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Enseignements
de la Reine Kunti
(d'après les
célèbres prières de la reine Kunti)
par Sa Divine GrâceA.C Bhaktivedanta
Swami Prabhupāda(traduction de Denis Bernier et Pierre Corbeil)
Cinquième Chapitre
Une vision de lotus
namaḥ pańkaja-nābhāya
namaḥ pańkaja-māline
namaḥ pańkaja-netrāya
namas te pańkajāńghraye
" À Toi mon hommage respectueux, ô Seigneur, dont le ventre s'orne d'une dépression en forme de lotus, que toujours pare une guirlande de lotus,
dont le regard a la fraîcheur du lotus et dont la plante des pieds est gravée de lotus. À Toi mon hommage, encore et encore.
"
( Srimad-Bhâgavatam 1.8.22 )
Ce verset mentionne certains des signes particuliers qui marquent le Corps spirituel de Dieu, la Personne Suprême, et
qui le distinguent du corps de tous les autres êtres. Lorsque le Seigneur descend en ce monde, on peut se méprendre sur Son identité, et Le voir comme un homme ordinaire, mais ces traits
caractéristiques Le distinguent éternellement de tous les autres êtres.
Srîmatî Kunti s'est déclarée inapte à voir le Seigneur en raison de son appartenance à la gent féminine. Car, femmes, sudras et dvija-bandhus, ou membres déchus des
trois varnas supérieurs, n'ont
généralement pas l'intelligence nécessaire pour percer les questions spirituelles s'attachant au Nom, à la Renommée, aux Attributs et aux Formes transcendantales de la Vérité Suprême et Absolue.
Mais bien qu'ayant un accès restreint à ces matières, ils peuvent Le voir dans Son arca-vigraha - Forme de la Murti sous laquelle Il descend dans l'Univers
matériel à seule fin de bénir les âmes déchues. Parce que celles-ci ne savent rien percevoir au-delà de la matière, le Seigneur daigne entrer dans chacun des innombrables univers sous la Forme de
Garbhodakasâyî Vishnu; Celui-ci fait
pousser, de la dépression en forme de lotus située au centre de Son abdomen purement spirituel, une fleur de lotus sur laquelle naît Brahmâ, le premier être créé dans l'Univers.
D'où le Nom de Pankajanâbha qu'on attribue au Seigneur, lequel accepte en outre de Se manifester sous la forme de l'arca-vigraha. Celle-ci, toute spirituelle, apparaît dans divers éléments : elle
peut être constituée de pierre, de bois, de terre, de métal ou de joyaux, mais également se manifester sur le sable, dans la peinture ou dans le mental. Les formes que prend le Seigneur dans ces
divers éléments sont toujours parées de guirlandes de lotus, et les temples où on les adore baignent sans cesse dans une atmosphère de fraîcheur apaisante, ceci afin d'attirer l'attention
tourbillonnante des non-dévots brûlants de la fièvre matérielle. Ceux qui pratiquent la méditation dans sa forme pure contemplent et adorent le Seigneur à l'intérieur de leur mental; mais
Celui-ci ne montre pas moins de miséricorde envers les femmes, les sûdras et les dvija-bandhus, apparaissant spécialement dans diverses Formes installées dans des temples où l'on doit cependant
se rendre pour les adorer. Notons ici que ces adorateurs ne sont pas des idolâtres, comme le voudraient certains ignorants. Tous les grands âchâryas ont érigé, en divers endroits, des
temples destinés à l'adoration de ces Formes du Seigneur, à seule fin de favoriser les hommes doués d'une intelligence moins pénétrante; et nul ne devrait se targuer d'avoir dépassé le stade de
l'adoration dans le temple quand il se classe par ailleurs au niveau des sûdras ou d'êtres plus bas encore.
Lorsqu'on se trouve devant la Forme du Seigneur, il faut poser son regard d'abord sur Ses pieds pareils-au-lotus, puis s'élever graduellement,
de Ses jambes à Sa taille, à Sa poitrine et, finalement, à Son visage. Il ne faut pas chercher à contempler le visage du Seigneur sans d'abord être familier avec la vision de Ses pieds de lotus.
Srîmatî Kunti, cependant, parce qu'elle était la tante du Seigneur, Son aînée, ne regarda pas d'abord Ses pieds, mais Sa taille, située au-delà, pour éviter de Le mettre dans l'embarras. Puis, de
Sa taille, elle éleva graduellement son regard jusqu'à Son visage, et redescendit vers Ses pieds pareils-au-lotus, décrivant ainsi un cercle complet, dans un ordre parfait.
Dès qu'on
aperçoit un lotus, on peut aussitôt se rappeler de Krishna. Lorsqu'on aime son enfant et qu'on voit un de ses vêtements, ou ses souliers, son petit bateau ou un autre jouet lui appartenant, on se
souvient immédiatement de lui : " Voici les souliers de mon enfant; voici ses jouets, son vêtement. " Telle est la nature de l'amour. Ainsi, si on aime vraiment Dieu, Krishna, on ne
L'oubliera jamais.
Il est facile de se rappeler de Krishna. Dans ce verset, Kunti Le dépeint en Le comparant au lotus. Et Krishna Se décrit ainsi
dans la Bhagavad-Gîtâ : raso 'ham apsu kaunteya - " Des substances liquides, Je suis la saveur. " (Bg 7.8) Le goût de l'eau peut donc évoquer le souvenir de Krishna. Si ceux qui boivent fût-ce même de l'alcool pensaient : " Krishna donne à cette boisson sa
saveur ", ils pourraient un jour devenir de grands saints. Je peux donc inviter même les alcooliques à devenir conscients de Krishna, que dire des autres, puisque Krishna dit : raso 'ham
apsu kaunteya - " Je suis la saveur des liquides. " En général, le mot " liquide " dans ce contexte désigne l'" eau ". Or, l'alcool est aussi un liquide, obtenu par la distillation du
sucre et de la mélasse, ou quelque autre mélange fermenté. Bien sûr, l'alcool est nocif du fait qu'il enivre. Quoique dans un sens, rien n'est mauvais, l'alcool engendre néanmoins des
conséquences néfastes. L'Amérique compte tant d'alcooliques qu'ils sont légion. Mais je leur demande également : " Quand vous buvez du vin, n'oubliez pas que Krishna lui donne sa saveur.
Commencez ainsi et un jour, vous serez des âmes saintes, conscientes de Krishna. "
Krishna demeure donc accessible en toutes circonstances, pourvu que nous désirions L'appréhender. Il déclare d'ailleurs dans la
Bhagavad-Gîtâ :
tesâm satata-yuktânâm
bhajatâm prîti-pûrvakam
dadâmi buddhi-yogam tam
yena mâm upayânti te
" Ceux qui toujours Me servent et M'adorent avec amour et dévotion, Je leur donne l'intelligence par quoi ils pourront venir à Moi.
" (Bhagavad-gita
10.10)
Qui cherche vraiment Krishna Le
découvrira partout. Andântara-stha-paramânu-cayântara-stham govindam âdi-purusam tam aham bhajâmi (Brahma-samhitâ 5:35); Krishna est aussi présent en l'Univers qu'en notre cœur et dans l'atome. Il n'est donc guère difficile de Le trouver; il suffit de connaître le
moyen d'y parvenir. Sur la requête de Sri Chaitanya Mahâprabhu, nous l'offrons gracieusement à tous. Ce moyen fort simple consiste à chanter - ou réciter - le mantra Hare Krishna pour aussitôt
comprendre Krishna.
De même, le seul chant ou l'écoute des versets du Srimad-Bhâgavatam nous purifiera. Toute
connaissance qui existe en ce monde - qu'il s'agisse de littérature, de poésie, d'astronomie, de philosophie, de religion ou d'amour de Dieu - se retrouve dans cet ouvrage. Srimad-Bhâgavatam
pramânam amalam. La seule lecture du Srimad-Bhâgavatam confère la plus haute éducation, car l'étudier nous familiarisera avec toutes les branches du savoir. Même sans saisir un seul mot des
mantras qui le composent, leur vibration sonore jouit en soi d'un tel pouvoir que le seul fait de les chanter nous purifie. Srnvatâm sva-kathâh krsnah punya-sravana-kîrtanah (S.B. 1:2:17) . Le mot punya signifie " pieux ", sravana se
traduit par " écouter " et kîrtana par " chanter ". Quiconque chante ou écoute les versets du Srimad-Bhâgavatam devient automatiquement empreint de piété, ce qui requiert habituellement de grands
efforts. Or, la simple écoute du Bhâgavatam et de la Bhagavad-Gîtâ confère naturellement la piété. Voilà pourquoi les classes quotidiennes, où l'on pratique ce chant et cette écoute, constituent
un principe inflexible dans chaque temple de notre Mouvement pour la Conscience de Krishna, mouvement destiné à créer des leaders spirituels, chose impossible sans la pratique du chant et de
l'écoute. Bien sûr, cela est possible dans le monde matériel, mais non dans le monde spirituel.
mâlî hañâ sei bîja kare âropana
sravana-kîrtana-jale karaye secana
Le chant et l'écoute arrosent la graine de la dévotion, qui fait s'épanouir notre conscience originelle.
(Chaitanya Charitamrta., Madhya
19:152)
Kunti, cette grande dévote, nous offre ainsi, par ses prières, l'occasion d'éveiller notre conscience de Krishna en concentrant simplement nos pensées sur le lotus (pankaja). Le terme panka signifie " fange " et ja " engendrer ". Quoique le lotus émerge de la fange, c'est
une fleur de première importance et Krishna l'apprécie grandement. Kunti décrit ainsi toutes les parties du corps de Krishna en les comparant au lotus, de sorte que dès qu'on aperçoit cette
fleur, on se souvienne de Lui : " Le nombril de Krishna ressemble au lotus,
nombril d'où émerge la tige du lotus sur les pétales duquel naît Brahmâ, démiurge de l'Univers, qui renferme des myriades de planètes, d'océans, de montagnes, de villes dotées de véhicules et
autres commodités. L'Univers entier a néanmoins pour origine ce lotus. "
Namah pankaja-mâline : de Krishna émane le sublime lotus contenant la semence de
l'Univers entier. Mais Il n'est pas l'origine de cette seule fleur; le Seigneur n'est pas si pauvre qu'Il ne peut créer qu'un seul et unique lotus. Non; de même qu'une guirlande est formée
de plusieurs fleurs, Krishna est la source d'innombrables univers comparables à une immense guirlande de lotus. Ainsi se traduit la grandeur de Dieu. Yasyaika-nisvasita-kâlam athâvalambya jîvanti
loma-vilajâ jagadanda-nâthâh [Brahma-samhitâ 5:48]. Krishna est infini. Notre
planète nous préoccupe beaucoup, mais la Création est contient une infinité. On ne peut les compter toutes, pas plus qu'on ne saurait estimer le nombre de cheveux sur notre tête. Telle est la
nature de la Création de Krishna. Citons un autre exemple : chaque arbre produit des feuilles en profusion; de même, il existe des myriades de planètes et d'univers. Conclusion : Krishna est
infini.
L'ombilic de Krishna ressemble au lotus; un collier de lotus se balance à Son cou et Ses yeux s'épanouissent comme les pétales de
cette fleur : âlola-candraka-lasad-vanamâlya-vamsî (Brahma-samhitâ 5:31). Si nous
méditons simplement sur ce verset, qui compare le corps de Krishna au lotus, nous pourrons toute notre vie évoquer Sa beauté, Sa sagesse et la façon dont Il manifeste la Création. Penser à
Krishna : voilà en quoi consiste la méditation. Dhyânâvasthita-tad-gatena-manasâ pasyanti 'yam yoginah; qui pense toujours à Krishna est certes un yogi (SB 12.3.1) .
Ceux qui méditent sur quelque entité impersonnelle ne sont pas des yogis. Kleso 'dhikataras tesâm avyaktâsakta-cetasâm :
leur méditation s'avère toujours plus difficile et sans résultat substantiel (BG 12:5). De sorte qu'une fois leur méditation achevée, ils diront : " Vous n'auriez pas une cigarette ? J'ai la gorge sèche. " Ce n'est
pas là ce qu'on entend par méditer. Méditer consiste à toujours penser à Krishna (satatam cintayanto mâm), tout en
s'efforçant avec détermination de progresser dans la conscience de Krishna - yatantas ca drdha-vratâh (BG
9:14)
Il importe de se purifier. Param brahma param dhâma pavitram paramam bhavân (Bg 10:12) . Krishna étant pur, on ne peut L'approcher sans s'être d'abord purifié. Si nous pensons
sans cesse à Lui, cette méditation nous purifiera de toute souillure. Punya-sravana-kîrtanah (S.B.
1:2:17) . Le chant et l'écoute favorisent cette méditation spontanée. Voilà en quoi consiste la conscience de Krishna. Sravanam kîrtanam visnoh smaranam (S.B. 7:5:23) . Le mot smaranam signifie " souvenir ". En
pratiquant le chant comme l'écoute, le souvenir viendra tout naturellement, nous permettant alors d'adorer les pieds pareils-au-lotus de Krishna (sevanam). L'adorant dans le temple (arcanam) et
Lui offrant des prières (vandanam), nous deviendrons Ses serviteurs (dâsyam) et amis (sakhyam), Lui abandonnant tout (âtma-nivedanam). Ainsi se pratique la conscience de Krishna.
