Le
mantra Hare Krishna est
un
anti-anxiogène puissant (1/2)
- Pour une thérapie spirituelle -
Une société anxiogène
De plus
en plus dans notre société actuelle la population est affligée par l’anxiété et le stress. A un tel point que le stress au travail, par exemple, est devenu un sujet de préoccupation majeure .Les
médias rapportent fréquemment des cas de suicides à cause du travail et récemment l’annonce du nombre de 60 morts en trois ans à France télécom a remué l’opinion publique. (1)
Les
raisons d’un tel accroissement de l'anxiété apparaissent multiples et variées et affectent tous les aspects de l’existence - la vie professionnelle, la vie affective, familiale, sociale. En ce
qui concerne la vie professionnelle, par exemple, on peut aisément comprendre que le cadre économique hyper productiviste actuel est générateur de stress: la pression du résultat, la
chosification de l’individu, l’abscence de reconnaissance, la précarité de l’emploi, etc.. La vie affective également est une grande source d'anxiété et obtenir le partenaire qui convient,
susceptible de nous rendre heureux, dotés des mêmes affinités psychologiques, attrayant, fidèle, honnête, courageux, équilibré, tolérant, généreux, tendre, etc..., s’apparente souvent à un
véritable parcours du combattant.
Elever
et maintenir une famille est certainement aussi très anxiogène. Inutile de s’étendre sur le sujet, tout le monde le sait ; si la vie de famille apporte, à priori, de la satisfaction et du
bonheur, elle est aussi difficile et astreignante et traine avec elle son lot de déceptions et de problèmes récurrents. Veiller au maintien d’une maison (s’acquitter du loyer, des factures
d’électricité, de gaz, d’eau, d’assurances, de téléphone, etc..), assurer les besoins matériels de la famille (nourriture, vêtements, voiture et transport, sorties, etc..etc..) est loin d’être
une sinécure. Eduquer des enfants, faire face à leurs besoins matériels mais aussi affectifs et psychologiques, travailler pendant des décennies (encore faut-il avoir “la chance” d’avoir un
emploi et de le conserver) pour assurer leur subsistance, n’est pas une vaine affaire. Souvent la vie familiale est semée d’embûches et de complications (adolescence et rebellion, problèmes
scolaires, maladies, difficultés relationnelles, mauvaises influences, etc...) . Et pour peu que le destin frappe durement un membre de la famille - à travers une maladie grave ou,
même, la mort - , c’est toute la famille qui est affectée, et de compliquée, la situation devient vite infernale.
A la racine de l’anxiété
Si les
causes de l’anxiété et du stress que nous venons succintement de décrire, sont assez bien cernées et comprises par les spécialistes concernés - médecins du travail, psychologues,
sociologues, chercheurs -, il est cependant étrange que ces deux fléaux continuent malgré tout à prospérer avec l’ampleur qu’on leur connaît.
Quelle
est la raison d’un tel échec ? La raison provient du fait que l’on ignore encore très largement l’origine profonde de l’anxiété . On a tendance à s’en tenir encore aux causes extérieures et
l’on ignore la cause essentielle. Et pourtant cette compréhension (de l’origine profonde de l’anxiété et du stress) est absolument capitale si l’on désire vraiment les combattre avec
succès. La psychologue Carole Sédillot pointe avec clairvoyance cet état de chose:
“Pourquoi nous souffrons. Un entretien qui ne débouche pas sur un emploi, une mutation qui nous est refusée, un enfant qui ne paraît pas...Avoir la sensation de ne pas, de ne plus maîtriser sa vie est profondément anxiogène. Surtout dans notre culture, où la dimension sacrée de la vie a été gommée au profit exclusif de sa conception matérielle. ” (2)
Cette
cause primordiale de la prédominance de l’anxiété et du stress au sein de la société actuelle est très bien exprimée ici par Mme Sédillot en ces quelques mots : la perte dans notre culture
actuelle de “la dimension sacrée de la vie... au profit exclusif de sa conception matérielle”.
Quelle
vérité cette seule phrase contient-elle ! Dommage que les différents intervenants médicaux, sociaux, politiques, religieux (Hé oui, la plupart même des intervenants des religions établies
faillissent aussi!) dans leur immense majorité ne comprennent pas cette simple vérité, s’ils parvenaient à la saisir, combien les choses changeraient ! (3)
Une âme dans un corps
Mais
d’abord qu’entendre par “dimension sacrée de la vie”? Quelle est donc la nature de la vie?
