Srila Prabhupada

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Amour, sexe et illusion

Le Karma, une justice infaillible

 

Publié par Jagadananda das

- Entre justice humaine et justice karmique -
 
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Qu’y-a-t’il de plus insupportable que l’injustice?  De savoir qu’un crime ignoble reste impuni;  qu’un assassin continue librement à perpétrer ses crimes; qu’un violeur d'enfant n’est qu’insuffisamment châtié ; qu’un malfaiteur est relâché; qu’un innocent est condamné....Qu’y-a-t’il de plus révoltant que tout cela?

Si la justice humaine demeure bien faillible et sujette à l’erreur, il n’en est pas de même pour “l’autre justice”. Une justice qui est indéniablement - malgré le fait qu’elle demeure largement méconnue - bien plus supérieure et bien plus fiable que la justice des hommes ; il s’agit de la justice du karma (appelée aussi “justice karmique”).

Quelle est-elle? Qui la dirige? Comment fonctionne-t’elle? Quel est son champ d’action ? Ses implications? Autant de questions très intéressantes auxquelles la série “Le karma: une justice infaillible” se propose de répondre....

 

TABLE DES MATIERES

(cliquer pour l'agrandir)

TabledesmatièresLekarmaunejusticeinfaillible-copie-1

Chapitre V - L’enfer n'est pas un mythe

 
On a parlé précédemment des horribles crimes perpétrés par les Nazis; si nombre d’entre eux n’ont pas été inquiétés par la justice humaine, on peut être certain qu’au moment de la mort aucun n’aura échappé à la justice karmique.

1) la chute dans les espèces animales


La Bhagavad-gita définit comme réactions aux actes coupables,  “la plus redoutable crainte” pour l’être humain : la chute dans les espèces animales. En effet, la réincarnation dans un corps animal constitue un grand danger pour l’être déchu. Si l’âme incarnée se voit précipitée, comme conséquence à ses actes coupables, dans un corps animal du bas de l’échelle évolutive,  - un corps d’insecte par exemple -, il lui faudra remonter une grande partie de l’échelle évolutive des espèces, autrement dit se réincarner des millions de fois (!), avant de pouvoir retrouver la forme humaine.

2) Le juge suprême Yamaraja et les yamadutas


yamarajParmi les dévas, on retrouve Yamaraja, le déva de la mort. Yamaraja exerce la fonction de juge suprême de la court de justice karmique. Il a sa propre planète Pitriloka, dont il est le souverain. Il est un pur dévot de Dieu et est investi de pouvoirs par le Seigneur Suprême qui désire que les êtres humains ne violent pas les règles qu’Il a établies. Le seigneur Yamaraja exerce ainsi une justice équitable, infaillible et rapide. La justice du déva de la mort n’a pas besoin pour s’exercer pleinement, de longs procès, aussi interminables qu’incertains, dont l’issue demeure aléatoire, et dépend d’avocats dont le vrai soucis est de faire gagner coûte que coûte leurs clients, quitte même parfois à travestir un peu la vérité. Nul besoin non plus de jury populaire influençable, le seigneur Yamaraja, doté de pouvoirs surnaturels, telle l’Âme Suprême omnisciente, a une connaissance claire de la situation personnelle de chacun de ceux qui comparaissent devant lui. Il peut ainsi, en toute connaissance de cause, délivrer un jugement parfait. Tout comme il est impossible de ne rien dissimuler à Dieu, on ne peut non plus rien cacher à Yamaraja, Son “ministre de la justice”. Le seigneur Yamaraja exerce donc une justice sûre et irréprochable.

Les yamadutas sont les serviteurs de Yamaraja. Leur apparence physique est redoutable. Ils viennent chercher les êtres coupables au moment de la mort, pour les amener à la cours de justice de Yamaraja afin qu’ils soient jugés et condamnés (1) . Ils servent aussi de bourreaux sur les planètes infernales où ils exécutent les arrêts de justice rendus par Yamaraja.

 

3) les planètes infernales


a) Qui y est envoyé?

Après avoir été jugés par Yamaraja, les coupables sont condamnés à subir divers châtiments et envoyés sur une des planètes infernales de l’univers. Le Srimad-Bhagavatam,  cinquième chant, en donne quelques descriptions, voir chapitre 26 .