SUITE: (à venir)
Brahma-samhitâ 5:35
eko 'py asau racayituḿ jagad-aṇḍa-koṭiḿ yac-chaktir asti jagad-aṇḍa-cayā
yad-antaḥ
aṇḍāntara-stha-paramāṇu-cayāntara-stham- govindam ādi-puruṣaḿ tam
ahaḿ bhajāmi
"J'adore Govinda, le Seigneur originel, qui forme un Tout non différencié, puisque Ses énergies ne diffèrent pas de Sa Personne. En Lui les innombrables univers puisent leur existence, et leur
création n'enlève rien à Sa puissance propre. Dans Sa plénitude, Il se trouve aussi présent au coeur de chacun des atomes épars dans l'Univers."
Brahma-samhitâ 5:48
yasyaika-niśvasita-kālam athāvalambyajīvanti loma-vila-jā
jagad-aṇḍa-nāthāḥviṣṇur mahān sa iha yasya kalā-viśeṣogovindam
ādi-puruṣaḿ tam ahaḿ bhajāmi
"Les Brahmâs et autres dirigeants des mondes matériels apparaissent des pores de Mahâ-Visnu et vivent le temps d'une de Ses expirations. J'adore le Seigneur originel, Govinda, dont Mahâ-Visnu est
une émanation de Son émanation plénière."
Brahma-samhitâ 5:31
ālola-candraka-lasad-vanamālya-vaḿśī-
ratnāńgadaḿ praṇaya-keli-kalā-vilāsam
śyāmaḿ tri-bhańga-lalitaḿ niyata-prakāśaḿ
govindam ādi-puruṣaḿ tam ahaḿ bhajāmi
"J'adore Govinda, le Seigneur originel, qui toujours Se complaît dans des Divertissements d'amour. Une guirlande de fleurs sauvages rehaussée d'un médaillon de lune se balance à Son cou, et des
parures de joyaux ornent Ses main, où danse Sa flûte. Il Se manifeste éternellement dans la gracieuse Forme de Syâmasundara, qui dessine trois lignes courbes."]]>fr2008-07-18T22:50:56Z
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L'extase de servir Krishna (1/2)
PREMIERE PARTIE
Sommes-nous maître ou serviteur ?
Souvent, quand on demande à quelqu'un : "Pour vous quelle serait la vie idéale?" Il répond: "Vivre sur une île paradisiaque et n'avoir rien à faire... Me faire servir toute la
journée ... n'avoir aucune contrainte, simplement jouir de la vie et rien d'autre..."
Mais alors qu'ils poursuivent plus avant leur description "de la vie idéale" beaucoup finissent par admettre qu'après tout, " une vie
passée à ne rien faire et à être servi toute la journée, serait trop futile et finirait par devenir à la longue ennuyeuse. .." A cet instant, on se réfère souvent à la jet-set et on met en
doute "le bonheur de ne rien faire". Ce clan de privilégiés miliardaires et de célébrités, repus et oisifs, qui passent leur temps à se promener autour du monde pour "faire la fête" et
"à jouir de la vie"; tous ces gens sont-ils vraiment heureux et comblés?
Phénomène étonnant; alors que beaucoup dans le monde matériel envie la jet-set, nombreux reconnaîssent, malgré tout, qu'une telle vie centrée sur son seul plaisir personnel (ou même sur le
plaisir de ses amis qui ne sont qu'une extension de son égo) et passée " à faire la fête", doit être, au bout du compte bien ennuyeuse. Dans le résumé d'un nouveau livre sur la jet-set, écrit par
l'un de ses membres célèbres, on peut lire:
Les deux précédents best-sellers de Massimo Gargia ont déjà prouvé une chose : la Jet-Set, apparemment si joyeuse, s'ennuie à mourir ! Au point
d'inventer mille extravagances pour sortir de la monotonie que provoque l'argent tueur de désir...Ce que vous révèlera ce troisième livre c'est que c'est la même chose en
amour...
On n'a pas besoin de perdre son temps à lire ces trois livres, tout le monde ou presque, sait déjà au fond de lui que la position de maître et "enjoyer"
(1) , est finalement artificielle, ennuyeuse et vide de substance.
Mis à part ces quelques défauts et inconvénients , la position de maître et bénéficaire en contient beaucoup d'autres comme celui:
- d'accroître la solitude et l'isolement,
- d'être abusé par d'éventuels profiteurs,
- d'être en proie au doute quant à la réelle sincérité de ses amis (c'est à dire de ne plus savoir si on est aimé pour son argent et sa notoriété ou pour soi-même),
- de ne plus pouvoir se promener tranquillement (sans avoir à se dissimuler sous des lunettes noires),
- de perdre la qualité de maîtrise de soi (on dit que l'oisiveté est la mère de tous les vices mais la richesse et la notoriété sont souvent aussi trés néfastes pour la maîtrise des
sens),
- de générer l'orgueil et l'ostentation,
- de générer l'intolérance, etc.....
Ne parle-t'on pas de la rançon du pouvoir, de la gloire, de la célébrité, de
la fortune, du succés..? Une célèbre star devient victime de menaces de mort; une actrice, belle et adulée, est harcelée par un maniaque sexuel; un politicien important est sévèrement invectivé par un opposant farouche; un musicien admiré des foules est abattu d'un coup de révolver par un "fan" dément, un savant
reconnu discrédité par ses confrères envieux.. La liste est longue et inexhaustive. Pratiquement tout le monde, encore une fois, reconnaîtra sans difficulté qu'il est difficile d'être un
"maître", quelque soit l'appelation : un puissant, un champion, une célébrité, un président, une star, un savant....
Pourtant et curieusement, malgré ces nombreux déboires reconnus, la qualité de serviteur, quant à elle ( par oppositon
celle de maître) est beaucoup plus mal perçue dans le monde matériel. Elle renferme généralement une connotation péjorative.
Il existe plusieurs raisons, d'ordre matériel, à cela. Il y a bien sûr les plus évidentes. Ainsi, quand on est serviteur de quelqu'un dans le monde
matériel, notre position sociale est peu enviable. Le serviteur attaché au service d'un supérieur, en tant que domestique par exemple, se sent souvent dévalorisé. Son salaire est peu élevé et son
statut social déprécié. Les termes péjoratifs de larbin, de laquais, valet, chien, domestique sont souvent associés à la condition de serviteur.
Voilà quelques raisons évidentes pour lesquelles personne ne souhaite devenir serviteur dans le monde matériel. Mais au-delà de ces raisons matérielles, manifestes et tangibles, il est important
de rechercher l'origine métaphysique et profonde d'une telle aversion. Quelle est donc la raison originelle et fondamentale de cette aversion pour la qualité de serviteur ?
La raison profonde de notre aversion pour servir est que notre nature essentielle, originelle et spirituelle, est grandement altérée ici-bas.
Quelle est notre nature originelle essentielle?
Pratiquement tout le monde est fourvoyé quant à sa réelle identité dans ce monde. C'est ce que nous apprend la Bhagavad-gita:
icchâ-dvesa-samutthena
dvandva-mohena bhârata
sarva-bhûtâni sammoham
sarge yânti parantapa
O descendant de Bharata, ô vainqueur des ennemis, tous les êtres naissent dans l'illusion, ballottés par les dualités du désir et de
l'aversion.
(Bhagavad-gita
7.27 )
Et quelle est cette illusion? Elle prend racine dans la fausse identification (faux égo) de l'être avec son corps de
matière.
Lorsque nous prenons une carte d'identité ou un passeport, nous lisons: " Nom: Durant ; Prénom: Jean ; sex: ....; Né à : ... ; Age: ...;
Nationalité:... ; Profession:...; Adresse:... "
Telle est ainsi notre identité matérielle. Elle gravite toute entière autour de notre corps matériel. Certes, cette identité correspond bien à une certaine réalité ,
mais parce qu'elle est de nature trés éphémère, elle demeure en fait toute relative et donc, illusoire (2)
.
Pour mieux comprendre la valeur toute relative de notre identité matérielle, imaginons que Mr Durant, alors qu'il traverse la rue, se fasse renverser par un chauffard
ivre et meurt sur le coup. En un dixième de seconde son identité matérielle est anéantie ! Mr Durant qui juste avant jouissait de toute son identité matérielle: Nom:...; Prénom...; Nationalité..
etc... en moins d' une seconde s'en voit dépouillé!
Cet exemple de Mr Durant victime d'un accident brutal, nous montre de façon abrupte le caractère illusoire de notre identité matérielle. Et que l'on meurt brutalement
ou pas ne change rien. Tout le monde un jour ou l'autre doit mourir. Et avec notre mort notre identité matérielle est anéantie.
Mais si notre identité matérielle est anéantie, notre identité spirituelle, elle, n'est jamais anéantie. C'est ce que Sri Krishna explique à Arjuna, sur le champ de
bataille de Kuruksetra, pour le convaincre d'exécuter ses devoirs de kshatriya (soldat):
na tv evāhaḿ jātu nāsaḿ
na tvaḿ neme
janādhipāḥ
na caiva na bhaviṣyāmaḥ
sarve vayam ataḥ
param
Jamais ne fut le temps où nous n'existions, Moi, toi et tous ces rois; et jamais aucun de nous ne cessera
d'être.
(Bhagavad-gita
2.12)
Krishna définit le caractère transitoire du corps matériel, de notre identité matérielle, par rapport à notre identité spirituelle qui,
elle, est indestructible:
antavanta ime dehānityasyoktāḥ śarīriṇaḥ
L'âme est indestructible, éternelle (nitya) et sans mesure;
seuls les corps matériels qu'elle emprunte sont sujets à la destruction (antavanta).
(Bhagavad-gita
2.18)
Mais alors que faisons nous, en tant qu'âme, éternelle et indestructible, dans le corps matériel qui est lui
temporaire et périssable ? Dans la Bhagavad-gita, Krishna continue à éclairer Arjuna sur sa réelle nature spirituelle, en énonçant la science de la réincarnation:
dehino 'smin yathā dehe
kaumāraḿ yauvanaḿ jarā
tathā dehāntara-prāptir
dhīras tatra na muhyati
"A l'instant de la mort, l'âme prend un nouveau corps, aussi naturellement qu'elle est passée dans celui-ci de l'enfance, à la jeunesse, puis à la vieillesse. Ce changement ne trouble pas qui a
conscience de sa nature spirituelle."
(Bhagavad-gita 2.13)
Ainsi, Krishna instruit Arjuna: " Tu n'es pas ce corps de matière et tu es fourvoyé quant à ta réelle identité,
non seulement au cours de cette vie présente mais au cours de milliers et de milliers d'autres vies passées. "
La réincarnation et les principes qu'elle énonce, contrairement à ce que certains avancent, ne résultent pas de "croyances religieuses" ancestrales obscures, mais
reposent, comme le Seigneur Krishna l'explique dans le verset précité, sur des bases purement rationnelles et scientifiques.
Ainsi l'exemple que Krishna utilise dans la Bhagavad-gita afin d'étayer ses affirmations sur la transmigration de l'âme (la réincarnation), tout le monde peut les
comprendre et il n'est pas nécessaire d'être un savant confirmé pour cela. Le fait que nous revêtons plusieurs corps durant notre vie, (celui d'enfant, de jeune homme ou jeune femme, et celui de
vieillard ) est supporté par la science moderne. Le corps matériel change à chaque instant et les cellules qui le constituent meurent et se renouvellent constamment.
Dans son ouvrage The Human Brain, le professeur John Pfeiffer remarque: " Aucune des molécules qui existaient dans votre corps, il y a sept ans
n'existent encore aujourd'hui." Ainsi tous les sept ans, notre corps est totalement régénéré.
Toutefois, le moi - notre véritable identité - demeure inchangé. Notre corps passe de l'enfance à la jeunesse, de celle-ci à l'âge mûr, puis de l'âge mûr à la
vieillesse; néammoins, l'être habitant le corps - le moi - demeure toujours le même.
Par nature nous sommes serviteurs de Dieu
Ainsi, pour revenir au thème original de cet article "sommes-nous serviteur ou maître? ", s'il est si important de comprendre notre nature véritable
-le moi inchangeable qui vient d'être mentionné - c'est qu'à travers cette connaissance nous devenons à même de réaliser que, fondamentalement, nous sommes serviteurs de nature.
Pourquoi? Car ce moi inchangeable, l'âme spirituelle qui habite le corps, est partie intégrante de Dieu, l'Âme Suprême, Sri Krishna:
mamaivāḿśo jīva-loke
jīva-bhūtaḥ sanātanaḥ
"Les êtres, dans le monde des conditions, sont des fragments
éternels de Ma personne."
(Bhagavata-gita
15.7)
yena bhūtāny
aśeṣāṇi
drakṣyasyātmany atho mayi
" ...tous les êtres font partie intégrante de Moi, ils vivent en Moi et M'appatiennent."
(Bhagavad-gita 4.35)
Une fois que nous comprenons notre nature spirituelle en tant que partie intégrante de Dieu, nous réalisons immédiatement
que notre devoir est, si nous voulons être heureux, de Le servir.
Dès que nous réalisons notre position éternelle de serviteur de Dieu, plutôt que maître de l'univers, les modes de l'ignorance (tamas) et de la passion (rajas) qui
influençaient et modelaient notre conduite de vie, nous amenant à penser que nous étions maîtres de l'univers plutôt que serviteur de Dieu, se dissipent et la joie s'installe.
tadā rajas-tamo-bhāvāḥkāma-lobhādayaś ca yeceta etair anāviddhaḿsthitaḿ sattve prasīdati
"Aussitôt qu'en le coeur s'établit fermement le service de dévotion, les influences de la passion et l'ignorance, comme la concupiscence et l'avidité, s'y effacent. Le bhakta se fixe alors dans
la vertu et trouve le parfait bonheur."