Selon la culture védique millénaire de l’Inde, l’homme, comme
tous les êtres vivants, est constitutionnellement “un être spirituel”. La Bhagavad-gita, le fleuron de la science spirituelle, nous éclairent sur l’identité profonde de l’homme :
A l’instant de la mort, l’âme prend un nouveau corps, aussi naturellement qu’elle passe dans celui-ci, de l’enfance à la jeunesse, puis à la vieillesse . Ce changement ne trouble pas qui a conscience de sa nature spirituelle.
(Bhagavad-gita
2. 13)
La nature de l’être est ici
clairement définie : il est une âme spirituelle incarnée
dans un corps matériel . Autrement dit, l’être, par nature, est d’essence spirituelle et non pas matérielle. Il habite présentement, à travers ses incarnations successives, tel ou tel corps
matériel [humain, supra-humain (4) , mais aussi animal ou végétal] mais son identité réelle n’en est pas moins distincte de celui-ci.
Quand
le corps matériel est de nature temporaire et périssable, son “résident” - l’âme -, lui, est indestructible et éternel:
antavanta ime
dehâ
nityasyoktâh
sharîrinah
“L’âme est indestructible, éternelle et sans mesure; seuls les corps matériels qu’elle emprunte sont sujets à la destruction.
(Bhagavad-gita
2.18)
On saisit pleinement la dimension
sacrée de la vie lorsque l’on parvient à comprendre, comme le souligne la Bhagavad-gita, que la vie n’est pas un produit de la matière mais est pleinement dictincte de celle-ci, tout comme
le vêtement est distinct du corps.
Comment percevoir l’âme?
Poursuivant le
sujet qui nous occupe - mieux lutter contre l’anxiété et le stress-, en quoi ce que l’on vient d'énoncer (sur l’âme comme réelle identité de l’être vivant, le corps matériel, comme simple
enveloppe corporelle) permet-il de mieux lutter contre ces maux?
D’abord, avant de
répondre à cette question, il est important de préciser pour les esprits cartésiens et “scientifiques” actuels, ( et ils sont nombreux de nos jours !) qui sont normalement très réfractaires, pour
définir la nature de la vie, à tout concept surnaturel et sacré, transcendant, d’”âme”, de “vie après la mort” , de “réincarnation”, d’”éternité”, de “Dieu”, etc.., que si l’âme est trop
ténue pour être vue, et échappe ainsi à toute perception sensorielle directe, il est cependant possible de l’appréhender concrètement à travers sa manifestation extérieure, la conscience (5).
Dans la
Bhagavad-gita, la conscience est présentée comme la manifestation extérieure de la présence de l’âme dans le corps:
“Sache que ne peut être anéanti ce qui pénètre le corps tout entier. Nul ne peut détruire l’âme impérissable.”
“Ce qui
pénètre le corps tout entier” est la conscience. Et cette conscience est la manifestation externe de l’âme.
“Comme le soleil, à lui seul, illumine tout l'univers, ainsi, ô descendant de Bharata, l'âme spirituelle, à elle seule, éclaire de la conscience le corps tout entier. “
Bhagavad-gita 13.34
Dans son commentaire de ce verset
Srila A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada ( Srila Prabhupada) , le maître spirituel
du Mouvement Hare Krishna et
auteur de la “Bhagavad-gita telle qu’elle est”, élabore sur ce sujet de la conscience en tant que manifestation externe de l’âme:
“Il existe, concernant la conscience, diverses théories. Ici, la Bhagavad-gita la compare à la lumière du soleil. En effet, comme le soleil, qui, d'un point de
l'univers, éclaire l'univers tout entier, l'étincelle spirituelle située dans le coeur du corps, illumine, par la conscience, le corps tout entier. La conscience est donc la preuve de la présence
de l'âme, tout comme la lumière du soleil prouve la présence du soleil.
Tant que l'âme est présente dans le corps, celui-ci est tout entier pénétré de conscience, mais dès qu'elle quitte le corps, la conscience disparaît avec elle.
N'importe quel homme d'intelligence peut comprendre cela. La conscience n'est donc pas le fruit d'une quelconque combinaison des éléments matériels. Elle est le signe de la présence d'une
âme.”