Ce chapitre donne une description sommaire des différents enfers ou planètes infernales selon les châtiments infligés (en accord eux-mêmes avec les activités coupables commises). Le degré de châtiment infligé au condamné correspond à la gravité de ses actes, mais aussi à son niveau de responsabilité; il est ainsi soit moindre, intermédiaire ou extrême:

“De même qu'en accomplissant divers actes de vertu on accède à différents niveaux de vie édénique, en agissant de façon impie, on se voit plongé dans différentes conditions de vie infernales. Ceux qui sont influencés par l'ignorance se livrent à divers actes coupables, et selon l'étendue de leur ignorance, ils doivent subir des conditions de vie infernales de différents niveaux. Celui qui agit dans l'ignorance sous l'emprise de la folie connaîtra des souffrances moindres; celui qui se livre à des actes coupables en connaissant la différence entre vertu et impiété tombe dans un enfer aux souffrances intermédiaires; quant à celui qui agit dans l'ignorance et de façon impie du fait de sa nature athée, il se voit infliger les pires châtiments infernaux. A cause de l'ignorance, chaque être vivant a été transporté par divers désirs sur des milliers de planètes infernales différentes, et ce, depuis des temps immémoriaux...”
              (Srimad-Bhagavatam 5.26.3)

Dans le chant suivant du Bhagavatam (le sixième) Yamaraja s’adressant à ses serviteurs, les yamadutas, décrit les personnes les plus susceptibles d’être châtiées par lui. “(...) Yamaraja demande aux Yamadutas de lui amener les personnes qui ont oublié leurs devoirs envers le Seigneur (akṛta-viṣṇu-kṛtyān). En d'autres termes, ceux qui ne chantent pas le Saint Nom de Visnu (Krishna), qui ne se prosternent pas devant Sa murti, et qui ne se rappellent pas Ses pieds pareils-au-lotus, ceux-là s'exposent à être punis par Yamaraja. En résumé, tous les avaisnavas (ceux qui ne se soucient pas de Visnu) sont susceptibles d'être punis par Yamaraja.” Pour plus de détails lire Les candidats pour l’enfer
                  
b) Quelles sont-elles et où sont-elles?

“Toutes les planètes infernales se situent dans l'espace qui sépare les trois mondes (nde: dans la cosmologie védique l’univers est divisé en trois mondes, les mondes supérieurs, intermédiaires et inférieurs) de l'océan Garbhodaka. Elles se trouvent dans la partie sud de l'univers, en dessous de Bhu-mandala (la Terre) et légèrement au-dessus des eaux de l'océan Garbhodaka.”
                    (Srimad-Bhagavatam 5.26.5)

“(....) sept systèmes planétaires inférieurs sont situés sous celui que nous habitons, le plus bas d'entre tous ayant pour nom Patalaloka. En dessous de Patalaloka se trouvent d'autres planètes, connues sous le nom de planètes infernales, ou Narakaloka. L'océan Garbhodaka est logé dans le fond de l'univers; les planètes infernales se situent donc entre Patalaloka et l'océan Garbhodaka.”
                   (teneur et portée du même verset)

Il existe vingt huit planètes infernales, voici leurs noms:
Tâmisra, Andhatâmisra, Raurava, Mahâraurava, Kumbhipâka, Kâlasûtra, Asi-patravana, Sûkaramukha, Andhakûpa, Krimibhojana, Sandamsha, Taptasûrmi, Vajrakantakashâlmalî, Vaïtaranî, Pûyoda, Prânarodha, Vishasana, Lâlâbhaksa, Sârameyâdana, Avîchi, Ayahpâna, Ksârakardama, Raksogana-bhojana, Shûlaprota, Dandashûka, Avata-nirodhana, Paryâvartana, et Sûchimukha. Toutes ces planètes sont destinées au châtiment des êtres conditionnés.      
                  (Srimad-Bhagavatam 5.26. 7)

c) Quels sont les châtiments infligés?

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La justice karmique diverge de la justice humaine en ce que cette dernière a tendance (surtout dans l’âge de kali actuel) à grandement relativisée l’importance pour les êtres humains de suivre les quatre principes régulateurs de la religion: ne pas s’adonner au sexe illicite, à la consommation de chair animale, à l’intoxication et aux jeux de hasard. La consommation de viande, par exemple, est un véritable vivier d’activités coupables et pourtant, cette vérité, dans l’âge actuel en tout cas, est sérieusement occultée par la justice humaine (2) . Il n’en est pas de même toutefois pour la justice karmique; des activités considérées comme “normales” aujourd’hui sont sérieusement réprimées  par la justice de Yamaraja. Par exemple, divers crimes perpétrés contre les animaux, comme:

  • entretenir des abattoirs  et être impliqué de près comme de loin, dans le meurtre d’animaux (3),

  • ébouillanter un animal, un oiseau, un homard, un crabe ou tout autre “fruit de mer”,

  • s’adonner au “plaisir de la chasse” en terrorisant inutilement - alors que la nourriture abonde -,  de pauvres lapins, biches et autres animaux sauvages,

  • etc.., etc...