Srimad-Bhagavatam ( 1.2.19)
Nous comprenons alors que Dieu, Krishna, est le seul et véritable Maître de l'univers et que nous sommes faits éternellement, ainsi que tous les
êtres, pour Le servir. Et comme déjà dit, notre ignorance et notre illusion (Mâyâ) se dissipe alors. Cette illusion consistait à usurper la place qui revient à Dieu.
Pour certains dire que "les êtres se prennent pour Dieu, les maîtres de l'univers," peut sembler exagéré. Et pourtant telle est la
mentalité sous jacente de ce monde matériel: du simple insecte au deva le plus puissant, en passant par les impersonnalistes-mayavadis (3) , tout le monde pratiquement cherche à prendre la place
de Dieu. Le chien qui garde une propriété et aboie à chaque fois que quelqu'un passe devant "sa propriété" manifeste ce genre de mentalité de "maître de l'univers". Et bien sûr, le dictateur d'un
pays, qui intrigue de mille façon pour conserver son pouvoir, certainement manifeste pleinement cette mentalité de "maître de l'univers'. Mais, aussi, le citoyen moyen, même si cela semble moins
évident, manifeste aussi cette mentalité dévoyée. Lorqu'on pense avec ignorance: " Voici ma femme, ma maison, mes enfants, mes possessions, ma
profession, mon pays, etc.. " et centre sa vie sur son petit royaume éphémère, ayant tourné le dos au service du Seigneur et à Son royaume éternel (voir SB 5.5.8) .
A l'inverse d'une telle mentalité étriquée, Bhaktivinoda Thakura, un grand dévot de Dieu, père de famille nombreuse et magistrat au XIX ème
siècle en Inde, avait pleinement pris conscience que Krishna était le Maître de l'Univers et que lui-même, et sa famille était Ses serviteurs éternels. Ainsi, mû par des sentiments de pure
dévotion et de désir d'abandon total à Dieu, (merveilleusement traduit dans son célèbre Saranagati), il priait le Seigneur Krishna de L'engager, lui et sa famille, dans Son service d'amour et de
dévotion:
TON MENAGE
Il n'y a plus rien, Seigneur que je puisse appeler mien.C'est Toi qui me tiens lieu de frêre, d'ami, de
père.
Ceux qui m'étaient épouse, amis, fils et filles,te sont valets, servantes, ils sont de Ta famille,et si sur eux je veille et prodigue des soins,c'est qu'ils Te sont liés, Te servent et Te sont chers.
Si de les entretenir je me donne la peineet suis leur serviteur, c'est parce qu'ils T'appartiennent.
Travaillant pour Ton compte, je gagnerai ma vieet paierai les dépenses de Ton ménage ainsi.
Ce qui m'est favorable ou va contre mon bien,ma foi, je n'en sais rein, j'en ai perdu conscience.Ma seule aspiration est d'être le gardienqui sur ton foyer veille, en chaste vigilance.
Ma faculté d'entendre, de voir et de sentir,de goûter, de toucher, épouse Tes désirs.
Je n'agis plus pour moi, pour mon propre plaisir.
Bhaktivinoda, mon Dieu,a ceci
à Te dire:Il n'est d'autre nectar que de combler Tes voeux.
Adapté de Saranagati " Les 6 pétales de l'abandon"
de Srila Bhaktivinoda Thakura par Caranambuja Prabhu.
SUITE: L'extase de servir Krishna (2/2) -suite à
venir -
(1) enjoyer: si ce terme anglais d'"enjoyer" est employé
ici et accompagne le terme de "maître" c'est à raison. Car seul ce mot "enjoyer" est à même de traduire, de façon adéquate, la mentalité qui est liée à la conscience d'être maître en ce monde
matériel plutôt que serviteur. Il est souvent utilisé par Srila Prabhupada. Malheureusement il n'existe aucun mot équivalent en français. On pourrait parler de "profiteur" et "jouisseur" mais ces
termes français sont trop restrictifs, et trop suggestif pour le deuxième. Il évoque pour le "profiteur" quelqu'un qui tire d'une situation donnée avantage et profit de façon peu scrupuleuse.
Quant à "jouisseur" il évoque essentiellement un épicurien, un débauché, un être sensuel et dépravé . Le terme d'"enjoyer", quant à lui, définit plus largement, toute personne qui se
considère en droit de jouir du monde en tant que bénéficiaire légitime de tous les plaisirs qu'il contient. Et cela à des degrés plus ou moins élevés . Autant dire donc qu'à l'heure actuelle, ce
terme définit la plupart des hommes habitants de cette planète. C'est donc ce terme de "bénéficiaire " que nous utiliserons à la place de " profiteur" ou "jouisseur".
(2)...cette identité (liée uniquement à notre corps matériel) correspond bien à une certaine réalité ,
mais parce qu'elle est de nature trés éphémère, elle demeure en fait toute relative et donc, illusoire:
Les achâryas (maitres spirituels accomplis) vaisnavas décrivent ce corps matériel et toute la manisfestation matérielle comme illusoires, non
pas dans le sens qu'ils n'existeraient pas, et seraient purement fictifs ( tout comme un rêve le serait) mais du fait qu'ils sont périssables et éphémères (asat). Les impersonnalistes ou
mayavadis quant à eux, professent le slogan " Brahma satyam, jagat mityam", seul le brahman (la radiance impersonnelle du brahman - selon eux, ultime et unique vérité absolue -) est réel (sat) et
jagat, le corps et la manifestation matériels, ne sont que pure illusion (mityam). Et selon eux cette illusion est totale, une pure création de l'esprit, telle la manifestation d'un rêve. Ils
n'existent tout simplement pas. Telles sont, entre autres différences, celles qui existent entre la théologie vaisnava et la théologie impersonnaliste.
(3) les impersonnalistes-mayavadis poussent la mentalité de "maître de l'univers"
à son apogée. Ils cherchent à anéantir leurs égos et à se "fondre" en Dieu, le Brahman impersonnel. Ils pensent ainsi réaliser la parfaite unité avec Dieu et "devenir"
Dieu (attitude que le Srimad-Bhagavatam dénonce comme purement mentale et artificielle : vimukta maninas "ils deviennent Dieu en imagination seulement" SB
10.2.32).
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http://www.retour-a-krishna.com/article-21165248.html
Enseignements
de la Reine Kunti
(d'après les
célèbres prières de la reine Kunti)
par Sa Divine GrâceA.C Bhaktivedanta Swami Prabhupāda
(traduction de Denis Bernier et Pierre Corbeil)
Quatrième Chapitre
APPROCHER KRISHNA,
L'OMNIPRESENTE VERITE
kṛṣṇāya vāsudevāya
devakī-nandanāya ca
nanda-gopa-kumārāya
govindāya namo namaḥ
" O Seigneur, Toi devenu fils de Vasudeva, joie de Devakî, enfant de Nanda et des autres pâtres de Vrindâvan, source de plaisir pour les vaches et
les sens de tous les êtres, je Te rends mon hommage respectueux. "
(Srimad-Bhâgavatam
1.8.21)
Les plus grands mérites matériels, nous l'avons vu, ne peuvent nous qualifier pour approcher le Seigneur. C'est donc par Sa
miséricorde immotivée, infinie, afin de bénir Ses dévots à part entière de Sa grâce toute spéciale et de réduire la puissance des êtres démoniaques, qu'Il descend sur Terre tel qu'Il est.
Or, la reine Kunti adore le Seigneur dans Sa Forme de Sri Krishna de préférence à toute autre, pour la raison qu'Il manifeste alors des Divertissements
d'une nature plus intime. Sous la forme de Râma, par exemple, Il était demeuré prince durant toute Son enfance; dans Sa Forme de Krishna, Il quitta Ses parents royaux, le roi Vasudeva et la reine Devakî, dès
après Son apparition, pour aller jouer le rôle d'un simple pâtre dans la demeure de Yashodâmâyî, à Vrajabhûmi, terre bénie, sanctifiée depuis lors en tant que cadre des Divertissements d'enfance
du Seigneur. Celui-ci Se montre donc plus miséricordieux dans Sa Forme de Krishna que dans celle de Râma, et, en vérité, y manifeste davantage les traits originels de Sa Personne, ceux qu'exprime
Son Nom même (Krishna). Sa grâce infinie, Il n'a certes pas manqué de la montrer, entre autres à Vasudeva, le frère de Kunti, et à toute sa famille : n'eût été Son apparition en tant que fils de
Vasudeva et Devakî, la reine Kunti n'aurait pu Le considérer comme son neveu et porter sur Lui son affection de parente. Mais plus grande encore est la fortune de Nanda et de Yashodâ, car ils ont
pu goûter les Divertissements du Seigneur à Vraja, les plus fascinants de tous. Car ces Divertissements, répliques exactes de Ses occupations éternelles en Son royaume originel de Krishnaloka -
aussi nommé cintâmani-dhâm dans la
Brahma-samhitâ - sont incomparables.
Sur la terre de Vraja, le Seigneur Krishna est descendu en personne, avec tout Son Entourage spirituel. C'est la raison pour laquelle Sri Chaitanya Mahâprabhu affirmait que nul n'a eu de plus grande fortune que les habitants de Vraja, et particulièrement les gopis, qui se vouèrent tout entières à la
satisfaction du Seigneur. Les Divertissements de Krishna avec Nanda et Yashodâ, de même qu'avec les pâtres, surtout les jeunes pâtres, et les vaches, Lui ont valu d'être célébré sous le Nom de
Govinda. En tant que tel, Il est tout particulièrement porté vers les brahmanas et les vaches, montrant par là que la prospérité de la société humaine repose essentiellement sur la culture
brahmanique et la protection de la vache. Là où ils font défaut, jamais Sri Krishna ne saurait être satisfait.
Dans sa première prière, Kunti dit : " J'offre mon hommage à cette personne, ou purusha, qui vit au-delà de la manifestation
matérielle. " (namasye purusam tvâdyam îsvaram prakrteh param). Kunti nous permet ainsi de comprendre d'emblée que Dieu est la Personne Suprême; Il n'est pas de nature impersonnelle. Dieu
est une personne, mais Il n'appartient pas à l'Univers matériel et Son corps n'est pas fait de matière. Voilà ce qu'il faut comprendre. Le maigre savoir des impersonnalistes ne peut accommoder le fait
que la Vérité Suprême et Absolue soit une personne, car ce mot évoque aussitôt pour eux l'image d'une personne de ce monde. Voilà leur défaut. Pourquoi Dieu serait-Il une personne matérielle ?
Dès le début, Kunti dissipe ainsi cette méprise en affirmant que le Seigneur existe au-delà de la Création matérielle (prakrteh param). Il n'en demeure pas moins une entité personnelle.
Maintenant, par la grâce de Kunti, nous pouvons comprendre que cette Personne Suprême, bien qu'invisible (alaksyam), est apparue sous les traits de Krishna.
Kunti dit encore : krsnâya vâsudevâya. On traduit parfois le mot vâsudeva par l' " Omniprésent " C'est ainsi que les
impersonnalistes conçoivent Vâsudeva; aussi Kunti souligne-t-elle : " L'omniprésent Vâsudeva est nul autre que Krishna. " Îsvarah sarva-bhûtânâm hrd-dese 'rjuna tisthati : Krishna, le
Seigneur Suprême, Se tient dans le cœur de tous les êtres.( Bg
18.61) Ainsi se définit Son omniprésence.
Krishna, le premier des êtres, existe sous trois aspects : Dieu, la Personne Suprême, l'omniprésente Âme Suprême (Paramâtmâ) et la radiance du Brahman impersonnel. Ceux qui montrent un intérêt pour le bhakti-yoga se détournent de l'impersonnel Brahman, destiné au commun des mortels. En quoi les rayons solaires pourraient-ils intéresser les habitants du soleil ? De même,
les âmes spirituellement évoluées n'éprouvent guère d'intérêt pour la radiance du Brahman. Au contraire, elles sont fascinées par Vâsudeva, le purusha, la Personne Suprême. Comme le confirme la
Bhagavad-Gîtâ, une telle réalisation survient après maintes et maintes renaissances (bahûnâm janmanâm
ante). Les jñânîs, ces
impersonnalistes qui s'attachent à l'éclat du Brahman, cherchent à saisir la Vérité Absolue par la force de leur savoir; or, ils ignorent que celui-ci est aussi limité qu'imparfait alors que Krishna, la Vérité Absolue, S'avère illimité. On ne saurait
approcher l'Infini par le biais de notre connaissance limitée. C'est tout simplement impossible.
Par la grâce de dévotes comme Kunti, nous pouvons saisir que Krishna est l'omniprésente et absolue Vérité, qu'on
nomme aussi Vâsudeva et Paramâtmâ (krsnâya vâsudevâya). Une telle réalisation de Vâsudeva n'est pas aisément accessible aux impersonnalistes. Krishna déclare dans la Bhagavad-Gîtâ :
bahûnâm janmanâm ante jñânavân mâm prapadyate
vâsudevah sarvam iti sa mahâtmâ sudurlabhah
" Après de nombreuses renaissances, lorsqu'il sait que Je suis tout ce qui est, la Cause de toutes les causes, l'homme au vrai savoir s'abandonne à
Moi. Rare un tel mahâtmâ.