Dimension et localisation de l’âme dans le corps
“La
Svetasvatara Upanisad nous révèle les dimensions de l'âme: un dix-millième de la pointe d'un cheveu:
"Lorsque l'on sépare la pointe d'un cheveu en cent parties, qu'on divise à leur tour en cent parties, on trouve la mesure de l'âme."
Le
Srimad-Bhagavatam confirme cette description:
"Il existe d'innombrables atomes spirituels, ayant chacun la taille d'un dix-millième de la pointe d'un cheveu."
L'âme
distincte est donc un atome spirituel, plus fin que les atomes matériels. Et il existe un nombre infini de ces atomes spirituels. Cette minuscule étincelle est le principe vital du corps
matériel, où son influence est partout répandue, comme celle d'un médicament. La conscience se manifeste en exerçant ainsi son influence dans tout le corps; elle est la preuve de la présence de
l'âme, qui est sa source. Nul n'ignore que privé de conscience, le corps matériel est un objet sans vie, que rien ne peut ranimer. Par suite, il est clair que la conscience provient de l'âme, et
non de quelque combinaison d'éléments matériels.”
Commentaire
du verset 17, ch.2 de la Bhagavad-gita
Dans la
suite de ce commentaire, Srila Prabhupada, corroborant les Ecritures
Védiques, précise la location de l’âme dans le corps; elle se trouve dans le coeur:
“La
Mundaka Upanisad précise à son tour la dimension de l'âme infinitésimale:
"L'intelligence parfaite peut percevoir l'âme, dont la mesure est dans l'infiniment petit. Elle flotte, portée par les cinq sortes d'air (prâna, apâna, vyâna, samâna et udâna). Sise dans le coeur, elle dispense son énergie à tout le corps. Une fois purifiée de la contamination de ces cinq sortes d'air matériel, elle dévoile sa puissance spirituelle."
Le hatha-yoga sert à contrôler, au moyen de
diverses postures, les cinq souffles enveloppant l'âme pure. Sa pratique a pour but non d'en tirer quelque profit matériel, mais de libérer l'âme infime de la matière qui
l'emprisonne.”
Âme individuelle et Âme Suprême
Si le corps matériel provient de la
nature matérielle, l’énergie inférieure de Dieu, et est constitué des
5 éléments grossiers que sont la terre, l’eau, le feu, l’air et l’éther -, et des 3 éléments subtils - le mental, l’intelligence et le faux ego -, l’âme, quant à elle, est située
au-delà de ces 8 éléments et participe d’une autre nature, la nature spirituelle. Ellle est partie du Tout spirituel, de Krishna, tout comme les innombrables molécules lumineuses composant les
rayons du soleil proviennent de l’astre solaire. L’âme est donc une partie intégrante de Dieu, l’ Âme Suprême, Krishna, le père de tous les êtres:
Krishna dit :
Bhavavad-gita : (1) 7.5; (2) 15.7; (3) 4.35 et (4) 14.3/4;
L’âme est remplie de félicité
Quand le corps matériel est une
masse d’ignorance éphémère et un réceptacle de souffrances multiples, , l’âme spirituelle, elle, de par sa
nature, est à l’inverse de son enveloppe corporelle: elle est sad-cid-ananda, éternelle (sat), remplie de connaissance (cit) et de félicité (ananda).
Implications pratiques
Notre
véritable nature donc est de nature spirituelle et la caractéristique de celle-ci est d’être remplie de bonheur et de félicité . Une telle connaissance est certainement précieuse, dans la lutte
contre l’anxiété et le stress - et les autres maux de l’existence -, car elle nous permet de comprendre que les souffrances peuvent graduellement disparaître de notre vie dès l’instant où l’on
s’applique à raviver la nature joyeuse de l'âme grâce à la pratique spirituelle.
Certains pourraient
objecter malgré tout que les notions de connaissance spirituelle jusque là exposées - d’âme individuelle (le moi) , d’Âme Suprême (Dieu, Krishna), de distinction entre le corps et l’âme, etc -
ont peu ou pas d’utilité pratique dans la lutte contre les maux de l’existence, et en particulier, ceux qui nous concernent ici en particulier - l’anxiété et le stress. Il faut souligner
cependant, que même si l’utilité pratique de la connaissance spirituelle n’apparaît pas évidente pour la grande majorité des hommes actuels, elle n’en est pas moins d’ordre capital.