Les châtiments infligés pour le meurtre d’animaux, et les planètes où ils ont lieu, sont décrits dans le Srimad Bhagavatam:

“Au cours de sa vie, une personne envieuse agit de façon violente envers de nombreux êtres; aussi, après sa mort, alors qu 'elle est emmenée en enfer par Yamaraja, ces mêmes êtres qu'elle a blessés de son vivant apparaissent comme des animaux du nom de rurus pour lui infliger de pénibles souffrances. Les érudits nomment cet enfer Raurava. Quant au ruru, que l'on ne voit généralement pas en ce monde, il est plus envieux et plus cruel qu'un serpent (bien que les rurus ne soient pas visibles en ce monde, leur existence se trouve confirmée par les Écritures védiques ). ”
                               (Srimad Bhagavatam 5.26.11)

“Quant à celui qui entretient son propre corps en faisant du mal aux autres, il lui faudra connaître le châtiment de l'enfer qui a pour nom Maharaurava, où des animaux [ruru] connus sous le nom de kravyadas le tourmenteront et mangeront sa chair.”
                                          ( SB 5.26.12)

“Les êtres cruels qui, pour les besoins de leur corps et la satisfaction de leur palais, font cuire vivants des pauvres oiseaux et d'autres animaux, sont condamnés même par les mangeurs d'hommes. Après leur mort, ils seront emmenés par les Yamadutas dans l'enfer du nom de Kumbhipaka, où on les fera cuire dans de l'huile bouillante.”
                                (SB 5.26.13)

Les châtiments encourus pour le sexe illicite, ainsi que leur lieu d’exécution, sont aussi décrits dans le Srimad Bhagavatam:

“Un homme ou une femme qui a des rapports sexuels coupables avec une personne du sexe opposé sera puni après sa mort par les serviteurs de Yamaraja dans l'enfer du nom de Taptasurmi, où hommes et femmes sont battus à coups de fouet. On les force alors à étreindre l'un une forme féminine, l'autre une forme mâle, faites de métal chauffé au rouge. Tel est le châtiment infligé pour les activités sexuelles illicites.”
                                (SB 5.26.20)

Le verset que l’on vient de lire, où l’adultère avec le mari ou la femme d’un autre est sévèrement condamné par la justice karmique (c’est aussi d’ailleurs un des 10 commandements de la Bible), souligne, encore une fois,  le décalage profond qui existe entre la justice de Dieu (la justice karmique) et la justice humaine. Aujourd’hui, l’adultère est banalisé et un site a même été créé récemment sur internet pour favoriser les rencontres de ce type. Il y a pourtant seulement quelques trois ou quatre décennies de cela,  la morale était bien plus stricte, mais aujourd’hui les choses se sont grandement relâchées et les pratiques sexuelles “libérées”, pour beaucoup, ne sont plus considérées taboues. On peut voir donc, comment dans l’âge de kali les choses se dégradent très vite, et qu’il est urgent ainsi de prendre refuge en Krishna, à travers la pratique  du service de dévotion et la recherche de la compagnie des dévots de Krishna,  si l’on ne veut pas risquer soi-même d’être atteint par la corruption ambiante, et devenir ainsi victime des punitions de l’enfer Taptasurni.

“En général, un homme ne doit pas avoir de rapports sexuels avec une femme autre que la sienne. Selon les principes védiques, la femme d'un autre homme est considérée comme une mère, et il est strictement interdit d'avoir des rapports sexuels avec sa mère, sa soeur ou sa fille. Or, si l'on a des rapports sexuels illicites avec la femme d'un autre homme, c'est comme si l'on en avait avec sa propre mère, et un acte de ce genre est répréhensible au plus haut point. Notons également que le même principe s'applique à la femme: si elle a des relations sexuelles avec un homme autre que son mari, c'est comme si elle en avait avec son père ou avec son fils. Les activités sexuelles illicites sont toujours condamnées, et tout homme ou femme qui s'y livre se voit puni de la manière qu'indique notre verset.”
                     (teneur et portée du verset cité ci-avant)  