"
(Bhagavad-gita 7.19)
Le mot mahâtmâ signifie " large
d'esprit ". Qui ne peut comprendre Krishna n'est pas large d'esprit mais borné. Qui fait preuve de largeur d'esprit peut, par la grâce de Krishna, Le comprendre.
C'est à travers le service qu'on Lui offre (sevonmukhe) qu'on peut comprendre Krishna. Sevonmukhe hi
jihvâdau : on peut réaliser Vâsudeva en Le servant, et ce service s'amorce avec la langue. Celle-ci, en effet, joue un double rôle - vibrer divers sons et goûter. Ainsi, qui écoute et
fait vibrer de façon répétée le mantra Hare Krishna, en plus de savourer le prasâda, la nourriture végétarienne offerte à Krishna, pourra grâce à cette méthode très simple réaliser Vâsudeva,
Krishna. Celui-ci Se révélera à nous. Nos seuls efforts ne nous permettront pas de comprendre Krishna, mais ils nous qualifieront en autant qu'ils seront imbus de dévotion. Puis, Krishna Se
révélera à nous (svayam eva sphuraty adah).
Krishna désire ardemment que nous retournions auprès de Lui, en notre demeure originelle dans le Royaume de Dieu; mais dans notre entêtement, nous
refusons d'y aller. Aussi cherche-t-Il toujours quelque occasion de nous y ramener. Il ressemble en cela à un père affectueux. Lorsqu'un fils, se comportant comme un vaurien, quitte son père pour
traîner les rues, sans toit ni pain, souffrant considérablement, son père se montre toujours très désireux de le ramener à la maison. Dans un même ordre d'idée, Krishna est le Père Suprême, et
tous les êtres en ce monde sont exactement comme les enfants égarés d'un homme riche, qui auraient quitté le foyer pour errer sur les chemins. Par suite, le plus grand service qu'on puisse rendre à ses sœurs et frères humains consiste à leur donner la conscience de Krishna. Aucun gain matériel ne saurait
satisfaire l'être vivant; mais si on lui offre la conscience de Krishna, il y trouvera une véritable satisfaction. On peut rappeler à l'enfant perdu, sans toit : " Cher garçon, ton père est
très riche et possède beaucoup. Pourquoi tant souffrir ? Pourquoi vagabonder ? " Et s'il vient à comprendre : " Je suis en effet le fils d'un homme influent. Pourquoi vivre ainsi ?
", il pourra alors rentrer chez lui. On ne peut donc faire mieux que d'informer ceux qui ont oublié Krishna : " Vous faites partie intégrante de Krishna, votre Père qui possède
pleinement toutes les opulences. Pourquoi moisir dans ce monde matériel ? " Mâyâ, l'illusion, s'avère très puissante. Mais
c'est le devoir de chaque dévot de Krishna de s'efforcer d'éclairer tout un chacun sur la conscience de Krishna. Kunti, pour sa part, déclare d'emblée que même si Krishna, la Personne Suprême,
vit à l'intérieur comme à l'extérieur de tout, les sots et vauriens ne peuvent Le voir. Aussi fait-elle remarquer : " Voici le Seigneur, Krishna. "
Krishna est Dieu, l'omniprésente Personne Suprême (krsnâya vâsudevâya), mais Il éprouve une grande joie à devenir le fils de Devakî (devakî
nandanâya). L'Atharva Veda cite aussi
le nom Devakî-nandana. Krishna vient en tant que Devakî-nandana et choisit pour père Nanda-gopa, Nanda Mahârâj. Il aime être associé à Ses dévots qui tiennent le rôle de Son père ou de Sa mère.
Bien qu'en ce monde matériel, on cherche à s'unir à l'Être Suprême en L'acceptant comme Père, Krishna, Lui, prend plaisir à devenir le fils de Son dévot. L'homme moyen veut Dieu pour père;
Krishna, toutefois, n'en est guère heureux, car le fils embête toujours son père en lui demandant : " Donne-moi ceci, donne-moi cela. "
Krishna jouit, de toute évidence, d'immenses puissances grâce auxquelles Il peut donner à chacun tout ce qu'il pourrait demander. Eko bahûnâm yo
vidadhâti kâmân (1) . Il nourrit et la fourmi et
l'éléphant; pourquoi négligerait-Il l'être humain ? Les vauriens, ignorants qu'ils sont de cette vérité, peinent jour et nuit comme des bêtes de somme pour se procurer du pain. Et s'ils vont à
l'église, là aussi ils prient : " Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. " Ils n'ont qu'un souci : la crise du pain.
Quoique l'être vivant soit le fils de la personne la plus riche, la plus opulente, il s'est créé un problème alimentaire. C'est ce qu'on nomme
l'ignorance. Il pense : " Si je ne résous pas cette crise, si je ne conduis pas jour et nuit un camion, comment vivrai-je ? " Voilà tout l'absurdité de notre civilisation moderne. Où est
cette crise du pain ? Krishna peut produire du pain à l'infini. Des milliers d'éléphants peuplent l'Afrique et Krishna donne à chacun d'eux sa part de nourriture. S'Il peut nourrir les éléphants,
pourquoi pas aussi l'humanité ? Par conséquent, le Srimad-Bhâgavatam enseigne : " Ne perdez pas votre temps à résoudre la
crise du pain. "
tasyaiva hetoh prayateta kovido
na labhyate yad bhramatâm upary adhah
(voir SB 1.5.18)
Évitons de perdre notre temps à résoudre les problèmes économiques. Le développement économique est une absurdité. On pourra m'en vouloir
d'émettre une proposition aussi révolutionnaire. " Que raconte Swamiji ? ", se demandera-t-on peut-être. Mais en réalité, c'est un fait : l'essor
économique n'est que folie. Imaginons le fils d'un homme riche. Il sait en son for intérieur : " Aucun habitant de cette ville n'est aussi riche que mon père; je ne saurais donc
manquer de nourriture. " Quelle crise économique pourrait ainsi le tracasser ? Or, telle est bien notre position - nous n'avons aucun problème économique. Tout nous est donné en abondance.
Nous voulons de l'eau ? Voyez donc ! Les océans en sont remplis. Bien sûr, nous voulons de l'eau pure. Quoique les océans contiennent tant d'eau, quand celle-ci vient à manquer, nous requiérons
l'aide de Krishna, qui évaporera l'eau en la transformant en nuages. L'eau de pluie qui en tombera sera, elle, pure. Sinon, on ne pourrait la boire.
Tout est bien orchestré, l'eau, la lumière, la chaleur… constituant un tout complet en soi.
om pûrnam adah pûrnam idam pûrnât pûrnam udacyate
pûrnasya pûrnam âdâya pûrnam evâvasisyate
" Dieu, la Personne Suprême, est le Tout complet et absolu, et Sa perfection étant totale, tout ce qui émane de Lui, comme le monde phénoménal,
constitue également une totalité complète en elle-même. Tout ce qui provient du Tout est un tout en soi, et parce que Dieu est absolu, Il demeure le Tout complet bien que d'innombrables unités,
complètes elles aussi, émanent de Lui."
(Îsopanishad :
invocation)
Les réserves de Krishna ne s'épuisent jamais. Nous n'avons qu'à Lui obéir et Il les mettra à notre disposition. Les personnes conscientes de Krishna
ne souffrent donc d'aucun problème économique; Krishna leur donne suffisamment de tout. Nos voisins de Los Angeles se montrent parfois très envieux envers nous. "Vous ne travaillez pas",
disent-ils. "Comment se fait-il que vous n'éprouvez aucune anxiété? Vous avez quatre voitures; vous mangez très bien." En fait, ils ont raison. D'une façon ou d'une autre, tous nos
besoins sont comblés; de plus, nous n'avons aucun problème, car lorsqu'on devient un serviteur sincère de Krishna, tout nous est donné. On nous
envie donc, car nous possédons beaucoup, même si nous ne travaillons pas. Mais pourquoi ne se joignent-ils pas à nous? Jamais ils n'accepterons une telle invitation. "Venez chanter Hare
Krishna avec nous," leur disons-nous. "Non, je ne peux pas." "D'accord, alors conduisez vos camions." En roulant à tombeau ouvert dans leurs autos et camions, ils mettent
leur vie et celle d'autrui en péril puisqu'à tout instant, ils risquent un accident. Mais ils prétendent que c'est ça la civilisation. Quelle absurdité ! Tranquillité, prospérité et paix (shânti) - ainsi se définit la civilisation. Paisibles et prospères, on doit toujours demeurer conscients de
Krishna.
Les gens travaillent tant, jour et nuit, et ce pour quelques miettes de pain, sans savoir que leur nourriture est déjà assurée. Avidyâ
karma-samjñânyâ tritîyâ shaktir ishyate [Vishnou Pourâna 6.7.61 -voir (2) ] ; l'Univers matériel est saturé d'ignorance (avidyâ; vient de vidya qui signifie connaissance ; a-vidya signifie donc absence
de connaissance ); cherchons donc à nous en affranchir. Nous ne devrions travailler qu'à cette fin: fuit l'ignorance. Nous pensons: " Étant ce corps de matière, je dois travailler jour et
nuit; alors je pourrai manger et ainsi vivre. " Voilà ce qu'on appelle l'ignorance. Nous avons vécu une telle vie d'ignorance sous d'autres formes que la forme humaine, ayant revêtu jadis un
corps d'oiseau, de bête… Nous devons maintenant vivre dans la paix, le calme et la sérénité, tout en s'enquérant simplement de la Vérité Absolue (jîvasya tattva-jijñâsâ / athâto brahma-jijñâsâ). Telle doit être notre occupation.
Nous nous enquérons uniquement de Krishna, et c'est ce qu'il faut faire. Voilà la vraie vie. Pourquoi peiner jour et nuit comme une bête de somme?
Vous appelez ça vivre? Je n'accepte pas cette définition de la vie. Le Bhâgavatam enseigne donc aux êtres perspicaces (kovida): " Consacrez votre vie à comprendre la Vérité Absolue. "
Comment alors notre problème économique sera-t-il résolu? Le bonheur qu'on espère trouver dans l'essor économique s'obtient de lui-même en temps voulu. Tal labhyate duhkhavad anyatah (S.B. 1.5.18) Nous voulons être heureux. Chercheriez-vous le malheur? "Non", me répondrez-vous.
Pourquoi vous frappe-t-il donc, si vous ne désirez ni péril ni détresse? Notre karma confère à notre vie une certaine part de
bonheur et de malheur. Par suite, si le malheur survient sans invitation, le bonheur en fera autant.
Une certaine mesure de bonheur et de malheur nous est prédestinée; on n'y peut rien changer. Le changement
qu'on se doit donc d'opérer consiste à s'affranchir de notre condition matérielle. Tel doit être notre seul souci. Selon notre karma, nous naissons tantôt parmi les dévas d'un système
planétaire supérieur, tantôt chez les chats, les chiens ou les vers dans l'excrément. Aussi Chaitanya Mahâprabhu dit-Il:
ei rûpe brahmânda bhramite kona bhâgyavân jîva
guru-krishna-prasâde pâya bhakti-latâ-bîja
"Suivant leur karma, tous les êtres vivants errent de par l'Univers entier. Certains sont promus aux systèmes planétaires supérieurs; d'autres
glissent vers les planètes inférieures. Parmi ces millions d'êtres, très fortunés sont ceux qui rencontrent, par la grâce de Krishna, un maître spirituel authentique. La grâce conjuguée de
Krishna et du guru confère à ceux-ci la graine de la
dévotion."
(C.c., Madhya 19:151)
Seules les âmes favorisées par le destin obtiennent la compagnie de Krishna et de Son dévot; ainsi acquièrent-elles la graine de la dévotion et le mantra Hare Krishna. Dès lors, leur vie devient
sublime.
Kunti attire donc notre attention sur Krishna, la Personne Suprême, que nul ne voit. Qui est donc cet être invisible (alakshya)? Nul autre que
Krishna. " Mais il existe plusieurs Krishnas ", pourrait-on répondre. Voilà pourquoi Kunti dit: "J'offre mes respects à Vâsudeva, fils de Vasudeva." - "Mais on compte aussi
plusieurs Vasudeva." - "Non, mes prières s'adressent au fils adoptif de Mahârâja Nanda (nanda-gopa-kumârâya)". Ainsi souligne-t-elle trois fois: "Voici Krishna."
Krishna naît officiellement de Devakî et Vasudeva; mais durant Son enfance, Il goûte la compagnie de mère Yashodâ et Nanda Mahârâja. C'est là un
divertissement de Krishna. Ânandamayo 'bhyâsât (Vedânta-sutra 1.1.12): Krishna est par nature empreint de félicité; jamais on ne Le verra
morose. Et de même quiconque vit avec Lui. D'où Son nom : Govinda. Le mot go signifie "sens". Nous aspirons aux plaisirs des sens; or, si nous recherchons la compagnie de Krishna, nous jouirons à
profusion de nos sens à l'instar des gopîs qui dansent avec Lui. La satisfaction des sens ne fait donc pas défaut en Sa présence; elle n'a toutefois rien de commun avec les plaisirs peu subtils
de ce monde. Au contraire, elle participe de la même nature que le monde spirituel.