SUITE: Le mantra Hare Krishna est un anti-anxiogène puissant (2/2)
(1) Selon une étude du Conseil Economique et Social, près de 400 suicides par an seraient liés au travail. Sans compter tous ceux qui ne sont pas
déclarés comme tels.
France
Télécom, Renault, Peugeot, EDF, et dernièrement, Thalès ou encore H&M… Depuis quelques années, les suicides et les tentatives de suicides sur le lieu de travail font régulièrement la une de
l’actualité. Alors qu’il y a vingt ans, les premiers cas de suicides au sein de l’entreprise faisaient tout juste leur apparition.
Hyper
productivisme, pression accrue, manque de reconnaissance du travail des salariés… Depuis des années, chercheurs, psychologues et médecins du travail tirent la sonnette d’alarme sur les
conséquences de l’intensification du travail.
(2) extrait de psychologies
magazine du mois de mai
2011, p 122
(3) pourquoi les différents intervenants en question diffusent-ils beaucoup d’”âneries” alors que l’on s’attendrait plutôt qu’ils soient parfaitement
compétents -tout du moins dans leurs domaines ? Dans l’extrait suivant de “Réussite
professionnelle, est-ce réussir sa vie?” la raison de ce
triste état de chose, et les moyens d’y remédier, sont donnés:
…..Tout comme un visiteur du musée du Louvres qui essaierait de regarder un des gigantesques tableaux religieux qui se trouvent dans les galeries principales en se tenant à dix centimètres de la toile. Assurément, il ne comprendrait rien et se verrait réduit ainsi à interpréter et à spéculer sur le tableau du maître. De la même façon, les conseillés avisés de nos sociétés modernes (Psys, politiciens, philosophes, professeurs, etc..) ont une vision trés restreinte et faussée de l'existence et ne débitent souvent que des âneries quand il s'agit de diriger et de conseiller les personnes sur les aspects fondamentaux de l'existence (voir "L'Age de kali; les aveugles conduisent les aveugles" ) car ils n'ont pas une juste perspective du tableau de la Création qu'à peint le Maître Suprême, Dieu ou Sri Krishna.
Tout cela, parce qu'ils n'ont pas malheureusement accepter la direction et les enseignements d'un maître spirituel authentique. Ils ignorent ainsi tout du niveau spirituel de l'existence et se fient aux seuls instruments de leurs sens, de leur mental et de leur intelligence imparfaits pour acquérir "la connaissance" et la propager. Pour réellement accéder à ce niveau de la connaissance authentique (au-delà des trois autres niveaux; sensuel, mental et intellectuel )- selon la Bhagavad-gita{3.42},- , ils doivent avoir l'humilité de reconnaitre leurs manques évidents, et par là même la nécessité de les combler en acquérant au plus vite la véritable connaissance auprès d'un maître spirituel authentique. Une fois que l'on reçoit et applique les enseignements reçus du maître spirituel, le représentant du Seigneur, cela nous permet par sa grâce, à notre tour, de devenir un guide et un conseiller fiable pour la société. On peut alors réellement aider les autres au lieu de les fourvoyer.
(4) supra-humain: fait allusion ici aux corps des dévas,
les habitants des planètes supérieures, plus évolués que les humains.
(5) Tout comme, par exemple, on ne peut percevoir directement un élément tel que l’air par
l’intermédiaire de notre sens de la vue, car cet élément est trop subtil pour notre perception visuelle. On peut cependant l’appréhender autrement (que par la perception directe), à travers
son action sur des éléments extérieurs. Ainsi, voyant les feuilles des arbres, l’herbe, le champ de blé bouger, on ne percevra pas l’action de l’air directement à travers la vue mais plutôt
indirectement
à travers son action sur
des objets extérieures. Autre
exemple: comment savons-nous par une matinée pluvieuse, alors que le soleil est voilé par les nuages, qu’il est toutefois bien présent? Parce que nous en percevons la lueur. De la même
façon, bien que nous ne pouvons voir l’âme avec nos sens matériels, nous en percevons la présence à travers la conscience qui est “la lueur” de l’âme.
(6) Le hatha-yoga: Pratique de différentes postures et exercices respiratoires dans le but de maîtriser ses sens et de purifier son mental et son coeur.
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