D’autres châtiments, autres que ceux reliés directement aux quatre principes régulateurs, sont relatés dans le Srimad Bhagavatam:

- Pour le fait d’être athée ou d’inventer “sa religion”:


“Si quelqu'un s'écarte de la voie tracée par les Vedas en dehors de toute urgence ou circonstance exceptionnelle, les serviteurs de Yamaraja le mettent dans l'enfer du nom d'Asi-patravana, où ils le cinglent à coups de fouet. Courant en tous sens pour échapper à la douleur extrême qu'il éprouve, il se heurte de part et d'autre à des palmiers aux feuilles tranchantes comme des épées. Blessé sur tout le corps et manquant de s'évanouir à chaque pas, il s'écrie: "Oh! Que faire maintenant? Comment échapper à tout ceci?:" Voilà comment doit souffrir celui qui renie les principes religieux qu'il a acceptés.”
                 (Srimad Bhagavatam 5.26.15)

“Il n'y a en fait qu'un seul principe religieux -dharmam tu sâksâd bhagavat-pranîtam-, qui consiste à suivre les instructions de Dieu, la Personne Suprême. Malheureusement, surtout dans l'âge de Kali, tout le monde est athée. Les gens ne croient pas en Dieu, et à fortiori ils n'obéissent pas à Ses ordres. Les mots nija-veda-patha peuvent également signifier "ses propres principes religieux". Autrefois, il n'y avait qu'un seul ensemble de principes religieux (ou veda-patha), alors que maintenant il en existe un grand nombre. Toutefois, quel que soit l'ensemble des règles auxquelles on choisit d'adhérer, il faut s'y tenir strictement; telle est la seule injonction. Un athée, ou nâstika, est une personne qui rejette les Vedas. Néanmoins, même si l'on adopte une autre voie religieuse, selon ce verset il faut faire en sorte d'observer les principes que l'on s'est fixés. Ainsi, que l'on soit hindou, musulman ou chrétien, on doit rester fidèle à ses principes religieux. Toutefois, si l'on imagine une religion de son invention, ou si l'on ne s'en tient à aucun principe religieux, on sera châtié dans l'enfer du nom d'Asi-patravana. En d'autres termes, l'être humain doit adopter une religion, sans quoi il ne vaut pas mieux qu'un animal. Au fur et à mesure que progresse le kali-yuga, les gens deviennent athées et s'attachent à ce qu'on appelle la laïcité, mais ils ne connaissent pas le châtiment qui les attend à Asi-patravana, tel que le décrit notre verset.”
               (Teneur et portée du verset cité ci-avant)

- Pour les arnaqueurs en tout genre qui n’hésitent pas à tromper autrui pour gagner de l’argent:


“Celui qui considère son corps comme son être propre travaille comme un forcené afin de gagner de l'argent pour l'entretenir, ainsi que ceux de sa femme et de ses enfants; ce faisant, il se peut qu'il fasse violence à d'autres êtres. Il est cependant contraint de quitter son corps et sa famille à l'heure de sa mort et se voit alors jeté dans l'enfer appelé Raurava (pour des détails sur cet enfer Raurava voir ci-dessus Srimad Bhagavatam 5.26.11) où il doit payer pour les souffrances qu'il a infligées à d'autres créatures.”
                (Srimad Bhagavatam 5.26.10)

“(...) non seulement il croit être le corps de matière, mais il se livre en outre à toutes sortes d'actes coupables en vue de l'entretenir. Il trompe tout le monde en vue d'acquérir de l'argent pour sa famille et pour lui-même, et sans raison se montre malveillant à l'égard d'autrui -ce qui lui vaudra d'être jeté dans l'enfer appelé Raurava . Celui qui simplement considère son corps comme son être propre à l'instar des animaux, n'est pas très coupable. Cependant, si quelqu'un commet inutilement des actes répréhensibles en vue d'entretenir son corps, il sera expédié à Raurava.(...) lorsqu'un être humain agit de façon mauvaise et malhonnête à l'égard d'autrui pour les besoins de son corps, il doit endurer des conditions de vie infernales.”
                (Teneur et portée du verset ci-dessus)

- Pour le meurtre d’un homme vertueux, et en particulier d’un brahmana:


