Vendredi 26 février 2010
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Le maître spirituel engage
son disciple selon sa nature
L'idée que l'homme du commun a du maître spirituel est entachée de nombreux stéréotypes et fausses conceptions . La
relation entre le maître spirituel et le disciple demeure encore un des domaines les plus mal connus. C'est pourquoi le passage suivant du Srimad-Bhagavatam, la crème des Vedas,
commenté par un grand maître spirituel et achârya, Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda, est si précieux. Il nous
permet de comprendre que le plus exalté d'entre les maîtres spirituels est le représentant de Dieu dans son aspect ultime ;(au delà de la conception impersonnelle de Dieu et de son aspect
d'Âme Suprême universelle) Celui de Dieu la Personne Suprême Sri Krishna.
Le maître spirituel authentique enseigne à son disciple que la plus haute perfection spirituelle consiste à renouer sa relation d'amour avec Sri Krishna. Dans cette perspective, la tâche du
maître spirituel consiste à engager son disciple dans l'une (ou plusieurs) des neuf activités dévotionnelles du
bhakti-yoga et pour se faire - telle est la compétence du maître spirituel -, il l'engage selon ses tendances naturelles.
Après sa rencontre avec Kardama muni, un grand sage et maître
spirituel, Manu plein de reconnaissance, lui adresse ces paroles chargées de signification:
"J'ai eu la chance d'être instruit par toi, recevant par là une faveur insigne. Et
je remercie Dieu d'avoir pu prêter une oreille attentive à ces paroles pures."
( Srimad Bhagavatam
3.22.7)
TENEUR ET PORTEE
Dans son Bhakti-rasamrta-sindhu,
Srila Rupa Gosvami nous a donné
des directives quant à la manière d'accepter un maître spirituel authentique et d'agir avec lui. En premier lieu, le postulant doit trouver un tel maître, puis recevoir ses instructions
avec ferveur et les accomplir; ainsi y a-t-il échange de service. Le maître spirituel authentique, ou la personne sainte, désire toujours élever l'homme qui se présente à lui. Sachant que
tous les êtres subissent l'emprise illusoire de mâyâ et oublient leur devoir premier, qui est de cultiver la conscience de Krsna, l'homme
saint aspire à voir tous les êtres acquérir cette qualité de sainteté. Et c'est d'ailleurs son rôle de susciter la conscience de Krsna en chaque âme oublieuse.
Manu reconnaît avoir bénéficié d'une grande faveur en recevant les conseils et
les instructions de Kardama Muni. Il se considère fortuné d'avoir prêté une oreille attentive à son message. Il est spécifiquement indiqué ici qu'on doit ouvrir toutes grandes ses deux
oreilles et se montrer profondément désireux d'entendre les enseignements autorisés d'un maître spirituel authentique. Comment, en effet, recevoir ce message spirituel? Par une écoute
attentive, nous apprend ce verset. Les mots karna-randhraih signifient littéralement "à travers les orifices auriculaires". C'est par les oreilles et par aucune autre partie du
corps que peut être reçue la faveur du maître spirituel. Toutefois, cela ne signifie nullement que le maître spirituel transmet oralement un mantra particulier en échange de quelques
billets, et que si le disciple médite sur ce mantra il atteindra la perfection et deviendra lui-même Dieu en moins six mois. Cette forme d'écoute n'a aucune valeur. La vérité est que le maître spirituel authentique peut connaître la nature d'un être, ainsi que le type de devoir qu'il peut accomplir dans la Conscience de Krsna, et c'est dans
cette voie qu'il l'instruit. Quant à cette instruction, il la lui transmet de bouche à oreille, mais publiquement, et non pas en privé. "Tu es apte à telle ou telle sorte d'activité
dans la Conscience de Krsna, et tu devrais agir de cette façon". Ainsi, tel disciple se verra appelé à oeuvrer dans la Conscience de Krsna en travaillant dans la chambre des murtis, tel autre en effectuant un travail
d'édition, un autre en prêchant et un autre en cuisinant. Il existe différents secteurs d'activités dans la Conscience de Krsna, et le maître spirituel, connaissant la nature particulière
de chacun, forme son disciple de façon à ce qu'il devienne parfait en utilisant ses aptitudes particulières. La Bhagavad-gita établit clairement que l'on peut atteindre à la plus haute perfection de la vie spirituelle par la simple offrande de
ses services au Seigneur selon son aptitude propre, à l'image d'Arjuna qui servit Krsna à travers la maîtrise des arts martiaux. Arjuna se dédia totalement au service du Seigneur en tant
qu'homme de guerre et atteignit par là la perfection. De la même manière, un artiste peut atteindre la perfection en créant des oeuvres sous la direction de son maître spirituel. Un homme
de lettres pourra écrire des journaux et de la poésie consacrés au Seigneur, toujours sous la direction du maître spirituel. Il faut recevoir les instructions du maître spirituel concernant
la façon dont on doit agir selon ses aptitudes propres, car le maître spirituel est parfaitement apte à donner de telles directives.
Cette combinaison, à savoir les instructions du maître spirituel et leur
fidèle exécution par le disciple, assure la perfection du processus. Srila Visvanatha Cakravarti Thakura déclare dans son explication du verset vyavasâyâtmikâ buddhih de la
Bhagavad-gita (BG 2.41) que quiconque
désire être certain de connaître le succès spirituel doit s'en tenir aux instructions du maître spirituel quant à ses devoirs propres. Il doit s'efforcer de remplir avec foi les
instructions personnelles qu'il a reçues et les considérer comme sa vie et son âme. L'exécution fidèle des instructions du maître spirituel représente l'unique devoir du disciple, grâce
auquel il atteindra la perfection. Il faut donc écouter le message du maître spirituel avec grande attention et l'exécuter avec foi. Ainsi notre existence sera-t-elle couronnée de
succès.
Par Srimad Bhagavatam
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Publié dans : Le guru ou maître spirituel.
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