Ânanda-cinmaya-sad-ujjvala-vigrahasya (voir Brahma-samhita 5.32) . Ce plaisir (ânanda) n'est pas celui de troisième ordre qu'on goûte à travers nos sens
physiques. Les plaisirs sensuels ne sont qu'illusion. Nous pensons: "Je jouis", mais en fait il n'en est rien, car ce bonheur matériel ne dure guère longtemps. Chacun sait par
expérience qu'il a une fin. Les plaisirs spirituels, au contraire, ne font que s'accroître. Voilà la différence. Ânanda-cinmaya-sad-ujjvala-vigrahasya govindam âdi-purusam tam aham bhajâmi
(Brahmâ-samhitâ 5:32). Il nous faut donc rechercher la compagnie de Govinda.
Le verset à l'étude dit encore : " J'offre mon hommage respectueux à Govinda. " (govindâya namo namah) Le Mouvement pour la Conscience de Krishna
s'avère si sublime qu'il nous met directement en contact avec Govinda. L'adoration de la mûrti dans le temple offre également un contact direct avec Lui.
Sri-vigrahârâdhana-nitya-nânâ-srngâra-tan-mandira-mârjanâdau (Sri-gurv-astaka 3 - voir (3) ). Cette forme de Krishna (vigraha) se manifeste par Sa grâce. Étant invisible, alaksya, Krishna nous permet ainsi de Le voir. Ne croyons pas qu'Il soit
fait de pierre, de bois ou de métal. Krishna demeure toujours Lui-même. Mais comme nous ne voyons que les éléments matériels, Il apparaît sous une forme façonnée dans le bois, le métal ou la
pierre. Quand nous entrons en contact avec la mûrti, c'est Krishna Lui-même que nous contactons. Invisible, Celui-ci, dans Sa grande bonté, apparaît sous une forme qu'on peut
voir. Telle est Sa miséricorde. N'allez pas penser : " Voici un Krishna de pierre ". Étant tout, Krishna est aussi la pierre, mais pas une pierre inerte. Krishna demeure égal à Lui-même
et ce, même lorsqu'Il emprunte une forme de pierre ou de métal. Quiconque adore la mûrti le constatera d'ailleurs. Svayam eva sphuraty adah. Bien qu'apparemment faite de pierre, la mûrti peut
s'entretenir avec le dévot. Cela s'est vu maintes vois.
Je suis, par conséquent, très heureux de voir mes disciples parer la mûrti de merveilleux costumes, et lui offrir des mets savoureux tout en gardant
le temple très propre. Sri-mandira-mârjanâdau : le mot mârjana signifie " nettoyer ". Que l'on habille Krishna ou qu'on nettoie Son temple, on en retire le même bénéfice spirituel. Évitons de
penser : " Je ne fais que nettoyer alors qu'une autre pare la Déité. " Non. Krishna étant absolu, ces deux formes de service sont sur un même
pied d'égalité. Il s'agit ainsi de servir Krishna de toutes les façons possibles et notre vie sera couronnée de succès. Voilà en quoi consiste le Mouvement pour la Conscience de Krishna
(iskcon).
Par la grâce de Kunti, nous sommes à même de saisir que Krishna - Vâsudeva - est Dieu, l'Être Suprême. Le terme vâsudeva indique également qu'on
peut comprendre le Seigneur quand on s'élève au niveau de la pure Vertu, qu'on nomme aussi vâsudeva, ou visuddha-sattva. Sattvam visuddham vasudeva-sabditam
[S.B. 4:3:23 voir (4) ] : pour comprendre
Dieu, il faut d'abord accéder à la Vertu (sattva). Or, la Vertu en ce monde matériel est parfois souillée par les attributs inférieurs de la Passion et de l'Ignorance. En écoutant ce qui a trait
à Krishna, on atteint cependant le niveau de la pure Vertu. Srnvatâm sva-kathâh krsnah punya-sravana-kîrtanah (S.B. 1:2:17). Efforçons-nous toujours d'écouter et de chanter les gloires de Krishna, vingt-quatre heures par jour;
de cette façon, notre cœur sera lavé de toute impureté. Il ne s'agit pas ici d'assister, pendant sept jours, à une lecture officielle du Srimad-Bhâgavatam (bhâgavata-saptâha), laquelle n'est
qu'une autre forme d'exploitation. On lit dans le Bhâgavatam [1:2:18 voir (5) ] : nasta-prâyesv abhadresu nityam bhâgavata-sevayâ. Le mot nityam signifie " quotidiennement, vingt-quatre heures par jour ". Il faut
toujours lire le Srimad-Bhâgavatam et servir le maître spirituel. Le terme bhâgavata peut indiquer soit le maître spirituel, soit le Srimad-Bhâgavatam. Servons donc constamment
l'un ou l'autre. Bhagavaty uttama-sloke bhaktir bhavati naisthikî. Ainsi nous établirons-nous de façon irrévocable (naisthikî) dans le service de dévotion offert à Dieu, la Personne
Suprême.
Ainsi doit-on réaliser les bienfaits du Mouvement pour la Conscience de Krishna, en adoptant la voie spirituelle prescrite et en cherchant à
distribuer ses fruits à autrui. Éveiller la conscience de Krishna qui sommeille en autrui constitue la plus grande œuvre de bienfaisance qui soit.
Nous pouvons voir que des individus, privés de toute conscience de Krishna il y a quatre ou cinq ans, ont été tirés de leur sommeil et ont acquis désormais cette conscience. De même, d'autres
peuvent être éveillés à leur tour. Cela ne comporte aucune difficulté. Il suffit d'appliquer la même méthode.
En marchant sur les traces de dévotes comme Kunti, nous pourrons découvrir l'identité de Krishna. Nous pouvons nous enquérir de l'identité d'une
personne en lui demandant : " Quel est le nom de ton père ? " De même, le Srimad-Bhâgavatam nous donne les noms du père et de la mère de Dieu - voire Son adresse. Nous ne sommes pas des
impersonnalistes armés de vagues notions du Divin. Quiconque tire parti du Mouvement pour la Conscience de Krishna pourra comprendre Dieu de façon aussi parfaite que complète.
SUITE: UNE VISION DE LOTUS
(1) Eko bahûnâm yo vidadhâti kâmân:
Un Être (eko); l'Être Suprême, pourvoit aux nécessités de tous les autres êtres vivants.
(2) viṣṇu-śaktiḥ parā
proktā
kṣetra-jñākhyā tathā
parā avidyā-karma-saḿjñānyā
tṛtīyā śaktir iṣyate
"On résume en trois catégories les puissances de Sri Visnu - l'énergie spirituelle, qui est toute de connaissance; les êtres vivants qui, bien qu'ils particpent
de l'énergie spirituelle, sont sujets à l'égarement; et la troisième énergie, toute d'ignorance, toujours visible dans l'action
intéressée."
Visnu Purana (6.7.61)
(3)
śrī-vigrahārādhana-nitya-nānā-
śṛṅgāra-tan-mandira-mārjanādau
yuktasya bhaktāṁś ca niyuñjato ’pi
vande guroḥ śrī-caraṇāravindam
Le maître spirituel se consacre sans cesse à l'adoration de Sri Sri Râdhâ et Krisna dans le temple, et il entraîne ses disciples dans cette adoration. Ils
parent les Mûrtis de vêtements et ornements, nettoient Leur temple et s'acquittent des divers autres devoirs liés à Leur culte. Je rends mon hommage respectueux aux pieds pareils-au-lotus
de mon maître spirituel.
(4) Sattvam visuddham
vasudeva-sabditam
"La conscience de Krishna est le niveau de conscience pure où la Personne Divine, qui a
nom Vāsudeva, Se révèle sans que le moindre voile subsiste."
Srimad-Bhagavatam (4.3.23)
(5)
naṣṭa-prāyeṣv abhadreṣu nityaḿ bhāgavata-sevayā bhagavaty uttama-śloke bhaktir bhavati naiṣṭhikī
"Par l'écoute suivie du Srimad-Bhagavatam, comme par le service assidu offert aux purs dévots du Seigneur, tout ce qui trouble le coeur du bhakta devient
pratiquement néant, et le service d'amour offert au Seigneur Suprême, qu'on glorifie par des hymnes sublimes, s'y établit alors,
irrévocable."
Srimad-Bhagavatam (1.2.18)]]>fr2008-07-18T22:29:14Z
http://www.retour-a-krishna.com/article-21142118.html
Ratha-Yatra Paris 2008
Les photos:
Plus de nectar ? Allez sur :
http://picasaweb.google.com/srisriradhaparisisvara/RathaYatraParis2008
http://picasaweb.google.fr/Ashley.Vishwanath/RathaYatra02
]]>fr2008-07-13T11:06:00Z
http://www.retour-a-krishna.com/article-21123120.html
Hare Krishna mantra:
extase en Irlande
Sur Internet, après avoir recherché un kirtana Hare Krishna particulièrement sweet je suis tombé sur celui-ci
venu d'Irlande, chers lecteurs je vous le propose, et j'espère que vous aurez du plaisir, comme j'en ai eu, à l'écouter comme à regarder les Murtis et les dévots danser
dans le temple.
Hari Nama
sankirtana ki jaya !
]]>fr2008-07-10T00:21:44Z
http://www.retour-a-krishna.com/article-21098638.html
Enseignements
de la Reine Kunti
(d'après les célèbres prières de la reine Kunti)
par Sa Divine GrâceA.C Bhaktivedanta Swami Prabhupāda
(traduction de Denis Bernier et Pierre Corbeil)
Troisième Chapitre
UNE FEMME TRES INTELLIGENTE
tathā paramahaḿsānāḿ
munīnām amalātmanām
bhakti-yoga-vidhānārthaḿkathaḿ paśyema hi striyaḥ
" En personne, Tu descends en ce monde, pour implanter la science spirituelle et absolue du service de dévotion dans le cœur des spiritualistes
élevés ainsi que des penseurs purifiés par le pouvoir de distinguer le spirituel du matériel. Mais comment nous, femmes, pouvons-nous Te connaître à la perfection ? "
(Srimad-Bhâgavatam 1.8.20)
Le Seigneur demeure inconnu même des plus grands philosophes. C'est ce qu'enseignent les Upanishads : la
Vérité Absolue, ou Dieu, la Personne Suprême, gît au-delà du pouvoir de penser des esprits les plus aigus. Ni les plus grandes éruditions ni les plus puissants cerveaux ne
peuvent Le connaître; y parvient seul celui qui reçoit Sa grâce. Les autres auront beau agiter des pensées sur Lui pendant des siècles, leurs efforts pour L'appréhender demeureront toujours
vains. Ce que confirme la reine Kunti, qui joue ici le rôle d'une simple femme. En général, les femmes sont incapables des raisonnements spéculatifs des philosophes, mais elles sont bénies du
Seigneur, car elles acceptent facilement Sa suprématie et Sa toute-puissance, ce qui leur permet de se prosterner sans réserve devant Lui. Dans Son infinie bonté, le Seigneur favorise tous ceux
dont les motifs sont sincères, et non pas spécialement les grands philosophes. C'est d'ailleurs pour cette raison que les femmes se sentent davantage portées vers les activités religieuses de
toutes sortes. De fait, il a été noté partout dans le monde que les femmes adhèrent plus volontiers que les hommes aux divers mouvements religieux. Or, cette simplicité qui fait accepter d'emblée
la suprématie du Seigneur à quiconque s'en trouve animé présente plus de valeur qu'un étalage factice de ferveur religieuse.
Kunti prie le Seigneur avec grande soumission; telle est la marque d'un vaishnava. Krishna était venu lui offrir Son
respect en prenant la poussière de ses pieds. Voyant en elle Sa tante, Krishna avait coutume de lui toucher ainsi les pieds. Or, quoique en sa qualité de grande dévote, elle était presque aussi
élevée que Yashodâ, la mère de Krishna, elle se montrait si soumise qu'elle priait ainsi : " Krishna, Tu es compris des paramahamsas, des plus hauts spiritualistes,
alors que je ne suis qu'une femme; comment pourrais-je Te comprendre ? "
Au sein du système védique existent quatre divisions sociales (câtur-varnyam mayâ srstam). Les brahmanas, ou ceux qui font preuve d'intelligence, sont les membres
les plus élevés de la hiérarchie sociale. Puis viennent les kshatriyas (les militaires et administrateurs), les vaishyas (les agriculteurs et hommes d'affaires), et enfin les shûdras (les
ouvriers). Notre rang dans cette institution est déterminé par nos qualités et notre travail (guna-karma). La Bhagavad-Gîtâ (9:32) dit : striyo vaisyâs tathâ sûdrâh et le Srimad-Bhâgavatam : strî-sûdra-dvijabandhûnâm
(voir verset 25 du Premier Chant, chapitre 4) ) . Selon ces citations, les femmes, les shûdras et les dvija-bandhus appartiennent tous à la même classe. Le mot dvija-bandhu
désigne celui qui naît dans une famille élevée de brahmanas ou de kshatriyas, mais sans posséder lui-même de qualification personnelle. Notre rang social, selon le système védique, est déterminé
par nos qualifications. Ce qui s'avère très pratique. Prenons le fils d'un juge de la Cour suprême; il n'est pas pour autant lui-même juge. Néanmoins, parce qu'ils sont issus d'une famille de
brahmanas, certains se disent tels, même s'ils sont des vauriens de premier ordre, dénués de toute qualification. Bien qu'inférieurs aux shûdras, les gens les tiennent malgré tout pour des
brahmanas. D'où la chute de la civilisation védique. Les brahmanas de l'Inde s'opposent parfois férocement à notre mouvement, car je forme des brahmanes américains et européens. Toutefois, nous
ne nous soucions guère de leurs arguments et toute personne sensée en fera autant. Sri Chaitanya Mahâprabhu dit : prthivite âche yata nagarâdi grâma sarvatra pracâra haibe mora nâma " Le Mouvement pour la Conscience de Krishna sera diffusé dans chaque ville
et village du monde. " Comment alors Européens et Américains ne deviendraient-ils pas des brahmanas ? En fait, quiconque adopte la conscience de Krishna a déjà dépassé le brahmanisme. Comme
le déclare la Bhagavad-Gîtâ :
mâm ca yo 'vyabhicârena bhakti-yogena sevate
sa gunân samatityaitâm brahma-bhûyâya kalpate
" Qui pratique le bhakti-yoga transcende les influences de la nature matérielle et atteint le niveau spirituel [brahma-bhûta]. " Toute personne qui
s'engage pleinement dans le bhakti-yoga accède au plus haut niveau de la transcendance, que dire de devenir un brahmâna.