“Le meurtrier d'un brahmana sera précipité dans l'enfer du nom de Kâlasûtra, qui a une circonférence de cent trente mille kilomètres et qui est entièrement fait de cuivre. Chauffée en dessous par du feu et par-dessus par le soleil ardent, la surface cuivrée de cette planète est brûlante. L'assassin y endure des brûlures internes aussi bien qu'externes: intérieurement il brûle de faim et de soif, et extérieurement il brûle de la chaleur ardente du soleil et du feu qui chauffent le cuivre. Il s'allonge parfois, sur le sol, d'autres fois s'assied, se lève ou court en tous sens, et il doit souffrir de cette manière pendant autant de milliers d'années qu'il y a de poils sur le corps d'un animal. “
                  (Srimad Bhagavatam 5.26.14)

 

4) on ne meurt pas en enfer


Quand la mort peut représenter une véritable libération pour celui qui endure d’intenses souffrances, dans les planètes infernales il n’y a même pas cette possibilité puisque l’être qui subit les châtiments de l’enfer n’est pas puni à travers l’intermédiaire de son corps matériel grossier mais à travers celui de son corps subtil .

En fait, la mort n’existe pas, les entités vivantes sont de nature éternelle, et ce que l’on appelle “la mort” ne désigne qu’une période transitoire ; celle du passage d’un corps à un autre.

 

Chapitre VI - Briser les chaînes du karma

 

1) L’action libératrice


Ayant pris conscience de la terrible réalité du karma qui régit chacun de nos actes en ce monde, et qui, non seulement, est à l’origine de la souffrance dans cette vie et dans la suivante, mais aussi entre les deux (avec la possibilité d’être envoyé en enfer après la mort), l’être intelligent cherchera à s’en affranchir totalement.

a) la prison de l’action intéressée

Le monde matériel est un monde où règne la dualité.  Celle-ci affecte profondément chacun de nos actes en ce monde en divisant les actions et leurs effets, en actions dualistes: actions pieuses et actions coupables. Les actions pieuses généreront un bon karma, une future bonne naissance sur terre et sur les planètes édéniques, alors que les actions coupables, elles, créeront une future mauvaise naissance sur terre après un séjour sur les planètes infernales.

Bien que bénéfique et propice en soi, l’action pieuse, régie par la vertu  - alors que l’action coupable est régie par la passion et l’ignorance - , ne constitue pas une garantie absolue de bonheur. Même si l’être pieux, comme l’adorateur des dévas, est destiné à vivre une vie longue et heureuse sur les planètes édéniques, les planètes des dévas (4), celle-ci n’est pas éternelle;  un jour ou l’autre, une fois que le crédit de ses activités pieuses est épuisé, il doit redescendre sur cette terre mortelle (BG 9.21) . C’est pourquoi Krishna décrit les adorateurs des dévas, qui demeurent sous l’influence de l’action intéressée, comme des “gens de peu d’intelligence”:

                                antavat tu phalaḿ teṣâḿ
                               tad bhavaty alpa-medhasâm

“Les hommes à l’intelligence brève rendent un culte aux dévas; éphémères et limités sont les fruits de leur adoration.”
                              (Bhagavad-gita 7.23)

Tant que nous agissons sous l’emprise du karma nous devons en subir les conséquences bonnes comme mauvaises et demeurer ainsi enchaîné au cycle des morts et des renaissances répétées.

b) Les trois sortes d’actions

Un lien d’amour profond unit Dieu, Sri Krishna, à tous les êtres vivants. Le Seigneur dans la Bhagavad-gita révèle qu’Il est le Père de tous les êtres vivants: aham bîja-pradah pitâ . Contrairement aux âmes conditionnées de ce monde, le Seigneur Krishna n’oublie jamais ce lien d’amour.  Il révèle ainsi l’enseignement de la Bhagavad-gita, dans le but de délivrer les êtres de l’emprise du karma:

“Reçois maintenant la connaissance du yoga, qui permet d’agir sans être lié à ses actes. Quand cette intelligence te guidera, ô fils de Prithâ (Arjuna), tu pourras briser les chaînes du karma.”
                         (Bhagavad-gita 2.39)

Krishna ainsi présente dans la Bhagavad-gita Son enseignement sur “la science de l’agir”. Dès le deuxième, et tout au long du troisième, quatrième et cinquième chapitre de la Bhagavad-gita le Seigneur développe la connaissance de la science de l’agir, le karma-yoga, celle qui permet d’agir sans être lié aux résultats de ses actes.

