans ces conditions. Mais elle devient inacceptable lorsqu'elle n'est régie que par le seul hasard. Lorsque la
procréation résulte d'une attirance sexuelle fortuite, les enfants ainsi engendrés forment une population indésirable appelée varna-sankara (
nde: dans le sens qu'ils sont dépourvus de qualités essentielles pour leur bon équilibre personnel et celui de la société en général). Ce comportement est celui des espèces animales
inférieures, mais il est inadmissible de la part d'un être humain. Il existe pour l'homme un art d'agir correspondant à un dessein supérieur. Nous ne pouvons pas attacher foi à la théorie selon
laquelle aucun dessein spécifique ne gouvernerait la vie humaine et où seul le hasard et la nécessité imposée par la matière seraient la cause de tout.
L'humanité souffre présentement d'un manque de guides spirituels (les brahmanas) ainsi que de
dirigeants (les kshatriyas) pour gouverner la société, et c'est la classe ouvrière (les sudras) qui règne en maître sur le monde entier; de là tous les problèmes qui affectent la
société moderne. C'est précisément afin d'y remédier que nous nous vouons à ce Mouvement pour la Conscience de Krishna. Si la classe brahmanique est rétablie dans sa fonction véritable, à leur
tour les autres groupes apporteront naturellement leur véritable contribution à l'équilibre social, tout comme le bon fonctionnement du cerveau détermine celui des diverses parties du corps tels
les bras, les jambes et l'estomac.
Le but ultime de ce Mouvement est d'enseigner aux hommes
l'art d'aimer Dieu, ce que Chaitanya Mahaprabhu Lui-même définit comme le plus haut degré de perfection. La conscience de Krishna n'a rien de commun avec l'hindouisme pas plus qu'avec aucune religion particulière. Aucun chrétien n'envisagerait de se convertir à
l'hindouisme, et de même, aucun hindou n'irait adopter la foi chrétienne. De telles conversions sont le fait d'hommes sans statut social particulier. Mais tous, par contre, se sentiront
concernés s'il s'agit de comprendre Dieu à travers une approche scientifique et philosophique, et de s'y consacrer
sérieusement. Comprenons bien surtout que le Mouvement pour
la Conscience de Krishna ne cherche par à répandre la "religion hindoue". Bien plutôt, nous proposons un modèle de société spirituelle qui permette de
résoudre tous les problèmes de l'existence; et c'est pourquoi ce Mouvement reçoit un acceuil favorable dans le monde
entier.
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HARE KRSNA
Cette article montre bien le but du mouvement ,mais même des gens de la communauté hindouiste ( indienns, tamouls etc ..) ont des doutes sur le mouvement car ils disent que comment des européens , américains croient-ils A NOS DIEUX ils ont du mal a croire que les européens et américains croient et pratiquent sincérement dans ce mouvement .C'est vrais que tous les européens et américains ne pratiquent pas sincérement et ne croient pas EN KRISHNA . J'ai même trouver un site d'un indien tamouls qui dit hare krsna est une secte et que il a du mal a croire que les européens et américains croient en krishna et etc... Ils pensent que c'est pour de fin personnelles . Il dit qu'il a l'impression que ce sont des descendants des soixante huitard attardés partis à l'assaut de nouvelles réligions pour d'obscures raisons, certains les transformants en sectes malfaisantes. Vous pouvez allez voir le blog ou il y a l'article sur le mouvement http://indiangay7.canalblog.com/
hare krishna