Bhagavad-gita 14.26
L'idée boiteuse, stéréotypée, selon laquelle seule une personne née d'une famille brahmanique peut devenir brahmana a détruit la civilisation védique. Aujourd'hui, toutefois,
nous rétablissons le fait que tous peuvent atteindre la perfection. Krishna, le Seigneur, déclare dans la Bhagavad-Gîtâ :
mâm hi pârtha vyapâsritya ye 'pi syuh pâpa-yonayah
striyo vaisyâs tathâ sûdrâs te 'pi yânti parâm gatim
" Quiconque en Moi prend refuge, ô fils de Prthâ, fût-il de basse naissance, une femme, un vaishya, ou même un shoûdra, peut atteindre le but
suprême. "
Bhagavad-gita
9.32
Ainsi, quoique femmes, shoûdras et vaishyas soient habituellement considérés comme appartenant à une classe inférieure, celle ou celui qui se fait
bhakta dépasse ces désignations. Femmes, shûdras et vaishyas sont ordinairement jugés moins intelligents; or, quiconque adopte la conscience de Krishna fait preuve de la plus haute intelligence,
comme l'affirme le Chaitanya-charitâmrita (krsne yei bhaje sei bada catura). De plus, Chaitanya Mahâprabhu enseigne :
ei-rûpe brahmânda bhramite kona bhâgyavân jiva
guru-krsna-prasâde pâya bhakta-latâ-bîja
" Parmi tous les êtres vivants qui errent à travers l'Univers, très fortunés sont ceux qui reçoivent, par la grâce du maître spirituel
et de Krishna, la graine de la dévotion. "
(Chaitanya-charitâmrita, Madhya
19:151)
Le Mouvement pour la Conscience de Krishna n'est pas formé de membres misérables, infortunés. Non; quiconque embrasse la conscience de Krishna s'avère très fortuné, ayant
découvert l'art d'agir qui rendra sa vie parfaite. Nul n'est plus fortuné, ou plus parfait, que l'âme consciente de Krishna qui s'acquitte bien de ses devoirs. C'est ce qu'affirme en toute
humilité Kunti dans le présent verset. Quoiqu'elle ait revêtu le corps d'une femme, elle n'en est pas moins dévote. Ne ressemblant aucunement à une femme moyenne, peu intelligente, elle fit au
contraire preuve de la plus haute intelligence en reconnaissant en Krishna le Dieu Suprême : " Il vient m'offrir Ses respects, semblant ainsi être mon neveu dans l'ordre matériel; mais en
réalité, Il est Dieu, la Personne Suprême. " Aussi disait-elle dans un verset précédent : alaksyam sarva-bhûtânâm antar bahir avasthitam - " Bien que Tu sois partout présent, à
l'intérieur comme à l'extérieur, le commun des hommes ne Te voient pas. " Dans un autre passage, elle ajoutait : na laksyase mûdha-drsâ - " Tu demeures invisible aux sots et vauriens.
" Ce qui indique que Kunti voyait Krishna tel qu'Il est; sinon, comment aurait-elle pu dire : na laksyase mûdha-drsâ ? Et encore : " Tu transcendes la Création matérielle. "
(prakrteh param)
Kunti continue, dans le verset à l'étude, de s'exprimer en toute humilité. Une telle attitude se révèle très propice à la dévotion. Voilà pourquoi Sri Krishna Chaitanya
Mahâprabhu nous enseigne : trnâd api sunîcena taror api sahisnunâ - " Il faut devenir plus tolérant que l'arbre et plus humble que l'herbe, si l'on désire progresser dans la spiritualité. " (voir
les prières Siksastaka) Cette attitude est nécessaire puisqu'en ce monde matériel,
tout habitant y rencontre tant de perturbations, comme lorsqu'on traverse l'océan, où l'on ne peut guère s'attendre à une situation très paisible. Même un gros navire peut s'avérer instable et à
tout instant, des vagues tumultueuses peuvent s'élever. De même, il faut toujours s'attendre à quelque danger dans l'Univers matériel; on ne peut espérer y vivre dans la plus grande paix. Les
Écritures védiques (shâstra) affirment ; padam padam yad vipadâm - à chaque pas on rencontre de nouveaux périls. (S.B. 10.14.58) Cependant, toute personne qui adopte le
service de dévotion pourra y échapper (mâyâm etâm taranti te - voir Bg 7.14 ).
Au début, lorsqu'on adopte la conscience de Krishna, Mâyâ, l'énergie d'illusion matérielle,
provoquera de nombreuses perturbations. Elle nous mettra à l'épreuve pour déterminer si nous sommes fermement établis dans cette conscience. Puisqu'elle représente aussi Krishna, Mâyâ ne permet à
personne de Le déranger. Aussi nous met-elle rigoureusement à l'épreuve afin de juger si nous adoptons la conscience de Krishna pour troubler le Seigneur, ou si nous sommes vraiment sérieux. Tel
est son rôle. Au début donc, Mâyâ nous éprouvant, nous rencontrerons tant de perturbations tout en progressant dans la conscience de Krishna. Mais si nous en respectons les règles et principes en
plus de chanter les Saints Noms tel que prescrit, nous ne serons pas ébranlés. Négligeons ces principes et Mâyâ nous capturera aussitôt, car elle reste toujours à l'affut. Nous voguons sur
l'océan où à tout instant peuvent surgir divers éléments perturbateurs. D'où le qualificatif de paramahamsa qu'on prête à quiconque demeure imperturbable.
Kunti dit donc : " Tu es compris des paramahamsas (tathâ paramahamsânâm). Le mot parama signifie " ultime
" et hamsa " cygne "; on traduit ainsi le terme paramahamsa par " le cygne parfait ". Si nous offrons au cygne un mélange d'eau et de lait, il n'en prendra que le lait.
Dans un même ordre d'idée, ce monde matériel est formé de deux natures : la Nature spirituelle - ou supérieure - et la Nature matérielle dite inférieure. L'être qui délaisse la seconde pour ne
saisir que la première sera qualifié de paramahamsa.
Sachons que les activités corporelles naissent de la présence de l'âme qui habite le corps. C'est un fait. Le
corps n'est qu'une enveloppe externe. De même, il faut savoir que Krishna représente le centre de toute action; qui connaît cette vérité est paramahamsa. Ainsi le bhakti-yoga est-il destiné à de
telles âmes, conscientes que Krishna incarne la réalité centrale. Il l'affirme d'ailleurs Lui-même dans la Bhagavad-Gîtâ : aham sarvasya prabhavo mattah sarvam pravartate - " De tout Je
suis la Source; de Moi tout émane. " (Bg
10.8) Qui sait, non seulement en théorie mais de fait, que Krishna représente la cause première de toutes les causes - quiconque en est convaincu - est un paramahamsa.
Lorsque Kunti dit : " Tu es destiné aux paramahamsas et aux munis, non aux sots ou vauriens ", le mot munînâm
qu'elle emploie alors désigne les théoriciens et intellectuels. Le terme amalâtmanâm indique ceux dont le cœur est pur. Le cœur des matérialistes regorge en effet d'impuretés. Quelles sont ces
impuretés ? L'avidité et la concupiscence. Puisque celles-ci rongent tous les matérialistes, on s'entend pour dire que leur cœur déborde de
souillures. Par contre, le mot amalâtmanâm indique tout personne lavée de cette double pollution.
Le bhakti-yoga est conçu pour les cœurs purs, non pour les êtres aussi avides que lascifs. Bien sûr, ceux-ci peuvent également
chercher à s'élever pour y parvenir peu à peu. Or, dès qu'on s'établit dans le bhakti-yoga, toute avidité, toute concupiscence s'évanouit. Viraktir anyatra ca (S.B. 11.2.42) : voilà le critère;
quand on s'affranchit des désirs lascifs et de l'avidité, on s'établit dans le bhakti-yoga, on devient un vrai paramahamsa.
Kunti affirme en toute humilité : " Tu es destiné aux munis comme aux paramahâmsas, ces purs adeptes du bhakti-yoga. Mais qui sommes-nous ? De pauvres femmes. Appartenant à une classe
inférieure, comment pourrions-nous Te comprendre ? " Bien qu'elle comprenne tout, Kunti joue néanmoins le rôle d'une femme ordinaire et demande : " Comment Te comprendre ? " Voilà
ce qu'on entend par humilité.
SUITE: "Approcher Krsna, l'omniprésente Vérité"]]>fr2008-07-18T09:11:52Z
http://www.retour-a-krishna.com/article-21016627.html
Ingrid Bétancourt:
"Je veux d'abord rendre grâce à Dieu"
Qui ne se réjouit actuellement de la libération d'Ingrid Bétancourt? Pratiquement tout le monde ! Comme en France et en Colombie particulièrement,
également aux Etats-Unis où trois autres détenus ont été libérés avec elle. Mais aussi partout à travers le monde, une vague de soulagement et de bonheur a parcouru le coeur de millions de gens à
l'annonce de sa libération.
C'est aussi la manière dont a eu lieu sa libération qui a marqué les esprits. Pas une goutte de sang versée, aucun dommage collatéral, cette intervention, ingénieuse et courageuse d'un commando
de l'armée, fut en tout point un véritable succés . Le commando, arrivé en hélicoptère et se faisant passer pour des FARC, a enlevé la prisonnière (avec plusieurs de ses compagnons d'infortune)
au nez et à la barbe des révolutionnaires communistes, leurs gardiens.
La libération d'Ingrid Bétancourt est d'autant plus réjouissante qu'elle intervient après une détention de 2310
jours, soit six ans et quatre mois! Et ces six années et quatre mois de captivité se sont déroulées, comme on peut l'imaginer, dans des conditions horribles et terriblement éprouvantes pour elle
et ses compagnons de détention. Ingrid a donné un aperçu des conditions de sa détention dans la jungle colombienne:
"Si vous saviez ce que c'était...", s'est-elle rappelée. "Pas de soleil, pas de ciel, un plafond vert. Je suis très
écolo, mais non, c'était trop. Une muraille d'arbres, plein de bêtes les plus épouvantables les unes que les autres".
Ingrid Betancourt a aussi raconté les marches forcées dans la forêt, expliquant que "en moyenne, j'ai fait 300kms à pied par an". "Je marchais avec un chapeau
jusqu'aux oreilles parce que toutes sortes de choses vous tombent sur la tête fourmis, bestioles, poux, tiques.(...) avec des gants parce que tout vous pique".
"C'est un monde absolument hostile", a-t-elle assuré, "avec des animaux dangereux dont le plus dangereux de tous est l'homme. Ceux qui étaient
derrière moi avec leurs gros fusils, à me pousser"
Quelle émotion lorsque nous avons assité ensuite aux retrouvailles d'Ingrid avec sa famille; sa mère, ses enfants, son
mari ! C'était trés émouvant d'assister, grâce à la télévision, aux scènes d'étreintes, de baisers, de larmes, d'échanges de paroles affectueuses, entre Ingrid et ses proches.
Elle n'a pas manqué non plus de remercier pour leur aide toutes les éminentes personnalités telles que le nouveau Président
Francais, l'ancien Président (...) , ainsi que tous les nombreux commités de soutien qui, au cours de ses longues années de détention par les révolutionnaires communistes, avaient maintenu la
pression nécessaire pour que son cas ne fusse pas relégué au second plan des préocupations des politiciens devant jouer un rôle important pour sa libération.
Mais ce qui fut particulièrement touchant et remarquable fut de voir l'ardeur et la dévotion qu'Ingrid Bétancourt a mise pour
rendre grâce à Dieu pour sa libération.
L'extrait suivant provenant d'un site chrétien relate ses faits surprenants (pour l'époque actuelle en tout cas où
on n'a pas souvent l'occasion de voir des personnalités du monde politique s'agenouiller pour remercier Dieu).
mercredi 2 juillet, vers 18 h, heure locale, Ingrid Betancourt a eu un geste significatif et silencieux, avant même d’avoir un micro pour parler
: le signe de la croix.
Autre geste significatif : elle a d’abord voulu s’agenouiller pour prier, sa mère, Yolanda Pulecio, agenouillée à
sa droite, et quelques autres personnes, dont des compagnons de captivité. L’aumônier militaire a guidé la prière : trois « Je vous salue Marie », le « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit
».