Selon leur nature et leurs effets, le Seigneur définit ainsi trois formes d’actions (BG 4.17):

  1. l’action karma ou l’action légitime,

  2. l’action vikarma ou l’action condamnable,

  3. l’action akarma ou l’action sans réaction karmique.


1.  Le mot karma est employé ici par Krishna dans le sens de “légitime” ; une action accomplie dans le soucis d’agir en conformité avec les principes religieux. Toutefois, parce que l’auteur agit dans le but de récolter des fruits personnels, ce genre d’action est dite “intéressée” et est suivie d’effets karmiques ; ce type d’action a été abordée précédemment sous le nom d’action pieuse.

2. Rentre dans le cadre de l’action vikarma ou l’action condamnable, l’action accomplie sans référence aucune aux normes établies par la religion. Cette façon d’agir en dehors de toute norme scripturaire, principe régulateur ou commandement religieux, s’est malheureusement banalisée de nos jours ; en même temps que se développaient dans la population, l’athéisme, le matérialisme et l’hédonisme. Sur l’autel de la société de consommation, l’argent, les femmes, la viande et les intoxicants sont les nouveaux dieux modernes. Les auteurs d’actions vikarmiques se préparent, à défaut de racheter leurs fautes avant de mourir, un futur très sombre: séjour dans les planètes infernales, naissance dans les espèces animales, etc... Ce genre d’action a déjà été abordée précédemment et rendre dans le cadre de l’action coupable.

3. Si les deux types d’actions que nous venons d’analyser précédemment sont rejetés dans la Bhagavad-gita par Krishna, c’est pour la raison qu’elles entraînent leurs auteurs dans la spirale du karma et des morts et renaissances répétées. Quant à cette troisième forme d’action, sa particularité unique est qu’elle n’entraîne pour son auteur aucune réaction karmique, quelle soit bonne comme mauvaise. C’est pour cette raison qu’elle est dite “akarma”; le préfixe “a” annule le sens du mot qu’il précède; “a-karma” signifie donc “sans réaction”.  

c) l’action dévotionnelle

Quelle est donc ce type d’action si précieuse, qui ne génère aucun karma et que l’on peut qualifier ainsi d’ “action libératrice”?

 Il s’agit de l’action dévotionnelle :

“Krishna dit à Arjuna: Libère-toi, ô Dhananjaya (Arjuna), de tout acte matériel par le service de dévotion; absorbe-toi en lui. ‘Avares’ ceux qui aspirent aux fruits de leurs actes.”
                          (Bhagavad-gita 2.49)

“L'homme qui réalise pleinement sa nature fondamentale de serviteur éternel du Seigneur abandonne toute occupation autre que celles accomplies dans la conscience de Krishna . Le buddhi-yoga, le service de dévotion, consiste, nous l'avons vu, à servir le Seigneur avec cet amour pur, qui est la meilleure voie pour tous les êtres. Qui cherche à jouir des fruits de son labeur, quand cela ne peut que l'empêtrer davantage dans les rets de l'existence matérielle, n'est qu'un avare. Toute action accomplie dans un autre but que de plaire à Krishna est néfaste, car elle retient toujours plus son auteur dans les chaînes du cycle des morts et des renaissances. On ne devrait donc jamais désirer être à l'origine de l'action. Tout devrait se faire en pleine conscience de Krishna, pour le plaisir de Krishna. L'avare ne sait pas utiliser les richesses qu'il a acquises par chance ou par dur labeur; et comme lui, l'infortuné n'utilise pas son énergie humaine au service du Seigneur. A l'inverse, on doit dépenser toutes ses énergies au service de Krishna; et qui agit ainsi voit son existence couronnée de succès.”
                        (Teneur et portée du verset ci-avant)

  
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“Le service de dévotion peut, dans cette vie, libérer qui s'y engage des suites de l'action, bonnes ou mauvaises. Efforce-toi donc, ô Arjuna, d'atteindre à l'art d'agir, au yoga.”
                          (Bhagavad-gita 2.50)

“Tous les êtres vivants, depuis des temps immémoriaux, accumulent bonnes et mauvaises conséquences de leurs actes, et c'est pourquoi ils restent dans l'oubli de leur position véritable et éternelle. Suivre les instructions de la Bhagavad-gita nous permet de dissiper cette ignorance, car elle enseigne comment s'abandonner totalement à Sri Krishna et se libérer ainsi de l'enchaînement, vie après vie, aux actes et à leurs suites. Arjuna se voit donc conseillé d'agir en pleine conscience de Krishna, pour se délivrer des chaînes du karma.”
                        (Teneur et portée du verset ci-avant)


