LA CHUTE D’UN HEROS
- d’après un commentaire du Srimad-Bhagavatam-
“Il est deux choses qui font de
chaque être vivant un héros. Lorsqu’il est victime de l’énergie illusoire, l’homme agit en héros dans le monde matériel - en tant que grand dirigeant, politicien, homme d’affaires, etc..- et ses
exploits contribuent au progrès matériel de la civilisation. Toutefois, on peut également être un héros en acquérant la maîtrise des sens, en devenant un gosvâmi. Les activités matérielles
relèvent d’un faux héroïsme, alors que l’héroïsme véritable consiste à retenir les sens devant l’action matérielle. Quelle que soit la grandeur d’un héros dans le monde matériel, il peut être
immédiatement vaincu par les masses de chair et de sang que sont les seins des femmes. L’histoire du monde matériel en offre de nombreux exemples. Citons celui d’Antoine, cet empereur romain qui
fut séduit par les charmes de Cléopâtre. De même, Baji Rao, un grand héros de l’Inde, succomba, lui aussi, aux charmes d’une femme à l’époque où sévissaient les conflits dans le Maharastra, ce
qui entraîna sa chute. L’histoire nous révèle qu’autrefois les hommes politiques employaient des jolies filles entraînées à l’art du visa-kanyâ. Dès leur plus jeune âge, elles recevaient des doses
infimes de poison, ce qui avait pour effet de les imuniser, et elles pouvaient alors empoisonner tous ceux qu’elles embrassaient. Ces jeunes-filles “porte-venin” avaient donc pour mission
d’empoisonner un ennemi en lui donnant un baiser. C’est ainsi que nous trouvons dans les livres d’histoire de nombreux exemples de puissants héros qui furent asservis par le seul charme d’une
femme. En tant que partie intégrante de Krishna, l’être vivant est assurément un grand héros, mais parce qu’il est également faible, il succombe à l’attrait exercé par la
matière.
kṛṣṇa-bahirmukha hañā bhoga-vāñchā kare
nikaṭa-stha māyā tāre jāpaṭiyā dhare
Le Prema-vivarta enseigne que lorsque l’être vivant souhaite jouir de la nature matérielle, il en devient aussitôt la victime. L’être distinct n’est pas forcé de venir en ce monde matériel; il se
choisit lui-même cette destinée, séduit qu’il est par les jolies femmes. Chacun est libre de se laisser séduire par la nature matérielle ou d’être un héros en résistant. Tout dépend si l’on est
sensible ou non à ces attraits. Il n’est pas question d’être forcé à entrer en contact de l’énergie matérielle. Celui qui demeure inébranlable devant la fascination exercée par la nature
matérielle est assurément un héros qui mérite le titre de gosvâmi. S’il ne se rend maître de ses sens, nul ne peut être un gosvâmi. L’être vivant reste donc libre de choisir l’une ou l’autre de
ces deux positions dans le monde matériel: il peut être le serviteur de ses sens, ou il peut en être le maître. En se faisant le serviteur de ses sens, il devient un grand héros au sens matériel
du terme, mais en choisissant de devenir le maître de ses sens, il devient un gosvâmi, un héros spirituel.”
- Srimad- Bhagavatam
4.25.25, commentaires de Srila A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada -
powered by FreeFind
Derniers Commentaires