La caméra colombienne a fait un gros plan sur le visage recueilli d’Ingrid Betancourt, les yeux fermés. Des images
diffusées en direct dans le monde entier, dont, en France, « France 2 ».
Elle montrait à sa mère un rosaire enroulé autour de son poignet gauche. Et lorsque la conférence de presse allait commencer,
elle a dit au micro qu’elle voulait d’abord remercier Dieu de sa libération en disant : « Je veux d'abord rendre grâce à Dieu. Il faut surtout que vous vous joignez à moi pour remercier Dieu
d’être libre, parce que j’ai beaucoup prié (...) ».
Et puis, elle remercie l’armée colombienne, pour cette opération « impeccable », « parfaite ». Et puis elle insiste, après le
récit de leur libération : « Dieu nous a fait ce miracle, ceci est un miracle ».
Lors de son interview télévisée, elle a expliqué ce qu'elle entendait par "miracle fait par Dieu" concernant sa
libération.
Elle a affirmé que certes les soldats de l'armée colombienne qui l'avait directement libérée, en hélicoptère, avaient joué un
rôle de première importance pour sa libération, ainsi que le Président Colombien, le Président Français, les comités de soutien, (....) mais plus important encore avait été l'intervention de
Dieu. Car sans l'intervention de Dieu, Ingrid Bétancourt a tenu à préciser, sa libération n'aurait pu réussir. Elle a parlé de "miracle de Dieu" car, selon elle, trop de circonstances propices
devaient, en même temps, être réunies, pour que la libération réussisse sans l'intervention de Dieu.
On ne peut qu'apprécier la foi et la dévotion envers Dieu, dont Ingrid Bétancourt a fait preuve, au cours de ses années de
détention aux mains d'êtres humains cruels et sans scrupules (quant on sait que les FARC , dans le seul but de promouvoir leur cause, n'ont pas hésiter à kidnapper des milliers et des milliers de
civils innocents, les arrachant à leurs familles, leur causant ainsi de terrribles souffrances) . Elle a d'ailleurs affirmé que les hommes sont plus dangereux que les animaux de la jungle.
Ingrid Bétancourt a assuré que la prière et la foi en Dieu avaient été pour elle d'un trés grand secours, face à cette terrible
épreuve de captivité de plus de six années. On ne peut en douter ! Et connaissant tout ce que cette femme a enduré comme souffrances, humiliations, privations de liberté, cruauté gratuite, on ne
peut que s'emmerveiller qu'elle est pu conserver tant de courage, de détermination et d'énergie. Certainement que la prière et la foi en Dieu, comme elle l'affirme elle-même, y sont pour
beaucoup.
On retrouve également, au cours de l'histoire millénaire du vaisnavisme (la conscience de Krishna) - la branche dévotionnelle de
la culture védique -, de nombreux exemples de dévotion, de courage et de détermination manifestés par des femmes remarquables, face à la persécution d'êtres démoniaques: Draupadi, Gandhari, Mirabaï, Uttara, Kunti devi...La reine Kunti par
exemple, dont le célèbre Mahabharata
relate les péripéties (avec ces cinq fils, les Pandavas), dut faire face à de nombreuses persécutions aux mains d'hommes démoniaques assoiffés de pouvoir . Ceux-ci appartenait à la dynastie des Kauravas,
tels Duryodhana et Karna. Et, Kunti
devi, qui était aussi la tante de Krishna, fit preuve d'une dévotion exceptionnelle envers Dieu, la Personne Suprême, Sri Krishna, face aux nombreuses persécutions dont elles fut victimes,
elle et ses cinq fils . Tout cela est relaté, encore une fois dans le Mahabharata, mais plus en profondeur encore dans "la crème des Vedas", le Srimad-Bhagavatam. Dans cet ouvrage Kunti exprime
sa gratitude envers le Seigneur pour l'avoir sauvé, elle et ses cinq fils:
" Ta grâce, ô Krishna, nous a déjà sauvés d'un gâteau empoisonné, d'un grand incendie, de la dent des mangeurs
d'hommes, d'une pernicieuse assemblée, de maintes souffrances au cours de notre exil dans la forêt et d'une bataille où s'affrontèrent de grands généraux. Et voilà maintenant que Tu nous as
soustraits à l'arme d'Ashvatthâmâ. " ( Srimad-Bhâgavatam 1.8.24 )
Dans "Les Enseignements de la
reine Kunti" (Ed BBT), Srila Prabhupâda, sur ce verset, donnent les commentaires suivants :
"Ce verset nous parle des dangers qu'ont dû affronter Kunti et ses enfants. Devakî, la mère de Krishna, fut bien mise en grande difficulté, pour
un temps, par son frère envieux Kamsa, mais la suite de ses jours s'écoula dans la paix, alors que Kunti et ses fils connurent une suite ininterrompue de tourments, pendant de longues années.
Leurs oppresseurs étaient Duryodhâna et les siens, désireux d'usurper leur royaume, mais à chaque nouveau péril, ils furent sauvés par le Seigneur. Un jour, Bhîma se vit présenter un gâteau
empoisonné; ils se trouvèrent également tous rassemblés dans une maison de laque, qu'on incendia; une autre fois encore, Draupadî, la femme des Pandavas, fut traînée de force au milieu de
l'assemblée perverse des Kurus, qui cherchèrent alors à l'outrager en lui retirant son vêtement, mais le Seigneur la sauva en donnant au tissu une longueur infinie, si bien que Duryodhâna et les
siens ne purent la voir nue. Au cours de leur exil dans la forêt, Bhîma dut combattre un Râkshasa (mangeur d'hommes) nommé Hidimba, mais là encore, le Seigneur intervint. Et leurs malheurs
n'étaient pas terminés. Après toutes ces tribulations, survint la grande Bataille de Kuruksétra, et Arjuna dut affronter de grands généraux, tels que Drona, Bhîshma, Karna, etc., tous puissants
guerriers. Et pour finir, quand tous ces dangers furent passés, le fils de Dronâchârya lança un brahmâstra destiné à faire périr l'enfant à
naître du sein d'Uttarâ; mais une de plus, le Seigneur S'interposa et sauva Mahârâja Parîksit, dernier descendant des Kurus.
Kunti se rappelle ici tous les dangers qu'elle dut affronter avant que les Pândavas ne regagnent leur royaume.(...) Un jour,Dhritarâshtra fit construire une maison de
laque si inflammable qu'elle brûlerait au simple contact d'une allumette. Puis, il informa ses neveux et sa belle-sœur, Kunti: " J'ai fait bâtir une très jolie maison; pourquoi n'y
habiteriez-vous pas quelque temps ? " Mais Vidura leur révéla la stratégie de son frère : " Dhritarâshtra désire que vous y séjourniez afin de vous réduire en cendres. " Lorsque Duryodhan, le fils de
Dhritarâshtra, comprit que Vidura avait prévenu les Pândavas, il en conçut une vive colère. Ainsi le veut la politique. Bien qu'informés du complot ourdi par leur oncle, les Pândavas acceptèrent
néanmoins d'y vivre. Après tout, Dhritarâshtra était leur tuteur et ils ne voulaient pas désobéir à un supérieur. Mais ils creusèrent un tunnel sous la maison par où ils s'échappèrent quand
celle-ci devint la proie des flammes.
Rendre grâce à Dieu pour
la protection qu'Il nous offre
Ainsi, nous pouvons voir à travers ces quelques épisodes agités de la vie de Kunti (il y en a plus encore !) que
sa vie ne fut pas des plus faciles. Mais malgré tout, Kunti devi, parce qu'elle fit preuve d'une grande foi et d'une dévotion parfaite envers Dieu, non seulement sortie victorieuse de toutes ces
épreuves mais en sortie même grandie.
Le Seigneur Krishna déclare dans la Bhagavad-Gîtâ (9.31): kaunteya pratijânîhi na me bhaktah pranasyati - " Tu peux le proclamer avec force,
ô Arjuna, jamais Mon dévot ne périra. " La reine Kunti et ses fils, les Pândavas, faisaient preuve d'une grande dévotion pour Krishna ; mais puisqu'en ce monde, les gens s'intéressent plutôt
aux choses matérielles, les fils de Pându connurent de nombreux périls. En effet, Dhritarâshtra, leur oncle matérialiste, complotait toujours de les tuer et d'usurper le royaume pour ses propres
fils. Telle fut sa politique dès le début.
Voilà un point très important. Tout puissants que soient nos ennemis, si nous demeurons sous la protection de
Krishna, ils ne pourront rien contre nous. Rakhe krsna mâre ke mâre krsna rakhe ke : " Personne ne saurait mettre fin aux jours de celui ou celle que Krishna protège; nul ne
pourrait protéger qui Krishna veut anéantir. " Prenons ici l'exemple d'un homme très riche mais malade. Même s'il se fait administrer les meilleurs médicaments qui soient par le meilleur
médecin au monde et ce, dans le meilleur des hôpitaux, rien ne garantit qu'il vivra. Les prétendues méthodes protectrices conçues par l'homme s'avéreront vaines si Krishna ne désire pas nous voir
vivre. Le diabolique Râvana jouissait d'une grande puissance. Mais lorsque Krishna, en la personne de
Râmachandra, décida qu'il mourrait, personne ne put le protéger. Grand adorateur de
Shiva, Râvana implora celui-ci : " Sauve-moi de ce péril. " Shiva cependant ne vint même pas
à son secours. Pârvatî, l'épouse de Shiva, s'en étonna d'ailleurs : " Après t'avoir tant servi et adoré, Râvana implore aujourd'hui ton aide. Pourquoi ne pas lui prêter main forte ? " Shiva lui
répondit : " Chère Pârvatî, pourquoi irais-je quand je ne peux le protéger ? " Ainsi, personne ne peut protéger ceux dont Dieu a décidé la mort et inversement, personne ne peut tuer ceux qu'Il
protège. Rakhe krsna mâre ke mâre krsna rakhe ke.
Ainsi Kunti se souvient-elle que Krishna la sauva encore et toujours, elle et ses fils. C'est ce
qu'on appelle méditer sur Krishna (smaranam). " Krishna, Tu fais preuve d'une telle bonté que Tu nous a délivrés de nombreux périls, alors que nous n'avions d'autre espoir que Toi.
"
]]>fr2008-07-06T10:32:39Z
http://www.retour-a-krishna.com/article-20991758.html
Le sens profond du Ratha Yatra
Il y a de cela 5000 ans, Radha et Krishna Se retrouvèrent au
lien saint de Kuruksetra, après de nombreuses années de séparation. Ils S'étaient vus pour la dernière fois à Vrndavana avant qu'Akrura ne vienne emmener Krishna et Balarama à Mathura. Ce jour-là
fut très pénible pour Radharani, les gopis et tous les habitants de Vrndavana; mais Krishna leur promit à tous qu'Il reviendrait une fois qu'Il aurait tué tous les démons à l'extérieur de
Vrndavana.
Krishna vécut ensuite à Mathura, puis à Dvaraka et tous les Vrajabasis (habitants de Vrndavana) souffrirent grandement d'être séparés de Lui.
Lorsque Nanda Maharaja, Radharani et les autres Vrajabasis apprirent que Krishna voulait Se rendre à Kuruksetra, près de Vrndavana, ils décidèrent tous d'y aller. Cette rencontre tant attendue
entre Krishna et Ses dévots de Vrndavana eut donc lieu à Kuruksetra, lors d'une éclipse solaire, lorsque les habitants de Dvaraka vinrent se baigner dans les lacs sacrés du lieu saint.
Les habitants de Dvaraka, membres de la dynastie Yadu, érigèrent leur camp royal et les villageois de Vraja parquèrent leur simples charettes à proximité. Krishna, Balarama, Leur
soeur Subhadra, tous les habitants de Dvaraka et de Vrndavana se rencontrèrent. Les Vrajabasis, surtout les gopis, furent comblés de voir Krishna, mais ils sentaient tous que le rencontrer à
Kuruksetra et Le rencontrer à Vrndavana n'était pas la même chose.
Ils étaient habitués à Le voir comme un simple pâtre, et non comme un prince royal. L'ambiance de Kuruksetra les avait laissés insatisfaits; ils
voulaient que Krishna revienne à Vrndavana. Animées du désir de ramener Krishna à Vrndavana, les gopis essayèrent de Le convaincer en tirant Son char.
Le Seigneur promit à Radharani qu'il reviendrait: "Tes qualités et Ton amour M'attirent à Vrndavana. Je serai
de retour dans dix ou vingt jours et à ce moment-là, Je Me rejouirai nuit et jour en Ta compagnie et celle des autres gopis". ( Cc Madhya 13, 158)
Srila Prabhupada nos a expliqué que l'était d'esprit du Ratha Yatra est de ramener Krishna de Kuruksetra à Vrndavana. Le temple trés imposant de
Sri Jagannatha, à Puri, représente le royaume de Dvaraka, et le temple de Gundica, où est amené le Seigneur, représente Vrindavana, demeure de Ses divertissements intimes.
La forme inhabituelle des Murtis
Pourquoi cette forme particulière des Murtis de Jagannatha, Baladeva et Subhadra? Pour en connaître la raison, revenons à
Kuruksetra.