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“Absorbé dans le service de dévotion, le sage prend refuge en le Seigneur et, renonçant en ce monde aux fruits de ses actes, s'affranchit du cycle des morts et des renaissances. Il parvient ainsi à l'état qui est par-delà la souffrance.”
                         (Bhagavad-gita 2.51)


L'être libéré cherche le lieu où les souffrances matérielles n'existent pas. Le Srimad-Bhagavatam affirme à ce propos:

‘Pour celui qui a pris refuge sur le vaisseau des pieds pareils au lotus du Seigneur, qui accorde la libération, d'où Son Nom de Mukunda, et en qui reposent tous les univers, l'océan de l'existence matérielle est comme l'eau contenue dans l'empreinte du sabot d'un veau. Il cherche alors le lieu où les souffrances matérielles n'existent pas (param padam, ou Vaïkuntha), et non celui où de nouveaux dangers se présentent à chaque pas.’

                                  (Srimad-Bhagavatam 10.14.58)


L'ignorance nous fait oublier que l'univers matériel est un lieu de souffrance, où nous devons à chaque instant faire face à de nouveaux dangers. Seule l'ignorance, en effet, pousse l'homme peu éclairé à vouloir porter remède aux problèmes de l'existence en cherchant à jouir des fruits de ses actes, qu'il croit pouvoir lui donner le bonheur. Il ignore que nul corps matériel, en quelque endroit de l'univers, ne peut lui donner une vie exempte de souffrance. Vivre, c'est naître, vieillir, souffrir, mourir, et cela dans tout l'univers matériel. Mais celui qui connaît sa véritable condition de serviteur éternel du Seigneur réalise par là, la position de la Personne Suprême, Sri Krishna, et s'engage avec amour à Son service. Il a alors toute qualité pour atteindre les planètes Vaïkunthas, ou Vaïkunthalokas, où n'existent ni la triste vie matérielle, ni les influences du temps et de la mort. La connaissance de sa propre nature implique aussi qu'on reconnaisse la nature sublime du Seigneur. Celui qui, bien à tort, croit l'âme distincte égale au Seigneur, baigne dans les ténèbres (voir mayavada). Comment pourrait-il accepter de s'engager à Son service avec amour et dévotion? Au contraire, il cherche à devenir lui-même un "Seigneur" et se prépare ainsi à mourir et à renaître maintes et maintes fois. Mais celui qui reconnaît sa nature de serviteur se met au service de Krishna et se prépare dès lors à rejoindre le royaume de Vaikuntha. Le service offert au Seigneur porte les noms de karma-yoga, de buddhi-yoga, ou simplement de service de dévotion.”

                                     (teneur et portée du verset ci-avant)

L’action dévotionnelle désigne l’action accomplie dans le but de satisfaire Krishna . Pour être véritablement efficace, elle doit suivre un schéma spécifique. Elle ne peut être accomplie de façon arbitraire mais doit être initiée par un maître spirituel authentique. Elle doit rentrer dans le cadre des neuf activités du service de dévotion. Cependant l’action dévotionnelle bien qu’appartenant à un cadre spécifique n’a rien de mécanique, et se doit pour agir d’être accomplie dans une conscience dévotionnelle pure; pure signifie débarrassée de la souillure de l’action intéressée et de la spéculation intellectuelle et emplie d’amour et de dévotion pour Dieu, la Personne Suprême. Quand elle répond aux critères précités, l’action dévotionnelle, non seulement affranchit son auteur du karma et de la réincarnation, mais surtout et avant tout, a le pouvoir de réveiller l’amour de Dieu qui dort enfoui dans son coeur depuis des temps immémoriaux.

Dans la conclusion de Son enseignement sur la science de l’agir, Krishna révèle ainsi la meilleur façon d’agir pour s’affranchir des chaînes du karma et de la réincarnation. Elle culmine dans l’abandon à Lui, Dieu la Personne Suprême : “Laisse-là toute forme de religion et abandonne toi simplement à Moi”. Quel est le résultat d’un tel abandon? Krishna promet à l'être soumis:  “Toutes les suites de tes réactions karmiques, Je t’en affranchirai” (voir Gita 18.66). Agissant dorénavant dans une conscience divine ou conscience de Krishna, la vie du bhakta devient exaltée et, au lieu de renaître encore une fois dans ce monde matériel misérable, il rejoint le royaume de Dieu, sa véritable demeure, au moment de la mort.

 

2) Le Mouvement du Sankirtana


Éprouvant une profonde compassion pour les hommes déchus de l’âge de kali, le Seigneur Krishna, sous la forme de l’avatâra Chaitanya Mahaprabhu a instauré il y a 500 ans au Bengale le Mouvement du Sankirtâna. Le Sankirtâna - le chant congrégationnel des Saints Noms de Krishna, le Maha-mantra Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Râma Hare Râma Râma Râma Hare Hare, représente la méthode de réalisation spirituelle la plus efficace qui soit -particulièrement en cet âge. Le chant du Maha-mantra (individuel sous la forme du japa, comme collectif) est capable d’affranchir une personne de toute la somme de mauvais karma qu’elle aura accumulée, avec ses redoutables effets ( la chute dans les espèces animales, les punitions de l’enfer, une mauvaise naissance, la souffrance) , tout en éveillant simultanément en son coeur, l’amour de Dieu, le plus grand bienfait de l’existence. L’histoire de Jagaï et Madhaï qui étaient de grands pécheurs et que le Seigneur Chaitanya Mahaprabhu sauva de l’enfer et transforma en purs dévots du Seigneur, en témoigne avec éloquence.

Ce Mouvement du Sankirtana a été ravivé par l’action unique de Sa Divine Grâce A.C.Bhaktivedanta Swami Prabhupada sous le forme du Mouvement International pour la Conscience de Krishna (l’ISKCON). Tout le monde est invité, chacun selon ses possibilités, à y participer. On pourra profiter ainsi de l’incroyable opportunité qu’offre l’âge de Kali:

                                     kaler dosa-nidhe râjann
                                    asti hy eko mahân gunah
                                      kîrtanâd eva krishnasya
                                    mukta-sangah param vrajet

 

 “Mon cher roi, malgré le fait que le kali-yuga soit un océan de défauts, il présente néanmoins une qualité particulière; en chantant simplement le maha-mantra Hare Krishna, on peut être libéré de l’enchaînement matériel et être élevé au royaume spirituel.”
                 (Srimad Bhagavatam 12.3.51) 

 

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 (1) Bien-sûr, nombreuses sont les personnes étrangères à la culture védique,  qui accorderont peu de crédit à ces descriptions et les jugeront “imaginaires et mythologiques” mais quoi qu’il en soit les yamadutas sont des êtres bien réels.


Nombreux sont ceux qui proches de la mort ont manifesté une grande agitation mentale et rendu compte d’”une présence effrayante” à coté d’eux. Ce phénomène en médecine rentre sous le nom d’”agitation terminale”. Dans ce cas, il est considéré systématiquement comme un problème d’ordre psycopathologique et lorsque les patients mourants font part de leur terreur face à “une présence effrayante” autour, cela passe immanquablement pour du délire mental  provoqué par une trop grande anxiété face à une mort imminente (lire à ce sujet “Histoire d’une mort terrifiante”, un témoignage directe et très édifiant de l’expérience des yamadutas au moment de la mort).
 
(2)  L’être évolué dans la connaissance voit tous les êtres d’un oeil égal ( Pandita sama darshina).  Il ne fait aucune discrimination entre les êtres, en pensant que certains animaux sont faits pour être des “animaux de compagnie” et d’autres des “animaux de boucherie”. Dans la religion chrétienne aussi existe le commandement “Tu ne tueras point” mais les gens ne les suivent pas car les prêtres eux-mêmes ignorent (et veulent ignorer) que ce commandement concernent aussi les animaux.  Un des symptômes d’ignorance de l’homme actuel  est  de trouver parfaitement normal que des millions d’animaux  soient sacrifiés dans les abattoirs industriels modernes pour le simple plaisir de ses papilles gustatives.
 
(3) Dans la manu-samhita, tous ceux qui sont impliqués, de près comme de loin, dans le meurtre d’un animal, sont déclarées coupables: l’éleveur, le transporteur, l’acheteur, le vendeur, celui qui le tue, celui qui découpe la viande, le consommateur, le publicitaire, etc... (Manu-samhita 5.51)
 
(4) Une large section des védas, appelée section karma-kanda et upasana-kanda, traite des rituels et de l’adoration des dévas pour obtenir divers bienfaits matériels et la promotion sur les planètes édéniques où règnent les dévas.

 

 

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