Un divertissement très confidentiel eut lieu lors de la visite des Vrajabasis. Rohini, la mère de Sri Balarama, rencontra sous une grande tente un groupe
d'habitants de Dvaraka. Ayant vécu à Vrndavana, elle voulait expliquer aux habitants de Dvaraka combien les Vrajabasis souffraient d'être séparés de Krishna. Avant d'entamer son récit, elle posta
Subhadra à l'entrée de la tente.
"Si Krishna et Balarama viennent", dit Rohini, "ne Les laisse pas entrer."
Elle ne voulait pas qu'Ils entendissent ses propos car Ils en souffriraient certainement beaucoup. Lorsque Krishna et Balarama vinrent à l'entrée de la tente,
Subhadra, comme on le lui avait demandé, Les empêcha d'entrer. Mais Ils ne Se génèrent pas pour écouter de l'extérieur tout ce qui se disait. Ainsi, Krishna, Balarama et Subhadra, devinrent tous
trois immobiles, stupéfaits, absorbés qu'Ils étaient dans le souvenir de Radha, des gopis et des Vrajabasis. Ils avaien jusque-là entendu parler des sentiments de séparation des Vrajabasis, mais
jamais Ils ne l'avaient entendu de la bouche d'une Vrajabasi comme Rohini. Si grand Leur étonnement que Leus yeux s'élargirent et que Leurs bras, jambes et cou rentrèrent dans Leur tronc jusqu'à
ce qu'Ils ressemblent en tous points aux Murtis de Jagannath, Baladeva et Subhadra adorées aujoud'hui à Puri.
Comment Jagannath est-Il venu à Puri?
( Cela est plus amplement expliqué dans "l'Origine du Ratha
Yatra")
Comment ces formes du Seigneur furent-elles adorées?
Il y a quelques milliers d'années, Vivaskarma, l'architecte des devas, accepta de sculper les Murtis de Jagannatha, Baladeva et Subhadra, sur la requête d'un grand dévot, le roi Indradyumna. Ce
dernier promit de laisser Visvakarma Les sculpter, loin de tout regard, jusqu'à ce que le travail soit terminé. Mais le roi ne put contenir son impatience. Il fit soudainement irruption dans la
pièce: Visvakarma avait alors disparu, laissant les trois Murtis qu'il n'avait pas fini de sculpter. Aussitôt le roi se lamenta, se demandant ce qu'il allait faire des trois Murtis inachevées.
Sri Jagannatha lui révéla alors Son identité en lui disant qu'il était apparu sous cette forme pour confirmer l'assertion des Vedas selon laquelle, bien qu'Il soit sans bras, ni jambes, Il
accepte toutefois les offrandes de Ses dévots et apparaît parmi les habitants de la terre afin de leur conférer Ses bénédictions. Il ajouta que les dévots qui sont remplis d'amour pour Dieu, Le
voient comme Syamasundara, Krishna, le Seigneur originel qui tient une flûte.
Immédiatement après, le sage Narada arriva sur les lieux. Il révéla que Krishna était déjà apparu sous cette forme particulière à Kuruksetra. Narada avait eu
l'heureuse fortune d'être témoin de tout cela. A ces mots, le roi accepta Sri Jagannatha comme son Seigneur et Maître. Il comprit que la forme des Murtis n'était pas une création accidentelle,
mais qu'en raison de ses sentiments intenses de séparation pour Krishna, le Seigneur lui était apparu sous cette forme. C'était là le désir du Seigneur qui éprouvait les mêmes sentiments de
séparation à l'égard du roi, Son dévot. Envahi d'extase, le roi Indradyumna commença son adoration. Depuis, ces formes de Jagannatha, Baladeva et Subhadra ont été constamment adorées à
Puri.
Si extérieurement le Ratha Yatra est un festival trés joyeux, spectaculaire et plein de couleurs, pour les dévots de Sri Chaitanya Mahaprabhu, il est beaucoup plus
que cela. Pour les dévots du Seigneur, tirer le char représente la tentative des Vrajabasis, surtout de Radharani et les gopis, de ramener Krishna, Balarama et Subhadra à Vrndavana. Vrndavana
peut aussi représenter le coeur du dévot de Krishna. Sri Chaitanya Mahaprabhu priait ainsi Krishna:
" Pour la plupart des gens, le mental et le coeur sont uns, mais comme Mon mental n'est jamais séparé de Vrndavana Je considère Mon mental et
Vrndavana comme identiques. Mon mental est déjà Vrndavana; puisque Tu aimes Vrndavana, y poseras-Tu Tes pieds pareils-au-lotus?...(Cc Madhya 13.137)
Pour les dévots de Sri Jagannatha qui suivent l'exemple de Sri Chaitanya, tirer le char de Ratha Yatra, c'est tirer leur Seigneur et Maître, Jagannatha ou Krishna,
dans leur coeur.
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L'origine du Ratha-Yatra
L'histoire de l'apparition du Seigneur Jagannâtha
Le Ratha-Yatra, le festival des chariots du Seigneur Jagannâtha, de Sa soeur Subhadrâ et de Son frêre Balarâma, est célébré toutes les années en
Inde dans la ville de Jagannâtha Puri et cela depuis 5000 ans. A cet endroit particulier s'élève l'un des temples les plus anciens de l'Orient, et le récit qui s'y rattache est sûrement l'un des
plus intéressants de l'histoire de la culture védique.
Le roi Indradymuna, un grand dévot de Dieu, était toujours tellement absorbé dans des sujets spirituels, que son seul désir devint d'obtenir la grâce de pouvoir
contempler le Seigneur face à face. Toutefois, après plusieurs années de prières et de recherches infructueuses, il perdit tout espoir et constatant l'inutilité de sa vie, il décida de s'étendre
sur un lit d'herbes pour y abandonner son corps en jeûnant. Or, cette nuit-là, le Seigneur Jagannâtha lui apparut dans un rêve et lui dit:
"Mon cher roi, n'aie nulle crainte. La mer me portera sous Ma Forme de bois dite Dâru-brahman
(1) à l'endroit nommé Bankimuhan."
Le roi Indradyumna fit alors venir plusieurs artistes accomplis afin qu'ils sculptent la Forme de
Jagannâtha dans le Dâru-brahman. Aucun d'eux, cependant, ne put même le toucher car dès qu'ils L'approchaient, leurs ciseaux se brisaient. Finalement, le Seigneur Suprême apparut en la personne
d'un vieil artiste qui se présenta sous le nom d'Ananta Maharana (2)
Il promit que s'il pouvait tavailler seul durant 21 jours, le Forme du Seigneur serait terminée. Des dispositions furent aussitôt prises. Selon les instructions de l'artiste, tous les autres
sculpteurs furent employés à construire trois chariots. Puis le Dâru-brahman fut apporté dans le temple dont on ferma les portes après que le roi eut promis que l'artiste demeurerait seul et
qu'il n'ouvrirait pas un tant soit peu les portes du temple avant que les 21 jours ne soient écoulés. Toutefois, après seulement 14 jours, le roi, n'entendant pas le ciseau du sculpteur, fut
envahi par l'anxiété. Bien que son ministre le lui interdit encore et encore, le roi, sur le conseil de sa reine, ouvrit de force et de sa propre main la porte du temple.
A l'intérieur, il n'aperçut pas le sculpteur mais il constata que le Dâru brahman s'était manifesté sous trois formes, celles de Jagannâtha, Balarâma et Subhadrâ.
S'approchant d'elles, il vit que Leurs mains et pieds manquaient. Le ministre du roi l'informa alors que l'architecte était nul autre que Jagannâtha Lui-même et parce que le roi avait manqué sa
promesse en ouvrant les portes sept jours trop tôt, Jagannâtha S'était manifesté sous ces formes inachevées.
Le roi, s'estimant alors coupable d'une grave offense, décida de mettre fin à ses jours. Il s'allongea à nouveau sur un lit d'herbes
et se mit à jeûner. Lorsque la nuit fut à demi-écoulée, le Seigneur Jagannâtha apparut en songe au monarque et Lui dit:
" J'habite éternellement ici sous la Forme de Jagannâtha en tant que Dâru-brahman. Dans cet univers matériel, Je
decends sous 24 Formes sculptées . Je ne possède ni mains ni pieds matériels, mais Je n'en accepte pas moins, grâce à Mes sens transcendants, tous les articles que M'offrent Mes dévos et pour le
bien du monde entier, Je Me déplace d'un lieu à un autre. Tu as manqué à ta promesse, mais ce n'est qu'un aspect de la douceur de Mes divertissements en vue de manifester cette Forme de
Jagannâtha, qui protège les paroles éternelles des Védas. Quoi qu'il en soit, les dévots dont les yeux sont oints du baume de l'amour Me voient toujours comme Shyamasundara, tenant une flûte. Si
tu désires Me servir avec opulence, alors à l'occasion tu pourras parer Ma Forme de mains, et de pieds faits d'or ou d'argent. Sache toutefois que Mes membres sont l'ornement d'entre tous les
ornements."
Les Védas, et plus spécifiquement la Svetâsvatara Upanishad (3) affirment:
apāṇi-pādo javano grahītā
paśyaty acakṣuḥ sa śṛṇoty akarṇaḥ
sa vetti vedyaṁ na ca tasyāsti vettā
tam āhur agryaṁ puruṣaṁ mahāntam
"Bien qu'Il ne possède ni jambes ni mains, Il Se déplace et accepte ce qu'on Lui offre. Même sans yeux Il voit, sans oreilles Il
entend. Il connaît tout ce qui est connaissable, mais Lui nul ne Le connaît. On Le nomme la Personne Suprême et Originelle."
Svet.Up.(
3.19)
Pour protéger cette assertion des Védas, le Seigneur Jagannatha assume une forme n'ayant ni mains ni jambes. Il n'en accepte pas moins toutefois 56 aliments
différents, offerts à raison de 8 fois par jour, et Il parcourt le monde dans Son superbe chariot.
Puis, le roi Indradyumna dit à Jagannâtha:
"Seigneur, accorde-moi une faveur. Puisse les portes de Ton temple ne se fermer que trois heures par jour. Le reste du temps
, qu'elles demeurent ouvertes afin que tous les habitants de l'univers puissent Te contempler. De plus, permettre qu'on cuisine toute la journée pour Toi de sorte que Tes doigts pareils-au-lotus
ne s'assèchent jamais."
Le Seigneur Jagannâtha de répondre:
"Tathastu, qu'il en soit ainsi. Et quelle bénédiction désires-tu
toi-même?"
Le roi Lui répondit: "
Je désire être sans descendants afin que nul dans le futur ne puisse prétendre que Ton temple lui appartient. Veuille m'accorder cette unique bénédiction."
Jagannâtha répondit: "Tathastu: qu'il en soit ainsi."
yanarudham purah preksya
samayantam janardanam
abhyutthamam narah kurvan
patayet sarva-kilbisam
"Celui qui aperçoit le festival des chariots, le Ratha-yatra, et se lève pour acceuillir le Seigneur, purifie son corps des
conséquences de toutes sortes d'actes coupables."
(Brahmanda Purana)
(1) dâru signifie bois et brahman désigne Dieu, le Seigneur Suprême. Dâru-brahman désigne le Seigneur sous une Forme de bois.
(2) Selon le Narada Purana, c'est Vishvakarma,
l'architecte des dévas, qui sculpta la Forme de Jagannatha selon le désir du Seigneur Vishnu, apparu sous les traits du vieux brahmana.
(3) Svetâsvatara Upanisad : une des 108 Upaniṣads. Elle présente clairement le point de vue Vaisnava concernant le Seigneur et l'entité
vivante
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RATHAYATRA INVITATIONLe festival du Ratha Yatra se
tiendra ce DIMANCHE 6 JUILLET à PARIS
La culture de l'Inde millénaire a rejoint l'Occident
Que ce soit à Los Angeles ,
New-York, Amsterdam, Moscou, Sydney ou Londres.... et dans des dixaines d'autres villes du monde, le Festival du Ratha Yatra a lieu chaque année, à la gloire de Jagannatha ( un autre nom
du Seigneur Krishna qui signifie littéralement " le Seigneur de l'Univers").
Depuis 13 ans, le Seigneur Jagannatha parcourt les rues de la Capitale.
Avec des centaines d'autres personnes, au son de chants extatiques , aux rythmes du mridanga ( tambour du Bengal), des cymbales, accompagnés de nombreux
autres instruments, venez donc vous aussi chanter, danser et pour finir festoyer (un festin végétarien sera offert à tous, à la fin de la parade).
Origine du Festival du Ratha Yatra
Le Ratha-Yatra (ou festival des chars) a lieu
chaque année à Puri, en Inde, où il rassemble des millions de personnes
venues du pays tout entier. Au son de musiques et de chants traditionnels, la Murti de Jagannatha , accompagné de Balarama (Son
frère) et Subhadra (Sa soeur) est tirée en procession sur un char imposant orné de fleurs multicolores par la foule à l’aide d’une longue
corde.
C’est donc une réplique de ce festival qui a lieu chaque année à Paris et pour lequel est utilisé un char indien authentique pesant plus de trois
tonnes, haut de 12 mètres !
PROGRAMME
14h30 : l'accueil, place de la République pour l'inauguration et
les cérémonies.
16h00 à 18h00 : le Ratha Yatra, défilé du char, musiciens et
chants.
à partir de 19h00 : Aux forum des Halles,
place de la Fontaine des Innocents, animations à l’arrivée, en présence de plusieurs personnalités.
à partir de 19h00 : dégustation gratuite de
plats végétariens
JAYA JAGANNATHA SWAMI !!!
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